Les Etats-Unis, terre de basketball (Part.3)

 

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Suite et fin de notre trilogie destinée à ces endroits où le basket est bien plus qu’un jeu, bien plus qu’un sport. Après avoir voyagé de New York à Los Angeles, en passant notamment par Philadelphia, Chicago, Seattle ou encore la Caroline du Nord, cette dernière partie aura pour but de prolonger encore un peu plus cette merveilleuse expédition dans le monde de la balle orange.

Profitez en bien ! Surtout qu’une belle surprise vous attend à la fin pour finir le tout en beauté.

OHIO

On commence cette dernière partie avec un Etat du Midwest des Etats-Unis, l’Ohio. Au niveau professionnel, l’Etat est représenté par les Cleveland Cavaliers. Les Cavs possèdent l’une des « fans-base » les plus bruyantes de la NBA, et ce malgré des résultats médiocres. On se rappelle cependant tous de la période LeBron James (2003-2010). Durant ces sept années là, la communion entre les Cavaliers guidé par le prodige d’Akron et les habitants de Cleveland était tout simplement parfaite. Ce fut sans doute la plus belle période de l’histoire de la franchise. Malheureusement pour Cleveland, tout s’est terminé un soir de juillet 2010. 

Mais cet Etat tire également son épingle du jeu au niveau de la NCAA. La principale université est celle d’Ohio State. Même si le Foot US est roi sur le campus, l’équipe de basket des Buckeyes possède un vrai passé caractérisé par le passage de nombreux grands joueurs. L’équipe masculine a participé à 10 Final Four, et a remporté le titre en 1960. En 2007, les Buckeyes s’inclinent en finale contre Florida. 

Enfin, Ohio a fourni quelqu’uns des plus grands talents en NBA. John Havlicek est né à Martins Ferry, alors que LeBron James ou encore Stephen Curry sont nés à Akron.

Endroits mythiques : Quicken Loans Arena, St. John Arena, Value City Arena.

Personnalités mythiques : John Havlicek, Fred Taylor, Thad Matta, Jerry Lucas, LeBron James.

LAWRENCE

Un peu à l’image de Lexington, Lawrence n’est pas une ville très connue, surtout si on n’est pas un mordu de basket. Pourtant, cette ville est le siège de l’une des meilleures universités du pays quand on parle basket NCAA, les Jayhawks de Kansas. Ce programme est l’un des plus anciens de l’histoire du basket universitaire, mais surtout l’un des plus réguliers dans l’excellence (En 2008, ESPN a nommé ce programme comme étant le second plus prestigieux tout juste derrière Duke).

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : Kansas possède la plus longue série de participations consécutives au tournoi final NCAA (24) ainsi que le plus grand nombre de saisons à succès (95). Les Jayhawks sont également l’équipe qui possède la plus grande série de saisons positives (victoire > défaite) consécutives (31, série en cours). Au niveau du palmarès, l’université a remporté 56 fois sa conférence, là encore un record, et 3 fois le tournoi final NCAA.

Outre ce palmarès dantesque, l’université de Kansas a fourni de nombreux talents qui ont fait carrière au niveau professionnel. Wilt Chamberlain, Danny Manning, Paul Pierce sont passés par le campus de Lawrence, et des coachs mythiques tels que Adolph Rupp, Dean Smith (assistant), Larry Brown, Bill Self (actuel) ou Roy Williams ont coaché un jour les Jayhawks de Kansas. Et pour la petite histoire, sachez que James Naismith, l’inventeur de ce sport, fut le premier coach de l’histoire des Jayhawks.

Autant dire que le basket est tout simplement une institution dans ce petit coin des Etats-Unis. Et quand on sait qu’un phénomène comme Andrew Wiggins débarque…

Endroits mythiques : Allen Fieldhouse

Personnalités mythiques : Paul Pierce, Wilt Chamberlain, Adolph Rupp, Dean Smith, Larry Brown, Bill Self, Roy Williams, James Naismith, Phol Allen, Dick Harp, Ted Owens.

 

WASHINGTON

Comment ne pas passer par la capitale américaine ? Washington, bien qu’étant le coeur politique et militaire américain, est aussi une terre de basketball (et ce n’est pas pour déplaire à Barack Obama). Au niveau NBA, la ville est représentée par les Washington Wizards, anciennement Bullets (le nom a été changé en 1995, car « bullets » était trop lié à la violence due aux armes à feu dans la ville). Même si les Wizards ne proposent rien de concret depuis quelques années (dernière campagne de playoffs en 2008, seul titre en 1978), leurs fans semblent toujours plus ou moins présents pour les soutenir, et semblent toujours optimistes. On espère pour eux que la bande à John Wall finisse par exploser, dans le bon sens du terme.

