Draft

[Lorsque la draft 2013 passe à la caisse] Entre bras de fer et interrogations pour le top 10

Rédigé par

le

Première partie de notre série sur la draft 2013. Comme nous l’avons vu dans notre avant-propos les joueurs de cette cuvée sont, depuis le premier juillet, éligibles à une extension de leur contrat rookie. Ces extensions peuvent être signées jusqu’au 31 octobre ou alors les deux parties attendent l’été prochain pour se mettre d’accord. Suite au nouvel accord entre la NBA et les chaînes de télévision ESPN et TNT l’association des joueurs et les propriétaires devraient renégocier la convention collective signée lors du Lockout 2011. Si il est encore difficile d’estimer les chances d’une nouvelle grève (et d’une saison raccourcie) la pression d’un nouveau CBA joue déjà sur les négociations qui nous intéressent.


Durée du contrat

Montant du contrat

(salary cap à 102 M)

4 saisons*

102,6 millions de $

4 saisons

106 millions de $

5 saisons

138 millions de $

 

Cette série d’articles a pour but d’estimer les contrats que la cuvée 2013 peut espérer toucher. Bien sûr plusieurs facteurs entrent en jeu : la valeur du joueur, son importance au sein de l’effectif, le niveau des free agent à ce poste déterminant sa valeur sur le marché … et c’est pourquoi nous avons décidé de faire, dans la mesure du possible, une étude au cas par cas. Si nous avons déjà vu pourquoi cela ne concerne que les joueurs draftés au premier tour il est aussi essentiel de rappeler que certains joueurs ne sont plus éligibles à ces extensions. Nous y reviendrons au cours de notre étude.

Rappelons enfin les contrats maximums que ces joueurs peuvent signer : * si le joueur accepte une offre d’une équipe différente lors de la free agency 2017

Des négociations difficiles pour le top 5 ?

#1 Anthony Bennett

Après s’être fait échangé puis coupé le premier choix de la draft n’est plus éligible à cette extension. Si Bennett a réussi à retrouver une place dans un roster NBA (chez les Nets) le canadien aura bien du mal à rester en NBA.

#2 Victor Oladipo

Sam Presti continue d’impressionner. Anticipant à merveille le départ de sa superstar Kevin Durant (parti rejoindre les Warriors) le General Manager du Thunder a réussi à profiter de la faiblesse du front office du Magic pour récupérer Victor Oladipo, Domantas Sabonis et Ersan Ilyasova en échange de la dernière année de contrat de Serge Ibaka. Le premier « move » de Sam Presti après le départ de Durant fut de renégocier le contrat de Russell Westbrook. Un choix logique pour les deux camps mais qui devrait avoir un impact sur la situation de Victor Oladipo.

Du côté du joueur le but est clair : obtenir un contrat maximum (selon l’insider Adrian Wojnarowski). Son agent jouera sans doute sur le fait que le Thunder a réalisé un échange pour l’obtenir. Par ailleurs la faiblesse du marché sur le poste de Shooting Guard devrait permettre au joueur de faire pression ; ainsi si le joueur teste le marché il est possible qu’une franchise lui propose un contrat maximum (d’une valeur de 102 millions de dollars sur 4 ans).

Le Thunder est-il prêt à lui donner le contrat qu’il demande ? Rien n’est moins sûr. Tout d’abord il est difficile d’évaluer la valeur d’Oladipo pour la simple et bonne raison que le Combo Guard n’a pas prouvé grand chose en NBA. Ensuite son association avec Westbrook apparaît peu complémentaire (les deux joueurs se ressemblent beaucoup et évoluent dans le même registre).

Pour convaincre le joueur de revoir ses prétentions contractuelles à la baisse le Thunder pourrait lui proposer un contrat 3+1 (dernière année en option joueur) qui lui permettrait de retester le marché à 28 ans (moment où ses qualités athlétiques ne seront pas encore sur le déclin). Sur cette base là un contrat à hauteur de 80 millions de dollars sur 4 ans semble être un bon compromis. Dans le cas contraire Victor Oladipo pourrait attendre la fin de la saison et jouer sur la pauvreté du marché pour obtenir le plus contrat possible.

#3 Otto Porter :

Attendu comme le complément idéal du duo John Wall-Bradley Beal, le troisième choix de la draft 2013 a déçu. Trop lent pour défendre sur des ailiers, trop frêle pour défendre sur des postes 4 Porter est loin d’être le bon défenseur qui était promis à la franchise de Washington lors de sa draft. Il ne fut d’ailleurs pas rare de voir Bradley Beal défendre sur le meilleur extérieur adverse.

