La pre-agency : Le nouvel événement qui rythme nos saisons nba!

 

Kawhi Leonard et la pre-agency

A mesure que les saisons nba se succèdent, nous sommes à la recherche d’histoire. Bien que ce qu’il se passe sur le terrain suffit à créer de longues discussions, le hors terrain prend parfois le dessus sur le parquet. Ainsi les périodes de bouleversement d’effectifs sont les plus scrutées. Après les playoffs, ce sont la draft, la free agency et la trade deadline qui créent le plus d’attrait. Désormais un nouvel élément contribue à ajouter de l’incertitude à nos saisons et notre podcast nba « la pre-agency ».

Qu’est-ce que la pre-agency?

L’expression pre-agency a été popularisée par Jalen Rose (figure de la nba des années 2000) actuellement journaliste tv pour ESPN. Elle est souvent reprise depuis par Bill Simmons. La pre-agency est la période où un joueur à 1 ou 2 ans de devenir agent libre demande à être transféré. Plutôt qu’être free agent, le joueur devient pre-agent car il n’est pas libre et est toujours sous contrat. Nous avons eu droit à 3 pre-agency d’all stars ces dernières saisons avec Kyrie Irving, Paul George et plus récemment Kawhi Léonard. Malgré un contrat les liant à la franchise qui les a draftés, les trois joueurs ont réussi à partir de leur initiative avant d’être libre. Eric Bledsoe est aussi un pre-agent mais ne rentre pas dans cette « starosphère ».

Quelles sont les conséquences de la pre-agency?

Les conséquences peuvent-être diverses selon que l’on se place du coté de la franchise ou du coté du joueur. Certaines conséquences s’appliquent aux deux.

Un transfert avant la fin du contrat!

La nba est une ligue de joueurs. Ceux-ci obtiennent souvent gain de cause quand ils rentrent en pre-agency. Ainsi, les pre-agents se font toujours transférer avant la fin de leur contrat. Les franchises qui détiennent les droits ne prennent pas le risque de perdre leur joueur contre rien. Pire, elles ne veulent pas installer une ambiance délétère dans leur vestiaire. Plutôt que de se dire que le joueur est sous contrat et qu’elles n’ont aucune obligation de le transférer, elles cèdent généralement.

Une destination non-contrôlée?

Dans les trois derniers cas, les joueurs avaient tous exprimés une petite liste de franchises dans lesquels ils aimeraient être échangés. Autre point commun, aucun d’eux n’a été transféré dans une des franchises de son choix. Irving est parti à Boston alors que sa liste comprenait San Antonio, Miami, Minnesota et New-York selon Brian Windhorst. Paul George visait lui Los Angeles et est parti au Thunder où il a prolongé depuis. Dernier pré-agent en date, Kawhi Leonard débarque lui à Toronto alors que lui aussi semblait vouloir rejoindre les Lakers.

Le podcast: Kawhi transféré aux Raptors 

Une fin de relation amère.

Les pre-agency amènent un soupçon de dramaturgie au sein d’une franchise. En exprimant des envies d’ailleurs, les joueurs s’exposent à des réactions véhémentes des fans de la franchise dans laquelle ils sont. Autre effet de cette décision, le peu de levier que possède la franchise dans les négociations.

Premièrement, le joueur par sa situation contractuelle (moins de 2 ans de contrat) laisse peu de marge de manœuvre à sa franchise. Ensuite, la nouvelle valorisation des choix de draft et l’avantage contractuel qu’ils procurent malgré leur incertitude en font des assets de haute valeur (parfois à tort). Les équipes sont obligés de prendre des paris ou de se satisfaire d’offres qui peuvent paraître dérisoires. Lorsqu’un joueur exerce sa pre-agency, la franchise où est le joueur est en position de faiblesse.

Et les fans dans tout ça?

La pre-agency mène souvent à une rupture amère entre le joueur et les fans de cette dernière. Cela est en partie due à la contrepartie ainsi qu’ au choix du joueur de bouleverser les « plans » de la franchise. Pourtant dans l’autre sens c’est vu comme du business. L’exemple de Kawhi Leonard est criant. Après douze mois Kawhi la superstar non reconnu est devenu Kawhi le traite avide de popularité. Alors que de l’autre côté les fans de Toronto se gargarisent d’accueillir « The Hand » et ont rapidement tourné la page avec Derozan le visage des années 2010.

S’accrocher à des espoirs de titre est l’essence du fan nba. Qu’un joueur les contrarie en éloignant la  franchise de ce but est un acte de guerre. Les joueurs nba sont des millionnaires salariés de milliardaires, mais sont avant tout des hommes. Ils ont des émotions et cherchent à se mettre dans la meilleure situation pour s’accomplir en tant qu’homme et en tant que joueur.

La pre-agency est très froide et brutale. Elle risque de s’inscrire au fur et à mesure dans nos saisons nba. Plusieurs joueurs pourraient être concernés pour diverses raisons dans les saisons à venir. Un article en complément de celui-ci leur sera consacré à cet effet.

