Premiers paniers pour Toupane

Après avoir marqué ses premiers points en NBA, Axel Toupane est parvenu à décrocher un contrat jusqu’à la fin de la saison. Retour sur le parcours du français où patience et persévérance ont été les maîtres mots pour parvenir à intégrer un effectif NBA.

Une passe de Joffrey Lauvergne pour un dunk facile en contre-attaque, voilà comment Axel Toupane (2,01m pour 95kg) a inscrit son premier panier en NBA. Au-delà de la victoire 100-94 face à New York, l’arrière français de vingt-trois ans était sans doute satisfait d’avoir enfin sa chance. Préférant rester en Ligue de développement (NBA D-League) plutôt que de retourner en Europe, l’ancien Strasbourgeois (4 saisons entre 2011 et 2015) a bataillé match après match pour décrocher une place dans un effectif NBA et devenir le vingt-troisième français à évoluer dans la ligue Nord-américaine.

Brillant dans les catégories jeunes

Régulièrement appelé avec les équipes de France jeunes, c’est sous les ordres de son père Jean-Aimé Toupane, ancien international, que lui et ses coéquipiers aujourd’hui solidement titulaires en Pro A (Westermann, Jean-Charles, Labeyrie) et pour certains en NBA (Fournier, Gobert), remportent la médaille de bronze au championnat d’Europe des moins de 20 ans en 2011, puis la médaille d’argent l’année suivante. L’avenir semble tout tracé pour le joueur formé à l’Elan béarnais puis à Strasbourg. C’est chez ces derniers que l’arrière/ailier dispute son premier match professionnel à seulement dix-neuf ans. Sous les ordres de Vincent Collet, également sélectionneur de l’équipe de France, il suit une progression linéaire, augmentant ses statistiques saisons après saisons, passant de 2.8 points de moyenne en 2011-2012 à 7.8 points en 2014-2015. Après deux exercices chez les professionnels et un titre de vice-champion de France, Toupane inscrit son nom sur la draft NBA 2013, malheureusement il n’est pas appelé, un gros coup d’arrêt pour le jeune athlète. C’est finalement deux années plus tard, après avoir ajouté en 2015 une Leaders Cup et une Coupe de France à son palmarès que Toupane décide de traverser l’océan atlantique, bien décidé à faire son trou dans la grande ligue.

Une adaptation difficile

Pas forcément référencé par les recruteurs NBA, le natif de Mulhouse doit d’abord se montrer. Il signe donc un contrat avec les Toronto Raptors pour disputer les Ligues d’été (NBA Summer Leagues), compétitions où s’affrontent des joueurs fraichement draftés et d’autres recherchant une place en NBA. En seulement trois matchs, il parvient à convaincre les dirigeants de l’inviter au camp d’entrainement, Axel Toupane est alors tout proche d’avoir une place dans l’effectif, mais le coach Dwayne Casey ne l’utilisa que trop peu durant la pré-saison, seulement deux matchs soit 21 minutes au total pour zéro point. Logiquement, il n’est pas conservé par Toronto, se retrouvant sans équipe à l’aube de la saison régulière. Ayant l’option de rentrer en Europe disputer l’Euroligue avec la SIG, Toupane ne renonce pas à son rêve et signe un contrat avec les Toronto 905, franchise de Ligue de développement, affiliée aux Raptors.

Convaincant en D-League

Dans l’ombre de la grande ligue, Axel Toupane, conscient que c’est sa dernière chance, construit son rêve de jouer en NBA match par match. Rugueux défensivement et efficace balle en main, Toupane ne tarde pas à monter qu’il a le niveau pour jouer plus haut. Cependant, malgré des statistiques flatteuses (14.6 points, 5.6 rebonds, 3.6 passes décisives), aucune franchise NBA ne l’approche. Les matchs passent et le temps presse, la fin de saison approche en Ligie de développement et les chances d’Axel Toupane de jouer dans la grande ligue s’amenuisent. Heureusement, le 1er mars, Denver lui fait signer un contrat de dix jours, une délivrance pour l’Alsacien, mais également un défi, convaincre les dirigeants de le signer pour le reste de la saison. Après un premier match en NBA le 5 mars contre Brooklyn (défaite 121-120) et un deuxième match sans point marqué face à Dallas (victoire 116-114), Toupane a inscrit donc ses premiers points en NBA le 9 mars contre les Knicks de New-York (victoire 110 -94).

Quel avenir ?

Convaincant au cours de ses deux contrats de dix jours sous le maillot des Nuggets (11 matchs : 3 points et 1 rebond en 14 minutes en moyenne) et ne voulant pas revivre le scénario Sean Kilpatrick (pas prolongé par Denver puis récupéré par Brooklyn), la franchise du Colorado lui a fait signer un contrat de deux ans le 24 mars. Cependant ce contrat est garanti seulement jusqu’à la fin de cette saison, c’est-à-dire que les Nuggets pourront mettre un terme de manière unilatérale à son contrat. Toupane a donc tout intérêt à se montrer dans cette fin de saison sans enjeu pour Denver, hors course pour les playoffs dans la conférence Ouest. La tâche s’annonce difficile pour le français car Denver possède deux voire trois premiers tours de draft en juin prochain. La place dans l’effectif se jouera donc entre lui et JaKarr Sampson qui dispose du même contrat que l’ancien Strasbourgeois. Les Nuggets ayant tout intérêt à atteindre jusqu’au camp d’entrainement (training camp) en octobre pour trancher, l’été d’Axel Toupane ne risque pas d’être de tout repos.

Désormais joueur NBA, Axel Toupane aura cet été la lourde tâche de décrocher un contrat garantit pour la saison prochaine. Cela s’annonce compliqué et le jeune ailier devra à nouveau faire preuve de constance et de ténacité pour s’inscrire durablement dans la grande ligue.