Lance Stephenson, l’équilibre des Pacers


 

Premiers de la conférence Est et second meilleur bilan de la NBA derrière Oklahoma City, les Indiana Pacers réalisent une saison de très haute facture et se placent comme le principal concurrent du double champion en titre, le Miami Heat. Si la défense de fer et le collectif parfaitement huilé d’Indiana sont les principales raisons du succès de la franchise dirigée par Larry Bird, la remarquable progression de Lance Stephenson a permis à cette équipe de prendre une toute nouvelle dimension. Focus sur l’impact de ce joueur surnommé « Born Ready » depuis ses 16 ans.

Une progression remarquable

Drafté en 40è position en 2010 par les Indiana Pacers, Lance Stephenson a souvent été perçu comme un joueur talentueux mais incapable de gérer toute la « hype » qui l’entourait. Véritable star en high school, « Born Ready » a autant fait parler de lui sur le terrain qu’en dehors. Très performant sur les parquets, il était aussi un spécialiste des faits divers : soucis avec la justice, coupé des -18 ans de Team USA, un show TV personnalisé (« Born Ready TV »)…Bref, typiquement le genre de jeune talent qui a pris la grosse tête un peu trop vite. C’est en grande partie à cause de cela qu’il chuta au second tour de la draft, et ce malgré une bonne saison universitaire à Cincinnati. Habitué au banc de touche durant ses deux premières saisons en NBA, Lance Stephenson ne parvient pas à se faire une place dans la rotation des Pacers. Sa mauvaise sélection de shoot et son manque d’adresse le pénalisent et l’empêchent de gagner du temps de jeu. Alors qu’il semble bloqué à Indiana, un coup de pouce du destin va changer la donne. Lors de sa troisième saison, Lance Stephenson va profiter de la blessure de Danny Granger pour se (re)faire un nom. Il gagne de précieuses minutes, et profite de l’occasion pour montrer ses qualités défensives, ainsi que ses progrès au shoot et aux rebonds. Il sera même l’une des révélations des Playoffs 2013, où il réalisera de très belles performances, notamment contre les New York Knicks (25pts/10rbs lors du match 6) et le Miami Heat (20pts/5rbs lors du match 4).

Mais malgré les bonnes choses qu’il avait montrées lors de la saison 2012-2013, Lance Stephenson se devait de confirmer cette année. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il a répondu aux attentes. Auteur d’une première partie de saison 2013-2014 magnifique, Lance Stephenson éclabousse la NBA de son talent. Il suffit de regarder ses statistiques pour avoir un aperçu de la dimension qu’a pris aujourd’hui le jeune joueur de 23 ans : 14,0pts / 5,1ass / 7,3rbs à 50% au tir contre 8,8pts / 3,9rbs / 2,9ass à 46% l’an passé. De plus, il est actuellement le leader de toute la ligue dans la catégorie des triples doubles avec déjà 4 réalisations cette saison. Ces chiffres sont l’illustration même de la grande force de Lance Stephenson : la polyvalence. L’arrière des Pacers est aujourd’hui l’un des joueurs les plus complets de la ligue. Offensivement, il est devenu une vraie menace. Capable de shooter efficacement à mi distance voir à 3pts, il est surtout redoutable pour attaquer le panier, notamment en contre-attaque. Physique et agressif, il ne doute de rien au moment d’affronter les grands dans la raquette adverse. Mais sa plus grosse qualité réside peut-être dans son jeu de passe. Capable de sortir des passes de génie, de trouver ses coéquipiers et de les impliquer, Stephenson possède de vraies qualités de meneur. Il lui arrive même de prendre quelques fois la place de George Hill à la mène, ce dernier retrouvant ainsi son poste naturel de shooting guard. Enfin, il ne faut pas oublier que Stephenson a enflammé les playgrounds de New York lorsqu’il n’était encore qu’un adolescent. Ses qualités de dribbleur et de un contre un sont largement au dessus de la moyenne (demandez donc à Courtney Lee…). Offensivement dangereux, Lance est également efficace de l’autre coté du terrain, ce qui le démarque de beaucoup de joueurs en NBA. Bon défenseur sur l’homme et capable de défendre sur plusieurs postes, il forme avec Paul George et George Hill l’un des meilleurs trios défensifs extérieurs de la ligue. Il prend également plus de 7rbs par match, ce qui est énorme pour un joueur de sa taille (1m96). Sa progression en défense a été remarquable cette saison, et c’est peut-être dans ce secteur là où il a le plus élevé son niveau de jeu, même si il doit encore s’améliorer dans sa défense sans ballon.

