LaMarcus Aldridge ou comment la dynastie des Spurs va perdurer

« Les Spurs sont trop vieux, ils ne seront pas champions »… Tous les ans, à chaque début de saison, on entend la même rengaine. Mais pas cette fois. Oui, les Spurs sont les nouveaux grands favoris au titre, et pour cause, ils ont réussi à attirer dans leur rang LaMarcus Aldridge, le free-agent le plus convoité de l’intersaison. Et cette arrivée va permettre à San Antonio d’ajouter une nouvelle dimension dans leur jeu, mais aussi de prévoir le futur de la franchise. Non, la dynastie des Spurs n’est pas terminé. Elle prend juste un nouveau virage.

Le 3 mai 2015, Les Spurs jouaient leur dernier match de la saison. Une élimination plutôt précoce dans l’année, assez inhabituel pour San Antonio. Et pourtant, après une saison régulière difficile avec plusieurs blessures importantes (Tony Parker notamment) et seulement la 6ème place de la conférence Ouest, les Spurs faisaient encore très peur au début des play-offs. Le premier tour, avec une série contre les Clippers, s’annonçait déjà comme très disputé, et immanquable pour les amoureux de la NBA. Et ça n’a pas manqué. Sept matches d’une intensité incroyable, d’un niveau de finale de conférence et non de premier tour, conclus par une victoire des Clippers avec un Chris Paul monumental. Une fin de saison décevante et cruelle pour les Spurs, avant un été qui allait être très mouvementé.

 

Le séduisant projet des Spurs

Cette saison ratée aurait pu marquer la fin des Spurs que l’on connait, avec l’arrêt de 2 des 3 membres du Big 3. Mais Tim Duncan et Manu Ginobili seront bien là l’année prochaine. Leonard et Popovich aussi. Et ils pourront compter sur un renfort de poids, en la personne de LaMarcus Aldridge. Cela fait plusieurs semaines que Aldridge a annoncé son probable départ de Portland, et les Spurs, ayant besoin de sang neuf et de préparer l’avenir, se sont tout de suite intéressés au cas du All-Star.

Les dirigeants, notamment R.C Buford, ont tout mis en oeuvre pour l’accueillir. Plusieurs entretiens puis des transferts pour libérer de la masse salariale ont été fait pour permettre la venue de l’ancien Trailblazer. Ce qui a séduit Aldridge et surpris pas mal de monde, les Spurs n’étant pas réputé pour leur activité sur le marché des transferts. Aldridge a décidé de se donner la chance de gagner des titres, et pas de jouer dans une grande ville pour devenir plus populaire, et on ne peut que le féliciter pour ce choix.

 

Une équipe monstrueuse

Avec Aldridge, les Spurs ont maintenant une véritable armada offensive, et un 5 majeur Parker, Green, Leonard, Aldridge, Duncan juste démentiel. Lors de la saison dernière, San Antonio était la septième meilleur équipe au niveau du scoring, avec 106,2 pts pour 100 possessions. Maintenant, enlevez Tiago Splitter, plutôt maladroit en attaque et mettez LaMarcus Aldridge, qui tournait l’année dernière à 23,7 pts, à la place. Les coachs adverses vont avoir du travail pour stopper les Spurs… De plus, grâce à son tir à mi-distance très fiable et son jeu dos au panier, il devrait parfaitement s’adapter au jeu de San Antonio, et sa complémentarité avec les autres joueurs du 5 majeur semble évidente. Dans le cas contraire, on peut compter sur le magicien Gregg Popovich pour trouver des solutions. Imaginez juste cette équipe jouant sur le système Horns (double écran pour le meneur) : Parker balle en main, Aldridge et Duncan faisant écrans, Green et Leonard dans les ailes prêt à artiller. Indéfendable.

Le seul point négatif est que les Spurs ont dû se séparer de plusieurs joueurs pour signer Aldridge. Belinelli, Splitter, Baynes et Joseph n’ont pas été retenus (voir poussés dehors). Le banc aurait donc pu considérablement s’affaiblir. Mais c’est là que San Antiono réalise un deuxième coup assez énorme sur le marché de la free-agency : la signature de David West pour le minimum vétéran, alors que les Pacers lui proposaient 12 millions de dollars de plus. Comme quoi, l’argent n’est pas le seul moyen de faire venir des joueurs…

Dès l’année prochaine, les Spurs feront partie, en compagnie des Warriors et des Cavs, des grands favoris au titre. Et grâce à la venue d’Aldridge, ils ont aussi pu préparer l’après Tim Duncan. Avec 5 titres en 15 ans et une gestion toujours irréprochable des joueurs et de leur effectif, San Antonio est un exemple à suivre pour les autres franchises.

Non, ce n’est pas la fin d’un cycle pour les Spurs. Non, les Spurs ne sont pas morts. A l’image de Tim Duncan, ils sont éternels.