Malgré tout l’ailier de 23 ans a shooté à 40 % à 3 points en deuxième partie de saison, un chiffre qui devrait lui permettre de parapher un très bon contrat. Par ailleurs le marché des « 3&D » (ces spécialistes qui défendent très dur et shootent de loin) est faible l’an prochain alors que dans le même temps ces joueurs n’ont jamais été autant recherchés. Même si le jeune ailier n’a pas encore réussi à transposer ses qualités athlétiques pour devenir un très bon défenseur sa jeunesse le rend intéressant. La question est de savoir si sa franchise croit suffisamment en lui pour lui offrir un contrat entre 17 et 20 millions par an avant le 31 octobre. Le scénario le plus plausible est de voir la direction des Wizards utiliser la saison prochaine pour juger de la réelle valeur de Porter, quitte à devoir égaler une offre importante l’été prochain (80 millions sur 4 ans ?) pour le garder.

#4 Cody Zeller :

Contrairement aux deux situations précédentes il serait étonnant de voir les choses trainer entre Cody Zeller et les Charlotte Hornets. L’ancien Hoosiers s’est installé comme le pivot titulaire des Hornets et Steve Clifford, son coach, l’aime beaucoup. Même si il ne protège pas le cercle aussi efficacement que d’autres pivots sa vitesse de pied et sa lecture du pick&roll font de lui un défenseur très précieux. Les pivots sont chers, très chers, mais les deux camps s’entendent à merveille. Un contrat autour des 64 millions de dollars sur 4 ans semble possible, les Hornets pourraient même le laisser tester le marché pour avoir une idée de sa valeur mais une solution plus rapide semble d’actualité.

#5 Alex Len :

Un autre pivot, un autre titulaire. Pourtant la comparaison s’arrête là puisque si Zeller apporte de grandes certitudes ce n’est pas le cas d’Alex Len. Agé de 23 ans, l’Ukrainien a attendu la deuxième partie de saison pour passer la vitesse supérieure. Inconstant des deux côtés du terrain et fragile physiquement Len pourrait avoir des prétentions salariales qui ne collent pas du tout avec celles de sa franchise.

Si il n’a rien montré pour être considéré comme un titulaire indiscutable le manque d’alternative pourrait lui rapporter gros. Ainsi les chances de voir Tyson Chandler échangé au cours de la saison sont importantes. Par ailleurs le rookie Marquese Chriss n’est pas encore prêt pour jouer toutes ses minutes au poste 5. Les Suns mettront-ils plus de 15 millions (prix du marché) sur un joueur aussi mystérieux et fragile que Len ? Il est difficile de voir le GM Ryan McDonough laisser partir un joueur qu’il a drafté il y a trois ans parce que son développement est plus lent que prévu. La franchise préférerait sans doute lui proposer un contrat plus court mais Len aurait tout intérêt à tester le marché pour obtenir un contrat plus long et plus onéreux en tant que free agent protégé.

Quelle destination pour Nerlens Noel ?

draft 2013 top 10

Qui de Nerlens Noel ou Jahlil Okafor sera échangé par les Sixers ? C’est la grosse question du moment, encore plus depuis que Brett Brown a pu constater les progrès de Joel Embiid. Même si l’ancien joueur de Kansas n’a toujours pas foulé de parquet NBA depuis sa draft en 2014 les vidéos de sa préparation ont enflammé la toile. Il y a donc un pivot de trop.

Les Sixers ne signeront une extension de Noel que si cela augmente sa valeur marchande. Le marché est également à son avantage puisque seuls Serge Ibaka et Andrew Bogut seront free agent l’an prochain et protègent le cercle aussi bien que lui ; le premier a 27 ans et devrait signer un contrat maximum (ou pas loin) et le second a 35 ans. Avec 40 millions de dollars de marge les Sixers pourraient également prolonger Noel pour mieux l’échanger mais il est plus facile d’échanger un contrat rookie ce qui pourrait prolonger le jeu de dupes.

Dans tous les cas Nerlens Noel devrait signer un gros contrat, qu’il soit échangé ou qu’il teste le marché l’été prochain. Ses qualités défensives (peut changer sur les écrans, bouge bien, protège le cercle) sont trop recherchées pour qu’il ne trouve pas un contrat à hauteur de 100 millions de dollars sur les 4 prochaines années.

