[Rookie Time] Le point sur le début de saison des rookies !


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Après plus d’un tiers de la saison, nous pouvons dégager les premières tendances concernant les rookies. Lesquels se sont le mieux adaptés, ont confirmé les attentes placées en eux ? Petit point sur les débuts de saison des stars de demain en commençant par chaque membre du top 10.  

Les Rookies du top 10 de la draft 2016 :

Choix n°1 Philadelphie : Ben Simmons

Sélectionné en premier par les Sixers le 23 juin dernier, l’australien n’a pas pu commencer la saison. Il faut croire que les Sixers sont maudits, car tous leurs choix de draft se blessent. Comme Embiid, c’est au pied que Ben Simmons est touché. Attendu comme la superstar de cette cuvée, le protégé de LeBron James avait montré de belles choses en summer league. Cependant, sa blessure peut être un mal pour un bien. Le temps de convalescence (3-4 mois) lui permettra d’analyser le jeu avec un autre regard, tout en développant son shoot. On sait que tous les joueurs blessés s’entrainent de manière limitée donc en shootant, ce qui lui permettrai de devenir injouable. Enfin, Blake Griffin (1 saison entière manquée) ou Joel Embiid (2 saisons entières manquées) ont eux aussi passé beaucoup de temps hors du terrain avant de faire leurs débuts, ce qui prouvent qu’on peut tout à fait retrouver un excellent niveau après de long mois sans jouer.

Choix n°2 Lakers : Brandon Ingram

Choisi par la cité des anges avec le second choix, les attentes étaient très élevées envers lui. La franchise peut enfin entamer sa marche en avant après la retraite de Kobe, dont il a hérité le casier. Le geste est fort de symbole pour celui censé porter la franchise vers les sommets. Mais avec l’arrivée du vétéran Luol Deng, il n’est pas titulaire. Il n’a starté que 8 matchs sur 31. Comparé à Kevin Durant pour son morphotype et son talent d’attaquant, il subit des difficultés d’adaptation dans ce domaine. Il ne score que 7.6 points de moyenne (contre 17.3 l’an passé à Duke) à seulement 35 % de réussite. Il nécessite une période d’adaptation importante due à son physique de gringalet. Ainsi, il était annoncé à 86 kilos à la draft pour 2.06 m. Il effectue donc une prise de poids tout en douceur pour ne pas risquer de se blesser et pour rester à l’aise dans son jeu. Sans faire de grosse stats, il ne force rien et laisse le jeu venir à lui de manière à ne pas bloquer le collectif. Il a aussi montré de bonnes dispositions à la mène sur un match en frôlant le triple double contre les Cavaliers (9 points, 10 rebonds, 9 passes). Il lui a manqué seulement 1 point et 1 passe pour s’emparer du record de précocité pour un triple double. Ce record est détenu par un certain LeBron James. C’est un coup de génie de Luke Walton, qui le fait souvent évoluer meneur avec la second-unit, ce que personne n’imaginait auparavant. Il ne faut pas oublier qu’Ingram n’a même pas 20 ans. Il a donc une marge de progression très importante, c’est un projet sur le long terme pour LA.

Choix n°3 Boston : Jaylen Brown

Les Celtics ont attendu longtemps avant de décider de garder ce choix. Après de nombreuses tentatives de trade, les offres ne devaient pas sembler assez intéressante pour être acceptées. Le choix est très élevé pour une franchise qui a participé aux playoffs l’an dernier, mais il a été obtenu dans l’échange avec Brooklyn. La franchise n’avait donc pas de besoin particulier, et leur choix s’est porté sur Jaylen Brown. L’ancien de California connaît une saison assez difficile. Arrivé dans un collectif déjà bien huilé, il ne dispose pas d’un temps de jeu assez important pour se faire remarquer (seulement 14 minutes). Le joueur au short le plus court de toute la NBA possède des qualités athlétiques indéniables, mais il dispose d’un shoot extérieur peu efficient. Ceci limite fortement son impact, son défenseur direct pouvant l’attendre dans la raquette. Ainsi, il nuit quelque peu au spacing des Celtics, son opposant pouvant fréquemment aller aider sans se faire sanctionner derrière. Il n’aura donc pas un impact immédiat sur le jeu des Celtics mais aura l’avantage de sans doute connaître les playoffs dès sa première saison. Son début de saison n’est donc pas une surprise, au vu de sa situation.

