[NCAA Hebdo Week 21] : Duke et Coach K au paradis !

Chaque jeudi, Dunkhebdo vous propose une rubrique 100% NCAA. Résumé de la semaine, matchs à suivre, joueurs de la semaine, highlights : c’est cela que vous pourrez retrouver tous les jeudis sur Dunkhebdo. Vous pouvez également retrouver chaque semaine la présentation d’un acteur du championnat NCAA, un prospect qui attire déjà les recruteurs NBA.

L’image de la semaine

Dur dur de perdre au porte de la finale de la March Madness, de perdre au bout du suspense du Final Four. Mais c’est encore plus dur quand c’est votre première défaite de la saison, quand vous avez pulvérisé la quasi-totalité de vos adversaires durant plus de 4 mois de compétition ! Mais c’est ce qui est arrivé aux Wildcats de Kentucky, défaits par Wisconsin au Final Four au terme d’une belle bataille. Le match s’est plutôt bien déroulé, mais c’est l’après match qui a défrayé la chronique outre-Atlantique. Dans la conférence d’après match, un journaliste pose une question à l’intérieur des Cats Karl-Anthony Towns à propos de son duel avec Frank Kaminsky, le big men des Badgers qui a été monstrueux dans ce match. Le freshman de UK s’apprête à répondre mais on entend distinctement un « F### that Nigga » de la bouche d’Andrew Harrison, le meneur de Kentucky. Amertume d’après match, simple dérapage, la polémique a agité les Etats-Unis et je vous sollicite en vous posant cette question : le joueur doit-il être sanctionné ?

 

La semaine en bref

On va d’abord parler des 2 demie-finales, demie-finales qui ont tenu leurs promesses. On avait tout d’abord un Duke/Michigan State, entre de surprenants Spartans et des Blue Devils impressionnants durant toute la compétition. Michigan State a commencé en artillant de loin, avec 4 paniers longues distances pour débuter la partie. Mais Duke s’est mis en marche offensivement, avec une marque bien répartie et une belle alternance entre jeu intérieur/extérieur. L’adresse des hommes de Tom Izzo a chuté, ce qui est parfaitement normal, tout simplement car on ne peut pas shooter comme çà sur tout un match. Justise Winslow a encore été à la hauteur avec 19pts et 9rbs, tout comme Quinn Cook et ses 17pts, le sénior qui a mis dedans de loin. Jahlil Okafor a été à la hauteur, avec un bon pourcentage au tirs et une bonne défense sur Branden Dawson, le big men de Michigan State. Denzel Valentine, l’ailier des Spartans a tout tenté avec 22pts, 11rbs et 5 paniers longues distances, mais l’équipe de Coach K était trop forte, remportant les deux mi-temps de 10pts, pour un score final de 81 à 61.

Après cette entrée, on avait ce Wisconsin/Kentucky en plat de résistance, un choc entre deux têtes de séries numéro 1, mais aussi la revanche de l’an passé au même stade de la compétition, où les Wildcats avaient battu quasi au buzzer les Badgers. Bo Ryan et ses joueurs étaient donc doublement motivés, surtout que leurs adversaires abordaient le match avec un record incroyable de 38-0, ce qui les laissaient à 2 succès de la saison parfaite, chose pas réalisée depuis les Hoosiers d’Indiana dans les années 70. La première mi-temps a donné lieu à un round d’observation, avec un bon départ de Wisconsin et une avance qui a atteint 9pts au milieu de la période. Mais UK a bien fini la mi-temps, avec un Karl-Anthony Towns qui a commencé son travail dans la peinture : 36 partout le score à la pause. Les Badgers ont mieux débuté la deuxième mi-temps, avec un Frank Kaminsky de gala, mais UK n’a rien lâché et a mis un 14-4 pour passer devant, avec un Aaron Harrison qui s’est montré à son avantage offensivement. Sam Dekker a répondu pour Wisconsin, avec des paniers importants et des actions défensives décisives, comme un passage en force sur Trey Lyles dans les dernières minutes. Bronson Koenig et Frank Kaminsky ont mis leurs lancers et Aaron Harrison n’a pour une fois pas été clutch, avec un sous-marin à 3pts, shoot qui aurait pu ramener les Cats dans le match. John Calipari n’y a rien pu, Kentucky ne réalisera pas une saison parfaite, bref la déception était immense pour tous les fans des Wildcats.

On avait donc un choc, un match entre deux têtes de séries 1 lors de cette March Madness, l’affrontement entre les Blue Devils de Duke et les Badgers de Wisconsin. Le match a démarré rapidement avec 2 paniers de loin, Kaminsky répondant à Cook. On assiste durant 20mins à un vrai chassé-croisé, avec un beau duel entre Sam Dekker et Justise Winslow, les deux ailiers : 31-31 était donc le score à la pause, ce qui laissait présager 20 dernières minutes de folie. Bo Ryan et ses joueurs sont mieux revenus, avec des paniers primés et une défense agressive. Wisconsin a pris 9pts d’avance, et on pensait que le match était quasi-bouclé, tout simplement car les jeunes Blue Devils n’avaient pas l’expérience et qu’ils semblaient dans le dur. Mais Coach K a su trouver les mots, mais c’est surtout comme souvent un héros inattendu qui s’est montré, qui a eu un vrai rôle de facteur X. Et là, en l’occurrence c’est le freshman Grayson Allen qui a enfilé ce costume : le floridien ne tournait qu’à peine 4pts durant la saison, mais il a pris confiance et a utilisé ses qualités physiques pour attaquer le panier et aller sur la ligne. Des drives convaincants, quelques paniers de loin, bref le gamin a impressionné, mais plus important, il a ramené son équipe dans le match. Un autre freshman a pointé le bout de son nez, Tyus Jones, le meneur des Blue Devils qui a été énormissime dans les dernières minutes, avec 2 paniers à 3pts en tête de raquette, paniers qui ont mis les pauvres Badgers la tête sous l’eau. Jones a été nommer à juste titre MOP de la partie, Coach K est devenu le deuxième coach le plus titré de l’histoire de la NCAA avec 5 sacres, bref un beau vainqueur et un coach historique, coach qui a réalisé une saison d’anthologie : sa 1000ème victoire en janvier dernier et puis ce titre, titre acquis avec une équipe composée de 4 joueurs de 1ère année, une performance impressionnante !

