Preview NCAA/Draft 2014 : Prologue FAQ et généralités

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La première grande étape de la saison NCAA 2013-2014 a débuté le Vendredi 27 Octobre. En effet,  en attendant les matchs qui débuteront en Novembre, les équipes des différentes facs sont autorisées à effectuer les entraînements collectifs, les coachs pouvant maintenant être en permanence en contact avec l’ensemble de leur groupe. En attendant le début de la saison, nous essaierons du mieux que nous pouvons de vous donner des informations sur les différentes équipes et joueurs à suivre lors de cette saison qui s’annonce encore plus alléchantes que les années précédentes avec tous les nouveaux-venus dont on nous promet monts et merveilles.

Avant de débuter les « preview » de conférences (et donc d’équipes), voici un « FAQ » (à notre façon) sur les questions les plus simples généralement posées sur la NCAA et le basket universitaire US.

– Eeeeuh, ça veut dire quoi NCAA? Parce que bon, je vois rien qui commence par « B » là dedans.

NCAA = National Collegiate Athletic Association. Il s’agit de l’organisation qui s’occupe de gérer tout le sport universitaire aux États-Unis (et même au Canada à un certain degré). Il est vraiment important de garder à l’esprit le « TOUT le sport », ce qui veut dire aussi bien le water-polo que les plus populaires que sont le Foot US et pour ce qui nous intéresse : le basket-ball.

– J’ai voulu me documenter sur la NCAA mais je suis largué, c’est moi ou bien il y en a du monde?

En effet, vu la quantité importante de facs aux US, ça se comprend. Et donc pour cette saison, bah il y a juste… 351 équipes pour… la seule Division I.

– Ah…? Parce qu’il y a des divisions aussi? Bon je suis déjà découragé moi.

Oui, il y a aussi les « Division II & III » (fastoche non?). Mais bon, il ne faut pas vraiment paniquer, il n y a que la division I qui est d’un haut niveau et dont les gens discutent vraiment.

– Et donc, ce « petit » groupe de 351 équipes s’affrontent toutes?

Bien évidemment que non. Il y a des conférences (32 en tout pour la division I) de 8 à 16 équipes. Et d’ici la fin de la saison, chaque équipe aura joué au moins une trentaine de matchs.
 
-Les conférences, c’est comme en NBA? Je veux dire c’est juste une question de géographie?

Il y a de tout en fait. Certaines sont en effet fondées sur un critère géographique, d’autres sur sur la base du prestige académique, d’autres pour des raisons purement sportives (comme la non-pratique du foot US, etc.) En plus, il y a fréquemment des départs de certaines équipes pour d’autres conférences sur la base justement de ces divers critères et bien évidemment… les raisons financières.

-Hum, alors les conférences ne doivent pas avoir le même degré de difficulté. N’est-ce-pas?

En effet, il y a des conférences plus huppées que d’autre. Pendant longtemps, il a été beaucoup utilisé le terme de « BCS » pour désigner ces conférences. Ce terme a cependant plus de sens dans le foot US (il a d’ailleurs été inventé pour lui, « BCS » signifiant « Bowl Championship Series »).

Il est donc récemment plus fréquent de lire les termes « High major » et « Mid-major » pour distinguer les différents niveaux entre conférence. Mais là encore, il y a matière à débattre car beaucoup de facs dites « mid-major » ont prouvé au cours des dix dernières années qu’elles étaient bien meilleurs que des facs de conférences dites « High major ». Hélas, cela a son importance comme nous le verrons plus tard…

– Et donc comment se fait l’organisation des matchs au cours de la saison?

Bon, je vais essayer de faire simple. Il y a 4 grandes phases au cours de la saison de basket NCAA :

1/ « Les matchs de non-conférence » : Se déroulent de Novembre à fin-Décembre et comme le nom l’indique, au cours de cette période, les équipes affrontent des équipes qui ne font par partie de leur conférence.

2/ « Les matchs de conférence » : De Janvier à début Mars. Bon vous l’aurez compris, il s’agit de matchs entre les équipes qui sont membres d’une même conférence.

3/ « le tournoi de conférence » : En l’espace d’une semaine, les équipes d’une même conférence s’affrontent en matchs à élimination directe avec à la fin une équipe qui est désignée championne du tournoi.