Cette progression évidente de Lance Stephenson ne passe pas inaperçue. Et Tom Konchalski, scout new yorkais qui a suivi Lance Stephenson lorsque ce dernier jouait à Coney Island à Brooklyn, résume parfaitement l’évolution de « Born Ready » :

«  Pour être sur le parquet avec les Pacers, il a du se réinventer. En high school, il n’était qu’un scoreur. A Indianapolis, c’est sa capacité à faire plusieurs choses qui lui permet de jouer. Il défend sur plusieurs positions, c’est l’un des meilleurs rebondeurs à son poste, et c’est un bon passeur ».

Le véritable équilibre des Pacers

Aujourd’hui leader de la conférence Est, Indiana se place véritablement comme un candidat au titre. Avec un ratio victoire-défaite de 75% sur les 55 premiers matchs de la saison régulière, les Pacers montrent clairement leurs ambitions et leur volonté d’avoir l’avantage du terrain durant les Playoffs. Lorsque sont évoquées les raisons du succès d’Indiana cette année, beaucoup font référence, à juste titre, à la défense de fer des Pacers, qui est actuellement la meilleure de la ligue. D’autres préfèrent mettre en avant le superbe travail de l’entraineur Frank Vogel, qui a réussi à construire un superbe collectif sur la durée. Certains surfent sur la « hype » Paul George, considéré de plus en plus comme une superstar, alors qu’il reste très irrégulier. Sa belle progression reste néanmoins l’une des clés du succès d’Indiana. Mais en fin de compte, la plus grande plus value des Pacers par rapport aux années précédentes se nomme bien Lance Stephenson. Son évolution a donné une toute nouvelle dimension à son équipe.

Dans le collectif ultra rodé d’Indiana, Stephenson se caractérise comme l’électron libre de l’équipe. Il apporte ce grain de folie et d’incertitude permettant de rendre son équipe beaucoup moins prévisible que par le passé. Il est le premier créateur offensif, et le principal energizer des Pacers. Il est considéré à juste titre comme un vrai playmaker, c’est-à-dire un joueur capable de faire la différence de plusieurs façons possibles, et qui crée des actions pour lui et pour ses coéquipiers. De par ses capacités rares, Stephenson possède aujourd’hui une vraie place dans le collectif d’Indiana. Et Frank Vogel est le premier à reconnaitre l’importance que son joueur peut avoir au sein de son équipe, en n’hésitant pas à lui donner plus de responsabilités :

« On essaye de lui donner de la liberté. Il est très productif quand il touche la balle. Il fait de moins en moins d’erreurs et il est efficace offensivement. Enfin, il est surtout de plus en plus discipliné en défense ».

ESPN

Lance Stephenson joue aujourd’hui 35mns/match, soit le deuxième plus haut total de son équipe derrière Paul George. Si ce dernier est le meilleur joueur de l’équipe en terme de talent et de potentiel, Lance est surement le plus précieux. Il représente un peu l’équilibre du collectif. Sans lui, Indiana n’est plus la même équipe. Stephenson est le lien parfait entre les différents types de joueurs composant l’effectif des Pacers. Hibbert et West apporte de la dureté et de la défense dans la raquette, Paul George est l’option offensive numéro 1, George Hill apporte de l’adresse extérieure, et au milieu de tout cela, il y a « Born Ready » qui s’occupe un peu de tout (scoring, assists, défense, rebonds…), et ce de façon très efficace. Il donne ainsi un superbe équilibre et une profondeur au collectif que l’on n’avait pas vu auparavant à Indiana. Il fait penser un peu au rôle que pouvait avoir Andre Iguodala l’an passé à Denver puis aujourd’hui à Golden State. Ce type de joueur est souvent sous-estimé dans la ligue car il ne représente pas la star d’une équipe, mais plutôt un joueur de complément. Pourtant, ce genre de joueur est indispensable à tout collectif qui se respecte. Son importance ne se voit pas forcément dans les statistiques, mais dans la difficulté dont se trouve son équipe quand il est absent.

