Inoubliables Warriors !

Dans la longue histoire du basket américain, il y a des équipes qui resteront à jamais dans les mémoires. Naturellement, celles qui remportent le Larry O’Brien Trophy ne seront jamais oubliées. Mais il y a aussi quelques équipes qui auront réussi à laisser leur empreinte sur la NBA, même en ne gagnant pas le fameux trophée. Les Golden State Warriors de 2007 font partie de cette catégorie. Retour sur l’une des équipes les plus excitantes de ces dernières années.

Tout pour l’attaque

Un jour, un célèbre joueur de basket, Michael Jordan pour ne pas le citer, avança la théorie suivante : « l’attaque fait lever les foules, mais la défense fait gagner des titres ». Cette théorie a été vérifiée maintes et maintes fois. Et les Golden State Warriors de 2006-2007 en sont le parfait exemple. Durant cette saison là, la franchise d’Oakland gagnera 42 matchs, pour 40 défaites. Un bilan tout juste positif pour une équipe complètement axée sur l’attaque. Les chiffres parlent d’eux mêmes : 106,5pts marqués par match, soit le second meilleur total de la ligue, mais aussi dernière défense avec 106,9pts encaissés à chaque rencontre.

Ce bilan permettra tout de même aux Warriors d’accrocher les Playoffs pour la première fois en 13 ans. Golden State finit la saison à la 8è place de la Conférence Ouest. Ce retour en phases finales est un succès pour la franchise de la Bay Area, surtout au vu du déroulement de sa saison. Après un départ moyen (bilan de 14-15 à Noël), les californiens s’écroulent peu à peu, et les Playoffs s’éloignent de plus en plus (bilan de 26-35 début mars).

Alors que tout le monde les enterre déjà, les Warriors finissent la saison en trombe avec un bilan de 16-5, dont 10-1 à domicile, leur permettant donc d’accrocher le 8è spot. Cette dernière place qualificative leur donne le droit d’affronter les Dallas Mavericks, alors champions en titre de la Conférence Ouest, et guidés par le MVP de la saison régulière, l’allemand Dirk Nowitzki. Le sweep est déjà programmé. Dallas semble trop fort, et le bilan incroyable des Mavericks en saison régulière (67-15) parle de lui-même. Pour beaucoup, Golden State est destiné à faire de la figuration.

Et pourtant…

Dans une nouvelle dimension

On ne le répétera jamais assez, une série de Playoffs se joue sur les match-ups. Golden State était construit pour poser des problèmes à Dallas. Leurs rencontres en saison régulière sont là pour en témoigner. En 3 confrontations, 3 victoires pour les californiens. Alors oui, les Playoffs et la saison régulière n’ont absolument rien à voir, mais la suite nous prouvera bien que ces victoires californiennes n’étaient pas des accidents.

Revenons sur les fameux match-ups. Comme vu auparavant, Golden State était l’une des meilleures équipes offensives de la ligue. Baron Davis à la mène, avec Stephen Jackson et Jason Richardson sur les ailes, sans oublier Matt Barnes, Monta Ellis ou encore Mike Pietrus et Al Harrington. Très explosif comme effectif. A noter que Jackson et Harrington ont été récupérés en milieu de saison par l’intermédiaire d’un trade avec les Pacers le 17 janvier 2007, impliquant pas moins de 8 joueurs. Cet échange fut déterminant pour les Warriors dans le sens où il donnera une vraie identité à l’équipe, tout d’un coup devenue plus athlétique et plus talentueuse. Le « run and gun » était en marche, avec l’inépuisable Don Nelson, ancien coach des Mavericks, aux commandes.

Le jeu rapide et le small ball des Warriors vont complètement fait exploser les Dallas Mavericks tout au long de la série. Dès le premier match, Golden State prendra les commandes. Guidés par un incroyable Baron Davis (33pts, 14rbs, 8ass), les Warriors s’imposeront 97-85 sur le parquet de l’American Airlines Center. Le MVP de la saison Dirk Nowitzki passe au travers (14pts à 4/16 au tir). Le match 2 est lui à l’avantage de Dallas qui revient à égalité dans la série en s’imposant 112-99.

