Preview NCAA/Draft 2014: Les seniors (première partie)

La saison NCAA 2013-2014 débutera officiellement en Novembre. Les joueurs qui vont y évoluer constitueront le contingent principal des nouveaux entrants au sein de la NBA lors de la draft 2014. À moins d’avoir vécu dans une grotte où de découvrir la NBA, vous avez forcément entendu mondes et merveilles à propos des riches promesses de cette draft, notamment à cause des « Freshmen » (joueurs de première année) qui vont débuter cette année (certains d’entre eux ont déjà été présentés dans d’autres articles). En attendant le début de la saison, nous essaierons du mieux que nous pouvons de vous donner des informations sur certains joueurs à suivre et les défis qui attendent la plupart d’entre eux au cours de cette saison.

C’est de manière assez logique que nous débutons par les « Seniors ». Ces derniers qui entameront la fin de leur principal cursus universitaire et qui seront donc automatiquement éligibles pour la draft (ceux qui est différents des autres qui eux doivent s’y inscrire). Comme vous le savez certainement, les temps ont changé et elle est maintenant loin l’époque où les « joueurs cotés » effectuaient un cursus de plus d’un ou deux ans à la fac. Tim Duncan est le dernier « 1st pick » à avoir effectué 4 années (même s’il serait probablement parti plus tôt s’il n y avait pas eu la promesse faite à sa défunte mère). Ainsi, de nos jours, les « seniors » sont surtout des joueurs destinés au second tour de draft ou encore 2e partie du premier tour. Les raisons sont diverses, mais la principale demeure quand même cette course au potentiel qui pousse les franchises à préférer les « Freshmen » et autres plus jeunes en espérant tomber sur la prochaine pépite qu’ils espèrent voir briller dans leurs mains et construire autour sur du long terme. Cependant, certains « seniors » arrivent encore à être choisi haut dans la draft. C’est le cas par exemple de CJ McCollum cette année (choisi en 10ème position par les Blazers). D’autres sont choisis beaucoup plus bas mais se révèlent même être des heureuses surprises (Chandler Parsons par exemple choisi en 38ème position par Houston en 2011). Bref, pour faire simple, que ce soit avec un « Freshman » ou un « Senior », on ne sait jamais sur quoi l’on va tomber. Voici une première présentation de « cinq seniors » qui devraient rejoindre (ou se battre pour) la grande ligue l’an prochain*.

* L’ordre de présentation ne se veut en aucun cas être un classement. 

1/ Doug McDermott (Creighton, Ailier, 2m03, 100 kilos)

(2012/13 : 23,2 Pts**, 7,7 Rbds, 1,6 Pds, 54,8 FG%, 87,5 FT%, 49,0 3PTS% ; membre du premier cinq de la « all american team » en 2012 et 2013) **:Les chiffres sont les moyennes par match

Le « senior » le plus célèbre de la NCAA 2013-2014 est sans aucun doute Doug McDermott. L’ailier de la fac de Creighton dans le Nebraska y fait la pluie et le beau temps et pourra cette année rejoindre le club des joueurs ayant inscrits au moins 3000 points en NCAA (il en compte 2216 actuellement et a une moyenne d’environ 800 pts sur les deux dernières saisons). Vous l’aurez compris, Doug McDermott, qui est le seul universitaire à avoir été appelé au rassemblement de team USA cette année (avec Marcus Smart) sait « scorer ». Ce qui est frustrant, c’est que la plupart des gens ont tendance à le décrire comme un shooter fou à 3pts. L’erreur dans la phrase précédente, c’est le mot « fou ». Car s’il est vrai que McDermott est d’une extrême adresse à 3 pts (49% de moyenne sur les deux dernières saisons), ce n’est absolument pas son arme première.

À titre d’exemple, des joueurs comme J.J. Reddick (recordman des 3pts en NCAA) ou encore Stephen Curry ou même Kyle Korver (qui a aussi évolué dans la fac de Creighton) prenaient environ 400-300 shoots à 3pts dans l’année. Doug McDermott n’en a pris que 157 cette saison (son plus haut total jusqu’à présent). La force de ce joueur est surtout de savoir lire le jeu et de savoir quand et où marquer. De plus, c’est essentiellement dans la peinture que McDermott est dangereux. Il sait lire les trous dans la défense, son travail au poste est excellent puisqu’il sait lorsqu’il faut être agressif et quant au contraire il faut calmer les choses. Malgré sa faible envergure, c’est un très bon rebondeur notamment à cause de ce même caractère agressif et sa lecture du jeu. Bref, il a du « nez pour la balle ». Ainsi donc, Doug McDermott n’est pas un poulet sans tête qui court partout sur le terrain en cherchant à se démarquer derrière la ligne à 3pts car c’est faux. Alors, malheureusement pour lui, il n’est pas très vif ni athlétique et a donc du mal à défendre mais contrairement à beaucoup d’autres, il en fait l’effort et avec son esprit de compétition (qui se voit vraiment sur le terrain et non pas juste parce qu’il cherche à rentrer des tirs « clutch »), il est impossible qu’il ne fasse pas son trou en NBA surtout s’il progresse sur son shoot en sortie de dribbles.