4/ Le tournoi final plus connu sous le terme de « March Madness » : de Mi-Mars à début Avril, les 68 « meilleures » équipes s’affrontent dans des matchs à élimination directe avec à la fin, le « champion NCAA ». Mais nous y reviendrons plus tard dans la saison.

– Bon si je m’intéresse au plus immédiat, alors en Novembre on va avoir droit aux matchs de « non-conférence ». Mais ça s’organise comment? Et puis ce n’est pas une phase si importante non?

Ah si, c’est une étape qui compte beaucoup. Alors, pour l’organisation des matchs, c’est à chaque équipe de se débrouiller pour organiser des rencontres. C’est une phase pendant laquelle la plupart des coachs font preuve de beaucoup de tactique et de précaution pour établir le calendrier.
Pourquoi? Parce que ces matchs ne sont pas des matchs de pré-saison sans importance comme en NBA mais ce sont au contraire des matchs qui comptent pour le classement des équipes.

– Hum, tu peux m’éclairer un peu plus sur cette affaire de classement? Il est fait comment?

Le classement qui fait office de référence est le « AP poll ». Il s’agit d’un classement des 25 meilleures équipes qui est effectué par un panel de journalistes (non anonymes) de tous les Etats-Unis (chaque journaliste attribuant 25 points à l’équipe qu’il pense être la meilleure, 24 à la seconde, etc.). La somme des points réunis par chaque équipe sert à établir ce « AP Poll » qui est publié de manière hebdomadaire. Il y a aussi des classements établis par des groupes comme « USA Today coaches poll » ou encore ESPN, CBS. Cependant il faut bien garder à l’esprit que ces classements sont purement indicatifs et ne donnent droit à aucun prix ou titre pour l’équipe qui finit première.

-Ah c’est donc ça le petit chiffre que je vois parfois à côté du nom de certaines équipes?

En effet, ce chiffre est juste pour donner une idée de « la force » de l’équipe en question, au niveau national.

-Mais j’ai entendu aussi parler d’un machin comme le « RPI »? Ça compte pour le classement aussi?

Oui et non. Le « RPI » (Rating Percentage Index) est surtout important pour la « march madness » où le comité se doit de sélectionner par lui-même une trentaine d’équipes et définir les différentes têtes de séries et le tableau des rencontres. Le « RPI » est une formule mathématique qui essaye de prendre en compte les résultats d’une équipe, la difficulté de son calendrier et les conditions des rencontres (à domicile/à l’extérieur? Etc.). C’est d’ailleurs en ce sens que les matchs de « non-conférence » sont eux aussi assez importants.

-Ah? Peux-tu développer?

C’est assez simple. Comme je l’ai dit, les équipes se débrouiller toutes seules pour établir leur calendrier lors de cette phase. Les grosses équipes seraient donc évidemment tentées de ne rencontrer que des plus faibles (sur le papier) afin d’avoir un gros nombre de victoires. Mais étant donné que la difficulté de l’adversaire est aussi prise en compte, elles se retrouvent donc « obligées » de choisir au moins 2 matchs contre des adversaires d’un assez « gros calibre », afin de ne pas se pénaliser aux yeux du comité d’évaluation. Dans le même ordre d’idée, si une de ces grosses équipes perd contre un adversaire moins prestigieux, elle a l’effet inverse et se retrouve grandement pénalisée aux yeux des évaluateurs.
Le problème des « High major » VS « mid-major » se retrouve encore ici puisque les premiers ont l’avantage de pouvoir choisir contre qui ils veulent jouer et surtout sur quel terrain (puisque ce sont surtout les « mid major » qui ont besoin de faire monter leur statut). Ainsi, cette saison, Duke par exemple disputera toutes ses rencontres à domicile contre de « faibles » adversaires et sur terrain neutre contre de gros adversaires. A contrario, une équipe comme Kansas a choisi un calendrier très ardu qui pourrait par contre lui permettre d’afficher très tôt son statut cette saison.

– Hum ok. Parlons un peu des joueurs maintenant, ou du moins de leur situation par rapport à leurs équipes. Entre nous, ils ne viennent pas pour étudier non? Je veux dire qu’on le voit bien, ils partent tous hyper tôt.

