Folies de mars, folies de débats, folies de draft (Partie 1)

     La saison NCAA de basket s’est achevée depuis bientôt deux mois. Comme chaque année, ce fut une saison intéressante, qui a donné lieu à une finale surprise (pas tant sur la prestation des deux équipes sur le tournoi mais plus sur leurs prestations AVANT le tournoi) au cours de laquelle les « Huskies » de Connecticut ont remporté leur 4e titre (pour 4 finales disputées). Cette saison aura été probablement l’une des plus scrutées et débattues de ces dernières années. Elle aura aussi donné naissance (ou renaissance) à de nombreux débats et discussions vis-à-vis notamment de la NBA qui représente pour bon nombres de ces jeunes athlètes une sorte de Graal. Et maintenant que s’approche la fameuse draft NBA, depuis le mois de Mars, tout un chacun y va de son opinion, de sa désapprobation sur les choix et/ou sur le futur d’un tel ou d’un tel ou encore sur les règles de la draft (âge des joueurs etc.) ou de la rigidité et l'(in)utilité de la NCAA. Bref, la folie de Mars a encore frappé et ce n’est que le début d’un long processus…

Andrew Wiggins, les « Frehsmen » 2014, la « hype » et le miroir déformant

Je l’ai déjà maintes et maintes fois répété, mais l’une des plus grandes erreurs faites par les amateurs de NBA qui regardent la NCAA est d’en faire, et d’en vouloir trop. En effet, chaque année, les lycéens qui doivent fouler les parquets universitaires suscitent les plus grandes excitations. Et pour cette année 2014, à moins d’avoir été kidnappé par les martiens, vous ne pouvez pas ne pas avoir échappé à la folie que c’était. Même la télé française a décidé de tenter sa chance. Certaines franchises NBA étaient sont même accusées de délit de « tanking » (j’ignore si ça existe) afin d’avoir un des joueurs du haut de cette draft 2014. Certains « fans » suppliaient même leur franchise de saborder délibérément leur saison à la moindre blessure d’un joueur (oui oui Chicago, tu peux te sentir visée…). Bref, la folie je vous dis. Je ne vais pas m’étaler sur le débat sur le « tanking ». Personnellement, je trouve qu’on en a fait trop cette année et surtout fait comme si c’était une découverte. SI le plus gros problème de la NBA était le « tanking », il y a belle lurette qu’elle aurait baissé pavillon. Le « tanking » est plus un problème pour la franchise qui le pratique, et encore, cela n’est un problème que jusqu’à ce que cette franchise retrouve les sommets et là comme d’habitude, les vestes seront retournés.

     Et du retournement de veste, il y en aura eu au cours de cette saison NCAA, caractérisé notamment par un joueur : Andrew Wiggins. Je ne vais vous refaire l’histoire d’Andrew Wiggins. Il y a probablement eu plus d’articles écrits sur lui avant qu’il ne rentre en NCAA que pendant qu’il y a évolué. J’ai déjà utilisé l’exemple de Cody Zeller l’an dernier pour traiter du fameux « miroir déformant ». Cette situation dans laquelle on juge un joueur en se basant sur ce que l’on VEUT voir et non pas sur ce que l’on DOIT voir. Le moins que l’on puisse dire, c’est que Andrew Wiggins et ses amis de la classe 2014 l’auront pris de plein fouet. Au bout de seulement quelques matchs, les dents ont commencé à grincer. En effet, vous ne pouvez pas imaginer comment c’était terrible pour les gens de ne pas voir Wiggins & Cie planter 40 points et des triple-doubles tous les soirs. J’exagère un peu mais…pas tant que ça. En même temps, que voulez-vous? À l’heure de twitter et autres folies du net, tout le monde enchaîne superlatif sur superlatif au moindre dribble d’un joueur, le moindre dunk, la moindre perte de balle, le moindre jour sans. Alors quand il s’agit de joueurs que certains ont promis qu’ils seront les grands sauveurs, je ne vous raconte pas ce que c’est.

