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Kawhi Leonard: faire d’une tragédie une success story

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Kawhi Leonard

 

Kawhi Leonard a un parcours quelque peu surprenant. Issu de San Diego State, drafté en 15ème position d’une draft assez pauvre et plutôt mal gérée par les GM (seuls Kyrie Irving et Kemba Walker ressortent du top 10), il n’aura mit que trois saisons avant d’être élu MVP des finales NBA, à  seulement 22 ans. Retour sur l’ascension du grand timide de la NBA.

 

La tragédie qui changea sa destinée

Avec sa mère (Kim Robertson), son père (Mark Leonard), et ses quatre sœurs, Kawhi grandit à Compton, une banlieue de Los Angeles surtout réputée pour la violence de ses gangs et ses rappeurs connus tels que Ice Cube, The Game, ou encore Dr Dre. Il passe la plupart de son temps avec son père, à jouer au basket où à laver des voitures dans l’entreprise familiale. Mais le 18 Janvier 2008, il reçoit un appel qui va changer sa vie. Mark Leonard, son père, a été assassiné sur son lieu de travail  après un conflit. C’est un coup très dur à encaisser pour le jeune Kawhi, 16 ans à l’époque, d’autant plus que le ou les meurtrier(s) n’ont jamais été retrouvé, et que bien sûr, « personne n’a rien vu, personne ne sait rien ». Cette fameuse loi du silence, Kawhi finit par se résigner et l’accepter: « Mec, j’essaie juste de ne pas y penser. Il y a beaucoup de meurtres à Los Angeles et souvent le tueur n’est pas retrouvé.« 

Ce jour de Janvier, Kawhi Leonard perd plus qu’un père. Il perd son plus grand fan, il perd son modèle, et il perd son meilleur ami avec qui il passait le plus clair de son temps. Son père était tout pour lui. Il le faisait courir sur les collines pour qu’il garde la ligne, il lui a appris à shooter, il lui a apporté une éthique de travail. Comme il le dit lui même, « Mon père m’a appris à travailler dur« . D’abord un lieu parsemé d’agréables souvenirs, la station de lavage de voitures devient un lieu de sombres pensées. Kawhi Leonard se tourne à fond vers le basket dans le but de rendre fier son père, même de là où il repose.

 

De « Mister Basketball California » à la Draft NBA

Kawhi Leonard

Au lycée, Leonard étudie d’abord au Canyon Springs High School mais change rapidement pour le Martin Luther King High School, à Riverside. Là bas, coéquipier de Tony Snell (Chicago Bulls), il emmène son équipe vers un somptueux bilan de 30 victoires pour 3 défaites et est nommé « Mister Basketball » de l’état de Californie avec 17,3 points et 6,4 rebonds de moyenne par match. Il est classé 48ème meilleur prospect du pays par le site Rivals.com.

Courtisé par plusieurs universités, il choisit de faire son cursus à San Diego State. Lors de son année freshman (équivalent au rookie en NBA), il dispute en moyenne 31,3 minutes par rencontre en apportant 12,7 points, 9,9 rebonds, 1,9 passe décisive et 1,4 interception. L’équipe termine avec un bilan positif de 25 victoires pour 9 défaites avant de se faire éliminer au premier tour de la march madness 2010 par Tennessee. Pour sa saison Freshman, Leonard est élu meilleur rebondeur et meilleur joueur de sa conférence, la Mountain West (MWC) et est choisit dans l’équipe type de la conférence. Lors de sa deuxième saison, Kawhi Leonard confirme ses qualités. Avec à peine une minute de jeu en plus, il tourne à 15,5 points, 10,6 rebonds, 2,5 passes décisives et 1,4 interception par match. Cette fois, le bilan des Aztecs est somptueux: 34 victoires pour 3 défaites seulement. Lors du tournoi NCAA, San Diego State remporte ses deux premiers matchs contre Northen Colorado (68/50) et Temple (71/54) avant d’être éliminé par les futurs champions, U Conn (menés par Kemba Walker) sur le score de 74 à 67. Cette saison là, Leonard est toujours meilleur rebondeur de la MWC mais est aussi choisis dans la Second All Team America qui regroupe quelques uns des meilleurs joueurs universitaires du pays.