Mais Washington mérite également d’être sur cette liste grâce à l’équipe universtaire des Georgetown Hoyas. L’université de Georgetown a remporté le tournoi de la Big East 10 fois, et a participé au Final Four 5 fois. Les Hoyas ont remporté leur seul titre de champion universitaire en 1984, sous les ordres de John Thompson. Certains légendes de la NBA sont passés par ce campus, comme Patrick Ewing, Allen Iverson ou encore Alonzo Mourning et Dikembe Mutombo.

Enfin, Washington est également connu pour son basket de rue. En effet, la Goodman League réunit chaque été de nombreux joueurs NBA, anciens joueurs et street-ballers locales. Kevin Durant, natif de DC, y vient chaque été pour tater le ballon. La Goodman League se déroule à Barry Farm.

Endroits mythiques : Barry Farm Playground.

Personnalités mythiques : Kevin Durant, Wes Unseld, Patrick Ewing, Allen Iverson, Alonzo Mourning, Dikembe Mutombo, Elvin Hayes, Earl Monroe.

 

MICHIGAN

On reste dans l’est des USA pour se rendre dans le Michigan. Cet Etat  du Midwest se devait de figurer sur cette liste, et voici pourquoi. Tout d’abord, les Detroit Pistons sont la franchise phare du Michigan, et l’une des franchises les plus mythiques de la NBA. 7 titres de champions de conférence, 3 titres NBA, Detroit est l’une des rares équipes à avoir 3 bannières au plafond de la salle (le Palace d’Auburn Hills). Les Pistons ont également composé l’une des équipes les plus atypiques de l’histoire, les « Bad Boys » de la fin des années 1980. Coachés par Chuck Daly et composés de joueurs ultra rugueux mais aussi talentueux, tels que Laimbeer, Rodman, Dumars, Thomas ou encore Mahorn et Salley, les Pistons ont remporté 2 titres en 1989 et 1990, le tout en barrant plusieurs fois la route du grand Michael Jordan, toujours à la grande limite du règlement (Jordan rules). En 2004, Detroit remporte le 3è titre de son histoire, grâce à un collectif énorme qui battra les stars des Lakers sur le score net et sans bavure de 4-1. Depuis quelques années, les Pistons sont devenus une équipe médiocre, mais l’été 2013 nous laisse penser que Detroit retrouvera très vite les Playoffs, et c’est tant mieux quand on connait l’ambiance du Palace.

Mais on ne limite pas à Detroit, car on retrouve du basket également à Ann Arbor, siège de l’université des Michigan Wolverines. L’université a remporté un titre de champion universitaire en 1989, et a été finaliste en 1965, 1976, 1992, 1993 et dernièrement 2013. Les Wolverines sont surtout connus pour la fameuse équipe des « Fab Five », composé de Chris Webber, Jalen Rose, Juwan Howard (tous les 3 All American), Jimmy King et Ray Jackson. Célèbres pour avoir été les premiers à porter des shorts longs et des chaussettes noirs, ces Wolverines là se sont inclinés deux fois en finale (1992 et 1993 donc). Plus tard, le scandale Ed Martin éclatera, mais le Fab Five restera dans toutes les mémoires, même si la réputation en a pris un coup.

Outre les Wolverines, Michigan est également représenté au niveau de la NCAA par les Michigan State Spartans, basée à East Lansing. Au contraire des Wolverines où le Foot US domine, Michigan State est avant tout voué au basket. Avec 8 apparitions au Final Four et 2 titres NCAA, les Spartians ont une longue histoire basée sur une vraie tradition basket. Surtout, une immense légende a traversé ce campus, en la personne d’Earvin « Magic » Johnson.

Endroits mythiques : Palace d’Auburn Hills, Crisler Center, Breslin Center.

Personnalités mythiques : Larry Brown, Chuck Daly, Jud Headcote, Tom Izzo, Magic Johnson,Chris Webber, Jalen Rose, Juwan Howard, Glen Rice, Rudy Tomjanovich, Dave Strack, Jonny Orr, Steve Fisher, Bill Frieder, Dennis Rodman Isiah Thomas, Bill Laimbeer, Bob Lanier, Joe Dumars.

 

INDIANA

Notre dernière escale se situera en Indiana, Etat situé en dessous du Michigan et à coté de l’Ohio (le midwest a la côte aujourd’hui). Niveau professionnel, les Pacers représentent l’Indiana. Créée en 1967, la franchise des Pacers a connu beaucoup de succès, avec 3 titres ABA (1970, 1972, 1973) et une finale NBA perdue en 2000. Depuis sa création, les Indiana Pacers ont vu passer 5 Hall of Famers, à savoir Chris Mullin, Alex English, Mel Daniels, Roger Brown et bien sur le légendaire Reggie Miller. Aujourd’hui, Indiana se place comme un sérieux concurrent au double champion en titre Miami, et Paul George pourrait montrer encore un peu plus tout son potentiel.

