Kentucky Wildcats version 2014-2015 : un an après, où en sont-ils ?


Photo Roster UK 2014:2015
Tyler Ulis (3), Aaron Harrison (2), Andrew Harrison (5), Devin Booker (1), Dakari Johnson (44), Karl-Anthony Towns (12), Trey Lyles (41), Willie Cauley-Stein (15), Alex Poythress (22) et Marcus Lee (00)

Il y a de çà un an, les Wildcats de Kentucky étaient au cœur d’une saison historique pour l’un des programmes les plus réputés du championnat universitaire. Invaincu durant toute la saison régulière, champion de la SEC, les hommes de John Calipari ne tomberont qu’en demi-finale du tournoi NCAA face à Wisconsin, dans un match d’une intensité rare à ce niveau. Composée d’une armada de jeunes stars, cette équipe a été dépouillée de ses talents cet été, partis pour la plupart pour le monde professionnel. Présentation des membres de cette fabuleuse équipe et de leurs situations diverses.

De futurs grands 

Towns:Kentucky UK

Karl-Anthony Towns (Minnesota Timberwolves)

Premier choix de la dernière Draft, Karl-Anthony Towns impressionne pour sa première saison NBA, et cela sans réellement faire de bruit, ce qui est parfait pour un jeune joueur de son âge. Il est vrai qu’il ne joue pas dans un gros marché, oui le froid du Minnesota n’attire pas les foules et les caméras… Ah moins que ce ne soit les dernière saisons des Wolves qui fassent fuir les adeptes de la balle orange : et pourtant, la franchise se reconstruit doucement mais sûrement, avec de jeunes talents, Towns donc mais aussi Andrew Wiggins, Zach LaVine ou encore des joueurs comme Tyus Jones, Shabazz Muhammad. L’intérieur dominicain était un des éléments majeurs de Kentucky l’an dernier, mais l’effectif était tellement profond que l’intérieur ne jouait que 20 minutes par rencontre pour 10.3pts, quasiment 7rbs et plus de 2 contres : les T-Wolves ont donc drafté sur le potentiel bien plus que sur les statistiques, et bien leur en a pris ! Il s’impose comme le véritable leader de son équipe à tout juste 19 ans et sait réellement tout faire sur un terrain de basket : c’est l’archétype de l’intérieur moderne, qui peut s’écarter, qui est adroit et qui fait un chantier monstre dans la peinture, sécurisant le rebond avec facilité. 17pts, 10.2rbs et quasiment 2 contres, avec 53% de réussite aux tirs et 85% aux lancers-francs : bref, he’s the real deal.

Devin Booker (Phoenix Suns)

N’en déplaise à Mario Hezonja, c’est bien lui le meilleur shooter de cette cuvée 2015, Devin Booker, l’ailier des Suns de Phoenix. Le natif du Michigan fait encore lycéen avec sa baby face mais il possède un bras de fou et un geste d’une superbe pureté, faisant de lui dors et déjà une menace extérieure pour les défenseurs adverses. Comme son pote Towns, une seule saison en NCAA aura suffit à Booker pour montrer au monde de la NBA son talent et cela, comme Towns d’ailleurs, malgré un temps de jeu réduit : sur l’ensemble de son année à Kentucky, l’ailier tournait à 10pts en 21mins de jeu, avec un beau 41% derrière l’arc.

Sélectionné en 13ème position par la franchise de l’Arizona, il fait entièrement partie du projet de reconstruction des Suns, au côté des Goodwin, Warren… Propulsé titulaire fin décembre, l’ancien Wildcats tourne à quasiment 16pts depuis qu’il est dans le 5, ce qui montre réellement des qualités. Certes, Phoenix ne gagne pas, mais cette saison permet à Devin Booker de se montrer et d’adapter son jeu à l’étage professionnel : perçu comme un « catch and shoot guy » par beaucoup de scouts avant la Draft, il montre des capacités de drive et tend à slasher de plus en plus, agrandissant donc ses possibilités de peser en attaque. Si les Suns prennent un grand à la prochaine Draft et qu’ils se séparent d’un de leurs deux mangeurs de ballons (Eric Bledsoe et Brandon Knight) pour un intérieur solide, attention à Booker et ses coéquipiers dès l’année prochaine. Sur l’ensemble de la saison, il tourne à plus de 10pts et quasiment 40% derrière l’arc : nul doute que Jeff Hornacek serait encore en charge de son équipe si il avait fait plus tôt confiance à sa jeune gâchette.

Des joueurs de systèmes de qualité

Willie Cauley-Stein UK

Willie Cauley-Stein (Sacramento Kings)

C’était le leader vocal et défensif de cette équipe de Kentucky version 2014-2015, Willie Cauley-Stein, l’immense intérieur qui évolue désormais du côté de la Californie et des Kings. Trois saisons du côté du campus de Lexington en avait fait un des chouchous des fans des Wildcats, mais c’est aussi ses actions spectaculaires qui faisaient lever les foules de la Rupp Arena, à moins que ce ne soit son look, ses tatouages et ses essais capillaires qui l’ait fait rentrer dans le cœur des aficionados de Kentucky. Quasiment 9 unités, 6.5 prises et 2 contres par match en un peu plus de 25mins pour sa saison junior, il avait été nommé dans l’équipe de l’année en NCAA, une nomination qui récompensait en vérité tout le collectif du programme coaché par John Calipari.