En surprenant beaucoup de gens avec son choix de rester à la fac, il s’offre un autre challenge en plus du défi des 3000 points. En effet, sa fac de Creighton a quitté sa faible conférence MVC pour intégrer la « nouvelle Big East ». Et même si des facs comme Louisville ou Syracuse n’en font plus partie, cette conférence reste quand même d’un niveau plus élevé notamment défensivement. Bref, une grande scène pour une grande page d’histoire…

2/ Patric Young (Florida, pivot/ailier-fort, 2m09, 112 kilos) (2012/13 : 10.1 Pts, 6.3 Rbds, 1.6 Ctrs, 58.6 FG%, 48.9 FT%)

Lorsque Patric Young a débarqué en NCAA il y a 3 ans, il était promis à être un futur « lottery pick » et au pire un choix de milieu de premier tour. Au jour d’aujourd’hui, il est surtout un argument de plus pour ceux qui ont supplié « maître Stern » d’instaurer une règle empêchant les lycéens de rejoindre immédiatement la NBA. Celui qui était dans le top 20 des lycéens en 2010 avait tout pour faire saliver d’un point de vue physique. Car Patric Young est un être à qui il ne doit certainement plus rester un seul muscle à développer. Il passe le test visuel sans aucun problème et est l’illustration parfaite du terme « athlète qui joue au basket ». C’est d’ailleurs ces propriétés athlétiques qui font que Young reste encore sur les tablettes des scouts car il sait très bien s’en servir au niveau défensif. Faire bouger le monstre physique qu’il est n’est pas vraiment une partie de plaisir et même sa défense hors-raquette s’est amélioré au cours de ses 3 ans.

Là où ça commence à se gâter, c’est lorsqu’on lui refile la balle… Car j’exagère un peu mais Young peut difficilement faire quelque chose s’il n’est pas à 5 cm du panier. L’an dernier, ces mouvements semblaient encore assez bruts et il ne représentait pas vraiment une menace offensive. Alors, d’un autre côté, il pourrait se défendre avec le fait qu’il était la 5ème solution offensive dans une équipe de Florida qui s’est reposé beaucoup sur le jeu en périphérie ces dernières saisons. Mais maintenant que Erik Murphy (choisi en 49ème position par les Bulls cette année), Mike Rosario et le meneur shooter Kenny Boynton ne sont plus là, Young ne peut plus se cacher sur le plan offensif. Cela sera encore plus le cas si l’ailier-fort Chris Walker, l’une des grosses recrues de Florida est toujours inéligible (Il espère être éligible pour Décembre).

Encore une fois, il est tout a fait plausible que Young soit au maximum de ses capacités et il n y a aucune honte à être que défensif. Même dans ce cas, il est difficile d’imaginer qu’il ne trouve pas une place en NBA tant ses qualités athlétiques sont indéniables. Mais aussi solide défenseur sous la raquette et athlète qu’il soit, il serait difficile de ne pas y voir un gâchis, d’autant plus que même si ses prises de rebonds peuvent être impressionnantes, leur nombre pourrait en inquiéter plus d’un…

3/ C.J. Fair (Syracuse, ailier, 2m03, 95 kilos) (2012/13  : 14,5 Pts, 6,9 Rbds, 1.1 Intcp, 47.0 FG%, 75.5 FT%, 46.9 3FG% )

Parler de C.J. Fair ne prend pas nécessairement beaucoup de lignes. Mais attention, cela n’est pas dû au fait qu’il n’a rien à apporter mais plus au fait que Fair a effectué tout au long de son séjour à Syracuse ce que tout joueur doit chercher à faire, c’est à dire progresser. D’ailleurs, Fair est aussi l’illustration du fait que la lumière des projecteurs ne se braque pas toujours vers celui qui le mériterait. En effet, cette année, la mode à Syracuse était de parler de Michael Carter-Williams (choisi en 11ème position par les Sixers) ou encore James Southerland (mis à l’essai par les Bobcats/Hornets) et pourtant le joueur le plus régulier était C.J. Fair (étant au passage le leader au « scoring » et au rebond). Lors de l’élimination contre Michigan cette année lors du « Final four », Fair a d’ailleurs plusieurs fois permis à l’équipe de se maintenir à flot et de ne pas être distancée.

