(NCAA Hebdo) : Villanova, Oklahoma, North Carolina et Syracuse, faites vos jeux !


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Chaque lundi, Dunkhebdo vous propose une rubrique 100% NCAA. Résumé de la semaine, matchs à suivre, joueurs de la semaine, highlights : c’est cela que vous pourrez retrouver tous les jeudis sur Dunkhebdo. Vous pouvez également retrouver chaque semaine la présentation d’un acteur du championnat NCAA, un prospect qui attire déjà les recruteurs NBA.

 

La semaine en bref

South : Villanova l’a fait ! Les Wildcats ont mis fin à leur démons à la March Madness et vont retrouver le Final Four pour la première fois depuis 2009, l’année où l’équipe de Jay Wright était emmenée par un certain Dante Cunningham. Les Cats ont d’abord atomisé Miami au Sweet Sixteen dans un match d’une propreté impressionnante, shootant à 62% de réussite, avec un impressionnant 10/15 à 3pts. Les Hurricanes se sont accrochés, n’étant menés que de 6 unités à la pause, mais Ryan Arcidiacono et Kris Jenkins ont pris les choses en main en deuxième période, tandis que la défense collective et l’agressivité de Nova mettaient à mal les floridiens. Nova retrouvait Kansas à l’Elite Eight (les Jayhawks avaient disposé de Maryland au tour précédent) pour une place au Final Four dans un vrai choc, entre deux équipes expérimentées et profondes. Et on a eu le droit à une vraie bataille, à une guerre de tranchées, bref tout ce que l’on attend quand dix jeunes étudiants se retrouvent pour une place au Final Four. L’effort défensif des joueurs de Villanova a vraiment impressionné, mettant la pression sur les porteurs de ballons, défendant parfaitement le pick-roll afin de stopper Perry Ellis et surtout, se jetant sur tous les ballons. Les chats de Pennsylvanie ont volé 11 ballons aux Jayhawks et les ont limité à 27% à 3pts, bref un réel effort collectif et défensif. Pour le jour de son anniversaire, Ryan Arcidiacono a été monumental dans la fin de match, comme tout le collectif des Wildcats. Mention spécial à Mikal Bridges, l’ailier freshman qui a du suppléer Jenkins pour des problèmes de fautes et qui a fait un travail de sape remarquable en défense, agitant ses tentacules et volant au total 5 ballons. Ce n’était pas un match beau à voir, mais que l’effort vaillant du collectif de Nova a impressionné, surtout pour un programme qui n’attire pas les tops lycéens chaque année.

West : Buddy Hield, BUDDY HIELD !!! C’est aussi simple que çà, l’ailier bahaméen éclabousse cette March Madness et cette année NCAA de tout son talent. Devant son idole, Kobe Bryant, l’ailier des Sooners de l’Oklahoma a totalement pété une crise offensive face à Oregon durant l’Elite Eight, une équipe d’Oregon qui n’avait plus perdu depuis le 13 février. Il est rentré dans des catégories statistiques records aux côtés de grands noms du monde de la balle orange, tel que Carmelo Anthony (dernier joueur avec plus de 30pts à l’Elite Eight) ou encore Stephen Curry (dernier joueur avec au moins 100pts et 15 paniers primés avant le Final Four). Oregon n’avait aucune réponse pour stopper Hield, et pourtant la taille et le talent des canards du nord-ouest des Etats-Unis avaient de quoi faire peur, surtout après la démonstration de l’équipe de Dana Altman face à Duke au tour précédent. Mais que faire face à l’insolente réussite d’Oklahoma, qui a shooté à 12/24 derrière l’arc, qui a réussi à stopper parfaitement Dillon Brooks, l’ailier canadien et leader d’Oregon. Tournant à quasiment 20pts sur les trois premiers tours, il a eu des soucis de fautes et a terminé la partie avec 7 petites unités. Dès le début de la partie, on a vite compris que Buddy Hield n’entendait pas terminer sa carrière NCAA après ce match, avec 3 paniers primés dans les premières minutes de la rencontre. Il a fini la partie avec le double de panier à 3pts que l’entier effectif des Ducks, des Ducks qui ne semblaient pas prêts pour un match d’un tel niveau et face à une équipe qui a joué plus de gros matchs dans cette saison, ce qui s’est grandement fait sentir durant tout le match. Le numéro 24 des Sooners le portera encore le maillot de sa fac, au moins une fois, et cela lors du Final Four de Houston face à Villanova.

