Le tanking : judicieux ou honteux ?

Nous ne tankerons pas. Nous sommes les Boston Celtics.

Voici les mots prononcés par Danny Ainge, GM de la franchise de Boston, quand on lui a demandé si son équipe allait « tanker » lors de la saison 2013-2014.

Mais que signifie ce mot que l’on entend si souvent en ce moment ?

« Tanker » est enfait un terme utilisé pour décrire le fait qu’une équipe perdrait intentionnellement des matchs au cours d’une saison afin d’avoir la meilleure place possible à la prochaine draft. Tanker peut se faire de différentes manières, mais en restant le plus discret possible. Et ce n’est donc pas forcément sur le parquet que cela se passe. En effet, on ne va pas forcément demander au joueur de saborder leur basket (version Space Jam), mais on va plutôt mettre ses meilleurs joueurs au repos, inventer des blessures, ou tout simplement trader ses meilleurs éléments contre un paquet de chips. Le but étant d’avoir la pire équipe possible pour finir bon dernier de la ligue et avoir le maximum de chance de décrocher le gros lot à la lotterie.

Danny Ainge ne le fera pas , tout simplement car il considèrerait ça comme une situation honteuse pour la franchise la plus mythique de la NBA. Mais alors, le tanking, est-ce une stratégie qui paie, ou juste une tentative pathétique qui va contre l’éthique du sport ?

Le tanking pour s’en sortir

Alors bien sur, le tanking est une pratique que l’on voit surtout lorsque la draft qui suit est remplie de gros talents. Le genre de talent qui peut changer la direction d’une franchise, et dans le meilleur des cas, faire remporter un titre NBA à celle ci. On parle de tanking à l’heure actuelle tout simplement car la draft 2014 semble être la meilleure depuis celle de 2003. Elle sera composée de joueurs que l’on annonce All Stars, Superstars…Wiggins, Parker, Randle et d’autres. Cela rappelle étrangement cette draft de 2003 déjà mythique, composée de LeBron James, Carmelo Anthony, Dwyane Wade, Chris Bosh…A cette époque là, les Cavaliers avait réalisé une saison 2001-2002 catastrophique, avec un bilan désastreux de 17-65, tout ça dans l’optique d’accueillir le prodige d’Akron, LeBron James. Inutile de se le cacher, les Cavaliers ont saboté leur saison. Mais peut-on leur en vouloir ?

L’exemple des Cavs est parfait pour démontrer que le tanking peut faire sortir une franchise de l’anonymat. Depuis le début des années 90 et les départs de Price, Nance et Daugherty, Cleveland n’arrive plus à avancer. Malgré quelques apparitions en playoffs, la franchise stagne, car elle ne possède pas de vraie superstar capable d’emmener la franchise au sommet, tout en attirant à elle des joueurs talentueux. Peu à peu, Cleveland se morfond dans les bas fonds de la ligue avant de complètement lâcher la saison 2001-2002.

Résultat : Cleveland remporte la lotterie, sélectionne LeBron James en numéro 1, et la franchise va devenir l’une des plus dominantes de la conférence Est. LeBron James va emmener les Cavaliers en Playoffs 5 fois en 7 ans, avec 1 apparition en finale NBA, et 1 apparition en finale de Conférence. Sans oublier le fait que Cleveland possèda 2 fois le meilleur bilan de la NBA (2009 et 2010). On peut en conclure que la franchise a littéralement décollé après la draft du Kid d’Akron, et que la stratégie du « tanking » a en quelque sorte porté ses fruits.

Mais le tanking n’est-il pas contraire à une certaine éthique du sport ?

Bien sur, on peut se poser la question de l’éthique sportive, qui dirait qu’il faut donner le maximum à chaque instant. Faire du tanking équivaut à laisser filer une saison, à se saboter, le tout sans aucune fierté. C’est exactement à quoi fait référence Ainge avec les Celtics. « On ne tanke pas à Boston, il y a trop de fierté. Les Celtics sont les Celtics, et tanker c’est pour les minables ». C’est cette pensée que Danny doit avoir en tête. Il n’a pas forcément tord. Sans compter le fait que ce n’est pas facile de sacrifier une saison entière, tout en sachant que gagner la lotterie n’est pas mathématique.

Alors oui, tanker fosse la compétition. Ce n’est pas beau à voir. En tant que fan de la NBA, on n’aime pas forcément voir des franchises jouer à « qui est le plus mauvais ». Ce que l’on veut, c’est voir chaque équipe donner le maximum jusqu’au bout. Mais cela est une illusion. Avec le système de la draft, le phénomène du tanking est inévitable. C’est le contre coup d’un système visant à réequilibrer les forces après chaque saison, tout ça dans le but d’aider les plus faibles.

Conclusion

Si l’on se met dans la peau d’un General Manager (GM), c’est tout à fait humain de vouloir le meilleur choix à la draft. Et pour y accéder, tanker est la solution la plus facile. Il faut dire que la pire place pour une franchise en NBA, c’est le ventre mou, le milieu. Cette place qui ne vous permet n’y d’être compétitif en Playoffs, ni d’être assez mauvais pour décrocher une future superstar. C’est typiquement ce genre d’équipe qui stagne, et qui ne gagne jamais rien ces dernières années (ex : Atlanta, Detroit, Houston…). On ne peut donc pas reprocher à un GM de vouloir tout reconstruire du bas, et si possible sur un joueur capable d’avoir les épaules assez larges pour devenir un vrai Franchise Player.

Tanker est donc une vraie solution pour sortir de l’anonymat. Bien sur, l’éthique sportive en prend un coup, mais comme on dit outre Atantique :

The NBA is a business

Et ça explique tout.

11 réflexions sur « Le tanking : judicieux ou honteux ? »

  1. Super article !

    Perso, même si c’est moche, je trouve que le tanking c’est une façon comme une autre de renforcer ton équipe et d’essayer de sorti de la loose

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