Voilà une question qui demande une réponse assez travaillée. Alors, déjà il y a un truc qu’il faut mettre au claire. Contrairement à ce qui est souvent raconté, les joueurs ne quittent pas si tôt que ça la NCAA. En fait, pour être plus précis, il n y a que les joueurs qui étaient hyper-côtés qui partent beaucoup après leur première année, et encore ce ne sont vraiment que les joueurs du top 10. Cela peut avoir l’air d’un détail mais ça a son importance.
Ensuite, concernant les études, non ils ne les négligent pas vraiment. En tout cas, leurs équipes n’y ont pas intérêt. Le fait est que, la NCAA réclame aux joueurs d’avoir une certaine moyenne pour pouvoir participer aux activités sportives. Ainsi, les entraînements sont limités à des horaires strictes afin que les joueurs puissent gérer aussi leur vie académique. Ce n’est pas un truc à prendre à la légère car certaines facs se voient priver de certaines recrues qui ont la cote à cause de ce critère (comme Florida et Chris Walker cette année).
Un problème de ces dernières années était que les exigences de la NCAA n’étaient visiblement pas assez élevés, ainsi la plupart des joueurs n’avaient même pas besoin de faire leur deuxième semestre pour remplir les critères académiques. Mais récemment, elle a durci les choses. Cela a son importance, car les bourses et la possibilité pour une équipe de participer à la « march madness » dépendent aussi des critères académiques.

-Ah? Donc le nombre de bourses est géré? Le nombre de joueurs dans les effectifs aussi je suppose.

Oui, chaque équipe (si elle n’a pas reçu de sanctions) peut avoir dans son effectif, un maximum de 13 joueurs qui bénéficient d’une bourse sportive. L’effectif peut être supérieur à 13, mais dans ce cas les autres joueurs doivent passer à la caisse…(on emploie le terme de « walk-ons »). Donc avoir des joueurs de famille riche dans l’effectif, ça peut servir (Rick Pitino en sait quelque chose).

– Donc lorsque l’on veut recruter des nouveaux joueurs, on peut se retrouver vite limité, non?

Tout dépend de la politique que l’on adopte. En effet, les seules bourses que l’on peut garantir lorsque l’on recrute des joueurs sont celles des « seniors » (dernière année du cursus universitaire américain). Pour le reste, les coachs dépendent énormément des départs prématurés à la draft (donc les « Juniors », « Sophomores » et « Freshmen » en NBA ou des joueurs qui demandent à être transférés). En fonction de tout cela, on se retrouve avec des facs qui changent chaque année plus de la moitié de leur effectif et d’autres qui vont fonctionner par cycles.

 Si j’ai bien compris ce qui vient d’être dit, les joueurs peuvent être transférés?

Oui mais ce n’est pas à la mode NBA. J’entends par là qu’il est très rare qu’un coach veuille transférer un joueur, d’autant plus qu’il ne s’agit pas d’un échange et que la seule chose qu’il va récupérer, c’est la bourse du joueur qui part.
Ce sont donc essentiellement les joueurs (étudiants) qui demandent à être transférés. Les raisons sont diverses. Cela peut être pour des raisons familiales (il faut garder à l’esprit que ce sont encore des « gosses » de 18 ans et que beaucoup d’entre eux choisissent des facs à des milliers de kilomètre de chez eux). L’autre raison peut être aussi un manque de temps de jeu. Par exemple, Kyle Witjer qui pour sa deuxième année a débuté très peu de matchs avec Kentucky a demandé son transfert à Gonzaga car il avait compris qu’il ne jouerait certainement pas beaucoup avec l’armada de nouvelles recrues de cette année.
D’ailleurs sur ce point, il faut voir que les transferts sont beaucoup appréciés par les « petites » facs car c’est pour elles un moyen d’avoir des joueurs assez talentueux sans forcément brader leurs bourses sur des joueurs qu’ils auront recrutés plus par défaut que par envie véritable. Dans l’autre sens, les « grosses » facs accueillent rarement des joueurs transférés, et si c’est le cas, cela veut souvent dire que le joueur est un talent qui se morfondait dans une petite fac (par exemple Seth Curry lors de son transfert pour Duke, d’ailleurs il faut noter que pendant longtemps, beaucoup de grosses facs ont voulu que son grand frère fasse aussi un transfert). Cependant les transferts ont un coût en NCAA, à savoir que dans la majorité des cas, le joueur en question doit attendre un an avant de pouvoir jouer pour sa nouvelle fac.

-Mais au fait, les joueurs qui ne peuvent pas évoluer en division I NCAA, ils sont fichus pour la NBA?

