Joel Embiid : déjà rookie de l’année !


 

Drafté en juin 2014, Joel Embiid a commencé sa carrière NBA par deux saisons sur le banc de touche. Enfin apte à jouer, le camerounais éblouit toute la ligue de son talent depuis le début de la saison. Cela peut paraître prétentieux, mais je vous l’annonce, le rookie de l’année sera « The Process ».

Une histoire peu commune

Il faut le reconnaître, le natif de Yaoundé n’a pas eu un parcours des plus simples. Son premier souhait était de devenir joueur professionnel de volley en Europe. Embiid décide de commencer le basket à 15 ans, et ce contre l’avis de son père. Il dû même avoir recours à son oncle pour convaincre son père de le laisser quitter le volley. Quand il commence le basket, son coach lui donne une cassette vidéo de Hakeem Olajuwon. Cette cassette fût presque la base de son jeu aujourd’hui. Il déclarait ceci à propos d’Olajuwon en janvier 2014 :

« Après l’entrainement, après chaque entrainement, je regardais tous les moves qu’il a fait, et j’essayais juste de continuer à le faire. Je suis tombé amoureux de son jeu, de son footwork, de ses moves. »

Il participa alors à un camp et fût repéré par Luc Richard Mbah A Moute. Celui-ci l’a convaincu de déménager aux Etats-Unis car il avait le potentiel pour devenir professionnel. C’est donc ce qu’il fit, à l’âge de seulement 16 ans, en arrivant en Floride. Après quelques saison en lycée, il arrive à l’université de Kansas. Il n’y restera qu’un an avant de se présenter à la draft 2014. Durant cette saison NCAA, il compilera 11.2 points, 8,2 rebonds et 2.6 contres en seulement 23 minutes. Il n’a cependant pas pu participer au tournoi de la Big 12 à cause d’une blessure au dos.

Une blessure au mauvais moment pour Embiid

Le 9 avril 2014, il se déclare éligible à la draft pour rejoindre les nombreux « one-and-done ». Après la lottery qui a attribué le 1er choix de la draft aux Cavaliers, ceux-ci semblent intéressés par Embiid. Ainsi, il effectue des work-out avec eux, et Cleveland pense le sélectionner jusqu’à l’annonce qui a changé sa carrière. Le 19 juin, une fracture de fatigue au pied droit lui est annoncée, pouvant remettre en cause sa saison. Après de nombreuses rumeurs concernant sa future destination, ce sont les Sixers qui le choisissent avec leur 3ème choix. Ce choix étant critiqué car les Sixers ont déjà sélectionné un pivot l’année précédente, qui a raté la saison complète. Après deux opérations au pied droit, et deux saisons manquées, le prodige a fait ses débuts le 27 octobre contre le Thunder avec une très bonne performance. Il n’a joué que 11 matchs, mais nous savons d’ores et déjà que sauf blessure, il sera rookie de l’année.

De très bonnes performances

Joel Embiid était très attendu, et il n’a pas déçu. Pour sa première, il a inscrit 20 points, 7 rebonds et 2 blocks dans la défaite face au Thunder. Limité à 23 minutes de temps de jeu jusqu’à Noël pour éviter toute blessure, son niveau de jeu a surpris après deux ans sans jouer. Comme beaucoup de basketteurs ayant subis une longue absence, il a travaillé son shoot et les résultats sont nettement visibles. Il a gardé la même mécanique tout en devenant plus fluide. Et le résultat est là ! Il shoote à 48.5 % au total, et son pourcentage à 3 points est tout aussi bon avec 46.2%. Le camerounais a converti 12 de ses 24 tentatives à 3 points sur la saison, avec un record à 3 banderilles contre Phoenix.

Il possède aussi un shoot mi-distance assez fiable (44% de réussite).  Son adresse en jump shot est tout aussi bonne avec 32 réussites sur 78 tentatives, soit 41% de réussite. Il est le prototype d’un pivot moderne alliant qualités athlétiques, footwork mais aussi shoot fiable. Dangereux de loin, il profite de cette menace pour partir en drive. Doté d’un très bon footwork, il est presque indéfendable. Il est leader des rookies aux « double-double », points, contres, rebonds et à l’adresse au tir.

