Michael Beasley: L’homme des secondes chances

Michael Beasley est un phénomène. Accro à la marijuana et autres conneries, mais terriblement talentueux. Sa carrière aurait pu être glorieuse si il n’y avait pas ses soucis extra-sportifs. Aujourd’hui, c’est l’heure du rachat. Son premier club, le Miami Heat, lui offre une chance inestimable de relancer sa carrière.

The Beast: Beasley, un monstre en NCAA

Une seule saison à suffit à Michael Beasley pour s’imposer comme un des meilleurs joueurs NCAA. A Kansas State, il réalise une saison exceptionnelle en dominant tout ses adversaires directs grâce à une grosse envergure et des capacités physiques développés. 33 matchs au compteur, pour des moyennes de 26,2 points, 12,4 rebonds, 1,2 passes, 1,3 interceptions et 1,6 contres. Beasley est un monstre offensif. Un grand scoreur, avec un jeu d’arrière dans un corps d’ailier. Voici un de ses matchs (en entier) avec Kansas State. C’était contre les Kansas JayHawks de Mario Chalmers, qui furent d’ailleurs champions cette année là. (Boxscore ici)

Lors de la Draft 2008, il est en concurrence pour le first pick avec un certain Derrick Rose, lui aussi freshman. Le soir de la loterie, c’est Chicago qui décroche le premier choix, devant Miami. Pourtant, les Bulls n’avait que 1,7% de chances de gagner la loterie contre 25% pour le Heat. Chicago opte pour Rose, et Miami en profite pour récupérer Michael Beasley, surnommé B-Easy, en deuxième position.

Deux ans à Miami: Entre débuts difficiles et scandales

Michael Beasley arrive dans une équipe qui vient de terminer dernière de la saison régulière, deux ans après avoir été sacrée championne NBA. Il devra jouer aux cotés de Dwyane Wade, qui était bien trop seul, ainsi qu’Udonis Haslem, Chris Quinn, ou encore Mario Chalmers, l’autre rookie récemment sacré champion NCAA et MOP du final four. Son premier match n’est pas vraiment une réussite: 9 points à 4/14 aux shoots. Il dira au terme de la rencontre: « J’ai fait un mauvais match. J’ai manqué deux shoots et ma confiance a fichu le camp. ». Ce qu’il ne sait pas, c’est que ce sera bien souvent comme ça les années qui suivront… La suite est un peu mieux, mais les performances de Beasley reste irrégulières. Il doit se contenter d’un temps de jeu moyen (moins de 25 minutes par match) et il a un peu de mal à s’adapter: « Ce n’est pas facile, et même dur à certains moments. C’est nouveau et tellement différent. Mais c’est un bon apprentissage ». Il est malgré tout sélectionné au Rookie Game où il réalisera une bonne performance (29 points à 11/22) malgré la victoire des sophomores de Kevin Durant.

A la fin de la saison, Michael Beasley est nommé dans la All NBA Rookie First Team en compagnie de Derrick Rose, Russel Westbrook, OJ Mayo et Brook Lopez. En 24,9 minutes par match, il obtient une ligne statistique moyenne: 13,9 points à 48% aux tirs, 5,4 rebonds, 1 passes, 0,5 interception et 0,5 contre. Viens le temps des rumeurs: Certaines parlent d’un échange impliquant Beasley, pour récupérer un gros intérieur comme Chris Bosh ou Amare Stoudemire. Finalement, Beasley restera en Floride.

Mais le même été, un scandale éclate. En Aout 2009, Michael Beasley se met à Twitter et poste une photo de ses tatouages (voir ci contre). Quel est le problème? Deux petits sachets, posés négligemment sur la table en bas à droite de la photo, et qui contiendraient de l’herbe.