Mais Indiana est surtout une vraie terre de basket au niveau amateur. Tout d’abord, il faut savoir qu’Indiana est l’Etat où le basket lycéen (High School) fut crée (1891). James Naismith déclara d’ailleurs en 1925 que « le basket a ses origines en Indiana, qui est le centre de ce sport ». Un très beau compliment quand même.

Niveau NCAA, Indiana possède, comme Michigan, deux universités de renom. Tout d’abord, nous avons les Indiana Hoosiers, basés à Bloomington, possèdent l’un des plus beaux palmarès NCAA, avec 5 titres nationaux (3è plus élevé derrière UCLA et Kentucky), et 8 apparences au Final Four. Les Hoosiers jouent leurs matchs à l’Assembly Hall, surnommé « The Carnegie Hall of Basketball ». Sans oublier que l’université d’Indiana a connu l’un des plus grands coachs de l’histoire de la NCAA en la personne de Bob Knight, et l’un des meilleurs meneurs de l’histoire de la NBA, Isiah Thomas.

Outre les Hoosiers, Indiana est également représenté par les Sycamores d’Indiana State. Beaucoup moins prestigieuse et victorieuse que les Hoosiers, Indiana State a connu son heure de gloire en 1979, avec une finale universitaire. Ce match est devenue mythique, tout simplement car il fut le premier grand affrontement entre Magic Johnson et…Larry Bird, leader des Sycamores.

Surprise, vous pouvez revoir ce match ci-dessous !

Endroits mythiques :Assembly Hall, Indiana State Faiground Coliseum, Market Square Arena, Bankers Life Fieldhouse.

Personnalités mythiques : Reggie Miller, Chris Mullin, Alex English, Mel Daniels, Roger Brown, Larry Bird, Everett Dean, Branch McCracken, Bob Knight, Isiah Thomas, Walt Bellamy.

 

Voilà, notre voyage se termine au fin fond de l’Indiana, là où les personnes mangent, dorment et vivent basket, un peu comme nous tous finalement. Nous avons donc vu à travers cette trilogie les endroits dans lesquels le basket était roi. Nous sommes passés par des grands villes (New York, Chicago, Los Angeles, Washington, Seattle, Philadelphia, Boston), des villes un peu plus modestes (Oakland, Portland), des Etats dans leur intégralité (Michigan, Ohio, North Carolina, Indiana) et enfin des villes universitaires (Lexington, Lawrence). Chacun de ces endroits possède une culture et une tradition basketballistique différente, mais tous sont frappés par cette passion commune, la grosse ba-balle orange.

Basketball never stops ! Merci à vous.   

17 Comments

  • Uncle Drew

    Ohio States BUCKSSS !

    Très bonne fin de série qui était une bonne idée et très bien mise en page même si j'aurais ajouté perso quelques photos 😉

  • clempo

    Un très bon article pour conclure une très bonne série !
    J'en aurai beaucoup appris tout au long des 3 parties, merci.

    Pour les personnalités mythiques, c'est un mix entre les personnes qui ont eu un impact sur la ville et celles qui y sont nées c'est ça ? Parce que quand j'ai vu John Havlicek dans l'Ohio 😉

    Pour Detroit, il y a une petite rivalité dans les Finals. Pas trop pour 2004 mais un peu à la fin des 80's. En 88, les deux équipes nous ont offert une fin de série dantesque. Les Pistons mènent 3-2 et les Lakers vont gagner les deux derniers matchs d'1 et 3 points.
    Au match 6, Thomas plante 43 pts, 8 pds et 6 stls mais en face Magic pète le record de passe en une mi-temps avec 14 ! Il finira à 22 pts et 19 pds, soit à 2 assists du record NBA détenu par… Magic évidemment.
    Au match 7 c'est simple : Big Game James nous sort un triple-double des familles. 36 pts à 68%, 16 rbds, 10 pds.
    Au final Magic aura tourné à 13 pds de moyenne sur la série ! Et un magnifique come back.

    Les Pistons se vengent en sweepant les Lakers en 89 grâce à un grand Joe Dumars.

    En 2004, on a pris assez cher aussi… les Pistons ont très très bien joués, Malone s'est blessé, Kobe a fait de la merde et le Shaq n'a pas été si dominant.