Fair a donc fait le choix de retourner à la fac pour une dernière année où il apparaît plus que jamais comme le leader de Syracuse de par son expérience notamment. L’une des premières choses qu’il devra confirmer est son adresse à 3 pts qui a pratiquement doublé cette année alors que c’était justement l’une de ses faiblesses. Il a aussi très clairement démontré une très bonne qualité pour profiter des « mismatchs » notamment dans son jeu au poste et s’affirme aussi comme un puissant et efficace rebondeur.

S’il est clair qu’il est efficace en « catch & shoot », Fair doit encore travailler sa conduite de balle (surtout qu’il jouera certainement poste 3 en NBA) en se créant ses occasions de « scorer » tout en devenant plus fort physiquement. L’autre interrogation qui demeure mais qui est la même pour la plupart des joueurs de Syracuse est de savoir ce qu’il vaut en défense individuel (pour rappel, le mythique coach de Syracuse, Jim Boeheim, ne jure que par la défense de zone). À Fair maintenant de ne pas se faire voler la vedette par le prometteur 2ème année, Jerami Grant ou encore la grosse recrue canadienne, le meneur Tyler Ennis…

4/ Cleanthony Early (Wichita State, ailier, 2m03, 98 kilos) (2012/13  : 13,9 Pts ; 5,4 Rbds ; 45.7 FG% ; 79,1 FT%, 31,8 3FG% )

On ne le répétera jamais assez, mais le tournoi NCAA est toujours une opportunité à saisir pour mettre son nom dans la lumière et susciter une poussée d’intérêt de la part des médias et certainement des scouts. C’est ainsi donc que le parcours héroïque de la « petite fac » de Wichita State (défaite 72-68 en demi-finale contre le futur champion Louisiville) aura permis à un joueur en particulier de se mettre dans la lumière : Cleanthony Early.

Dans leur parcours de tueur de favoris (abattant tour à tour des facs comme Pittsburgh, Gonzaga et Ohio State), Early a terminé en quasi double-double et meilleur marqueur (en sortie de banc à deux reprises). En le voyant jouer et en regardant ses stats, son gros problème apparaît assez évident : l’inconstance. En effet,  que Early est un « scoreur » très versatile, mais encore trop souvent sur courant alternatif. C’est ainsi qu’il est capable d’avoir des pics à environ 25 pts dans des matchs et tout d’un coup retombé à un peu moins de 10 quelques jours suivants.

Son inconstance et le fait qu’il ait débuté en sortie de banc lors de certains matchs sont aussi à mettre en perspective avec le fait qu’il découvrait l’an dernier la Division I de la NCAA (il évoluait en Division III dans une autre fac les deux premières années). C’est justement ça qui le rend encore plus intriguant car l’on ne peut s’empêcher de se demander ce qu’il donnera cette année après sa prometteuse période d’adaptation fini en apothéose (sur le plan personnel du moins). Son côté agressif et sa grande énergie font qu’il apporte toujours quelque chose et finit toujours par peser à un moment ou l’autre. Lors de la demi-finale perdue contre Louisville, alors que son équipe semblait s’écrouler (ayant perdu une avance de 13 points à une dizaine minutes de la fin), il a su notamment fait parler ses qualités au rebond offensif pour permettre à l’équipe de s’accrocher.

Évoluant dans une faible conférence (qui s’est encore plus que jamais affaibli avec le départ de la fac de Creighton), Cleanthony Early aura du mal à faire parler uniquement ses stats. Mais les données restent toujours aussi simples pour lui : avoir une meilleur sélection de shoots, montrer la même énergie tout en continuant de s’améliorer sur le plan défensif (ce qui ne devrait pas être dur en évoluant à Wichita State) en espérant encore prendre une part active à d’autres exploits des « Schokers » (c’est vraiment le nom de l’équipe). Il devra aussi se méfier du piège de son style de jeu qui est l’archétype du « tweener » et qui semble poser un vrai casse-tête de nos jours en NBA…

5/ Keith Appling (Michigan State, arrière, 1m88, 77 kilos) (2012/13  : 13,4  Pts ; 3,4 Rbds ; 41,5 FG% ; 74,9 FT% ; 3,3 Pds ; 32,0 3FG% )

Keith Appling s’apprête à vivre une saison plus que jamais sous haute pression et tout le monde est impatient de savoir comment l’ancien All-Star lycéen (top 40 en 2010) va y répondre. En effet, tous les pronostiqueurs promettent à Michigan State une grosse année et les voit comme des candidats sérieux à un troisième titre NCAA. Mais voilà, tous les pronostiqueurs voient un « maillon faible », ou du moins une personne qui doit plus que jamais se remettre en question : le meneur Keith Appling.