On en a la confirmation quand, quelques heures plus tard, le Miami Heat place son joueur en cure de désintoxication en lui faisant fermer son compte Twitter, sur lequel il aura tout de même le temps de poster « je pense qu’il n’y a rien de pire que de vivre !!! je suis fini. ». Ce n’était pourtant pas le premier fait d’arme de Beasley. Un an plus tôt, il avait été exclu du « Rookie Transition Programme » avec Mario Chalmers, encore une fois pour avoir été suspecté d’avoir consommé de l’herbe. Il a aussi reçu pas mal d’amendes dans l’année. Alonzo Mourning, que Pat Riley a désigné comme mentor de Beasley, témoigne sur les bêtises et les responsabilités de son poulain: « Ce que Michael doit comprendre, c’est que ses actions, couplées aux capacités qui lui ont été données, lui demandent une grande responsabilité. Et plus tôt il le comprendra, mieux ce sera pour lui. Parce que je crois qu’il ne comprend pas l’importance de cette responsabilité. »

Après ces événements, B-Easy plonge dans la dépression. Il retourne à l’hôpital pour suivre un programme de 30 jours, sans aucun contact extérieur hormis le personnel et John Lucas, un ancien NBAer responsable du programme que suit Beasley. Michael Beasley Sr, le père, témoigne sur les problèmes de son fils: « La dernière fois que je l’ai eu, il m’a parlé de son métier de basketteur. A l’université, il n’y avait pas autant de pression, et il se contentait de jouer. En NBA, on attend beaucoup de lui. Il est passé de 30 à 82 matchs, et je pense que c’est ce qui l’a stressé. Je ne cautionne pas tout ce qu’il fait mais je pense qu’il n’était pas prêt à subir autant de pression. Je pense aussi qu’il a dû se soumettre aux règles d’une franchise NBA. Je sais qu’il n’est pas le seul mais je me demande si c’est le rôle d’une équipe de faire ça. Actuellement, il n’a droit ni aux visites, ni aux coups de téléphone. Mon seul contact, c’est John Lucas. Pourtant, j’aimerais lui dire combien je l’aime et combien tout le monde le soutient. »

A peine quelques semaines plus tard, Michael Beasley va mieux. Il sort de l’hôpital et s’entraine de nouveau avec ses coéquipiers du Heat fin septembre. Il se dit tiré d’affaire: « Dans les pires moments, le fait de savoir que mon équipe était derrière moi m’a fait le plus grand bien. J’étais plutôt énervé de rester aussi longtemps dans ce centre, mais cela m’a permis de faire le point sur ma vie, de séparer le bien du mal. A Houston, des dirigeants du Heat sont venus me voir. Le coach est devenu me voir trois fois. Cela m’a redonné confiance. J’ai senti que je n’étais pas le premier à être perdu, et ça m’a aidé à m’en sortir. »

B-Easy entame donc la saison avec Miami quand, en Octobre, une photo de Beasley endormi au milieu de bouteilles de bière fait surface. Un « pote » à lui a envoyé les photos à TMZ (site de potins en tout genre..) qui ont été prise le 10 Octobre soit quelques jours après sa sorti de cure. Miami a étouffé l’affaire en disant que les photos avaient été prise lors « d’une partie de pêche organisée par l’équipe. Michael n’a pas bu du tout, à part de l’eau et un peu de Gatorade. » On a franchement du mal à y croire et il y a fort à parier que Beasley se soit fait sanctionner en coulisse…

Beasley réalise en parallèle une saison à peine meilleure que l’an passé. 5 minutes de jeu en plus mais des stats quasi similaires: 14,8 points à 47%, 6,4 rebonds, 1,3 passes, 1 interception, 0,6 contre et 1,7 pertes de balle. En playoffs, Miami rencontre Boston au premier tour. Le Heat est mené 3/0 dans la série et un joueur est montré du doigt pour sa nonchalance en défense et son faible niveau de jeu: Michael Beasley. Il tourne à 11 points et 7 rebonds sur les trois premiers matchs, ce qui est insuffisant pour le numéro 2 de la draft 2008. Le joueur et son équipe sont en instance de divorce: Miami souhaiterait se séparer de Beasley. Wade ne le défend plus et commence publiquement à avouer qu’il aurait préféré que ses dirigeants choisissent OJ Mayo le soir de la draft 2008. En février, Beasley déclarait « S’ils décident de me transférer, je refuserai de partir ». Pas le choix…