 

Le 5 Majeur de la March Madness

– Tyus Jones (Duke) : C’est sans doute grâce à sa performance en finale qu’il intègre ce 5 Majeur, mais le jeune meneur des Blue Devils a montré de belles choses tout au long de la compétition. Il n’a que 18 ans mais il est tellement roublard dans son jeu, il ne perd pas de ballon, fait toujours les bons choix et rentre des tirs à des moments essentiels, bref le natif du Minnesota a toutes les qualités du meneur moderne. Premier relais de Coach K sur le parquet, les prochains jours vont amener Jones à une réflexion essentielle pour la suite de sa carrière, à savoir de sa potentielle inscription à la Draft de Juin prochain. (13pts, 4.5ast à 42% aux tirs en plus de 36min de jeu par matchs).

– Travis Trice (Michigan State) : Trice avait de nouvelles responsabilités cette saison du fait des départs de Keith Appling et de Gary Harris, et on peut dire que le shooter des Spartans a répondu présent au fil de la saison, avec une réelle montée en puissance ces deux derniers mois. Après un début d’exercice en dent de scie, Michigan State a passé la seconde pour finir la saison régulière très fort et ainsi arriver à la March Madness en pleine forme. Et là, les hommes de Tom Izzo ont fait un carnage, en accrochant le scalp de 3 têtes de séries (Virginia, Oklahoma et Louisville) pour rejoindre le Final Four, où ils sont tombés face aux champions, les Blue Devils de Duke. Le sénior a été le maestro de son équipe et mérite donc pleinement sa présence dans cette équipe type de la compétition. (19pts, 4.2ast avec 3 paniers à 3pts par matchs)

– Sam Dekker (Wisconsin) : Joueur très complet, Sam Dekker a été vraiment à la hauteur lors de ce tournoi, et cela après une saison relativement décevante. L’ailier de Wisconsin a artillé de loin, a défendu le plomb et a monté son intensité dans les moments chauds, bref il a clairement impressionné. Sa côté n’a jamais été aussi haute, avec des prédictions au milieu du premier tour en juin prochain, mais il pourrait rempiler pour son année sénior chez les Badgers, surtout que Frank Kaminsky, la star de l’équipe lui a terminé son cursus après la finale contre Duke, ce qui va faire de Dekker la star et la première option offensive de Wisconsin l’an prochain. (19.1pts, 5.5rbs avec 2.5 paniers à 3pts par matchs)

– Justise Winslow (Duke) : Le meilleur joueur pour moi de Duke durant cette March Madness, pas Jahlil Okafor mais Justise Winslow, l’ailier texan de 18 ans. Excellent défenseur, physique, shooter correct, il peut faire penser à un Jimmy Butler ou à un Kawhi Leonard, ce genre de morts de faims adorés des coaches. Contrairement à ces deux joueurs, Winslow va sortir très côté de la fac, et cela grâce à une victoire à la March Madness et à la visibilité de son programme, celui des Blue Devils de Duke. Annoncé dans le Top 5 de la prochaine Draft, il n’a pas encore annoncé sa candidature, mais avec une côte pareille, Coach K va avoir du mal à le retenir ! (14.3pts, 9.3rbs par matchs)

– Frank Kaminsky (Wisconsin) : Joueur de l’année en NCAA, Frank « The Tank » Kaminsky a été fidèle à lui même dans ce tournoi final, avec des performances de haute volée tout au long de la compétition. Hyper talentueux avec ses mains pour un intérieur de sa taille, il peut aussi s’écarter pour shooter de loin, une chose de plus en plus commune dans le basket moderne. Il fait un peu penser à des grands intérieurs européens, à la Ante Tomic ou Pau Gasol, même si il doit bosser sur sa défense. Dans tous les cas, il aura marquer de son empreinte ses années à Wisconsin, avec 2 Final Four et une finale NCAA. (22pts, 9.3rbs par matchs)

Mention spéciale : Karl-Anthony Towns (Kentucky ; 14.2pts, 6.8rbs par matchs) ; Zach Auguste (Notre Dame ; 16.75pts, 7.25rbs par matchs) ; Kyle Wiltjer (Gonzaga ; 17.75pts, 7.5rbs par matchs) ; Rondae Hollis-Jefferson (Arizona ; 14pts, 7.5rbs par matchs) ; Fred VanVleet (Wichita State ; 23pts, 4.6rbs et 4.3ast par matchs)