La série quitte le Texas pour arriver en Californie. Tout le monde s’attend à voir les favoris de la saison reprendre le dessus, et réparer l’accident du match 1. Mais c’était sans compter sur une chose : l’Oracle Arena d’Oakland. 20 000 fans, 20 000 believers (en référence à la campagne « We Believe » de l’époque), et une salle en fusion. Rarement la NBA n’aura connu une arène avec une telle ambiance. C’était comme si les fans avaient gardé toute leur énergie depuis 1994 (dernière année où Golden State était en Playoffs) pour la faire ressortir en 2007. Dallas se sent tout d’un coup perdu dans cette folie ambiante. La série vient de passer dans une nouvelle dimension. Les Warriors ne perdront pas l’avantage du terrain, pas dans une ambiance pareille. Golden State remporte les matchs 3 et 4, et mène à la surprise générale 3-1. Le trio Davis-Richardson-Jackson est à la fête, et les Mavericks sont eux à terre. La série se finira finalement sur le score de 4 victoires à 2 pour les californiens, qui s’imposeront 111-86 dans le match 6. L’homme du match, Stephen Jackson, réalise un match exceptionnel, des deux cotés du terrain. Il finit la rencontre avec 33pts, en mode shooteur d’élite (7/8 à 3pts), tout en faisant un superbe travail défensif sur Dirk Nowitzki, limité à 8pts à 2/13 au tir.

Golden State venait de rentrer dans l’histoire. Toute la Bay Area est en fusion. Les Warriors ont probablement réalisé le plus grand upset dans l’histoire de la NBA. Ils deviennent à l’époque seulement la troisième équipe classée numéro 8 à éliminer une équipe classée numéro 1 en Playoffs (les Nuggets avaient fait de même en éliminant les SuperSonics en 1994, tout comme les Knicks qui ont battu le Heat en 1999). L’atmosphère dans l’Oracle Arena à la fin du match est unique. Baron Davis rappelle à tout le monde quel joueur génial il est, et Don Nelson tient sa revanche sur Marc Cuban. Stephen Jackson parvient quand à lui à faire oublier le temps d’une soirée sa réputation de Bad Boy, pour la remplacer par celle d’un super joueur de basket, en attaque comme en défense. Oakland était devenu pendant un instant la capitale mondiale du basket.

Une fin décevante

Cette série fera naitre les espoirs les plus fous. Malheureusement, Golden State tombera sur un os au second tour. Face aux Utah Jazz de Deron Williams et Carlos Boozer, les Warriors prennent un retard de 2 défaites à Salt Lake City, retard qu’ils n’arriveront jamais à surmonter. Malgré une victoire dans le Game 3 à l’Oracle Arena, marquée notamment par un dunk venu d’un autre monde de la part de Baron Davis sur Andrei Kirilenko, Utah s’imposera 4-1, mettant ainsi fin à l’incroyable aventure des californiens.

Mis à part les fans d’Utah, l’Amérique aurait sans doute voulu voir les Warriors continuer encore un peu leur bonhomme de chemin. Parce que oui, cette équipe a fasciné tout le monde, et pas uniquement les personnes d’Oakland.  Cette équipe était un peu le symbole du basket qu’on aime, spectaculaire, audacieux, voir tout simplement magique. Portée par un public exceptionnel et toute une communauté, elle nous a tout simplement fait rêver.

On peut le dire, ces Warriors là ne seront jamais oubliés, tout simplement car ils nous ont rappelé les raisons pour lesquelles nous aimons la NBA. Et quand on est en manque de basket, c’est vers ce genre d’équipe qu’on se tourne pour se soulager…

13 Comments

  • J'avais du temps donc je me suis dit que rendre hommage à cette superbe équipe serait bonne idée !

    N'hésitez pas à donner votre avis sur la qualité de l'article et sur ces fameux Warriors 2007!

    Merci

  • TarHeelsForever <3

    Superbe article !