Prévu par les différentes mocks draft à la fin des loterie picks (= les 14 premiers choix), il est finalement drafté en 15ème position par les Indiana Pacers puis est directement envoyé à San Antonio avec Davis Bertans et les droits de Erazem Lorbek en échange de George Hill. D’abord décrié par la majorité des fans des Spurs, ce trade s’est en faite révélé être un véritable coup de génie de la part de RC Buford, le General Manager des Spurs.

Sport Science sort une vidéo pour analyser le jeu de Kawhi Leonard. La voici:

 

Une première saison de rodage

Kawhi Leonard

Kawhi Leonard arrive dans une équipe de San Antonio qui domine toujours la saison régulière mais qui n’arrive plus à atteindre le Graal. Lors de la saison 2010/2011, les Spurs ont terminés premiers à l’Ouest mais se sont fait surprendre par Memphis au premier tour des Playoffs. Après 6 matchs, les joueurs de Gregg Popovich ont pu prendre leurs vacances. Avec Leonard, Popovich se montre patient. Lui qui adorait Georges Hill, il va petit à petit se rendre compte de la chance qu’il dispose avec ce rookie débarqué d’Indiana.

La saison 2011/2012, première de Leonard, est écourtée en raison du lockout si bien que le premier match du rookie n’a lieu que le 26 décembre 2011. En 13 minutes, Kawhi termine à 6 points et 6 rebonds. Rapidement, son temps de jeu se stabilise au alentour des 25 minutes par match. Popovich l’intègre de plus en plus dans la rotation et sur 66 matchs matchs, il en dispute 64 dont 39 en tant que membre du cinq majeur. Sa bonne première partie de saison lui permet même d’être sélectionné pour jouer le Rising Star Challenge au All Star Game 2012, qui se fait confronter deux équipes composées par les meilleurs joueurs rookies et les meilleurs joueurs sophomores. Malheureusement pour lui, Kawhi Leonard ne dispute pas ce match à cause d’un mollet souffrant.

Lors de sa première saison, Leonard tourne à 7,9 points et 5,1 rebonds de moyenne en 24 minutes par match. Cela lui vaut d’être nommé dans le meilleur cinq des rookies, une belle performance pour celui qui a été drafté en quinzième position! Il témoigne: « C’est une super sensation. Ça veut dire que le travail paye. J’ai été chanceux de tomber à San Antonio avec des coachs et des coéquipiers qui te rendent meilleurs, te conseillent et veulent ta réussite. Ça m’a donné la confiance nécessaire pour bien jouer. » Mais la meilleure récompense, c’est sûrement la déclaration de Gregg Popovich en fin de saison: « Son jeu offensif est meilleur que je ne le pensais. Je l’ai sous-estimé, je pensais en faire un deuxième Bruce Bowen. C’était son rôle et ça l’est toujours. Kawhi garde les meilleurs attaquants adverses. Il a une envergure immense. Il est très athlétique et possède beaucoup de volonté. Il aime son rôle. Il est plus doué que Bruce Bowen. Une fois que nous avons compris ça, nous avons fait d’autres choses, surtout qu’il a bossé son shoot, en particulier à 3 points.« 

L’intersaison 2012 des Spurs est très calme. Coach « Irma Pop » est très fier de Leonard et voit, déjà, une star en lui: « Je pense qu’il va devenir une star. Plus le temps va passer, plus il va devenir l’image du club. Des deux côtés du terrain, c’est un joueur unique. Ce qui me rend si confiant avec lui, c’est qu’il souhaite vraiment devenir un bon joueur. Et même un super joueur. Il arrive tôt à l’entraînement, il repart dans les derniers.« 

Une année de progression qui laisse entrevoir ses qualités

Kawhi Leonard

Pour cette nouvelle saison qui démarre, les Spurs veulent laver l’affront fait par Memphis et sont prêts à jouer le titre. Pour cela, ils comptent sur un Kawhi Leonard en pleine progression. Mais la saison démarre mal pour le sophomore. Alors qu’il avait réalisé un bon début avec notamment un premier match à 19 points, 7 rebonds, et 5 interceptions, Leonard se blesse après 9 rencontres (tendinite au genou) et manque 5 semaines de compétition. Dès son retour, les Spurs enchainent 7 succès de rang. Force est de constater que Leonard, dans sa deuxième saison NBA, est déjà très important pour les Texans. En défense, il est très fort sur l’homme et c’est un bel intercepteur. En attaque, bien qu’il ai un peu de mal à créer son propre shoot, il est utile par sa capacité à pénétrer et par son jeu sans ballon qui colle parfaitement aux Spurs. Le plus impressionnant reste sa marge de progression, notamment aux shoots.