     Alors oui, c’est vrai, aucun des joueurs qui se présentent à la draft cette année et surtout aucun de ces« Freshmen » n’a fait preuve d’une domination sans partage match après match. Mais est-ce vraiment là un problème? Dans toute l’histoire de la NCAA, il n y a eu que deux « Freshmen » qui ont été élus meilleur joueur de l’année et ce sont Kevin Durant (2007) et Anthony Davis (2012). Franchement s’il faut s’inquiéter du fait que Andrew Wiggins et ses amis n’aient pas reçu les mêmes lauriers, on n’a pas fini de s’inquiéter alors. Ce que Kevin Durant a fait à Texas était tout simplement ahurissant au niveau INDIVIDUEL et l’on parle là d’un des meilleurs joueurs offensifs que la NBA connaît à ce jour. Quant à Anthony Davis, les blessures seront probablement ses futurs plus grands obstacles vers une carrière immense. Comme disait en Mars Danny manning, l’ancienne légende de Kansas (et aussi ancien joueur des Los Angeles Clippers), Andrew Wiggins n’a fait qu’avoir une moyenne de 17 pts dans l’une des meilleurs équipes et conférence du pays. Ceci dit, ce ne sont que les amateurs de stats qui s’arrêteraient devant ces chiffres qui sont ridicules n’est ce pas? (ironie). Encore une fois, si vous vous asseyez tranquillement et oublier tout l’emballement médiatique de pré-saison et surtout si vous ne jugez par sur un seul match, vous vous rendrez compte que statistiquement, ces jeunes joueurs (Jabari Parker, Julius Randle, etc.) ont rendu une copie plus que correcte et que SURTOUT le talent et le potentiel sont bien au rendez-vous.

Draft 2014  : du potentiel comme d’habitude mais du talent en plus et à tous les étages

     Bien sûr que les statistiques comptent pour la draft, mais elles ne sont rien devant le projet et l’impression générale et surtout comment les jeunes joueurs évoluent. En effet, c’est saisissant de voir comment ces joueurs ont dû mal à passer du statut de superstar lycéenne qui joue en « one man show » à du jeu d’équipe. Et c’est d’ailleurs à mon sens ce qui fait aussi que certaines stars NCAA ont du mal à trouver leur place et leur rôle en NBA. En 2008, sur la base des stats, jamais au grand jamais Derrick Rose n’aurait été choisi avant la machine qu’était Michael Beasley. Derrick Rose a énormément souffert lors de ces débuts à Memphis et n’a vraiment explosé que lors de la « March Madness » (défaite en final contre Kansas). Statistiquement, il était même largement moins bon qu’un O.J. Mayo qui était en plus un lycéen avec une « hype » sans précédent depuis Lebron James. Ce sont clairement son potentiel et surtout sa progression (et aussi le fait que Chicago ait eu le 1er choix) qui ont été un poids dans la balance de ce processus long qu’est la draft.

     Alors, quand est-il de cette année? L’an dernier, je vous avais bien dit que les GMs trouveront toujours quelque chose à critiquer sur la draft 2014. Et vous verrez qu’au fur et à mesure que la date approchera, les critiques émises déjà au cours de l’année NCAA ne seront rien en comparaison. Bien évidemment on aura droit au discours de l’absence du joueur qui va tout changer d’un coup de baguette magique. Mais j’ai déjà dit ce que je pensais du stupide emballement qui veut qu’un rookie débarque et change une franchise de A à Z à lui tout seul (j’ai déjà dit l’an dernier). Mais, franchement, si c’est cela la seule critique pour cette draft, alors il y a vraiment de quoi être excité. D’ailleurs, selon moi,  autant les joueurs de l’an dernier étaient comme chaque année, des joueurs à potentiel, les joueurs de cette année sont selon moi des joueurs à POTENTIEL + TALENTS.

     Faire un simple classement n’est absolument pas une mince affaire (à moins bien sûr que l’on en déteste certains) et cela même jusqu’à la moitié du second tour. Alors bien évidemment, ils ne sont aucunement parfaits. Ils ont chacun leur plus ou moins grand lot de défauts, mais les regarder essayer de progresser dans la grande ligue sera vraiment très plaisant et franchement la NBA n’a pas à s’inquiéter selon moi. Cependant, encore une fois, il faudra faire preuve de patience car tout joueur se doit de progresser et aussi tout simplement parce qu’il ne faut pas perdre de vue que la NBA est une ligue à effectifs restreints et qu’il est donc difficile de chambouler les priorités dans les effectifs. Sans compter les coachs et/ou franchises qui sont clairement des broyeuses de « rookies » (Salutations à toi Dallas…).

La Draft, un processus long qui débute à peine…

     Il y a deux raisons pour lesquelles je déteste faire des « mock draft » très tôt. La première, c’est que je suis un gros paresseux. La deuxième (qui est un peu lié à la première d’ailleurs) est que la draft est un processus long et que croyez moi ou pas, même les franchises NBA n’ont pas fait leur choix avant au moins Juin, car nombreux sont les paramètres qui entrent en ligne de compte. Déjà, il y a la liste des joueurs qui y vont. Cela peut vous sembler dérisoire et pourtant elle peut changer des choses. Par exemple, Willie Cauley-Stein et Montrezl Harrell ont surpris leur monde en ayant choisi de ne pas se présenter. Bien avant la décision de ces deux joueurs, cette draft semblait manquer déjà ‘intérieurs. Maintenant, c’est encore pire et vous pouvez être sûrs qu’un joueur comme Adreian Payne ne sera plus vu pareil et certaines équipes pourraient changer leur intérêt à son sujet.