Lors du match 5, on obtient la quasi confirmation que le Heat ne compte plus sur Beasley: 14 minutes de jeu, 2 points, 3 rebonds, et 3 pertes de balles. Le joueur lui, a changé de discours. Il suivra le choix de son club: « Je n’en sais rien. Ce que je sais, c’est que j’ai été mauvais dans ces playoffs. Le reste ne dépend pas de moi. J’aimerais rester ici mais je ne contrôle pas mon avenir. » Selon Chris Sheridan, d’ESPN, le Heat veut réellement se débarrasser de Michael Beasley: « J’ai passé du temps avec le Heat lors de ce premier tour, et je peux affirmer que le club est exaspéré par Beasley. Ils ont tout fait pour le transférer en février, et aujourd’hui, ils en sont même à vouloir s’en séparer contre pratiquement rien, avec pour seul objectif de libérer de la masse salariale. »

Le 9 juillet 2010, jour de The Decision, Pat Riley pousse Michael Beasley de l’avion. B-Easy atterrit à Minnesota, pour un nouveau départ et déjà une deuxième chance.

Voici un mix de Michael Kole sur le premier passage de Beasley au Heat

B-Easy chez les Wolves: carrière relancée? Oui… puis Non.

Michael Beasley arrive donc chez les Wolves lors de l’été 2010. Leur General Manager, David Kahn, est conscient des problèmes de Beasley mais lui fait malgré tout confiance quand ce dernier lui confie qu’il a arrêté la marijuana. Kahn va encore plus loin, en affirmant presque qu’il comprend son joueur: « Il a développé un très bon environnement autour de lui cette saison à Miami. Il a engagé des gens pour l’aider à grandir. Il grandit – mais il n’a pas encore totalement grandi. Il a 21 ans… Et il a eu ses 21 ans en janvier dernier. Si vous essayez de vous souvenir, comme je le fais tout le temps, de ce que vous étiez à 21 ans, si on vous donnait de telles sommes d’argent en vous propulsant dans ce type de monde avec toute cette pression et ces demandes, je ne suis pas sûr que j’aurais mieux géré les choses que lui. »

Aux cotés de Kevin Love, Martell Webster, ou encore Luke Ridnour, Michael Beasley réalise sa meilleure saison statistique: 19,2 points, 5,6 rebonds, et 2,2 passes décisives. Beasley annonçait à son arrivée vouloir être un leader: « [A Miami] Je jouais aux côtés d’un des meilleurs joueurs de la NBA. Je jouais derrière un joueur plusieurs fois all-star en la personne de Jermaine O’Neal, donc je n’étais pas la première, ni la deuxième option. J’étais un peu un role player qui essayait de se fondre dans le collectif, mais ici nous n’avons pas de All-star. On n’a pas vraiment de leader en quelque sorte donc j’essaie de jouer ce rôle et de faire ce que l’on attend de moi. »

Mais la saison de Minnesota est très faible collectivement: 17 petites victoires contre 65 défaites, et la dernière place de la division Nord Ouest. Beasley a échoué dans son objectif et certaines rumeurs affirment que Minnesota veut le transférer. Pourtant, il reste chez les Wolves.