Malgré cette absence, Leonard est sélectionné dans le cinq de l’équipe de Charles Barkley lors du Rising Star Challenge 2013 à Houston. Il réalise un excellent match (20 points en 22 minutes) et aide son équipe à remporter le match sur le large score de 163 à 135. Kawhi termine sa deuxième saison NBA avec des moyennes de 11,9 points, 6 rebonds, 1,6 passe décisive et 1,7 interception.

Comme l’année précédente, les Spurs arrivent en Playoffs avec le statut de leader de la conférence Ouest et affrontent au premier tour les Lakers, l’équipe qui a le plus déçu cette saison là. Pas de chichi, les hommes de Popovich sortent le balais les Lakers sont en vacances après 4 matchs. Sur la lancé de la saison, Leonard joue ces matchs tranquillement sur des moyennes de 12,2 points et 7 rebonds. En demi finales de conférence, les Spurs se débarrassent des Warriors en 6 manches. On peux voir l’impact des performances de Leonard sur celles de San Antonio. L’ailier tourne à 11 points et 10 rebonds en moyenne lors des deux défaites, contre 16,5 points et 9 rebonds en moyenne lors des 4 victoires. En finales de conférence, San Antonio se venge de l’année précédente en sweepant les Grizzlies. Constant, le grand timide ne force pas et s’apprête à affronter le premier grand défi de sa carrière: défendre sur LeBron James en finale NBA.

Grand timide? C’est Popovich himself qui témoigne lors d’une interview: « Certains gars sont affectés par les lumières, d’autres pas. On a rien fait de particulier avec lui pour le rendre comme il est maintenant ; il était comme ça quand il est arrivé chez nous. Pour tout vous dire, je ne l’ai jamais entendu parler. Je ne sais jamais ce qu’il pense. Il vient, il joue, il repart. Il parle peu, il est humble, il veut devenir un grand joueur et il travaille beaucoup avant et après les entraînements. Donc ce qu’on voit dans les médias, c’est une partie de sa personnalité. Il est là pour jouer et c’est tout!« 

 

NBA Finals, Acte 1: si prêt du but

Kawhi Leonard

Les Spurs, vainqueur de Memphis en 4 matchs, affronteront donc le Heat, champion en titre et récent vainqueur de la conférence Est (en 7 matchs contre Indiana). En face de lui, Leonard aura un monstre: LeBron James, quadruple MVP, champion et MVP des finales en titre. Un défi de taille: « C’est un gros défi pour moi d’aider mon équipe en étant bon en défense sur lui. J’accepte ce challenge et je suis prêt à le relever. Il est énorme en attaque et en défense. Il peut passer, shooter, aller au rebond offensif ou défensif, et défendre sur le meilleur joueur de l’équipe adverse.« 

Lors du match 1, le jeune Kawhi réussit sa mission. En effet, malgré le triple double de James (18 points, 18 rebonds, 10 passes), il a réussit à le garder en dessous des 50% aux tirs (7/16) et lui a fermé l’accès au panier en l’obligeant à shooter de loin (1/5 pour James a trois points). Mais Leonard, perfectionniste, n’est toujours pas satisfait: « Il a encore réussi un gros match. On en a un peu parlé avec Pop. Mais c’est plus un effort collectif pour arrêter le Heat de Miami. LeBron a réussi un bon match mais je ne vais pas me décourager s’il rentre ses tirs. C’est ce qu’il fait toute l’année. Ma principale force est d’avoir un jeu de jambes rapides, une envergure conséquente et des grandes mains. Hier soir, ça s’est bien passé. Mais il a quand même réussi un gros match avec un triple double. Il a créé du jeu pour ses partenaires et il a aussi rentré des tirs.« 