East : On attendait UNC. Les Tar Heels ont répondu présent et cela après deux gros matchs ce week-end. Il est vrai que la zone s’était affaiblie avec les défaites rapides de West Virginia ou encore de Xavier, mais North Carolina devait tout de même se défaire d’Indiana au Sweet Sixteen, une équipe très intéressante et qui avait impressionné face à Kentucky au tour précédent. Mais l’équipe de Roy Williams était imprenable lors de cette partie, avec un énorme 51% aux tirs et 101pts passés aux pauvres Hoosiers, totalement dépassés défensivement. Marcus Paige a été au niveau, avec 21 paniers et 4 paniers à 3pts dans les premières minutes de la rencontre, donnant le ton rapidement pour les Tar Heels. Brice Johnson a fait le boulot dans la peinture avec un double-double, tandis que les autres titulaires mettaient chacun d’eux plus de 10pts (15 pour Meeks, 14 pour Berry II et Jackson). L’effort collectif était total et la paire Ferrell/Williams (46pts à eux deux) fut bien seule pour l’équipe de Tom Crean, avec un Thomas Bryant parfaitement géré par les arbres de la Caroline du Nord. Roy Williams et ses joueurs retrouvaient Notre Dame pour une place au Final Four, les Fighting Irish qui avaient disposé de Wisconsin au tour précédent. Dans un match plutôt accroché et disputé, UNC s’en est finalement sorti, mettant le ballon à l’intérieur et forçant les grands de Notre Dame a faire des fautes d’entrée. Sans Zach Auguste pour une grosse partie de la rencontre, les hommes de Mike Brey se sont bien défendu, avec un super Demetrius Jackson (26pts et 4asts) a la mène et un V.J. Beachem efficace à l’aile. Mais le manque de profondeur de banc a mis fin aux espoirs de la fac de l’Indiana, avec un Brice Johnson qui a fait un chantier monstre et une marque encore une fois très bien répartie (25pts pour Johnson, 13 pour Paige, 11 pour Berry II et Jackson…). North Carolina est la dernière tête de série numéro 1 encore en course et apparait désormais comme le favori principal de ce Final Four.

Midwest : Jim Boeheim n’y crois toujours pas, et pourtant sa fac, tête de série numéro 10 fera bel et bien partie du Final Four du côté de Houston le week-end prochain. Dans une zone où Michigan State faisait office de grandissime favori, Syracuse a su profiter des contres-performances et a montré un coeur énorme pour bousculer la hiérarchie. Michael Gbinije et ses potes ont tout d’abord disposé de Gonzaga au Sweet Sixteen, dans un match globalement dominé par les Bulldogs mais où les Orangemen sont revenus sur la fin, du fait d’une zone harassante et d’un Tyler Lydon héroïque en défense sur Sabonis et Wiltjer. Il fallait ensuite affronter Virginia dans un duel 100% ACC et cela pour une place au Final Four. Et là il faut parler des Cavaliers de Virginia, une équipe qui doit se mordre les doigts depuis hier soir et qui va longtemps se rappeler de ce dimanche 27 mars 2015 au United Center de Chicago. Cuse a fini 9ème de l’ACC, Cuse a perdu au premier tour du tournoi de l’ACC face à Pittsburgh, Cuse avait perdu face à Virginia déjà cette année, bref les hommes de Tony Bennett devait remporter ce match. Statistique encore plus intéressante, Virginia était la meilleure équipe de toute la NCAA aux shoots face à la défense de zone. La défense de zone chère à Boeheim ne devait donc pas poser de problème, et pour une bonne partie du match, les Cavs ont dominé la rencontre, avec un excellent London Perrentes à la mène. Mais avec un Malcolm Brogdon absent (2/14 aux tirs), Syracuse et Malachi Richardson (23pts et 7rbs) ont terminé la partie sur un 29/8 pour choquer l’Amérique entière. C’est un come-back exceptionnel que l’on doit au coach de Syracuse, qui a mis en place sa presse tout-terrain et cette 2/3 zone qui a réellement changer le tempo, qui a totalement fait déjouer Virginia. Tony Bennett n’a pas d’excuse, Virginia joue depuis trois saisons dans la même conférence que Syracuse, la défense singulière a donc déjà été affrontée et ne devait donc pas poser de soucis majeurs. Virginia peut s’en mordre les doigts, mais félicitations à Syracuse, qui sera la 4ème équipe de l’histoire de la NCAA a rejoindre le Final Four avec une tête de série à deux chiffres !

