LeBron James : une "legacy" en jeu

« Lecacy » par ci, « Legacy » par là, tout les fans de basket outre atlantique ont sans doute déjà entendu ce mot quelque part, sans peut-être vraiment savoir à quoi il correspond. Ce mot, sur-employé d’ailleurs, est souvent au coeur des débats quand il s’agit de comparer les plus grandes stars NBA, actuelles ou passées.

Mais que signifie vraiment ce terme ? Il est difficile de vraiment le définir car il cache une grande place de subjectivité. Oscar Robertson, légende du jeu, n’aime d’ailleurs pas ce mot :

Ca veut dire quoi « legacy » ? Un joueur sait jouer ou il ne sait pas jouer. On peut parler de « legacy » après qu’un joueur ait fini sa carrière. Si on parle de ça pendant qu’un joueur est entrain de jouer, c’est juste pour faire parler ».

On pourrait définir « legacy » par la place qu’un joueur va laisser dans son sport de par sa carrière. C’est donc très subjectif. Mais tout les grands joueurs sont aujourd’hui jugés, et en particulier le numéro 6 du Miami Heat, LeBron James.

LeBron est surement le joueur qui divise le plus, et dont on parle le plus. On le compare aux plus grands, certains le critiquent, d’autres l’adorent, et ça va même encore plus loin. James ne laisse personne indifférent. Et sa performance lors des Finales 2013 va encore être analysé, sur-analysé, plus que celle de n’importe quel autre joueur, que ce soit Duncan, Parker ou Wade. Le fait que le quadruple MVP soit dans son « prime » renforce naturellement cela. En effet, si on prend Tim Duncan, 37 ans et considéré comme le plus grand ailier fort de l’histoire, il n’a pas grand chose à perdre si il devait s’incliné contre Miami. Pour LeBron, 28 ans, tout se joue maintenant.

En effet, le niveau individuel acquis par James est tellement immense qu’il sera désormais jugé uniquement sur le nombre de bagues qu’il arrivera à remporter durant sa carrière. Individuellement, James n’a plus rien à prouver. Il pourrait s’arrêter demain qu’il aurait quand même l’un des plus grands palmarès individuels de l’histoire de la NBA. La place que James aura à la fin de sa carrière ne dépend plus que de ses performances en Finales NBA.

Il a débuté jeudi ses 4ème Finales NBA de sa carrière. Il en a perdu 2 (2007 et 2011), et gagné une (2012). Il s’est troué lors de ses 2 défaites, ce qui a considérablement fait mal à sa « legacy » et donc à sa réputation (surtout de la façon dont laquelle il a perdu). Heureusement pour lui, sa campagne de Playoffs 2012, absolument fantastique, a fait oublié ses ratés en Playoffs. Mais le numéro 6 floridien se retrouve à nouveau aujourd’hui à un tournant de sa carrière.

S’il parvient à remporter cette ultime série, il rentrerait dans le clan des multiples champions. Il ferait également le doublé MVP-Finals MVP deux années de suite, une première depuis Michael Jordan (1991 et 1992). Il rentrerait encore un peu plus dans la légende de la ligue. Cela prouverait aussi qu’il écrase la NBA à la fois individuellement et collectivement.

Cependant, une défaite contre les Spurs changerait la donne. On sait tous que ce sera LeBron qui sera prioritairement critiqué si Miami venait à s’incliner (justement ou injustement d’ailleurs), mais c’est la responsabilité qui repose sur les épaules du MVP 2013. Il passerait à nouveau pour un « looser » (injustement encore une fois), car il serait à un bilan de 1-3 en Finales NBA. Certes c’est pas beau comme bilan, mais on peut craindre une vraie remise en cause de la suprématie individuelle de James, alors que celle ci est évidente.

Le vrai problème que l’on pourrait souligner, est que l’analyse basketballistique actuel est beaucoup trop individualisé. Soit on cherche à glorifier un joueur (LeBron en est d’ailleurs le premier bénéficiaire), soit on cherche à trouver un coupable souvent désigné à l’avance (LeBron en est la première victime). On oublie souvent que ce sont des équipes de basket qui gagnent un titre, et tout cela collectivement. C’est cela qui rend toutes discussions sans fin, car tout repose sur du subjectif. La NBA, ce n’est pas Rolland Garros. C’est un sport collectif. Alors bien sur, les meilleurs joueurs sont les principales raisons du succès de leur équipe, mais ce n’est pas tout, tellement de paramètres peuvent rentrer en compte.

Le monde idéal serait que chaque fan de basket apprécie le jeu à sa juste valeur, en évitant de sur-analyser individuellement les joueurs. On peut juger les performances individuelles, mais pas au dépend d’un collectif. On peut juger la carrière individuelle d’un joueur, mais pas sans oublier le contexte dans lequel ce dernier a évolué.

C’est dans ce sens que la « legacy » d’un joueur est quelque chose d’impossible à quantifier. Cela dépend de chacun de nous, de nos goûts, de nos valeurs, de la façon dont nous voyons tous le basket.

Aujourd’hui, nous assistons à de très belles finales NBA. Et nous avons la chance de voir évoluer sous nos yeux un génie du basket, un joueur que l’on voit tous les 15 ans. Apprécions ce moment là, que l’on supporte les Spurs ou le Heat.

2 réflexions sur « LeBron James : une "legacy" en jeu »

  1. Super article

    "La place que James aura à la fin de sa carrière ne dépend plus que de ses performances en Finales NBA."
    Tout est résumé dans cette phrase

Les commentaires sont fermés.