Sélectionné à la sixième position par Sacramento en juin dernier, Cauley-Stein effectue une première saison honorable au sein d’une équipe qui n’en ai en fait pas une, ce qui doit terriblement le changer de l’an dernier, où le collectif l’emportait sur les individualités et où le seul but était de remporter les matchs, pas de briller individuellement. Les Kings jouent comme une équipe de jeux vidéos, pas comme une vraie équipe de basket : tout le monde fait en effet ses stats mais personne ne sait réellement jouer ensemble, et cela malgré la présence de Rajon Rondo à la mène. Plus de 6pts et 5.5rbs en 20 minutes en moyenne, Cauley-Stein apporte dans son rôle de guerrier, de combattant de l’ombre mais l’équipe ne fait pas un effort collectif en défense : la défense de Sacramento est bonne dernière de la NBA avec quasiment 110pts encaissés par match, une honte. Certes le numéro 00 des Kings n’est pas encore Ben Wallace, mais défensivement il a le potentiel pour peser en NBA dans les prochaines années.

Trey Lyles (Utah Jazz)

Le canadien est un joueur de talent mais il a un problème pour peser dans le monde impitoyable qu’est la NBA, demandez à Michael Beasley : l’ailier du Jazz est un effet un « tweener », c’est à dire un mixte entre un poste 3 et un poste 4. En gros, il est assez physique pour jouer dans la peinture au côté d’un pivot, mais il est athlétique et peut jouer à l’aile. En NCAA, il avait été propulsé dans le 5 de départ par Coach Calipari quand Alex Poythress s’était fait les croisés, et avait plutôt bien figuré, étant solide en défense et inscrivant en moyenne quasiment 9pts en 23mins de temps de jeu.

Il est bloqué dans la rotation du Jazz pour le moment, mais il a montré en l’absence de Rudy Gobert de belles choses et des capacités de scoring intéressante. Il est encore très jeune et à le temps pour se développer.

Ils bourlinguent entre NBA et D-League

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Aaron Harrison, Andrew Harrison et Dakari Johnson

Deux de ces trois joueurs avaient été pris à la Draft en juin dernier, mais au deuxième tour, donc sans contrat garanti : Andrew Harrison par Phoenix à la 44ème position et Dakari Johnson à la 48ème place. Ces trois joueurs ont fait la Summer League, durant laquelle les jumeaux Harrison ont pas mal performé, avec Aaron, pas pris à la Draft qui a signé avec les Hornets de Charlotte durant l’été. Cette saison, les trois anciens pensionnaires de UK galèrent en D-League et attendent juste leurs chances à l’étage supérieur : Andrew Harrison tourne à plus de 18pts et 5 passes tandis que Johnson met 12pts et capte 8rbs par matchs pour le moment. Mais cela est un peu surprenant qu’aucune équipe ne les utilise dans leur roster : ce sont des joueurs qui ont joué des gros matchs et qui viennent d’une fac compétitive. On se rappelle des shoots monumentaux d’Aaron Harrison à la March Madness il y a deux ans, avec des paniers de la gagne face à Wichita State, Louisville, Michigan puis Wisconsin. Andrew Harrison avait démontré de belles choses à la mène et Johnson avait toujours été bouché dans la rotation à Kentucky par les Cauley-Stein, Towns, Randle, mais quand il avait été inséré à la place de Cauley-Stein à la fin du tournoi NCAA 2014, il avait fait du dégât.

L’Europe pourrait être une solution pour ces trois anciens « All-American », qui étaient tout de même tous les trois dans le Top 10 des recrues NCAA pour la saison 2013/2014 selon ESPN, un Top 10 où figuraient entre autre Andrew Wiggins, Jabari Parker…

Ils sont toujours à Kentucky

Lee:Ulis:Poythress UK 2015:2016

Trois, voilà combien de joueurs John Calipari a récupéré pour la saison actuelle de l’armada de l’an passé.

Tyler Ulis a pris du galon et est devenu le maestro de son équipe, devenant titulaire et triplant sa moyenne de points par match. Il jouait déjà pas mal l’an dernier en complément d’Andrew Harrison, mais cette année il explose et se positionne comme l’un des trois meilleurs du pays. Sa paire avec Jamal Murray fait des ravages et Coach Calipari possède un meneur dominant pour la première fois depuis John Wall, même si Ulis possède un physique qui pourrait l’empêcher de peser en NBA.

Blessé l’an dernier au genou, Alex Poythress fait figure d’ancien dans cette équipe, et cela car il est dans la dernière année de son cursus. Il a connu l’année galère de 2012-2013 où les Wildcats emmenés par Nerlens Noel et Archie Goodwin ne s’étaient même pas qualifiés pour la March Madness, puis a participé à la formidable épopée de 2013-2014 avant de regarder depuis le banc la saison quasi-parfaite des siens l’année dernière. C’est un joueur physique, très bon défenseur sur l’homme et le leader vocal de son équipe, bref un homme clé du système de Kentucky cette saison.

Quant à Marcus Lee, l’intérieur californien joue plus mais son manque d’adresse et ses gros soucis de fautes limitent sa progression et influent sur ton temps de jeu. Il ne pèse que défensivement et n’a pas de moves en attaque, ce qui explique l’émergence de Derek Willis depuis quelques semaines, un intérieur qui s’écarte pour shooter et qui faisait d’ailleurs parti du roster de l’équipe l’année dernière.

Auteur : Alan

Aficionados des sports américains, rédacteur NCAA sur Dunkhebdo. A tendance a regretter le passé NBA mais passe son temps à parler des futurs prospects : oui, la bipolarité me caractérise. Fan des Celtics de Boston et adulateur de Tracy McGrady, je participe aussi au podcast tous les mardis.

Une réflexion sur « Kentucky Wildcats version 2014-2015 : un an après, où en sont-ils ? »

  1. Dakari Johnson quelle dégringolade!! Le syndrôme Thabeet!

    C'est un super article que tu réalises là on s'apperçoit que la NBA reste un monde où le potentiel est roi et c'est bien dommage pour Poytress qui était si fort lors de sa saison rookie!!

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