 

Paul George et Carmelo Anthony, à la recherche d’une alchimie offensive

George

 

Après un été plus que réussi et marqué par des arrivées majeures, Le Thunder devait confirmer toutes les promesses de l’effectif sur le terrain.Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les débuts ont été… difficiles. Un bilan de 8 -12 pour démarrer, des problèmes d’alchimie flagrants, un Big3 qui ne met rien dedans, des matchs gâchés dans le money time… rien d’un outsider au titre.  Et si la défense s’est avérée et s’avère encore très solide, le mouvement offensif et le fit des 3 stars d’OKC a été particulièrement remis en cause, tout comme la capacité de Billy Donovan de les gérer.

Mais le mois de décembre a été salvateur pour l’équipe. Fort d’un bilan de 12-5 et de très bons matchs, notamment à Noël, OKC a montré son potentiel. Et, étonnamment, le Big3 s’est mis à bien jouer et à devenir plus adroit. Alors, au-delà du changement d’attitude de Westbrook, comment Carmelo Anthony et Paul George sont-ils désormais utilisés et impliqués offensivement ?

 

George, le nouveau lieutenant

Remplaçant désigné d’un certain MVP ayant quitté sa zone de confort il y a plus d’un an, Paul George a largement peiné à trouver la sienne en début de saison. En grande difficulté au niveau du tir et en perte de confiance, PG n’était que l’ombre du joueur offensif qu’il était à Indiana. Un pourcentage à peine au-dessus des 40% (43.2% en octobre et 41.7% en novembre) malgré une très bonne réussite à 3pts (40% environ avec plus de 7 tentatives), une difficulté à obtenir les fautes (2.1 lancer francs tentés par match en octobre), il ne se fondait juste pas dans le collectif. Et surtout, son rôle n’était pas encore complètement défini, Melo évoluant d’abord comme la 2ème option. George n’était pas à son aise dans cette attaque.

Dans ce contexte, il s’est mis en tête de compenser ses manquements de l’autre côté du terrain, en défense. Agressif, toujours bien placé et très long, PG est devenu un poison pour l’attaque adverse. Déjà réputé excellent défenseur, il a encore passé un cap cette année, se classant premier aux interceptions et aux déflections, et faisant du Thunder une top défense:

«Nous avons juste trouvé, comment conclure une rencontre, comment bien jouer, comment être solidaire. Nous sommes juste à l’aise, je pense. Le niveau de confort, c’est ce qui a pris un peu de temps.» Paul George

Et puis, petit à petit, il a retrouvé son rythme, et est désormais inarrêtable sur ses dernières sorties. En effet, depuis 10 rencontres, il tourne à 24.1pts avec 54.3% au tir dont 52.3% à 3pts. Par ailleurs, il tente désormais presque 6 lancer francs par match. Ce changement est dû à de petits détails, mais des petits détails qui peuvent avoir un grand impact sur sa confiance et son jeu. D’abord, mécontent de sa forme en début de saison, PG s’est mis en tête de perdre du poids et gagner en vitesse, notamment pour gagner en explosivité sur les drives et en transition pour suivre le monstre qu’est Russell Westbrook. Puis, afin de le relancer et d’utiliser son aspect de créateur, Donovan le fait désormais jouer avec le banc. Et si le résultat n’est pour l’instant pas toujours convaincant, PG a pu reprendre confiance, ayant un rôle de go-to-guy sur ces passages.

De même, Melo étant désormais plus effacé, George s’affirme comme le vrai lieutenant de Westbrook, et semble beaucoup plus concerné offensivement. Enfin, même si les systèmes utilisés pour lui sont quasiment les mêmes depuis le début de saison, il trouve beaucoup mieux ses coéquipiers et semble beaucoup plus en rythme. Un confort plus que retrouvé donc.

Des trois points et de la création

Dans l’attaque du Thunder, George est énormément sollicité et recherché à la suite d’écran non porteur. A la sortie de ses écrans et donc légèrement en avance sur son défenseur, George se montre particulièrement efficace. Très bon dans la lecture de la défense, il peut sanctionner l’adversaire en catch en shoot ou sur un drive où son handle lui permet de créer un tir. De plus, grâce à une vision de jeu assez élevée, il trouve de plus en plus facilement ses coéquipiers seuls, notamment sur de longues passes transversales vers l’opposé, quand l’aide défensive a trop anticipé. Et si il perd parfois des ballons en s’enfonçant trop dans les défenses ou en tentant des passes compliquées, PG est juste redoutable dans cette position.

Regardons maintenant plus précisément comment Donovan et le Thunder ont décidé d’utiliser leur nouvel ailier en situation de jeu placé.

