L’Élu tient sa promesse en offrant son plus beau sacre à Cleveland

LeBron James

52 ans. La ville de Cleveland attendait un titre majeur depuis 52 ans et le sacre des Browns en NFL. LeBron James était l’Élu. Arrivé en NBA en 2003, King James a enfin offert un titre à Cleveland. Après un long parcours de 13 ans qui l’a vu échouer en finale avec Cleveland (2007), quitter sa région natale pour Miami et devenir officiellement le sportif le plus détesté des USA (2010), avant de gagner deux titres avec le Heat (2012 et 2013). Puis finalement, comme attiré par une vieille promesse, revenir à Cleveland pour une raison principale: gagner le titre chez lui, à Cleveland. Entre domination, émotion, et consécration, retour sur un exploit incommensurable.

La domination comme mantra

LeBron James est sans doute le joueur qui colle le mieux au terme domination dans le basket moderne. Et que ce soit de la domination sur le terrain, de la domination physique, mentale, ou statistique. Avant de parler de ces finales historiques, on peux revenir sur ces cinqs dernières années: Individuellement, LeBron est intouchable en Playoffs. Titré en 2012, 2013 et 2016, il est aussi le seul joueur à surnager lors de ses deux défaites de 2014 et 2015. Mieux encore: depuis 2012, il a dominé chacune des séries de Playoffs auxquelles il a participé. 20 séries. 20 séries qui ont vu James gagner contre les trois plus grosses équipes de sa génération: les Celtics de Rondo/Allen/Pierce/Garnett, les Spurs de Parker/Ginobili/Leonard/Duncan, et enfin les Warriors de Curry/Thompson/Green.

Ces finales  resteront sans doute comme le chef d’œuvre de James. Il était prêt, et ses coéquipiers aussi. Comme à son habitude, le King s’est coupé des réseaux sociaux. On peut aussi affirmer qu’en leader, il a eu de longues discussions avec ses coéquipiers, sur l’attitude à adopter, l’intensité à mettre, les efforts à fournir. Richard Jefferson (qui a pris sa retraite suite au titre), a récemment parlé des repas communs chez LeBron ou chez Love qui ont permis de renforcer le groupe. Cela s’est d’ailleurs vu sur le terrain avec la différence d’attitude des deux équipes. Emplis de concentration, le comportement des Cavs tranchait parfois avec celui des Warriors, tacheté de relâchement. Statistiquement parlant, LeBron James a réalisé quelque chose qui n’avais jusque là jamais été fait par quiconque. Le King est le leader statistique aux points marqués, aux rebonds, aux passes décisives, aux interceptions, et aux contres, et cela sur l’ensemble des 7 matchs pour les deux équipes. Absolument irréel. LeBron a quasiment tout fait (quasiment, car n’allons tout de même pas jusqu’à sous estimer l’impact d’un Irving excellent).

Comparaison statistiques de la série et des matchs 5/67 de LeBron James
Comparaison statistiques de la série et des matchs 5/67 de LeBron James

Ci contre, les Statistiques de LeBron sur la série, en comparaison de celles sur les matchs 5/6/7. Déjà, celles sur la série semblent excellentes. Mais si on se penche sur celles des trois derniers matchs, on frôle la perfection, d’autant plus que ces trois matchs correspondent aux trois victoires des Cavs qui leur ont permis de devenir la première équipe à remonter un 3/1 en finale NBA. Durant cette période de trois matchs, LeBron est devenu le cinquième joueur à enchainer deux performances à plus de 40 points en finales en scorant 41 points aux matchs 5 et 6 (après Jerry West, Rick Barry, Michael Jordan et Shaquille O’Neal). Pendant le game 6, à cheval sur les 3 et 4èmes quart temps, il s’est même permis d’inscrire 18 points de suite quand les Cavs commençaient à perdre du terrain. Et il est ensuite devenu le troisième joueur à réaliser un triple double dans un game 7 en compilant 27 points, 11 rebonds et 11 passes décisives (après Jerry West encore, et James Worthy). Trois matchs, Trois énormes performances, trois victoires pour Cleveland.