  • Merci clempo ! Je voulais faire un truc original et je pense avoir réussi 🙂

    Pour les personnalités mythiques, ce sont les personnalités liés à l'endroit : par l'université, par son enfance, sa carrière…

  • clempo

    Je viens de voir, Lakers/Pistons est bien une rivalité : ils se sont rencontré 8 fois en PO entre 1950 et 1962 (Fort Wayne contre Minneapolis à l'époque)

  • Carlosss

    J'ai enfin fini le tout ( je n'ai pas tout le temps pour ça en ce moment avec la rentrée) et j'ai adoré ..
    Je ne sais pas si tu as fait les 3 dossiers seul ou si tu as été aidé, mais la finalité est vraiment excellente …
    Je suis content d'une chose, c'est d'avoir lu les deux derniers volets à la suite, ils se complètent assez bien…
    C'est vraiment plaisant que ça vienne d'ici et par des gonzes assez jeunes…Ca me conforte vraiment dans l'idée que le basket américain est intemporel, et qu'il n'y a pas un âge requis pour l'ausculter ..

    Quand je lis le nombre de mecs ( 35-40 piges) balançant à longueur d'année " J'ai vu ci, j'ai vu ça, de mon temps, me fais pas chier je l'ai maté en direct, j'ai regardé 18 finales dans les 90" blablbala " et qui, au final, ne son pas capables de faire un com de plus de deux lignes …
    Vous êtes bonifiants ( Réré, Clemp, toi Benjamin etc etc) vos histoires de basket tiennent debout et vous savez transmettre, c'est vraiment de bon augure pour DH tout ça ..
    Merci Nico ( again )..

  • clempo

    Merci pour le compliment Carlos !

    On a appris à vivre avec notre génération : internet. On peut trouver un nombre incalculable de matchs sur la toile. J'ai même une petite dizaine de matchs des 60's, c'est dire ! Je me suis attaché aux sixers de Dr J-Malone-Cheeks-Dawkins (un peu moins la team titrée) pourtant je ne les ai jamais vu. Quand tu vois qu'il y a des matchs qui datent de plus de 30ans et qui sont en HD, on peut dire bravo à la NBA et aux fans. Les gens font de plus en plus de témoignanges, de mixs sur tout et n'importe quoi… c'est que du bonheur pour nous !

    Par contre pour parler personnellement, je ne fais pas partie de la team DH. J'ai pris beaucoup de plaisir à écrire l'article que tu connais donc je pense le refaire, mais tu verras beaucoup moins mon nom que celui des autres…

  • Tu peux pas savoir à quel point ça fait plaisir de lire ce genre de commentaire. Quand on est fan de la NBA (et plus largement des sports US pour moi), ça devient tout de suite plus facile de produire ce genre de choses. Je suis avant tout tellement passionné que ça me fait plaisir de faire ça. Alors comme tu dis, on n'a peut-être pas vécu 'le bon vieux temps" de la NBA (depuis 2003 pour moi), mais on est là à faire le maximum. Je passe beaucoup de temps sur les sports US (actu, vidéo, articles, sites…) tout simplement parce que j'aime ça!

    Concernant cette trilogie, je me suis renseigné sur Internet pour savoir quels endroits je devais choisir. Tout ne vient pas de moi comme ça, j'ai beaucoup appris en rédigeant ça.

    Encore merci Carlosss

  • Carlosss

    C'est aussi pour ça que je pousse beaucoup et met toujours un petit mot pour ceux qui font des pavés, je sais combien transmettre est un besoin quand tu es passionné …
    Et si l'on se contente de 2 lignes chacun ou 4 mots sur un article, on apprend pas …
    C'est tellement de boulot, je sais que les mecs qui lisent ne se doutent pas le temps que tu as pu passer la-dessus…

  • Carlosss

    Ca c'est un phénomène exceptionnel Internet, quand tu as passé 35 ans, tu te rends compte combien tu aurais aimé naitre avec ça…
    C'est fou ce que tu peux désormais découvrir en termes d'images, parfois je suis ébahi de ce qu'il me reste à découvrir …
    C'est un peu pour ça que je précisais à Nico, plus tôt, combien ça me fatiguait les gonzes qui te balancent qu'ils ont tout vu et que donc, ils possèdent un vécu que tu n'as pas quand tu es jeune ..
    Il te faut 10 minutes de recherche pour dégoter presque n'importe quel match d'il y a 20 ou 30 ans, des milliers de sites te donnent ce choix …
    Tout le monde peut se cultiver désormais, il manque surement l'intensité du direct, mais hormis quelques matchs de légendes, tu ne te souviens que rarement des centaines de games que tu as pu voir 20 ans plus tôt …
    D'ailleurs, je trouve que la génération actuelle " basket" est bien plus cultivée en ce qui concerne le passé de son sport que celle des passionnés de foot…
    Donc, il doit y avoir moins de possibilités de revoir de vieux matchs de foot, probablement ..

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