Choix n°4 Phoenix : Dragan Bender

Après un très bon choix l’an passé avec Devin Booker, les Suns ont fait un choix surprenant. Pour accompagner leur longue reconstruction, ils ont sélectionné Dragan Bender, qui évoluait au Maccabi Tel-Aviv avec seulement 13 minutes de temps de jeu la saison passée. Encore un projet sur le long terme car le joueur n’a que 19 ans. Il ne dispose que d’un temps de jeu de 11 minutes en moyenne, ce qui est très peu vu sa position dans la draft. Le plus surprenant reste que les Suns ont accueilli Marquese Chriss (8ème choix par Sacramento). Deux jeunes talents (Chriss a 19 ans) qui se marchent donc sur les pieds mais c’est Chriss qui sort vainqueur avec 22 titularisations. Néanmoins, le Croate possède un style de jeu adapté à la NBA moderne grâce à son shoot extérieur. Véritable Stretch Four, il est assez bon sur Pick and Pop et dispose d’une importante marge de progression. Cependant, il va devoir jouer plus pour progresser, et si même Phoenix ne le fait pas, on se demande où il va avoir du temps de jeu. Une blessure d’un autre poste 4 ou un trade (très peu envisageable) sembleraient bénéfique pour lui.

Choix n°5 Minnesota : Kris Dunn

Le meneur des Wolves sort d’un cursus de 3 ans très réussi avec Providence. Meilleur joueur et défenseur de la Big East en 2015 et 2016, il a compilé 16.4 points, 6.2 passes décisives, 5.3 rebonds et 2.5 interceptions. Des stats complètes pour un joueur très physique, doté d’une bonne vision du jeu malgré un shoot perfectible. L’interrogation avant la saison était de savoir si le meneur allait être titulaire en lieu et place de Ricky Rubio. Ce ne fut pas le cas, jusqu’à ce que Rubio se blesse. Il a donc starté 5 matchs, en doublant presque sa moyenne aux rebonds, passes, interceptions mais en gardant le même nombre de points (4.4). C’est un très faible total pour un meneur titulaire qui joue 24 minutes. Il défend bien mais a de gros problèmes avec son jump shot. Il marque presque exclusivement sur transition grâce à son physique impressionnant, ce qui réduit totalement ses possibilités en attaque. Son seul point fort est sa défense, appréciée par Tom Thibodeau, qui met une pression constante sur le meneur adverse. Mais, il semble se relâcher sur ce point et il va falloir qu’il se remette sérieusement au travail s’il souhaite jouer plus. C’est donc une déception de le voir évoluer à ce niveau-là alors que les attentes placées en lui étaient très élevées. Il n’est cependant pas un gros bide, car en travaillant son shoot il pourra accomplir de belles choses.

Choix n°6 New Orleans : Buddy Hield

Buddy Hield fait partie des rookies les plus attendus. Tout d’abord, il est un des rares joueurs à avoir effectué un parcours universitaire de 4 ans (à Oklahoma). Il est donc plus âgé que ses compagnons de promo car il a déjà 23 ans. Il était aussi attendu car il a glané un des trophées les plus convoités de NCAA : le Naismith Trophy récompensant le meilleur joueur universitaire. En effet, il a posté des stats de folie pour sa dernière année avec 25 points à 50% de réussite au shoot et 45.7% à 3-points. Un très bon shooteur expérimenté, qui est tout de même irrégulier. Il faut dire que son temps de jeu est fluctuant, allant de 36 minutes à parfois 1 minute. Difficile dans ces conditions de performer au plus haut niveau. Il a ainsi connu des débuts corrects, puis un énorme trou d’air après la mi-novembre jusqu’à début décembre. Il arrive néanmoins à être assez adroit de loin (34%), bien que la ligne ne soit pas à la même distance qu’en NCAA. Ses sorties d’écran sont ses points forts, que ce soit sur une passe ou pour un pull-up jumper. Il est ainsi le 3ème meilleur scoreur de la cuvée en nombre de points marqués au total. On peut voir qu’il a déjà rélaisé des progrès pendant le premier tiers de la saison, ce qui laisse penser qu’il est très attentif aux conseils donnés par le staff. Il réalise donc une honnête saison pour le moment, et aura l’occasion de se révéler quand les lignes arrières de la Nouvelle-Orléans seront moins encombrées. Lorsqu’il a eu un temps de jeu supérieur a 30 minutes (3 fois), il a toujours dépassé les 15 points. Il a donc besoin de temps de jeu pour avoir des sensations et rentrer ses shoots.