     Ensuite, vient le moment où les franchises peuvent enfin entrer en contact avec les joueurs (depuis le 02 MAI) avec notamment, le fameux Draft combine (du 14 au 18 Mai), étape très importante de cette seconde partie. Alors, il est vrai que cet événement a perdu un peu de sa superbe car les joueurs ne sont plus obligés de s’affronter les uns les autres (chose qu’évite donc certains joueurs sous conseil de leur agent pour ne pas endommager leur cote). Mais les joueurs ne peuvent échapper aux tests physiques qui peuvent fortement changer les choses. Certains joueurs peuvent se révéler beaucoup plus athlétiques que l’on aurait penser (Cody Zeller l’an passé par exemple). Ce moment où les chiffres parlent ne chamboulent pas obligatoirement tout mais encore une fois, c’est une étape importante pour susciter l’intérêt d’une équipe. C’est aussi un moment où les équipes NBA peuvent interviewer un paquet de joueurs puisqu’ils y sont tous. Cela peut vous sembler négligeable mais en 2011 par exemple, les Spurs se sont juste contenter d’interviewer Kawhi Leonard. J’entends par là qu’ils ne l’ont même pas fait s’entraîner devant eux. Ils l’avaient déjà en tête depuis longtemps, et voulaient juste discuter avec lui. C’est un moment très important pour les joueurs dont on doute du caractère, des mœurs et nul doute qu’un joueur comme PJ Hairston par exemple, sera attendu au tournant.

     L’ordre des choix à la draft (Loterie : 20 MAI) change aussi les choses comme vous pouvez vous en douter. Certaines équipes doivent tenter de deviner ce que feront les autres. Se tenir prêtes à des surprises (Indiana ne pensait absolument pas que Paul Georges serait encore disponible, pareil pour Detroit avec Andre Drummond). Comme vous vous en doutez, les séances d’entraînement individuel avec les joueurs sont aussi des étapes qui peuvent peser (demander à Damian Lillard ou Ben McLemore). Certaines équipes souhaitent fortement mettre les joueurs directement en compétition (même si les joueurs ont le droit de refuser et la jouer tactique comme Dion Waiters).

     Bref, la draft est lancée depuis la saison NCAA (et même bien avant car les franchises regardent aussi les lycéens). Mais, ce n’est que le début d’un long processus où plusieurs événements sont pris en compte pour des choix qui se décident souvent au dernier moment. Alors, quand il se lit ici et là que les éliminations rapides lors du tournoi NCAA ont tout changé, cela en est ridicule. Si franchement, des franchises ont découvert des nouvelles choses sur Wiggins, Parker ou encore Marcus Smart lors de la « march madness », ce ne sont que des confirmations que de ce qu’elles savaient déjà (vous avez suivi?). C’est maintenant que le vrai travail commence. Celui de savoir si les défauts d’un tel joueur peuvent être gommés. Si oui, comment? Était-ce juste la faute du système dans lequel il évoluait? Ses qualités compensent-t-elles outrageusement ses faiblesses? Quel projet puis-je bâtir autour ou avec lui? Tant de questions qui commencent à peine à trouver leur réponse…

Auteur : ThomasF

Intéressé par la nba depuis tout jeune, c'est le dunk de Vince Carter sur Fred Weiss qui m'a définitivement fait basculer. Amoureux du jeu old school notamment celui prôné par les Kings de 2002, j'ai au fur et à mesure appris à cultiver ma culture basket jusqu'à aujourd'hui m'intéresser aux statistiques avancées. Fan de Paul Pierce, de Brandon Roy mais surtout des Memphis Grizzlies, j'ai rejoint le site en début 2013, et je vis ma passion au quotidien avec mes acolytes.

13 réflexions sur « Folies de mars, folies de débats, folies de draft (Partie 1) »

  1. hate d'y être!!et vivement les mocks draft lol!!
    nan plus sérieusement c'est un article très intéressant après par rapport aux difficulter à faire tes mocks tu peux essayer de te gaver de redbul et de caféine!!et surtout tu peux aussi ne pas te soucier de la lottery (pour le moment!) en te basant uniquement sur le classement général(du plus faible au meilleur bilan) et sur les besoins de ses équipes.ça restera complexe mais au moins tu n'auras pas à prendre certaines situation en compte tu fais genre : bucks :le meilleur joueur dispo qui correspont à leur besoin etc…après c'est clair que c'est beaucoup moins précis que les mocks "traditionnels" mais franchement je pense que ça peut être intéressant pour tout le monde et personne ne t'en voudra 😉

  2. Très bon article, ca change des traditionnels articles préDraft. (pas de DH mais de certains sites dont je ne dirais pas le nom..)