Une personnalité rafraichissante

Le 22 décembre dernier, Indiana accueillait les Celtics de Boston dans leur salle. Au début du 4è quart-temps, le match était déjà quasiment plié (+22 pour les Pacers), mais c’est le moment que choisira Lance Stephenson pour ridiculiser et briser les chevilles de Courtney Lee après un spin-move enchainé d’un dribble entre les jambes. Après cette action d’éclat, « Born Ready » en profitera pour montrer ses talents de danseur oriental. Forcément, cela n’a pas plu à tout le monde, mais pour Lance Stephenson, c’était juste naturel :

« C’est venu comme ça avec le rythme du match. Je voulais amuser le public. J’étais tellement dans le match que c’est venu naturellement. Rien n’était pensé à l’avance ».

Le mot important dans la déclaration de Lance est « naturellement ». Cette action reflète parfaitement la personnalité du numéro 1 des Pacers. Showman, spectaculaire et flashy sur le terrain, Stephenson n’est pas du genre à se poser de questions. Il joue avec une confiance telle que ça peut parfois même lui jouer des tours, comme lorsqu’il perd des ballons inutilement. Trash talkeur, chambreur, il représente un peu ce que la NBA était dans les années 90. Dans une ligue aujourd’hui aseptisée et plongée dans le politiquement correct, Lance Stephenson est une source d’air frais. Il n’est pas du genre à entrer dans le moule, il est juste lui-même. Et sa mythique vidéo de campagne pour le All Star Game 2014 de New Orleans ne fait que confirmer cela. Dans son rôle de « Sir Lancealot », il montre le coté complètement déjanté d’un mec qui ne se prend finalement pas au sérieux. Ce type de personnalité manque cruellement à la NBA actuelle.

Malheureusement pour lui, cela ne suffira pas pour être sélectionné parmi les All Stars de la conférence Est. Les coachs lui ont préféré Joe Johnson (!?!), dont on se demande encore comment il a pu prendre la place d’un joueur qui pourrait, à juste titre, être élu Most Improved Player (joueur ayant le plus progressé) de la saison 2013-2014. Il n’y a plus qu’à espérer qu’il ne soit pas snobé une seconde fois, surtout lorsqu’on sait qu’il est l’une des raisons principales du véritable envol de son équipe.

9 réflexions sur « Lance Stephenson, l’équilibre des Pacers »

  1. Voilà mon dernier article ! Comme d'habitude, j'attends vos réactions sur la qualité de l'article, mais aussi sur le sujet. Que pensez vous de ma position sur Lance Stephenson ? D'accord, pas d'accord ? N'hésitez pas à avancer vos arguments. Je suis ouvert à tout !

    Merci à vous

  2. bon article!lance est très fort c'est sur il progresse bien et n'a que 23ans il a encore pas mal de potentiel pour moi il ne sera pas FP un jour mais en revanche je le voix vraiment devenir un super lieutenant, ta comparaison avec iggo me semble juste mais à mon avis il a encore plus de responsabilité dans le succès des pacers que iggo avait à denver!
    ce qui me fait peur c'est qu'il est free cette été et c'est pas sur que les pacers auront le moyen de garder et j'ai peur qu'une équipe le récupère en lui proposant un gros contrat et qu'il est trop de pression!!parce que il faut aussi se dire que le staff des pacers a fait du super boulot avec lui, il était couvé là bas, loin des projecteurs c'est george et hybbert qui ont la pression dans cette team ce qui lui a permis de progresser trankillou

  3. Très bon article je suis d'accord sur quasiment tout sauf sur deux choses:

    -Je ne l'aurais pas mît au All Star Game. Lowry et Afflalo passaient avant lui, qui passait avant Joe Johnson
    -Pour le MIP ce serait loin d'être un scandale qu'il ne l'ai pas quand on voit la progression de joueurs comme Dragic par exemple

  4. Je suis d'accord pour le MIP. Mais Stephenson est meilleur qu'Afflalo quand même et Lowry a vécu un début de saison catastrophique.

  5. Super article mais pour le ASG pour qu'il y soit il aurait fallu enlever Hibbert et mettre Big Al car 3 joueurs c'était trop !
    -MIP, il est devenu favori après la blessure de Bledsoe qui lui était supérieur au début de saison
    En tout cas je suis assez d'accord avec toi concernant son impact sur le jeu des Pacers, c'est devenu un véritable métronome cette saison!

  6. Pour moi, c'est un scandale d'avoir vu Roy Hibbert au ASG.

    Je le trouves pas bon et franchement immonde à regarder jouer… Le pire je crois, c'est lorsqu'il court… C'est pathétique…

    Lance Stephenson a quand même beaucoup/énormément plus l'étoffe d'un All Star à n'en point douter. Même West est 2 planètes devant Hibbert pour moi 🙂

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