Choix n°7 Denver : Jamal Murray

Le jeune canadien sélectionné en 7ème position s’est plutôt bien adapté à la NBA. Gros scoreur (et shooteur) universitaire, il a gardé cette qualité en NBA en étant le deuxième meilleur marqueur parmi les rookies avec 9.2 points de moyenne. Il a aussi réussi quelques cartons avec quatre matchs de suite au-dessus des 18 points. Cependant, le canadien a un peu de mal sur ces jump shots, ceci étant reflété par son faible pourcentage de réussite (37.8%). Il joue très bien avec ses intérieurs, que ce soit en coupant vers le panier ou après un écran. Sa relation avec Nikola Jokic est très développée au point que le Serbe est le joueur lui ayant données le plus de passes décisives derrière Jameer Nelson. Son principal point faible au-delà de son shoot pas encore bien réglé est son jeu dans la raquette. Pas un monstre physique (1.93m pour 91 kilos), il ne dispose pas de qualités athlétiques extraordinaires ce qui lui fait défaut lorsqu’il attaque dans la raquette. Trop frêle, il doit s’étoffer pour arriver à convertir ses tentatives près du panier, shoots normalement les plus simples à rentrer. Rookie du mois, il a assez bien réussi la transition en NBA. Il a le profil pour espérer une trajectoire « à la Devin Booker » et devrait continuer sur sa lancée pour le reste de la saison. C’est donc un très bon choix pour Denver, endroit où il pourra se développer sans une pression énorme sur les résultats.

Choix n°8 Phoenix : Marquese Chriss

Drafté par les Kings, Marquese Chriss a été transféré à Phoenix. Choix surprenant, les Suns ayant déjà sélectionné un ailier fort en la présence de Dragan Bender. Plus habitué au jeu américain que son compère européen, Chriss bénéficie de plus de temps de jeu. Ayant sérieusement commencé le basket sur le tard, il fait beaucoup d’erreur de jeunesses comme de nombreuses fautes ce qui peut le clouer sur le banc. Il a même battu un record vieux de 20 ans en NCAA puisqu’il est sorti pour 5 fautes à 15 reprises. Cette tendance ne s’est pas atténuée en NBA car si on rapporte ses stats sur 35 minutes, il commet plus de 6 fautes par match (soit une exclusion). Du côté du jeu, il est très athlétique et très dynamique en plus de posséder un shoot à 3-points correct (32%). Ses points sont presque exclusivement marqués sur des alley oop ou des claquettes. Ainsi, il va devoir progresser pour élargir sa palette offensive, et pour acquérir un jeu dos au panier. Il va aussi devoir progresser en défense, pour contrer plus et prendre plus de rebonds. Néanmoins, il évolue à un niveau auquel on l’attendait. Lui aussi très jeune (19 ans), il aura du temps pour progresser et deviendra sans doute un bon energizer en sortie de banc dans la ligue si ce n’est plus.

Choix n°9 Toronto : Jakob Poeltl

Jakob Poeltl est le premier joueur autrichien de la NBA. Néanmoins, il a effectué son lycée au Etats-Unis, à Utah. Coutumier du fait, les Raptors ont sélectionné un autre étranger après deux brésiliens. Comme ceux-ci, il est privé de temps de jeu avec seulement 15 matchs joués pour 11 minutes de moyenne. Avec si peu de temps sur le terrain, difficile de s’exprimer au maximum de ses moyens. Si Masai Ujiri l’a sélectionné, c’est qu’il a du déceler un talent particulier à l’autrichien. Comme il le fait souvent, il va surement le mettre sous couveuse pendant 1 ou 2 saisons avant d’estimer qu’il sera prêt à jouer. Le joueur au nom imprononçable est assez mobile pour un 7-footer, il gobe aussi de nombreux rebonds. Il peut apporter de l’énergie sur de courtes séquences comme face aux Cavs où il a compilé 7 points et 7 rebonds en 11 minutes. Mais il peut aussi se faire très discret en ne tentant aucun shoot en 17 minutes comme face aux Wizards le 2 novembre. C’est une légère déception de le voir si peu jouer alors qu’il a été le PAC-12 Player of the Year, et qu’il a aussi été dans le deuxième cinq majeur de NCAA.

Choix n° 10 Milwaukee : Thon Maker

C’était la plus grosse interrogation de cette draft. L’australien originaire du Sud-Soudan était entouré de multiples doutes. Tout d’abord sur son âge, qui aurait pu le faire passer de prospect intéressant à joueur déjà trop vieux. De plus, il n’est pas passsé par la case NCAA alors qu’il était courtisé par des grandes universités. Il a décidé de rester à l’Athlete Institute au Canada, pour éviter de se frotter à des bons joueur en exposant ses faiblesses ? S’il a fait saliver nombre de coachs par ses highlights, il reste néanmoins très intriguant. Après une assez bonne summer league (14.2 points et 9.6 rebonds), il a été mis au placard. Ne jouant que 11 matchs pour un temps moyen de 11 minutes, les fans ne peuvent pas beaucoup le voir. Très mobile pour sa grande taille (2.13 m), il peut aussi tirer à 3-points. Il est cependant très frêle et il va falloir qu’il prenne du poids pour pouvoir faire face à des pivots toujours plus athlétiques. L’australien reste donc une énigme après un tiers de la saison jouée, et on va sans doute devoir attendre encore longtemps avant de voir si le choix résulte d’un coup de génie ou d’un manqué terrible.