Quand on fait le bilan de Michigan State l’an dernier, deux chiffres sautent aux yeux : 474 passes décisives / 489 pertes de balle. Comme le dit lui-même leur coach Tom Izzo : « inexcusable » pour une fac de ce calibre et qui aspire à jouer les premiers rôles. Alors, bien évidemment Keith Appling n’a pas comptabilisé les 489 pertes de balle mais c’est surtout le problème des passes décisives qui fait peur. Après avoir passé ses deux premières années à « se cacher » derrière le facilitateur qu’était Draymond Green (« drafté » en 2012 par Golden State), la saison dernière était celle où Keith Appling devait prendre les choses en main. Alors, en effet au « scoring », il a pris les choses en main vu qu’il a fini avec le meilleur total et la meilleure moyenne de points, mais aussi… le plus de tentatives de shoot au sein de son équipe. Cela est surtout intriguant quand on sait qu’il a à ses côtés l’un des meilleurs poste 2 de la NCAA (Gary Harris) ou encore un athlète mobile et versatile comme l’ailier-fort Adreian Payne. Au final, Keith Appling a comptabilisé moins de passes décisives par rapport à l’an dernier. Déjà que ces chiffres de l’an dernier n’était pas fameux…

Keith Appling est arrivé du lycée avec une réputation de « scoreur » et l’on sent vraiment que créer le jeu n’est pas son truc. Étrangement, il ne donne pas l’impression d’être un croqueur mais juste une personne chez qui mener vraiment le jeu, créer des opportunités pour les autres, n’est pas naturel. Ses instincts de « scoreur » se voient tout de suite dans sa qualité à très bien profiter des espaces et ouvertures dans la défense et attaquer très vite le panier quand ces occasions se présentent. Mais quand ces occasions ne se présentent pas… il se contente de faire circuler le ballon sans grand but et ne manque pas la première occasion de shooter même si la possession vient à peine de débuter. Ce problème de passes décisives est vraiment frustrant quand on voit qu’en plus, Appling est un bon, même très bon défenseur. Il se déplace très bien et sait gêner les mouvements de ces adversaires directes en compensant bien son déficit de taille par son envergure et en progressant encore, il pourrait devenir un vrai cadenas.

La balle est plus que jamais dans son camp pour montrer à tout le monde son évolution au cours de sa dernière année. D’autant plus que même son coach a été très clair avec le printemps dernier : « Sois tu changes, soit je ne te fais plus jouer à ce poste ». Bref, on ne peut pas faire plus direct…

7 Comments

  • jejevert01

    Merci pour ces articles, c'est cool de pouvoir en savoir plus sur la ncaa sans devoir faire 10000 sites 🙂

  • «Car Patric Young est un être à qui il ne doit certainement plus rester un seul muscle à développer»

    Le genre de petite phrase qui me fait adorer les articles de Blue

  • Tracy McGrady

    Très bon classement pour la 1ère partie. Quoique j'aurais placé C.J Fair devant Patric Young, la tour défensive. Tout simplement parce que Fair a un gros potentiel qui ne demande qu'à être poli et que je le vois bien tourner autour des 20 pts la saison prochaine. Et puis: où est Russ Smith ??!! Si y'en a un qui va faire une grosse saison c'est bien lui ! Il mérite au moins la 2e place. En tout cas j'espère voir des mecs comme Napier, Jefferson et Payne dans la 2e partie ^^

  • Blueprinty

    Eeeeeuh pourquoi est ce que vous ne lisez jamais les intros? Regardes "en tout petit" juste avant le nom de Doug McDermott…

  • nashinHOF

    Très bon article, comme toujours … !

    Rien à redire, j'espère que Appling va se bouger cette année parce que comme tu le mentionnes j'attends avec impatience la saison de Gary Harris (mon chouchou).

  • Louis-Harry

    C'est du bon ! Appling-Harris , duo qui s'annonce en progression et encore plus explosif ! Et le premier paragraphe sur le jeu de Mcdermot.. Je n'aurait pas dis mieux ..

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