    Je ne peux cependant pas dire mon avis sur cette équipe, car j'étais trop jeune en 2007. Mais le roster vendait du rêve : Baron Davis, Stephen Jackson, Jason Richardson, Mickael Pietrus, Monta Ellis, Al Harrington, Kelenna Azubuike, Matt Barnes, Mike Dunleavy, Andris Biedrins, Sarunas Jasikevicius, Troy Murphy, Ike Diogu… Même si le secteur intérieur était un peu trop faible à mon goût…

  • Déjà vu de nombreux articles à leurs sujets et c'est toujours bien de revoir l'histoire de cette équipe de cette fameuse année 2007. Malheureusement je ne suivais pas l'actu NBA a ce moment…

    Sympa à lire en tout cas, continue comme ca 😉 !

  • J_Smoove

    Très bon article, pas forcément fan de l'équipe mais j'ai bien aimé, simplement t'aurais, à mon avis, plus due parler des rotations de Nelson, absolument "énormes"….je t'en donne deux-trois si tu ne les connais pas !

    Sur la saison 2007/2008, leur meilleure saison, la rotation type c'était…
    poste 1: Baron Davis, 39 minutes par match, le reste pour Monta Ellis
    Au poste 2, 28 Minutes pour Ellis, une grosse dizaine pour l'excellent Kelenna Azubuike, le reste entre Bellineli, Perovic…
    Au poste 3, une vingtaine de minutes pour Jackson, 15aine pour Pietrus, le reste pour Kelenna Azubuike et Barnes
    Au poste 4, 15 minutes pour Barnes, 15 pour Jackson, 10aine pour Harrington, le reste pour Pietrus
    Et au poste 5, entre 25 et 30 pour Biedrins, 15 pour Harrington, le reste pour Croshere…
    Avec Pietrus pivot par séquences quand Barnes, Biedrins était absent/blessé., même si c'est l'année d'avant où on l'a vu le plus joué center….bref vraiment un peu n'importe quoi cette rotation, même si à l'époque, ça a eu un certain succès…

  • jejevert01

    Article tres plaisant! Pour l'anecdote, je me suis mît a la NBA en 2007 et ç est aussi une des première équipe que j'ai connue et commencé a suivre car un pote avait un maillot de Richardson a l'entraînement ^^

  • Biedrins

    Ahah, les bons souvenirs !

    Au final les plus contents de ce résultat, ça a encore été les Spurs qui ont pu voir leur bête noire éliminée dès le début !

    Sinon, dans mes souvenirs Barnes avait été encore plus énorme que Jackson sur Dirk, l'éteignant totalement dès qu'il était sur le terrain.

    Dans tous les cas, ça avait fait plaisir de voir une équipe qui ressemblait plus à un roster association 2K qu'à une équipe de PO faire un coup pareil 🙂

  • Retired_B_Roy7_971

    C'est vraiment un article génial!
    Je revois encore ces gâchettes de Warriors avec ce maillot mythique et l'hybride bodybuldé comme logo!
    Un 1-2-3 punch de folie avec Davis-Richarson-Jackson qui douche les espoirs d'un Dirk MVP. D'ailleurs je pense que c'est plus ça qui tue l'équipe que ce qu'il s'est passé face aux Heat de Flash l'année d'avant..
    Sinon l'atmosphère était incroyable et même Snoop avait fait le déplacement il me semble pour les voir jouer…
    Après la défaite contre Utah était logique Boozer et Okur les ont pilonner à l'intérieur., Ils prenaient 1 bonne vingtaine de rebonds à eux deux et D-Will faisait payer le moindre écart à Baron Davis!
    C'est vraiment une équipe inoubliable comme les Kings de 2002 et cet assassin de Robert Horry ou encore les Nets de Kidd, Martin Jefferson et Kittles.

  • AlanG

    Une dinguerie, j'étais très jeune (11ans) mais je regardais déjà la NBA et je me rappelle que ca shootait à fond avec Davis, Jackson, Harrington et même Pietrus.
    Super article en tous cas !!

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