Les Rookies hors top 10 de la draft 2016

Choix n°3 de la draft 2014 Philadelphie : Joel Embiid

Oui, vous avez bien lu. Embiid a été drafté en 2014, mais il est rookie. C’est simple, il s’est blessé au pied et a manqué l’intégralité de ses 2 premières saisons. Il était donc le grand mystère de cette année, après 2 ans sur la touche. Le moins que l’on puisse dire est qu’il n’a pas déçu. Excellent, dominant, indéfendable, les qualificatifs sont nombreux pour l’évoquer et ils sont tous très élogieux. Le camerounais détruit tout sur son passage, alors même qu’il est limité en minutes. Shoot mi-distance, 3-points, jeu dos au panier, il a tout. Formidable attaquant, il est leader au nombre de points marqués par match (18.4) alors qu’il ne joue que 24 minutes par match. Il est aussi leader parmi les rookies aux « double-double », contres et aux rebonds. De surcroit, ce n’est pas un simple attaquant, il est aussi très doué en défense grâce à ces monstrueuses capacités athlétiques. Il est d’ores et déjà favori pour le titre de rookie de l’année (cf : https://dunkhebdo.com/joel-embiid-deja-rookie-de-lannee/ ). Les statistiques qu’il va faire lorsqu’il ne sera plus limité en minutes vont être monstrueuses. La seule chose qui lui manque, ce sont les victoires. Mais celle-ci vont peut-être revenir à Philly grâce aux nombreux jeunes talents portant le maillot des Sixers.

Choix n° 12 de la draft 2014 Philadelphie : Dario Saric

Drafté comme Embiid en 2014, lui n’a pas manqué 2 saisons. Il a choisi de rester se perfectionner en Europe, où il brille en remportant de nombreux trophées individuels. Il a été drafté par Orlando mais ses droits ont été transférés directement à Philly en échange d’Elfrid Payton (le Magic a aussi donné des tours de draft). Bon shooteur à 3-points (36.3%), son adresse générale est elle à peine plus élevée (37.8%). Il prend principalement des jump shots et c’est un jeu à risque. De plus, il n’est pas assez efficace sur les pénétrations, avec seulement 45 % de réussite dans la Restricted Area (la moyenne de la ligue est à 60%). Le croate va donc devoir améliorer sa sélection de shoots tout en s’étoffant pour résister lorsqu’il pénètre dans la raquette. Ayant longtemps connu le jeu européen, il est normal qu’il doive s’adapter au physique hors-norme de ses adversaires en NBA. C’est donc une bonne pioche pour les Sixers qui ont trouvé là un bon remplaçant pour le futur.

Choix n° 36 Round 2 draft 2016 Milwaukee : Malcolm Brogdon

36ème choix de la dernière draft, Malcolm Brogdon ne fait pas partie des rookies les plus médiatisés. La faute aux grosses performances des deux énergumènes que sont Giannnis Antetokumpo et Jabari Parker. Milwaukke ne fait pas non plus partie des équipes les plus médiatisées de la ligue. Pourtant, Brogdon réalise une très bonne saison dans l’anonymat qui lui va bien. L’ancien de Virginia a effectué ses 4 années à l’université, en progressant perpétuellement. Il est aussi un très bon défenseur sur le poste d’arrière. 5ème meilleur marqueur de la cuvée avec 8 points de moyenne, il joue 21.8 minutes de moyenne. Sans forcer aucun shoot, il tire à 44% de réussite. Il effectue aussi le « dirty work », signe d’un joueur mature ayant fait son cursus complet. Son expérience peut cependant le desservir, lui qui a déjà 24 ans. Mais elle lui permet de faire face à beaucoup de situations différentes. Celles qu’ils apprécient particulièrement sont les sorties d’écran, où il n’hésite pas à attaquer le panier. C’est donc une super pioche pour les Bucks qui ne s’attendaient sans doute pas à ces très bonnes performances.

 

Auteur : Antoine Bossard

Antoine Bossard, 17 ans et fan de NBA. Ancien basketix repenti. Ne mesure pas la taille d'Isaiah Thomas mais possède un QI basket supérieur à celui de JR Smith.