 

Le 5 de la semaine

Ryan Arcidiacono (Villanova) : Capitaine de sa fac durant ses quatre années universitaires, Arcidiacono vit et respire Villanova depuis sa tendre jeunesse. C’est lui l’âme de cette équipe et il a été au rendez-vous afin de permettre aux Wildcats d’atteindre le Final Four, que ce soit au scoring face à Miami avec 21pts ou dans la gestion du tempo et dans la défense face à Kansas. (17pts, 3rbs, 2.5asts et 2stls à 58% aux shoots par matchs cette semaine)

Marcus Paige (North Carolina) : UNC en avait besoin pour faire un gros run dans cette March Madness, Marcus Paige répond présent pour le moment. Il a été exceptionnel face à Indiana en première période, inscrivant à un moment 4 paniers longue distance en une courte période, permettant aux Tar Heels de s’envoler au score. Il porte moins la balle et le fait qu’il soit décalé en poste 2 au côté de Joel Berry II lui permet de shooter à sa guise, comme le montre ces derniers matchs. (17pts, 4asts à 50% aux tirs et à 53% à 3pts par matchs cette semaine)

Buddy Hield (Oklahoma) : Il est en train de réécrire les livres d’histoire du championnat NCAA, Buddy Hield, la machine à scoring des Sooners de l’Oklahoma. Pas besoin d’en dire plus, il suffit juste d’admirer ses highlights. (27pts, 7rbs à 57% aux tirs et 50% à 3pts par matchs cette semaine)

– Tyler Lydon (Syracuse) : Il fallait un joueur de Cuse dans cette équipe de la semaine et le freshman Tyler Lydon mérite pleinement sa place dans ce 5 après deux matchs héroïques face à Gonzaga puis Virginia. Excellent en défense, bon et utile en attaque, c’est un des jeunes dont on ne parle pas et qui fait office de très gros espoirs de la NCAA pour les années à suivre. (7.5pts, 5rbs et 5.5blks par matchs cette semaine)

Brice Johnson (North Carolina) : Comme Buddy Hield, Johnson ne faiblit pas et fait forte impression dans ce tournoi NCAA. Trois double-double en 4 matchs pour l’intérieur de UNC, qui a dominé Thomas Bryant puis Zach Auguste, ces vis-à-vis du week-end. (22.5pts, 11rbs et 2blks à 57% aux shoots par rencontres cette semaine)

 