Fin Aout, il se blesse au poignet mais la blessure est finalement sans conséquence: la NBA est à l’heure du lock out et tout les joueurs sont dans l’attente. La saison commencera finalement fin Décembre. Beasley bosse à fond, autant sur le plan physique que mental. Il dit s’être mit au karaté, à la danse, et même au yoga! Il est conscient que le mental est son plus gros point faible. Pour l’équipe, il cherche encore à devenir un leader: « Je sens qu’on a besoin d’un leader. On a un groupe plein de talent et on a un bon coach, maintenant on a besoin d’un leader. Je veux être ce gars, je pense que je peux l’être. »

 Sauf que cette année, Beasley joue moins, et donc est moins utile aux Timberwolves. Si bien qu’a peine deux mois après le début de la saison, des rumeurs naissent. Les Lakers seraient intéressés par Michael Beasley pour se renforcer aux postes 3 voir 4. Les Wolves leur propose le joueur contre un tour de draft mais les Lakers font marche arrière et se rétractent pour faire des économies. La fin du feuilleton Beasley/Lakers? Non! Deux semaines plus tard, on apprend que Beasley va atterrir à Los Angeles dans un échange à 4 équipes comprenant entre autre Jamal Crawford et Ramon Sessions. Finalement, cet échange n’aboutit pas car les Wolves ne pourraient pas assumer un des contrats du trade (qui est selon les rumeurs celui de Fisher).

Beasley est content de rester à Minnesota mais est conscient que son avenir est flou: « Je suis heureux ici. J’ai une jolie maison. Cela aurait été un casse-tête de déménager. Moi, je veux juste jouer au basket. Je me sens bien quand je joue. Mettez-moi sur le terrain et ça ira. (sur son possible départ cet été): Cela ne m’embête pas. J’aimerais rester ici. Mon contrat va se terminer. Mais j’aurai besoin d’un nouveau contrat car je ne peux pas jouer gratuitement. » Le coach, Rick Adelman, et le GM, David Kahn, comptent toujours sur lui: « Son avenir dépend plus de lui qu’il ne le pense. Les 6 prochaines semaines sont importantes pour lui. Il est plus motivé aux entraînements, meilleur en sortie de banc et plus engagé. C’est un attaquant très doué, mais si cela ne marche pas pour lui, il faut qu’il soit quand même performant dans les autres secteurs. » Mais B-Easy termine la saison loin de ses standards de 2010/2011: 11,5 points et 4,4 rebonds. Insuffisant pour Minnesota, qui ne le retiendra pas et le laissera libre. Nous sommes début Juillet 2012, et c’est le moment que choisissent les Suns pour rencontrer Michael Beasley…

Un mix de MikBeasley08 sur le passage de B-Easy chez les Wolves:

Une pige chez les Suns: Nouvel échec

Peu de temps après avoir lâché Steve Nash aux Lakers, les Suns font signer Michael Beasley pour trois saisons (6M$ par an). Encore une fois, il ressort son discours habituel, comme quoi la drogue est derrière lui. Les Suns lui offrent une troisième chance en NBA et il en est largement conscient: « Je voudrais les remercier d’avoir eu confiance en moi, et de me donner une nouvelle chance, et l’opportunité de grandir en tant que joueur et tant qu’homme. Le passé, c’est le passé. Je suis toujours jeune. J’apprends au quotidien. Mes erreurs sont j’espère derrière moi. (…) Je suis simplement excité à l’idée de débuter avec Phoenix et de jouer au basket. »

Tout le monde le sait, Beasley est un joueur offensif. Et il pense que les Suns, avec leur jeu rapide en run and gun, est l’équipe parfaite pour lui. Lui même pense qu’il peut être All Star: « J’ai l’occasion de devenir pas seulement le joueur le plus important, mais le go-to-guy. Je suis confiant quant à mes capacités à le devenir […] Dans mon esprit, je vais être All-Star cette saison. Mais peu importe que j’obtienne la reconnaissance pour ce que je fais ou pas, tant que nous gagnons, ça me va. » Beasley se plait à Phoenix. En présaison, son coach est fier de lui et l’encourage même a prendre plus de tirs!