Au match 2, les Spurs prennent l’eau. Au match 3, ils renversent la tendance en explosant Miami avec 36 points d’écart. Si ces matchs sont diamétralement opposés, il y a tout de même un point commun: Leonard a à chaque fois maintenu Lebron sous la barre des 20 points (17 points au match 2, 15 points au match 3). Offensivement, il a aussi été très bon dans le Game 3 en compilant 14 points à 60% aux tirs et 12 rebonds. Malheureusement, Leonard paye ses efforts sur la suite des finales et n’arrive pas à peser autant qu’au début. Si son apport offensif est toujours bon, il peine à défendre sur James malgré les aides de Boris Diaw notamment. Le King en profite pour scorer 33 points au match 4, 32 au match 6 et 38 au match 7 et ainsi priver San Antonio de titre. Les Spurs sont profondément déçu, et aussi choqué par le shoot de Ray Allen qui arrache la prolongation à la fin du Game 6 alors que San Antonio avait 5 points d’avance à 28 secondes de la fin. D’ailleurs, Leonard a de quoi s’en vouloir. En effet, à 20 secondes de la fin, alors que Miami n’était plus qu’à deux points suite à un panier longue distance de James, Kawhi obtient deux lancers franc. Il n’en rentrera qu’un seul, permettant ainsi à Ray Allen d’égaliser et d’arracher la prolongation…

Les deux dernières minutes du quatrième quart temps du match 6 des NBA Finals 2013:

Mais Leonard ne doit pas s’arrêter à ça. Ses finales ont été bonnes comme le précise Gregg Popovich: « Je suis allé voir Kawhi pour lui dire qu’il avait été remarquable. Personne ne s’attendait qu’à son âge, il puisse jouer à un tel niveau pendant toute la durée des playoffs. C’est vraiment une star en devenir… Il commence seulement à s’en rendre compte. C’est comme un petit enfant à qui on apprend à marcher. » Pop va même jusqu’à dire que Leonard est l’avenir des Spurs. Un avant goût de la saison suivante…: »Leonard a compris que cette équipe serait bientôt la sienne, et il est prêt à prendre davantage de responsabilités. Tim Duncan et Tony Parker sont au crépuscule de leur carrière, alors que lui l’a débute seulement. Il est l’un des piliers de l’équipe, et si on doit retenir une chose de cette finale, c’est que ce n’est pas la dernière fois qu’on le verra à un tel niveau.« 

 

Une importance grandissante

Kawhi Leonard démarre sa troisième saison NBA sur les mêmes bases que l’an passé. Lors de ses 41 premiers matchs, il tourne à des moyennes de 11,6 points et 6,1 rebonds alors qu’il ne joue même pas 30 minutes par rencontre. En effet, coach Pop fait tourné son effectif afin de ménager au mieux ses joueurs. Mais cela ne veut pas dire que Kawhi est moins important… En effet, l preuve en arrive vite, Leonard se fracture la main lors d’un choc avec Steven Adams (OKC) le 22 Janvier 2014. Cette blessure survient au plus mauvais des moments, les Spurs vont entamer un road trip de 12 matchs à l’extérieur sur les 14 suivants. Forcément, cette absence va créer un manque, ce que Pop n’oubli pas de signaler: « D’un point de vue défensif, je ne pense pas qu’on puisse combler son absence. On a personne capable de stopper un adversaire comme Durant. Kawhi a appris à le faire, et Bruce Bowen l’a fait pendant des années. C’est comme avec Durant, peu importe ce qu’on fait, il va scorer. Mais la clé, c’est d’essayer de l’empêcher de marquer 45 points, et ça se fait en équipe. » Mais pourtant, le coach des Spurs est curieux de voir comment ses joueurs vont réagir à cette absence: « D’un côté, je suis déçu pour l’équipe car ça tombe au moment où on doit capitaliser. Historiquement, ce road trip a toujours été bénéfique pour nous. C’est une période où on se renforce mentalement, et où on aime être au maximum de notre potentiel. Voilà pourquoi ça me déçoit. Mais dans le même temps, je suis curieusement excité à l’idée que les gars comblent ces vides. Je pense que d’être dos au mur va nous apporter de l’énergie.« 