Comme un symbole de sa puissance, James réalise un contre absolument énorme sur Iguodala alors qu’il reste moins de deux minutes à jouer et que le score est de 89 partout. Il y a tout sur cette action: la course et le retour défensif, la vitesse, la hauteur, la puissance. Là aussi, on a un exemple de la domination de James. Un contre aussi symbolique que décisif, et qui est dans le même temps peux être l’action la plus importante de sa carrière jusqu’ici. LeBron James domine ses matchs et ses séries depuis de longues années, et il l’a encore prouvé de la plus belle des manières lors de ces finales.

Troisième titre pour James, le premier pour l’Élu: la beauté d’un sacre

LeBron JamesCe qu’il faut comprendre, c’est que son parcours, et tout ce qu’il a affronté pour enfin ramener un titre à Cleveland, a été long et compliqué, ce qui a contribué à rendre ce titre encore plus beau. Trop seul à Cleveland, et après avoir trop souvent échoué en Playoffs, il décide de quitter les Cavs pour Miami. Nous ne reviendrons pas sur le coté pathétique du show « The Decision », mais les conséquences en sont terribles. LeBron est taclé par beaucoup, détesté par plus encore. Il est sifflé dans toutes les salles NBA, encore plus à Cleveland. Les fans des Cavs d’ailleurs, postent sur internet photos et vidéos les montrant en train de bruler des maillots de James, signe d’une profonde déception suite à la fin brutale de l’adoration passionnelle qu’ils lui vouaient. Quatre ans et deux titres plus tard, LeBron annonce son retour à Cleveland dans une lettre ouverte sobrement intitulée « I’m Coming Home« . Du coté de Cleveland, la déception est passée. L’Élu est de retour, les espoirs de titres renaissent. Car oui, c’est bien souvent comme ça: l’arrivée de LeBron dans une équipe fait d’elle une concurrente directe au titre suprême. Et ça, les fans des Cavs l’ont bien compris. Le titre de la lettre est bien choisi. LeBron est chez lui à Cleveland, il le sait et les fans le savent aussi. Après l’échec en finale 2015 d’une équipe de Cleveland amputée de Love et Irving, les Cavs sont de retour pour prendre leur revanche en 2016. Cela ne pouvait qu’être épique, l’histoire devait être belle. Personne ou presque ne pouvaient légitimement encore croire à une chance de titre des Cavs lorsqu’ils étaient menés 3/1. 32 équipes avaient été dans cette situation avant eux. Toutes avaient perdu. James et ses coéquipiers devaient réaliser cet exploit, face aux champions en titre qui venaient de battre le record des Bulls de 96 en saison régulière. Tout en ayant deux matchs à jouer à l’Oracle Arena. Et ils l’ont fait.

54 secondes après un trois points assassin d’Irving, 10 secondes après un lancer libérateur de James, la sirène retentit. LeBron enlace Love, Tristan Thompson les rejoint, les remplaçants arrivent à leur tour. Tyronn Lue est en larme sur son banc, les joueurs crient, lèvent les bras au ciel. Puis LeBron s’effondre, à genoux sur le parquet, une main devant les yeux, en larmes. On entend même ses sanglots sur les différentes vidéos du moment. L’instant est beau, presque magique. LeBron le cyborg devient LeBron l’humain. La planète NBA entière comprend désormais la nécessité du retour de LeBron James à Cleveland. De Mark Cuban à Barack Obama, les hommages fusent. Même les plus récalcitrants à dire du bien du King respectent le numéro 23 pour cet accomplissement. Ceux qui ont vécu cela en direct ou même qui ont suivi la série comprendront la portée de ce titre. Parfois, les mots ne suffisent pas à tout décrire.

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