Ces chiffres sont d’autant plus impressionnants quand on sait qu’il est le seul rookie à prendre plus de 10 tirs par match (12).  Et c’est aussi grâce à la faiblesse de cette cuvée qu’il est favori pour être rookie de l’année.

Des rookies très moyens

Ainsi, pour être rookie de l’année, il faut non seulement être bon mais l’important est surtout d’être meilleur que les autres. Or, les autres ne sont pas très bons en ce début de saison. Le 1er choix de la draft, censé être le meilleur joueur de la cuvée est out pour un bon moment. Ben Simmons ne peut donc pas prétendre au trophée, s’il revient cette saison, à moins de réaliser des performances historiques. Quant à lui, Brandon Ingram réalise une saison correcte avec 7.6 points et 40 % au shoot, mais il n’a pas les clés du camion et son manque de volume (à peine 6,9 tentatives de tir par match) le rend inéligible. Le problème est le même pour Domantas Sabonis. L’ancien de Gonzaga deviendra un bon joueur NBA, mais il n’a pour l’instant pas assez de responsabilités.

Le joueur qui monte récemment est Jamal Murray. Comme beaucoup de joueurs sortant de Kentucky, il est NBA Ready. Après avoir timidement entamé sa carrière dans la grande ligue, il reste sur 4 sorties de suite à 15 points ou plus. Ces bonnes performances résident sur son temps de jeu en augmentation (28.5 minutes sur les 4 derniers matchs contre 19 minutes avant). Il est donc l’un des seuls rookies à beaucoup jouer. S’il continue à faire fructifier ses minutes, il peut être un candidat potentiel. Doté d’un excellent shoot à 3 points (43.3%), il peut faire monter son compteur très rapidement. Sa moyenne de points (10.6) va donc sans doute augmenter considérablement pour peut être terminer à 18 points à la fin de la saison.

Enfin, Embiid est dans le top 4 en termes de minutes jouées par match, alors qu’il est limité jusqu’à décembre. Une augmentation de son temps de jeu et donc à prévoir dans le futur, avec en conséquence une augmentation de ses statistiques.

Il fait gagner son équipe

Outre le fait d’être très bon, il réussit à faire gagner (un peu) les Sixers. C’est un exploit pour un rookie absent 2 ans de faire gagner une franchise qui n’a remporté que 10 la saison précédente. Lorsqu’il est sur le terrain, Philly perd de 1.2 points. Lorsqu’il n’est pas sur le terrain (remplaçants ou au repos), Philly perd de 12.7 points. Il possède donc le meilleur +/- de son équipe, et celle-ci souffre terriblement en son absence.  De plus, il était présent dans 3 des 4 victoires de son équipe. Sans lui, les Sixers possèdent un bilan de 4 défaites pour seulement 1 victoire. Actuellement, la cité de l’amour fraternel a doublé son pourcentage de victoires. Pour égaler leur bilan de l’année passée, les Sixers doivent gagner 6 matchs sur 66. Ce qui est largement faisable. Embiid fait donc partie intégrante de la remontée des Sixers en porte l’équipe en l’absence de la star Ben Simmons. Le ciel semble donc dégagé tant pour les Sixers que pour Embiid, eux qui sortent d’une période compliquée de leur histoire (saison totalement ratée et 2 ans d’absence) pour mieux rebondir dans le futur.

Ainsi, le manque de responsabilités des autres rookies couplé à son très bon niveau de jeu font qu’il sera le rookie de l’année. Il lui reste donc juste à continuer sur la même lancée tout en évitant les blessures pour soulever le trophée de Rookie of the Year à la fin de la saison.

 

Statistiques provenant de http://stats.nba.com/

Auteur : Antoine Bossard

Antoine Bossard, 17 ans et fan de NBA. Ancien basketix repenti. Ne mesure pas la taille d'Isaiah Thomas mais possède un QI basket supérieur à celui de JR Smith.