Kawhi rejoue cinq semaines plus tard, le 26 Février 2014. Comme par magie, les Spurs enchainent 19 victoires de suite! Cette série montre parfaitement l’impact de Leonard sur les résultats des Spurs. Kawhi de retour, les Spurs ne perdent plus. Durant cette série, il a scoré 14 points par match, soit trois de plus en moyenne que sur le reste de la saison à ce moment là. Lors de cette saison, Leonard continu d’apprendre. Popovich lui fait étudier Michael Jordan, Scotte Pippen, et Bruce Bowen. Leonard récite:  « La capacité de Bruce Bowen à défendre parfaitement chaque soir, la façon dont Scottie utilisait son envergure et pratiquait un jeu très complet et l’intensité constante de Michael Jordan, chaque soir, des deux côtés du terrain. » Celui dont il se rapproche le plus, c’est Scottie Pippen: «  Il a dû s’intégrer et servir de catalyseur à Michael Jordan. Voir à quel point il a su avoir un impact en jouant avec Jordan, c’est ce que j’essaie vraiment de prendre chez lui.« 

 

NBA Finals, Acte 2: La surprise du Chef

Les Playoffs sont déjà là. Et c’est sur ce terrain que Kawhi va réellement montrer au monde entier l’étendu de ses qualités. Confiant en son poulain, Gregg Popovich prévoit déjà de lui offrir un plus gros temps de jeu: « C’est quelqu’un que nous voulons voir passer le plus de minutes possibles sur le terrain face au meilleur joueur adverse car c’est lui qui a le plus le potentiel pour tenir ce genre de joueur. Il en a l’envie et il aime ces défis.« .

Kawhi Leonard Arrivés encore une fois premiers de la saison régulière (61 victoires pour 21 défaites, 12,8 points et 6,2 rebonds par match pour Leonard), les Spurs affrontent Dallas au premier tour. Ils en viennent à bout en 7 matchs et se préparent désormais à affronter les Portland Blazers au deuxième tour. Leonard monte en régime et cela se ressent: victoire en 5 matchs, 17 points et 7,2 rebonds pour Kawhi sur la série. Il termine notamment un match à 20 points à 8/9 aux tirs et 0 perte de balle, signe que le joueur produit peu de déchets! En finale de conférence, les gros match up commencent: en face de lui, Leonard aura Kevin Durant. Et il ne se laissera pas marcher dessus: même si son apport offensif n’était pas exceptionnel, Leonard a maintenu Kevin Durant à 25,8 points de moyenne et à des pourcentages bien en dessous de ses habitudes (47,5% aux tirs dont 33% à trois points). Grâce à son énergie, les Spurs se sont défaits d’Oklahoma City en 6 matchs. Comme l’année précédente, Les texans affrontent le Heat en finale NBA.

Les finales NBA commencent mal pour Kawhi Leonard comme pour San Antonio. Le poste 3 titulaire des Spurs n’inscrit que 9 points et ne prend que 2 rebonds à chacun des deux premiers matchs et les Spurs perdent l’avantage du terrain (1/1 à ce moment là). Pourtant, Manu Ginobili garde confiance en Leonard: « C’est un gamin dur au mal, un grand compétiteur et Pop lui parle déjà beaucoup. Ce n’est pas bon quand tout le monde vient vous parler. Il sait ce qu’il a à faire. Pop fait un super travail avec lui et si Tim aide aussi, ça suffit. Nous n’avons pas à tous être sur son dos. Il a eu deux matches corrects, pas mauvais, juste corrects. Il a raté quelques tirs, a fait des fautes rapides et ça a perturbé son temps de jeu. Mais je pense que ça va aller. » Et il avait raison. Kawhi sort un Game 3 historique: 29 points à 10/13 aux tirs, dont 16 points et aucun raté rien que dans le premier quart temps! Le jeune homme est pourtant toujours aussi humble: « J’ai simplement trouvé du rythme et mes coéquipiers m’ont donné le ballon. Et j’ai mis les shoots. » Le pire, c’est qu’il continue: 20 points et 14 rebonds dans le game 4, 22 points et 10 rebonds dans le game 5. Sur les trois matchs ou Leonard a été excellent, les Spurs se sont imposés largement. Et après cinq matchs, ils sont champions NBA.