Les matches du Final Four

(2) Villanova/Oklahoma (2) : Le 7 décembre dernier, ces deux équipes s’affrontaient et les Sooners avaient affligé une fessée à Nova, avec un score final de 78 à 55. Mais l’affrontement auquel nous allons assisté samedi prochain promet quelque chose de différent, et cela car ces deux équipes ont bien évolué depuis ce match de décembre. Villanova est peut être l’équipe qui a le plus impressionné collectivement et défensivement dans cette March Madness, tandis qu’Oklahoma possède dans ses rangs une arme de destruction massive offensive, Buddy Hield, le meilleur joueur de cette saison en NCAA. Ce sont deux têtes de séries numéro 2 qui s’affrontent mais deux équipes qui ont le talent d’un numéro 1, comme l’ont prouvé leurs matchs lors de l’Elite Eight. Les ailiers physiques des Wildcats que sont Josh Hart et Kris Jenkins devront faire ce que Dillon Brooks n’a pas su faire, c’est-à-dire contenir et tenter de limiter Hield, lui faire forcer ses shoots et perdre confiance. Offensivement, le duel à la mène entre Ryan Arcidiacono et Isaiah Cousins promet beaucoup, car ce sont deux joueurs sous-côtés et expérimentés, et celui qui prendra l’ascendant mettra son équipe en pôle position pour atteindre la grande finale du championnat. Super match dans le match entre Jay Wright et Lon Kruger, deux hommes respectés et capable de tirer le meilleur des éléments qu’ils ont à disposition. (Match le samedi 02/04 à 00h10 heure française)

(10) Syracuse/North Carolina (1) : Duel 100% ACC dans l’autre affrontement de ce Final Four, avec aussi deux coaches de légendes qui vont se retrouver du côté de Houston, Roy Williams et Jim Boeheim. Le sorcier de Syracuse vit une March Madness de légende et tire le meilleur de son collectif, un collectif qui n’a pas le même talent que les années précédentes mais qui a un coeur monstre. Michael Gbinije, le transfuge de Duke est le leader de cette équipe, mais le duo de freshman Malachi Richardson/Tyler Lydon impressionne grandement dans ce tournoi et tentera de continuer sa belle aventure. Mais UNC est une véritable armada cette année, avec un effectif profond et expérimentée, emmenée par un Brice Johnson de gala. Contenir l’intérieur sénior des Tar Heels, voilà ce que devront faire Tyler Roberson et Tyler Lydon, qui ont défendu le plomb face à Domantas Sabonis puis Anthony Gill, mais limiter Johnson ne sera pas une mince à faire. North Carolina parait plus complet et connait la zone de Cuse, mais attention à la « Cinderella » de cette saison, les Orangemen qui étaient privé de March Madness l’an passé pour problèmes académiques et qui jouent leur meilleur basket au meilleur moment de l’année. (Match le samedi 02/04 à 02h50 heure française)

Auteur : Alan

Aficionados des sports américains, rédacteur NCAA sur Dunkhebdo. A tendance a regretter le passé NBA mais passe son temps à parler des futurs prospects : oui, la bipolarité me caractérise. Fan des Celtics de Boston et adulateur de Tracy McGrady, je participe aussi au podcast tous les mardis.

Une réflexion sur « (NCAA Hebdo) : Villanova, Oklahoma, North Carolina et Syracuse, faites vos jeux ! »

  1. C'est ce qui fait la beauté de la March Madness.

    Tu as l'équipe sortie de nulle part avec Syracuse dont la présence même au tournoi NCAA n'était pas acquise. Gros travail de l'ami Jim. Une équipe sans grosse star mais qui joue tout simplement au basket.

    Ensuite, l'équipe portée par un seul homme. Buddy Hield. En plus d'aider sa côté pour la draft, je le vois bien dans la top 5, il fait vraiment une dernière année en NCAA magnifique. S'il gagnait pas le titre, on doit bien avouer qu'on serait tous un peu déçu tant le joueur nous fait rêver.

    Puis l'immense favori North Carolina. On ne met jamais assez l'accent sur les favoris qui passent dans ce tournoi mais il faut quand même avouer qu'il ont fort à faire. Suffit de regarder le nombre de série numéro 1 au Final Four. Kansas était annoncé imprenable et ils sont tombés. Bill Self n'est pas Roy Williams. Loin de là…

    Et puis on a Villanova. Tête de série numéro 2 qui devez servir d'entrée à Kansas avant le Final Four. Que neni ! Moi le premier, on avait tendance à presque les oublier dans cette partie du bracket. Ils nous ont infligé une sévère pique de rappel.

    Mon prono:

    Oklahoma (je vois bien Buddy à 32 points)
    UNC (Syracuse ne pourra pas altérer une telle machine de guerre).

    UNC VAINQUEUR. Juste trop fort.

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