[Billet du lundi] Match NBA à Londres ou quand la ligue se fout gentiment de nos gueules

Tous les lundis, la rédaction de Dunkhebdo vous propose un billet. Dans cet article, un auteur du site émet un avis personnel en moins de 700 mots sur l’actualité NBA sans les contraintes journalistiques.

Ah le match NBA à Londres !

Avouez, vous aussi vous y avez pensé ?

Bah voyons !

Excusez le ton agressif, c’est la frustration du jeune fan déçu qui ne pourra peut-être pas aller réaliser son rêve (voir un match NBA). Mais commençons par le commencement (alerte redondance !).

La NBA a annoncé il y a quelques jours la rencontre de saison régulière qui aura lieu à Londres. 95% des lecteurs pensent que je vais partir dans une tirade contre une affiche «moyenne». Raté. Je trouve cette affiche très alléchante. D’un côté, une équipe prometteuse de Denver et de l’autre les Pacers de Paul George, un des dix meilleurs joueurs du monde. Sachant que – contrairement à de nombreux fans NBA – j’ai imprimé que pour de multiples raisons la ligue n’enverra jamais une de ses 3/4 meilleures équipes à Londres, cette affiche me plait.

A tel point que j’ai pensé économiser mes maigres ressources d’étudiant pour partir à Londres voir cette rencontre.

Match NBA à Londres + étudiant = Erreur 404

C’est alors que je me suis lancé dans une recherche de billets … pas encore en vente. Alors, j’ai voulu connaitre le prix d’un billet, pour tabler sur le nombre de semaines de pâtes que je devrais m’infliger. Première remarque, bizarrement, trouver une estimation du prix d’un des précieux sésames s’avère difficile. Après plusieurs dizaines de minutes de confrontation des sources, la sentence tombe: les billets sont atrocement chers.

«AH il va se plaindre du prix des billets».

Et oui.

D’après mes recherches (les commentaires sont en bas si mes prix sont faux), les billets les moins chers commencent à plus de 110 euros. Ils se situent à trois mille mètres d’altitude du parquet. Ensuite, on monte très vite dans les 200 euros. Paradoxalement, les billets courtside sont proportionnellement «donnés» à un peu plus de 1000 euros.

Ici, deux types de lecteurs se séparent. Ceux qui sont d’accord avec la folie des prix et qui acquiesceront à tous mes arguments. Merci à vous. Et puis, ceux qui pensent que le prix est justifié. Oh je vous voir venir avec vos arguments !

  • Plus de 100 euros pour un match c’est raisonnable ! (bon je ne peux rien pour vous, je parle pour les revenus «normaux»)
  • Un match de NBA en Europe ça se paye

Permettez moi de ne pas être d’accord.

Si la NBA est en avance sur les autres ligues américaines dans de nombreux domaines, elle est ici en retard. La NFL proposera cette année TROIS matches à Londres. A titre de comparaison, la saison régulière NFL est constituée de 256 matches contre 1230 pour la NBA. Cinq fois moins de matches et trois fois plus de rencontres à Londres ! Quant au prix en lui-même, à titre indicatif, il est un peu près égal (pour les billets les moins chers) au prix MOYEN d’un billet au MADISON SQUARE GARDEN.

«On leur offre un match NBA et ça irait se plaindre ?»

Le plus horripilant dans cet abus, c’est la communication de la ligue. Elle laisse penser que ces rencontres à Londres sont des cadeaux inestimables qu’elle offre aux fans européens. C’est faux. Elle a largement la possibilité de proposer plus d’un match NBA à Londres (épargnez-moi l’excuse des calendriers qui sont de plus en plus dilués). Les prix baisserait-il ? Sans doute pas.

Au niveau de l’image, la multiplication des matches pourrait révéler des failles dans l’implantation de la NBA à Londres (comprenez: tribunes vides). Tout le paradoxe de ces matches à Londres qui se jouent dans le pays d’Europe de l’Ouest où le basket est le moins implanté. Fort à parier qu’une partie non négligeable du public londonien n’est pas anglais, nation dont le seul représentant NBA n’est pas né sur son sol. La NBA doit le savoir et ça rend le prix du billet encore plus honteux puisqu’il s’ajoute à des lourds frais de déplacements.

(Promis je vous parle un jour de l’hypocrisie de la NBA vis-à-vis du niveau des infrastructures qu’elle demande. Processus qui lui permet d’éliminer des pays beaucoup plus basket mais pas assez intéressant niveau marché. Je n’ai que 700 mots !)

Pourtant, malgré tout cela, 20 000 personnes rempliront la O2 Arena le 12 janvier, résultat de l’immense pouvoir d’attraction de la NBA. Et j’en ferais peut-être partie.