[Prospect de la semaine] Ben Simmons


Chaque mercredi, Dunkhebdo vous propose une fiche de présentation présentant les forces et faiblesses d’un des meilleurs joueurs NCAA en prévision de la future draft.

Fiche présentation Ben Simmons:

Poste : Ailier-fort

Taille: 2.08m

Poids : 102 kilos

Date de naissance : 20 juillet 1996 (19 ans)

Pays: Australie

Université: LSU

Présentation:

LeBron James ou Magic Johnson, les comparaisons auxquelles à droit Ben Simmons sont vu comme folles. Pourtant, le jeune australien est en train de réaliser une saison freshman historique avec des statistiques gargantuesques. Analyse de l’ouragan médiatique Simmons.

2.08m pour 102 kilos, des foulées de gazelles malgré un physique d’albatros musculeux, Ben Simmons est un phénomène athlétique. Il est très rapide pour un joueur de sa taille aussi bien en accélération que dans les déplacements latéraux. La preuve c’est qu’il peut switcher sur tout les écrans en défense. Sur des courtes séquences, Simmons peut défendre sur les 5 postes. Sur des courtes séquences simplement, car, dans les faits, Simmons est au mieux quand il défend au large sur des ailiers. Défensivement, le joueur de LSU peut rapidement devenir frustrant. Il a plusieurs fois montré à LSU de la nonchalance, et aucune volonté de défendre. Ces signes restent rares mais ils sont à noter. Ce qui rend cette attitude parfois frustrante c’est que Simmons a les qualités (athlétiques et intelligence de jeu) pour être un extraordinaire défenseur. Et dans les séquences où il défend dur, qui sont, heureusement, plus presentes que celles où il traîne des pieds, l’australien est un des meilleurs défenseurs du pays sur son poste. A l’image d’un LeBron James, dans une moindre mesure, à qui on aime le comparer, c’est un potentiel grand défenseur qui accélère dans les moments clés.

Si la comparaison avec LeBron James et Magic Johnson a du sens, c’est avant tout à cause de la fantastique qualité de passe de Ben Simmons. On parle ici d’un joueur de pratiquement 2m10 capable de mener une équipe comme un meneur. Sa taille lui permet de voir au dessus de la défense comme sur cette action.

Simmons passe @Kentucky

Cette qualité de passe digne d’un meneur, Simmons ne la possède pas seulement, il l’utilise à la perfection. Une action qu’il réalise à presque chaque match résume cette qualité et, plus largement, son jeu. Souvent, Simmons capte un rebond en défense et se projette très vite vers le panier adverse pour une passe ou un panier facile. Rebond, accélération, dribble, passe ou finition dans la raquette, le jeu de Ben Simmons résumé en une action. Pour résumer la qualité de passe une statistique suffit: alors que c’est un ailier fort, c’est le quatrième meilleur passeur de sa conférence (la SEC). Rien que ça. Ce qui fait que sa qualité de passe est très vite remarquée c’est sa volonté de faire la passe. Malgré ces 19.4 points de moyenne, il reste avant tout un joueur qui cherche d’abord la passe et veut faire briller ces coéquipiers.

L’erreur faite par beaucoup d’analystes ou de fan est de croire que Ben Simmons un passeur par défaut parce que son jeu offensif n’est pas encore prêt. Ce qui est faux. Simmons est un gros scoreur également capable de passer. Tout le monde le sait, car c’est sans doute son vrai seul défaut à côté de son envie fluctuante en défense, ce n’est pas encore un grand shooteur. Alors les avis divergent quand à l’importance qu’il faut donner à ce défaut. Certains s’inquiètent alors que d’autres pensent que c’est simplement une question de temps. Clairement, la deuxième réponse est la bonne. Blake Griffin est arrivé d’Oklahoma en NBA sans un shoot et c’est actuellement un bon shooteur à mi-distance. Ce n’est qu’un exemple parmi d’autres. Le shoot est un des éléments les plus faciles à travailler, et nul doute que dans un futur plus ou moins proche (c’est là la vraie question), qu’il va acquérir un tir fiable à mi-distance. On peut presque l’assurer sa mécanique étant très bonne. Pour l’instant, il est obligé de se contenter de tir à l’intérieur ou dos au panier. Cette limitation il l’a intégrée puisqu’il n’a tenté qu’un seul shoot à trois points cette saison. Il utilise aussi le tir à mi-distance avec une immense parcimonie. Globalement, la sélection de tirs de Simmons est limitée pour éviter de phagocyter le jeu de son équipe. Comme dans le match contre Kentucky où Simmons n’a tenté que 5 shoots, mais 3 dans la fin de match pour plier le match. Bien évidemment, sur ces 5 tentatives, il en a réussi…5.

Sans un shoot fiable, Simmons réussi à scorer grâce à des paniers en pénétration et un jeu dos au poste étonnamment développé. Il a de très bonnes mains qu’ils lui permettent de finir en déséquilibre ou quand il est dominé en puissance. A l’image de cette action contre North Florida au cours de l’explosion statistique du freshman (43 points, 14 rebonds, 7 passes, 5 interceptions et 3 contres):

Ben Simmons

Une partie des points non-négligeable des points de Simmons viennent de pénétration en contre attaque ou en partant de l’extérieur comme ici contre Kentucky.

Simmons pénétration vs Kentucky, changement de main

En plus d’être un scoreur, un passeur et, potentiellement, un grand défenseur, la plus grande qualité de Simmons reste aux rebonds. Bien que freshman, c’est le quatrième rebondeur du pays avec 12.8 rebonds par match. Il possède la grande qualité d’avoir le feel (le flair) pour savoir où la balle va atterrir et maîtrise parfaitement le box-out. Il lui arrive d’être bousculé physiquement face à des intérieurs puissants mais il domine globalement toujours la bataille du rebond.

Notre Avis

Meilleur joueur universitaire ? Surement.

Meilleur joueur de la future draft ? C’est sûr.

Futur premier choix de la draft ? Assurément.

Meilleur prospect de ces cinq dernières années ? Possible.

La rubrique du « prospect de la semaine » de Dunkhebdo existe depuis 2 ans. Les générations Jabari Parker/Andrew Wiggins et Karl-Anthony Towns/Okafor ont eût droit à leur fiche. Pourtant, aucun des ces joueurs, vu comme des futures stars au moment de leur draft, ne boxent dans la même catégorie que Simmons. On a clairement à faire à un joueur unique. Un phénomène athlétique mais surtout un phénomène basketballistique qui est promis à un grand avenir.

Ces fiches sont souvent durs envers les prospects pour ne pas vendre trop d’espoir aux fans NBA mais difficile de ne pas tomber amoureux de Ben Simmons. Un futur très très grand professionnel.

Auteur : Benjamin Ringuet

Créateur de Dunkhebdo en août 2012. Architecte de notre podcast éponyme, auteur de la plupart du contenu draft et bien plus encore. Ne supporte aucune équipe et déteste probablement la tienne. Allergique aux nostalgiques de l'âge d'or de la ligue. Pape du small ball. «Patron relou mais grave kiffant» selon un des rédacteurs.