#7 Ben McLemore :

Difficile d’exploser dans le marasme qu’est Sacramento. La capitale californienne semble incapable de construire un projet qui tient la route, gâchant peut être sa chance de prolonger Demarcus Cousins. Comparé à Ray Allen lors de sa saison freshman à Kansas Ben McLemore n’est qu’un rookie en difficulté de plus chez les Kings. Même si l’arrivée de Dave Joerger pourrait le relancer les recrutements de Aaron Afflalo et Garrett Temple devraient limiter considérablement son temps de jeu. En bref Ben McLemore a besoin de changer d’air.

Et c’est ce qui devrait arriver. Sauf explosion il semble difficile de voir Sacramento lui faire une offre considérable. Son agent recherchera sans doute un salaire supérieur à celui qu’il touche actuellement (4 millions de dollars). Il essayera sans doute d’obtenir un contrat similaire à celui de Jeremy Lamb (10 millions par saison) mais avec des chances de succès proches du zéro. Voilà un joueur qui devrait tester le marché l’an prochain en espérant trouver un environnement plus propice à son développement.

KCP, meilleur arrière sur le marché ?

Devancés par Victor Oladipo et Ben McLemore le soir de la draft, « KCP » est peut être l’arrière qui réalisera la meilleure affaire !

Dans la position de « KCP » difficile de ne pas envisager un contrat maximum. Le huitième choix de la draft 2013 est indispensable à Detroit où la faiblesse de la rotation l’oblige à jouer plus de 36 minutes par match. Un manque de concurrence qui pourrait lui permettre de faire pression sur le propriétaire, Tom Gores. A 23 ans Caldwell-Pope est devenu l’un des meilleurs défenseurs extérieurs de la ligue et même si son pourcentage de réussite à 3 pts (31 %) tranche avec son volume de shoot (5 shoots par match) son profil est des plus recherchés.

Encore plus après un premier tour de playoffs où il a shooté à 44 % à 3 pts. Si l’échantillon (4 matches) est trop faible pour en faire un objectif réalisable pour la saison prochaine « KCP » doit utiliser cette expérience pour augmenter son adresse extérieure et sanctionner les défenses NBA.

Detroit égalerait sans doute n’importe quelle offre que leur arrière obtiendrait si il testait le marché. Cependant la franchise n’aura aucune flexibilité l’été prochain, il serait donc surprenant de voir les deux camps ne pas s’entendre avant le 31 octobre. Un contrat inférieur à 80 millions de dollars semble improbable, par contre un contrat de 90 millions sur 4 ans semble possible. Il faudra également regarder de près pour voir si le joueur obtient une player option ce qui serait sans doute plus grave pour la franchise que de payer 2 millions de plus par saison. Reste à voir à quel point la sécurité d’un premier gros contrat NBA jouera dans les négociations.

#9 Trey Burke :

Bien loin est le temps où les fans des Pistons fustigeaient Joe Dumars pour avoir préféré Caldwell-Pope à, l’enfant du pays, Trey Burke. Après ses exploits universitaires, Burke a eu beaucoup de mal à se faire au jeu NBA. Transféré par le Jazz contre un deuxième tour de draft il bataillera avec Thomas Satoransky pour le poste de meneur remplaçant.

Si Trey Burke s’est amélioré l’an passé et aura en ligne de mire les contrats signés par Ish Smith (18M sur 3 ans) ou DJ Augustin (un horrible 29M sur 4 ans sans option !) les Wizards ne devraient pas être intéressés. Encore trop moyen défensivement et doté d’un shoot extérieur peu fiable (32 % après le All Star Game) le meneur devrait également se heurter à un marché qui ne lui fera pas de cadeau. Contrairement à cet été où les bons meneurs remplaçants se faisaient rares ils seront très nombreux sur le marché l’été prochain. Sauf surprise Burke devrait tester le marché l’été prochain.

#10 CJ McCollum :

106 millions de dollars sur 4 ans : CJ McCollum a déjà touché le jackpot ! Même si le montant semble représenter le contrat maximum (cf tableau) ce n’est pas le cas. Les Blazers et le joueur se sont entendus sur le montant du contrat et non sur un pourcentage du salary cap. Pourquoi ? Parce que ce contrat ne sera pas modifié selon les changements que la nouvelle convention collective pourrait ajouter.

Ainsi si le salary cap est revu à la hausse le contrat de McCollum ne sera pas affecté, au contraire de tous les contrats maximums qui débuteront l’été prochain. Une situation gagnante pour la franchise qui va ainsi s’éviter de payer la luxury tax et « perdante » pour le joueur qui si il assure ses arrières laisse potentiellement quelques millions de dollars sur la table.

A propos de Maxime Le Borgne

Recommandé pour vous