Phoenix, des tréfonds de la ligue au statut d’outsider

Les Suns version 2013/2014 n’en finissent plus de nous surprendre. Actuellement 8ème de la conférence Ouest avec un bilan positif de 44 victoires pour 30 défaites, l’équipe de Jeff Hornacek est bien partie pour déjouer tous les pronostics et se qualifier pour le premier tour des playoffs. Pourtant, en ce début de saison, personne ne les annonçait à ce niveau-là. Car la saison dernière fut catastrophique. Pour rappel, les Suns avaient fini bon dernier à l’ouest, avec un bilan plutôt médiocre (25v-57d). Seul 3 équipes avaient fait pire, des équipes de l’Est : Cleveland (24v-58d), Charlotte (21v-61d), Orlando (20v-62d).

Cependant, cette nouvelle saison a été marquée par un changement de Général manager et un changement de coach.

En effet, après cette saison à oublier, l’ancien GM Lance Blanks a été limogé le 7 mai 2013, et c’est l’ancien général manager assistant des Celtics Ryan McDonough qui a posé ses valises en Arizona. McDonough, qui a occupé 3 ans ce poste d’assistant à désormais les épaules pour devenir GM, et sa première saison à la tête des Suns restera un succès.

Son premier coup à la tête de Phoenix, c’est le changement de coach, et on pouvait s’y attendre. Lindsey Hunter, l’ancien coach, qui était un intérimaire, n’a pas vu son contrat se renouveler, et c’est Jeff Hornacek, l’ancien assistant coach du Jazz entre 2011 et 2013 qui prend les commandes de cette équipe. Hornacek connait bien Phoenix, puisque c’est un ancien joueur de la franchise. Il se lance un pari : Faire d’une équipe sans franchise-player un candidat au playoffs. Et c’est quasiment chose faite. Son arrivé au club est plutôt bien prise par les joueurs, qui voient arriver un coach avec de l’ambition, et un projet bien structuré. Il ne veut plus que les Suns soient cette équipe qui attaque, qui marque beaucoup, mais qui fait l’impasse sur la défense. Il veut gagner les matchs sur les deux côtés du terrain : En attaque comme en défense. Et pour l’instant, son fil conducteur est remarquablement bien suivi par ses joueurs.

L’arrivée d’Éric Bledsoe a eu un impact considérable sur cette équipe, puisque son association avec le meneur slovène Goran Dragic marche à merveille. Malgré une blessure et une opération au genou cette année, Bledsoe aligne sur 34 matchs un bon apport avec 17 points, 4,7 rebonds et 5,7 passes par matchs. Au poste de meneur, Dragic réalise lui sa meilleure saison sur le sol américain. Arrivé de Houston en 2012, il tourne cette saison à 20,6 point et 6,0 passes par matchs, sur 69 matchs joués. Et outre le tandem Bledsoe-Dragic qui est en grande partie responsable de cette saison remarquable réalisée par les Suns, il y a aussi le cas Gerald Green. L’ailier sur ressort, qui erre de franchise en franchise depuis 2005 semble enfin avoir trouvé sa place en NBA. Il n’est plus seulement se joueur ultra-athlétique seulement bon à figurer dans le top 10 tous les matins, il est devenu une menace pour les équipes adverses, et une vraie force pour Phoenix. A la manière d’un Stephen Curry ou d’un Kyle Korver, il peut prendre feu à tout moment, et poser son empreinte sur le match, comme contre le Thunder où il inscrira 41 points avec un superbe 8/13 derrière la ligne, il nous offre donc une saison à 15,4 points de moyenne. L’arrivée de Miles Plumlee à elle comblée le départ de Louis Scola à Indiana. L’intérieur tourne cette saison à 8.0 rebonds par matchs, un rendement bien meilleur que Scola à Indiana, qui ne capte que 4.8 rebonds par match. Plumlee à un réel impact dans la raquette des Suns, et il est bien épaulé par les jumeaux Morris, Marcus et Markieff, qui évoluent les deux au poste d’ailier fort. A eux deux, ils apportent une moyenne de 23.7 points par match et 10 rebonds, alors que c’est pour les deux leur troisième saison dans la grande ligue. L’apport en sortie de banc de P.J. Tucker au poste d’ailier n’est pas à négliger non plus, avec une bonne ligne de stat de 9.9 points et 6 rebonds par matchs.

Le seul vrai bémol de cette équipe est le cas Alex Len, qui était attendu, puisque sélectionné en 5ème position de la draft 2013, mais n’apporte que 2.2 points, et 2.4 rebonds par matchs.

Mais en dehors de cela, les Suns brillent d’un collectif bien huilé, avec un cinq majeur très complémentaire, et un banc présent, qui peut aisément venir en aide au cinq majeur.

Le renouveau de cette équipe c’est donc faite sur un projet collectif, car c’est ainsi que le groupe voit les choses. C’est une équipe qui pourrait être comparée (avec une réserve bien sûr) au Spurs, puisqu’il n’y a pas un seul joueur qui sort du groupe, comme un Kevin Durant ou un Lebron James, mais bien toute une équipe qui marche ensemble. L’explosion de Green et de Dragic auront également bien aidé les Suns cette saison. La qualification pour les playoffs est encore loin d’être acquise, puisque les Suns sont 8ème, mais cette saison restera plus que positive, puisque les joueurs d’Hornacek ont répondu aux médias et aux pronostiqueurs de la meilleure des manières : Sur le terrain.

Les Suns pourraient donc créer la surprise si ils parviennent à se qualifier en playoffs où ils arriveraient avec le statut d’outsider, et pourquoi pas éliminer une grosse franchise dès le premier tour.

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