Mais quelques semaines après le début de saison, Beasley retourne sur le banc. Des stats en baisse (10 points et 4 rebonds sur la saison), l’absence de confiance de la part du coach. L’embellie aperçue a vite disparue. Pourtant, B-Easy continue à sortir son discours de gars qui veut sortir des emmerdes en bossant: « Bien sûr que je suis frustré parce que je ne suis pas ce que je voudrais être actuellement. Je peux l’être. Mais en ce moment, je ne joue pas aussi bien que je le voudrais. Oui, je suis frustré mais je dois juste continuer à faire ce que je fais : travailler dur pour sortir de cette situation. ». Il ne veut plus qu’on l’appelle « B-Easy », surnom qui représente sa nonchalance provoquée par la facilité qu’il avait sur les terrains plus jeune.

Mais Michael Beasley reste Michael Beasley. On ne change pas tout le temps comme on le veut (ou comme on le dit), encore moins lorsqu’on est accro à la drogue. En quelques mois, l’ailier des Suns est arrêté pour excès de vitesse puis mit en examen pour agression sexuelle. Au final aucune charge ne sera retenue contre lui. Mais début Aout 2013, ses vieux démons le rattrapent. Beasley est arrêté par la police pour possession de Marijuana. L’officier de police raconte dans son rapport « Lorsque l’officier s’est approché du véhicule, il a senti l’odeur de marijuana. La fouille du véhicule a permis de retrouver de la marijuana qui a été saisie. »

Alors que les Suns songent à le couper, Beasley reçoit du soutien de la part du club qui l’a drafté: Miami. C’est Udonis Haslem, un de ses anciens mentors, qui témoigne: « Ce qui concerne « Bease » me touche encore plus, parce que son vestiaire a été juste à côté du mien pendant des années. Et j’ai essayé au maximum d’être un mentor et de le guider dans la bonne direction. C’est malheureux et je lui souhaite le meilleur. Je pensais qu’il était passé à autre chose. J’espère que ce n’est qu’un accro, qu’il va continuer à aller de l’avant et essayer de s’améliorer. Je vais essayer de le contacter dans les jours à venir. »

Début Septembre, Phoenix prend la décision de le couper. Dans un communiqué, le Président explique vaguement les raisons: « Les Suns se sont dévoués pour que Michael Beasley réussisse à Phoenix. Cependant, il est essentiel que nous exigions une conduite personnelle et professionnelle pour développer une culture de la gagne. Notre réaction d’aujourd’hui est le reflet de notre engagement dans cette voie. » Fin de carrière prématurée pour Beasley?

Les Highlights de son match à 29 points contre Denver:

« Parfois on a besoin de chuter pour voir qui nous relèvera. Bienvenue à la maison. On te soutient. #HeatFamily »

Quelques jours plus tard, la nouvelle tombe: Le Heat, double champion en titre, fait signer Michael Beasley. Après avoir joué à Miami entre 2008 et 2010, Beasley revient dans l’équipe qui l’a drafté.

Au départ, Pat Riley n’était pas très chaud. Mais il se murmure que certains joueurs l’ont poussé à recruter Beasley. On comprend lorsque Wade poste sur Instagram la photo ci contre avec le message suivant: « Parfois on a besoin de chuter pour voir qui nous relèvera. Bienvenue à la maison. On te soutient. #HeatFamily. ». Wade souhaitait son retour et il y a fort à parier qu’il était soutenu par ses coéquipiers. Spoelstra confirme: « Quand il est devenu disponible, nous voulions tous le voir revenir. »

Beasley lui, a faim. Il veut redevenir The Beast et enfin participer aux succès de Miami. Voir le Heat trois fois de suite en finale, en étant assis sur son canapé au lieu d’être sur le terrain, l’a rendu dingue (Enfin plus que ce qu’il n’était déjà). Ce qu’on oublie sur Beasley, c’est qu’il est encore jeune. Il a 24 ans, soit un an de moins que… Norris Cole: « J’ai 24 ans.Je suis le plus jeune. Norris Cole est plus vieux que moi. C’est sa troisième année et il est considéré comme un des jeunes de l’équipe mais il est plus vieux que moi. Je suis de nouveau le jeune de l’équipe et ça fait du bien. »

Lors de la présaison, Beasley commence doucement avec peu de temps de jeu. Au bout de quelques match, on croit ses anciens démons revenus lorsqu’on apprend qu’il s’est blessé tout seul en se frappant. Le Heat dément en disant qu’il s’est blessé dans un contact, et l’histoire est vite oubliée. En début de saison, Beasley joue peu, ou carrément pas. Il débute enfin contre Toronto: 4 petites minutes pour 6 points à 2/4 aux shoots.