Certains joueurs n’arrivent pas à aller en division I NCAA parce qu’ils n’en remplissent pas les critères académiques et/ou se sont révélés sur le tard au lycée et n’ont pas été évalués à leur « juste » valeur. Il existe plusieurs autres possibilité pour ses derniers (car oui il n y a pas que la NCAA dans la vie )

Une voie qui est très prisée est celle des « JUCO ». Ce terme qui signifie « Junior College » désigne des établissements universitaires (indépendants de la NCAA) qui ont des exigences plus basses d’un point de vue académique mais qui ne dispense que deux années d’éducation. Ainsi, il est fréquent donc pour certains jeunes de choisir cette voie pour continuer à jouer au basket tout en remplissant les critères académiques pour être transféré en NCAA à la fin de leurs deux années d’étude. Certains ex-JUCO ou  joueurs de division II NCAA font de très bonnes carrières NCAA et sont draftés (Pierre Jackson, Jae Crowder récemment) et d’autres font même de très bonnes carrières NBA (Ben Wallace, Dennis Rodman et même un certain… Scottie Pippen). A noter que les JUCO peuvent joueur tout de suite pour leur nouvelle équipe contrairement aux transferts « classiques ».

-Au fait si un joueur est blessé pour l’année, son année compte quand même?

Le terme « Redshirt » est très célèbre dans le monde du sport universitaire. Car s’il est vrai que les bourses sont attribuées aux joueurs pour les quatre années du cursus « classique » universitaire, ces derniers ont la possibilité d’en faire une ou deux de plus s’ils prennent le statut de « redshirt ». Ce terme désigne un joueur qui ne prend pas part aux compétitions mais a par contre le droit (devoir) de venir en classe et même de participer aux entraînements s’il le veut.
Ce système est très utile aussi bien aux joueurs qu’aux coachs. En effet, il y a certains coachs qui en accord avec leurs joueurs, choisissent de leur donner le statut de « redshirt » s’ils pensent que celui n’est pas encore prêt à être performant ou qu’il sera barré par d’autres joueurs ou encore s’ils ne remplit pas les critères académiques pour pouvoir jouer. Ainsi, cette année peut être mise à profit pour s’améliorer au niveau de basket (Kelly Olynyk en est une grande démonstration), clarifier sa situation académique (Ben Mclemore par exemple).
Qu’est ce que cela a avoir avec les blessés? Et bien ces derniers, s’ils remplissent certaines conditions peuvent obtenir le statut de « medical redshirt » et donc bénéficie d’une année en plus par rapport au 4 qu’ils avaient à la base. Damian Lillard est un exemple de cette dernière situation. C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles, certaines personnes aiment préciser que Lillard n’a pas fait 4 années de basket « actif » mais 3, vu qu’il a été blessé au bout de neuf matches lors de sa « première » année « Junior ».

-Ok. Bon sinon c’est quand qu’on commence à les payer les joueurs?

Pas pour demain en tout cas. Je n’ai pas envie de m’étaler sur le domaine mais malgré tout le mal que l’on peut dire sur la NCAA, il faut se souvenir que j’ai dit au début qu’elle s’occupe de TOUS les sports. Ceux qu’expliquent certaines personnes, c’est que contrairement à ce que l’on pense, mis à part les très populaires comme le foot US et le basket, les autres sports font rarement des grosses rentrées d’argent. Donc ce que rapporte ces deux sports sert énormément aux autres disciplines sportives dans les diverses facs (une sorte de communisme au pays des capitalistes). Oui les coachs sont bien payés, mais bon si on se met à aborder le terme des salaires des joueurs, qui définira alors l’échelle des salaires? Et l’on paye comment les joueurs des autres sports? Plus? Moins? Sur la base de quoi? Donc certaines facs riches pourront attirer les joueurs juste sur la base du chéquier alors?

Et encore une fois, il faut rappeler que c’est la NBA (sous la pression des patrons de franchise) qui a empêché au lycéen de partir directement en NBA. Et qu’enfin, personne n’empêche ces jeunes joueurs qui se sentent « exploités » (j’exagère un peu évidemment) de faire comme Brandon Jennings et de partir en Europe pour un an et être payé avant de s’inscrire à la draft. Bref, le débat est encore long…

-Bon alors, parlons des conférences maintenant…

Ah non, ça c’est pour la suite. Alors, à la prochaine…

Article écrit par Blueprinty

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