[Prospect de la semaine] Kris Dunn

Chaque mercredi, Dunkhebdo vous propose une fiche de présentation présentant les forces et faiblesses d’un des meilleurs joueurs NCAA en prévision de la future draft.

Fiche présentation Kris Dunn:

Poste : Meneur de jeu

Taille: 1.91 mètres

Poids : 91 kilos

Date de naissance : 18 Mars 1994 (21 ans)

Lieu de naissance: New London (Connecticut)

Université: Providence

Présentation:

Le parcours de Kris Dunn est atypique. Parmi les lycéens les plus convoités en 2012, il a connu deux premières années à Providence très difficiles. Placé sur un poste d’arrière durant sa saison freshman (alors que c’est un meneur) et opéré deux fois de l’épaule, il entamait la saison 2014/2015, son année junior, pratiquement sans pression. C’est à ce moment qu’il a décidé d’exploser avec une saison étincelante sous les ordres d’Ed Cooley. Mais encore une fois, Kris Dunn s’est démarqué. Alors que sa côte était au plus haut (on l’annonçait en milieu de premier tour), il a décidé de revenir sur le campus du Rhode Island pour une quatrième année. Qu’a déjà montré le meneur avant sa dernière année NCAA ?

Son jeu, Kris Dunn le base sur ses fantastiques qualités athlétiques. Il a la taille parfaite pour un meneur (1.91m), des très longs segments (2m), et surtout un jeu de jambe exceptionnel aussi bien quand il s’agit de changer de direction ou d’accélérer. Logiquement, il excelle en transition là ou sa vitesse peut s’exprimer mais surtout son incroyable vision de jeu et son sens de la passe.

Kris Dunn passe

Ce genre de passe, Dunn est capable d’en réaliser plusieurs par match. Il possède une unique capacité à accélérer le jeu grâce à ses longues passes. Mais trop souvent, ses passes spectaculaires se finissent ainsi:

 

Dunn passe

C’est un des nombreux aspects du jeu où Dunn est encore incontrôlable. Il n’arrive pas encore à faire la différence entre une bonne passe qu’il pourra réaliser grâce à ses qualités intrinsèques et une mauvaise passe. Et en conséquence, il perd énormément de ballons. C’était le (malheureux) leader de la NCAA en balles perdues avec 4.2 turnovers par matches. Il a aussi tendance à perdre beaucoup de ballons en dribblant, ce qui est assez paradoxal pour un joueur qui a des si bonnes mains en défense et un très bon handle. Dunn cherche tellement à faire la bonne passe qu’il en oublie de surveiller son défenseur, libre de l’intercepter. Ajoutez-ça à un dribble légèrement trop haut (ce qui aide forcément le défenseur à intercepter), et on comprend pourquoi Dunn perd trop de ballons.

Globalement, Dunn doit apprendre à être plus discipliné. Malgré ses trois saisons NCAA, c’est encore un joueur fougueux qui fait souvent des erreurs de freshmans. C’est notamment le cas en défense et plus précisément quand il s’agit de prendre un rebond. Pour un meneur, il affiche des bonnes statistiques aux rebonds (5.5 par match la saison dernière) ce qui fait que beaucoup pensent que c’est un bon rebondeur. La réalité est différente. Pour un meneur, Dunn est très souvent dans la peinture pour se battre au rebond. Aucune statistique précise n’existe sur la présence d’un joueur dans la raquette pour les rebonds. Si c’était le cas, on verrait que Dunn se bat aux rebonds environ 90% du temps. Ce qui est beaucoup trop pour un meneur. Pourquoi ? Parce qu’il laisse la chance à l’attaque de ressortir sur son joueur qu’il a laissé ouvert en se battant pour le rebond. Les joueurs NCAA ne lui ont pas souvent fait payé mais ce sera différent quand il sera en NBA.

Si Dunn est aussi indiscipliné c’est qu’il se base beaucoup sur ses instincts quand il joue, c’est quelques fois négatif mais souvent positif. Son instinct en fait un des meilleurs intercepteurs de la NCAA (cinquième avec 2.7 steals par match). Il est très dangereux sur les lignes de passes et gêne les meneurs adverses avec ses longs bras. Certains observateurs NCAA l’ont comparé avec Gary Payton. Une comparaison exagéré mais qui montre la capacité qu’il a être très gênant sur les lignes de passes. Le parallèle avec l’ancien meneur des Sonics vient également du fait que Dunn n’est pas un grand shooteur. Il shoote à 35% à trois points (77 tentatives). Considérant le fait qu’il a disputé 33 matches cette saison, ça nous donne moins d’un shoot longue distance réussi par match. C’est très peu, surtout quand on sait que la ligne à trois points NCAA est plus proche qu’en NBA. Mais quand il commence à rentrer quelques shoots extérieurs, il devient rapidement inarrêtable.

 

Notre Avis

Kris Dunn a connu deux premières saison universitaires très compliquées, entachées par les blessures. Son année junior a enfin permis d’attester du talent qu’on lui prêtait au lycée. C’est un meneur très athlétique, qui cherche toujours la passe et qui possède de bons instincts. Il va devoir apprendre à jouer plus en contrôle et améliorer son shoot. Cette saison 2015/2016 sera aussi l’occasion de voir s’il est capable d’enchaîner deux saisons à haut niveau sans se blesser. Cela permettrait de dissiper les doutes quant à sa fragilité physique.