Beasley vient de manquer 7 matchs pour blessure. Mais son début de saison est remarquable pour ce qu’on lui demande: En 17,6 minutes de jeu, B-Easy nous sort une ligne de stats plus que correcte: 11,4 points à 55% aux shoots et 50% à trois points, 4 rebonds, 0,6 passes décisives, 0,4 interceptions, 0,5 contre et une perte de balle par matchs. Il est parfaitement implanté dans l’effectif du Heat et apporte des points en sortie de banc. Il a aussi été l’auteur de grosses performances, comme contre Cleveland avec 17 points et 9 rebonds en 26 minutes, ou contre les Bucks avec 19 points à 8/12 et 3 rebonds en 20 minutes. Lors de son retour, hier contre les Hawks, Beasley a été décisif en prolongation. LeBron assure, Beasley n’est pas là pour faire des passes mais bien pour scorer: « On ne l’a pas fait venir pour qu’il fasse des passes. Beasley est un super scoreur, et c’est ce qu’il fait de mieux. Bien sûr, on ne va pas lui demander d’arrêter de faire l’extra passe. S’il a un shoot ouvert ou qu’il a un avantage de taille sur son défenseur, on veut qu’il en profite et qu’il aille au bout. »

Il y a plusieurs raisons à sa bonne adaptation et le bon niveau affiché par Beasley. Il parait évident que son plus gros problème est le mental. Ici, à Miami, il a tout pour combler ce manque. Premièrement, il est entouré par des gens qui sauront le guider et le soutenir: Pat Riley, qui reste comme un des plus grand coach et dirigeant de l’histoire, Erik Spoelstra, qu’il connaissait déjà et qui encadrent très bien l’effectif du Heat, Alonzo Mourning qui est chargé de veiller sur Beasley, tel un « mentor », D-Wade, mais aussi et surtout LeBron James. Beasley est le back up de James. LeBron a de l’expérience. Il sait ce qu’il faut à un effectif pour gagner des titres. Il sait que Beasley sera une pièce très importante pour aller gagner un troisième titre de suite. C’est pourquoi il l’a pris sous son aile: « Je veux simplement qu’il réalise de grandes choses. Il en a le potentiel et le talent. Je veux donc lui transmettre ce que je sais et je veux l’aider. C’est une certitude : il peut nous aider. ». De plus, Beasley est comme chez lui à Miami, tout le monde fait sorte qu’il se sente bien dans l’effectif. C’est ce que rapporte Erik Spoelstra au Sun Sentinel, un journal de Miami: « Avec Michael, au départ, nous voulions qu’il se sente comme un membre de notre famille. Nous lui avons ouvert les bras et nous l’avons accueilli à nouveau. C’était notre idée de départ quand nous avons discuté avec lui. »

Dernière chose? Beasley n’a pas (ou très peu) de responsabilités. Que ce soit lors de son premier passage à Miami, de ses deux ans à Minnesota ou pendant sa pige à Phoenix, Beasley était une des options offensives principales de son équipe et devait assumer certaines responsabilités. A Miami, il n’a pas ce poids sur la tête. D’autres s’en occupent. Lui n’est qu’un boulon dans la machine. Mais peut être bien le boulon qui soutiendra la machine quand elle sera sur le point de craquer, car tout le monde sait que sans roles players qui assurent, Miami n’aurait pas gagné les finales 2013.