Tony Parker: La clé d’un duel tactique

Les Spurs de San Antonio viennent de récupérer l’avantage du terrain au terme d’une troisième rencontre maîtrisée de bout en bout, cette confrontation fut marquée par la réaction d’orgueil d’un homme : Tony Parker. À la peine depuis le début de la série, le français a marqué 25 points en première mi temps, lançant parfaitement les Spurs, avant de conclure le match avec 32 unités. Une performance qui arrive à point nommé puisque depuis le début de la série on a pu voir le français en difficulté.

Depuis que Greg Popovich a décidé d’évoluer vers un basket plus offensif, le point fort des Spurs repose sur leur axe meneur-pivot (Parker-Duncan) avec de plus grandes responsabilités pour le premier qui doit organiser le jeu léché de son équipe. Un essieu essentiel donc, mais qui a pris du plomb dans l’aile depuis le début de la série, en effet Mark Jackson a décidé d’attaquer les Spurs sur un terrain qui peut paraître surprenant. Ce plan de jeu qui consiste à un travail de sape sur le français a porté ses fruits dès le premier match de la série, une donnée inquiétante pour Popovich qui ne peut se passer de son meneur très longtemps, cela réduit les options tactiques de « Pop » tout en limitant les dégâts que peut causer son meneur de jeu.

Que ce soit en attaque ou en défense les californiens ont décidé de mettre une pression constante sur le français, quitte à être prévisible dans leur approche. Une expression américaine est très utilisée, surtout par les analystes qui sévissent en NBA, elle correspond parfaitement à cette stratégie : «wear him down» que l’on peut traduire par user, que ce soit physiquement et mentalement. La question est de savoir comment Mark Jackson fait-il pour la mettre en place.

Un duel qui a tourné court

Lors des deux confrontations entre Golden State et San Antonio durant la saison régulière on avait pu tirer quelques enseignements sur la série à venir. Comme prévu Stephen Curry n’allait pas défendre sur Parker, Mark Jackson préférant l’économiser en le plaçant sur un «spot up» shooteur tel que Danny Green ou encore Garry Neal. De l’autre côté on imaginait que Tony Parker allait tenter de contenir Curry avant, pourquoi pas, d’essayer de placer un autre membre de la ligne arrière sur le meneur des Warriors.

Finalement le français aura bien essayer mais vainement, à chaque fois qu’il défend sur Curry il est en retard, dépassé par la vitesse, le handle et la précision d’orfèvre du génie de la Baie d’Oakland. Ce n’est pas tellement une surprise mais cela oblige Popovich a effectuer quelques ajustements très tôt dans la série si bien que le français s’est retrouvé à défendre sur Klay Thompson.

La Klay de la série ?

Ce qu’on oublie sur le shooteur des Warriors c’est que, non seulement il peut prendre feu (34 points et 14 rebonds dans le deuxième match, le tout à 8/9 à 3 points) mais c’est surtout un arrière très grand. Il possède donc un avantage de taille (2,01 m contre 1,88 m) mais aussi de poids et de puissance sur le français qui n’est pas habitué à défendre sur ce genre de profil physique. Mark Jackson a anticipé ce mismatch et c’est ainsi que l’on a vu Stephen Curry choisir systématiquement de donner le ballon à Thompson afin qu’il utilise ses qualités. De l’autre côté du terrain le duel est également d’actualité puisque c’est Thompson qui se charge de « TP », l’orientant sur sa main gauche tout en utilisant son envergure pour le gêner sur ses shoots.

Ou comment passer du rôle de l’agresseur à l’agressé

Cela fait 12 saisons que le français prend l’initiative, grâce à sa vitesse il a l’habitude de choisir quand et sur quel terrain il veut emmener son adversaire direct sauf que la donne a changé. La consigne ne s’arrête pas au backcourt titulaire des Warriors puisque Jarrett Jack n’hésite pas une seule seconde à jouer Parker en un contre un. De la même manière ce n’est pas une surprise de voir Golden State accélérer, ils veulent profiter des difficultés défensives que rencontrent les Spurs en transition et surtout des différents mismatchs que cela offre. Dans le dernier quart temps du Game 2 on a vu Parker se retrouver sur Harrison Barnes, alors que les texans étaient en train de revenir, le rookie n’a pas hésité une seule seconde avant de poster le français en tête de raquette en profitant de son avantage de taille.

La fatigue muselée par une réaction d’orgueil

Cette succession de duel a pour objectif de le fatiguer, l’alternance entre des profils de joueurs qui jouent sur leur vitesse et d’autres qui utilisent davantage leur physique a tendance à saper rapidement l’énergie du français. On l’a vu dès le troisième quart temps du premier match, il avait les mains sur ses genoux, à la recherche d’un second souffle qui ne venait pas. Ce fut la même chose au second match et même lorsque Popovich le fait moins jouer comme hier soir, Parker n’arrive pas à tenir le rythme imprimé par les hommes de Mark Jackson. Cependant le français sort de sa meilleure saison et après un premier tour de chauffe il a pu répondre en véritable champion, compilant 32 points hier soir. Une belle réponse mais qui ne doit pas cacher le fait que Popovich n’a pas (encore) trouvé le moyen de contrer Mark Jackson.

On le sait, les séries de playoff se jouent sur les ajustements tactiques mais même si San Antonio se sort des griffes des Warriors, la dépense physique occasionnée est telle qu’il ne faudra pas s’étonner d’un contre coup au prochain tour. Il pourrait même intervenir plus tôt que prévu …

13 réflexions sur « Tony Parker: La clé d’un duel tactique »

  1. Je suis fan de: "La Klay de la série?" ^^

    J'ai pas vu les matchs, c'est vrai que c'st un gros duel tactique cette série. Bien écrit encore une fois

  2. je suis pas trop placé pour donner des conseils mais je vais regarder les autres articles que tu as rédigé ^^

  3. ouep c'est ce que je vois ^^

    Ben pour un premier article de ce genre là c'est tip top, pas mal de vidéo pour illustrer le bonhomme et le style n'est pas lourd. C'est peut être un peu trop biographique mais c'est le but de l'article alors ^^

    Je sais pas trop, en plus moi j'écris surtout au feeling, je ne sais pas comment tu fais donc je ne sais pas si tu as des points particuliers sur lesquels tu n'es pas sûr …

  4. Ok, oui c'était un des objectifs la partie bio ^^ j'aime bien faire ce type de trucs :).
    Bah genre dans l'ecriture ou si tu vois un problème ^^

  5. Salut nashinhof ! Bel article ^^ , est ce que tu pourrais me donner des conseils sur ceux que j'écris ? Ça serait sympa ! Surtout venant de toi ^^

  6. lol mais arrêtez les gars !

    Le site est très bien et les articles sont de mieux en mieux, que ce soit pour moi ou pour vous puisque c'est comme pour tout, l'expérience est sans doute la meilleure chose pour progresser.

    ça serait cool que de vrai journalistes nous donnent des petits conseils / astuces, fabrice si tu me lis ^^

  7. Go job bro.
    Notre tipi parisien est tres bon face a curry, qui ne semble pas reussir trop a le rapentir

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