Logiquement, tellement il a été déterminant dans le triomphe des Spurs, Kawhi Leonard est nommé MVP des finales 2014 devenant un des plus jeune MVP des finales de l’histoire. Comme d’habitude, il est resté humble. Voici la remise du trophée et son discours:

Ce comportement face aux médias, ce sont son coach et ses coéquipiers qui en parlent le mieux: « Les gens doivent être eux-mêmes lorsqu’ils font face aux médias, et Kawhi fait du bon boulot de ce côté-là. Il est très respectueux, très poli et il parle moins que ne l’a jamais fait Timmy. Ça va lui prendre énormément de temps pour être à l’aise et je crois qu’il ne s’épanchera jamais vraiment. Il veut juste faire le boulot. Il veut être un grand joueur et rentrer chez lui. Voilà ce qu’il est.« 

Leonard, le futur patron des Spurs?

Malgré son titre et son trophée de MVP des finales, de multiples questions surgissent. Kawhi Leonard va t’il devenir une superstar? Kawhi Leonard peut il jouer dans la même cour que des LeBron James ou Kevin Durant? Toutes ces questions, seul le temps y répondra. Mais le temps, les médias s’en foutent royalement et les spéculations commencent déjà. Même Leonard, sûrement gêné, se prête au jeu devant les journalistes: « En arrivant ici, je voulais être un grand joueur et désormais, au commencement de ma carrière, je suis en train de montrer au grand jour quelques facettes du joueur que je désire devenir. Je veux juste aller de l’avant, travailler sur mon jeu et m’améliorer. Ma prochaine étape est d’apprendre à porter l’équipe et prendre les responsabilités en attaque. Je sais que les équipes vont tenter de me stopper donc je dois apprendre à créer pour mes partenaires et les rendre meilleurs.« Kawhi Leonard

Tony Parker, le patron actuel des Spurs, calme tout le monde: « J’espère que vous ne lui mettrez pas trop de pression. Il a encore du temps devant lui. Nous agissons en équipe, nous jouons en équipe. Kawhi a gagné le titre de MVP des Finals et c’est vraiment mérité, mais dans le même temps, vous devez le laisser grandir, il n’a que 22 ans.« 

Et pourtant, tout ne seras pas simple. Nous aussi nous allons jouer au jeu des spéculations. Lors de ces finales, Leonard a brillé dans un système, et pas n’importe lequel: celui des Spurs. C’est un système extrêmement bien huilé et parfaitement maitrisé par le meilleur collectif de la ligue avec un des meilleurs meneurs à la baguette (et un, si ce n’est le, des meilleurs coach). Un système fait de décalages qui permettent aux shooteurs de se libérer ou qui créent des espaces dans n’importe quelle défense de la ligue, permettant ainsi aux intérieurs de recevoir le ballon sans trop d’opposition ou encore à Tony Parker de placer quelques flotteurs. Leonard brille donc dans un système. Pour en revenir à nos questions, pourra t-il être LE système, comme le sont parfois LeBron James ou Kevin Durant? Je ne le penses pas. Pourra t-il être une superstar et être par exemple dans les discussions sérieuses pour le MVP de la saison? Je ne le pense pas. Dernière question: Leonard a t-il les épaules pour devenir le leader des Spurs? Ma réponse est cette fois positive. Pourquoi? Parce qu’il est entouré de joueurs intelligents et d’un staff compétent, qui lui apprendront à gérer un collectif et qui l’entoureront intelligemment. Les Spurs doivent continuer dans cette voie, celle du collectif, pour que leur joyaux continue de briller. Si il le font, le titre 2014 ne sera surement pas le dernier de Kawhi.

 

 

 

A propos de Jérémy

Présent sur Dunkhebdo depuis 2013, victime de la passion NBA depuis de longues années, Fan Boy assumé de King James, mais toujours attaché au Heat de Miami.

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