    J'ai choisi de souligner deux points importants de votre article :

    1- "À l’heure de twitter et autres folies du net, tout le monde enchaîne superlatif sur superlatif au moindre dribble d’un joueur, le moindre dunk, la moindre perte de balle, le moindre jour sans."

    Voilà un excellent argument qui rend impossible la comparaison avec les précédentes draft dites "Historiques" (cf. 1984 & 2003). Les nouvelles technologies ont permis un engouement énorme autour de la Draft et je pense que Lebron et surtout MJ, n'ont pas bénéficié. Cette "Hype" autour des jeunes est pour moi, destructrice (ou en tout cas peut l'être). Un mec de 18 ans, drafté en première voir seconde position, a une pression énorme directement à son entrée en NBA. Rien qu'hier, Brandon Knight voulait un bosseur au Bucks et les propriétaires de la franchise misaient tout sur la future superstar qui allait atterrir chez eux. Pour moi c'est trop, on a bien vu qu'avec Bennett, la pression peut être beaucoup trop forte et ainsi annihilé la confiance et le potentiel (voir la carrière) du jeune.

    2- "Andrew Wiggins n’a fait qu’avoir une moyenne de 17 pts dans l’une des meilleurs équipes et conférence du pays. Ceci dit, ce ne sont que les amateurs de stats qui s’arrêteraient devant ces chiffres qui sont ridicules n’est ce pas? (ironie). Encore une fois, si vous vous asseyez tranquillement et oublier tout l’emballement médiatique de pré-saison et surtout si vous ne jugez par sur un seul match, vous vous rendrez compte que statistiquement, ces jeunes joueurs (Jabari Parker, Julius Randle, etc.) ont rendu une copie plus que correcte et que SURTOUT le talent et le potentiel sont bien au rendez-vous."

    Tu as vraiment tout dit. Les attentes étaient encore une fois énorme (cf. moyens de communications développés) et les spectateurs s'attendaient tous a voir des cracks dès leurs premiers matchs. Je n'ai pas du tout été déçu pour ma part, parce que le basket universitaire est totalement différent que celui pratiqué en NBA. Wiggins sort une saison plutôt correcte, cependant, c'est sa capacité à être présent lors des grands matchs qui peut être remise en cause.

    Enfin bref, vivement la draft!

  3. entièrement d'accord avec toi pour ce qui concerne la "hype/pression" exercée sur certains jeunes!!il faut arrêter c'est un coup à les "cramer" avant même qu'ils aient pu s'épanouir dans la ligue!comme je disais une fois la hype la pression etc…c'est bons pour les joueurs pro eux ils savent à quoi ils s'exposent

  4. A quel site tu penses ? 🙂
    En tout cas merci du compliment pour le site 🙂

    Pour en revenir à ton commentaire, je suis d'accord qu'avec le développement des réseaux sociaux la pression, déjà énorme sur les prospects, s'accentue. Seulement, je reste persuader que malgré cela, les super-talents trouveront toujours le moyen de se démarquer des autres malgré un hype énorme.

  5. BUSA. J'aime bien ce site juste pour sa communauté et pour un seul de ses chroniqueurs (Arnaud Gelb) qui lui va sur le terrain, assiste a des matchs et est vraiment calé niveau NCAA et donc draft.

  6. Ah tiens j'aurais pensé l'inverse (appréciant la rédac mais pas les coms) ça m'intéressé. Qu'est ce qui te plait pas chez eux (comme ça on va faire l'inverse ^^) ^?

  7. Bah après je n'apprécie pas toute la communauté mais je trouve qu'il y a de tout, et ca me permet de comparer certains point de vu.
    Le peu d'objectivisme qu'il possède. Je ne sais plus quel rédacteur avait taclé Westbrook la semaine dernière, après ses piètres prestations face aux Grizzlies. Je ne trouve pas ca très pro de leur part, après ca n'est que mon humble avis.

  8. comment ça nos com te plaisent pas sur busa?!!c'est méchant ça!!nan je déconne c'est vrai que parfois sur busa et bs les com ont tendance à partir en vrille genre "cour de récréation" mais il y a quand même des gens avec qui discuter(je ne dis pas que j'en fait parti….mais je l'espère lol) dailleurs ces personnes là sont des gens qui postent aussi sur dh alors hésite pas à nous rejoindre de plus un avis objectif comme le tien est forcément le bienvenue 😉

  9. pareil ça m'avait rendu fou cet article!!tout était de la faute à westbrook si tu l'écoutais!!

  10. Ton article est tellement vrai!..
    Après la draft c'est vraiment très aléatioire avec les histoires de Team need et la règle du Best Player Available!

  11. Euh Lebron a 16 ans il était sur le grand journal américain donc lui la pression il connait ^^

    Sinon je suis d'accord avec toi

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