D’abord, pour mettre en valeur George, OKC utilise une adaptation du système Loop. PG part d’une position d’ailier à 45°, puis utilise deux écrans en tête de raquette pour traverser le terrain et recevoir la balle de l’autre côté. Il doit alors créer sur du un contre un, le défenseur ayant du retard, ou pourra se servir du poste 5, qui vient re-picker :

 

Ici, une nouvelle fois, PG utilise deux écrans successifs, cette fois remontant (stagger screen). La plupart du temps, cela débouche sur un tir ouvert à trois points pour l’ailier. Hors, comme le prouve ses 118 tirs à trois points marqués depuis le début de saison (troisième plus gros total de la ligue) : lui donner la balle en rythme pour un tir extérieur punit presque systématiquement l’adversaire.

 

Sur cette situation, George débute poste bas et prend l’écran de Carmelo Anthony ou du poste 4. En avance, il reçoit alors la balle dans l’axe à trois points. Il joue ensuite le pick and roll avec Steven Adams, pour pouvoir fixer les joueurs et créer pour ses coéquipiers, ou jouer pour lui :

 

Enfin, PG a aussi pu être utilisé en screener, notamment pour Westbrook. Il peut alors se montrer très dangereux en pick and pop, et la combinaison Westbrook – George est alors vraiment redoutable :

 

Le renouveau d’Anthony

Arrivée surprise cet été, quid de Melo dans cette équipe ? Le All-Star n’avait jamais joué avec deux joueurs plus forts que lui et dans un rôle autre que première option offensive. Le pari est donc risqué pour OKC, et quand certains n’imaginaient même pas comment le désormais « OK3″ pourrait jouer ensemble, d’autres criaient déjà au retour de « FIBA Melo ». Et à la mi-saison, la vérité semble être entre les deux.

Attaque du Thunder. Paul George drive depuis l’aile, et ressort à l’opposé. S’en suit une succession de passes autour des trois points, où quatre joueurs touchent la balle. Westbrook pour George, swish.

Une action assez banale même si bien construite, mais un parfait exemple du renouveau qui s’opère chez Carmelo Anthony. En effet, au bord du terrain, prêt à rentrer à ce moment-là, Melo encourage ses coéquipiers et n’hésite pas à inciter Westbrook à faire la passe de plus. One more ! Réputé ball-stoppeur et éternel croqueur, Melo encourage ses coéquipiers à faire la passe supplémentaire. Et ce changement de mentalité s’est avéré plus que primordial pour les progrès offensifs d’OKC au cours des dernières semaines.

Moins égoïste, Melo s’est surtout illustré par son attitude, attitude d’ailleurs plus que félicitée par Billy Donovan :

«Je lui accorde beaucoup de crédits parce que c’est différent pour lui, et il a vraiment été ouvert pour essayer de faire tout ce qu’il peut pour aider l’équipe.»

Son jeu et son rôle ont effectivement évolué pour le bien de l’équipe. Désormais vraie 3ème option, plus utilisé seul avec le banc, il s’est surtout illustré avec un altruisme nouveau, et un changement radical dans sa sélection de tirs et ses situations d’attaques. Moins utilisé en isolation, (21,5% de ses actions cette année, chiffre le plus faible de sa carrière) et beaucoup plus utilisé en catch and shoot (42.4% de ses tirs en décembre contre 32.8% en octobre), c’est surtout son rôle au sein de l’attaque qui a changé. Plus exploité en option prioritaire mais en shooteur restant au large, Melo s’est mis au service de l’équipe, et ses stats s’en ressentent : 15.1 pts en 14 tirs en décembre contre 22pts en 18tirs en octobre et 21.7 d’Usage contre 28.3 auparavant.

 

La recherche de l’équilibre entre isolation et spot-up

L’importance de Melo évoluant en shooteur loin du cercle est primordiale pour l’attaque d’OKC, augmentant le spacing pour les deux créateurs, Westbrook et George. De même il est déjà difficile d’évoluer avec deux joueurs incapables de shooter (Roberson et Adams), il doit donc apporter une menace extérieure.

Prenons maintenant plusieurs situations qui permettent à OKC d’utiliser Melo dans ce rôle-là et dans des positions favorables à son scoring.

Anthony a, d’abord, énormément profité des fixations et des aides défensives créées par Westbrook et George, et il semble de plus en plus se fondre dans son rôle de spot-up shooteur, sur des situations de catch and shoot notamment.

De plus, Melo a pu profiter de la présence de vrais athlètes à ses côtes. Westbrook ayant toujours envie de courir et de relancer le rythme, il ne peut le suivre, mais arrive toujours en trailer, pour sanctionner les défenses en difficulté qui recule en transition. Une deuxième lame après l’arrivée des premiers joueurs.

Mais, au final, la plupart des systèmes appelés pour Melo débouchent de la même façon : une isolation, à mi-distance, dos au cercle. S’il était peu efficace et adroit en début de saison sur ces situations, il reste un énorme attaquant dans cette position. En plus de son adresse revenue ces derniers matchs, il s’est aussi montré plus agressif, n’hésitant pas à enfoncer les défenseurs plus petits suite à un switch ou à driver. De même, il a montré qu’il était capable de ressortir la balle et de diversifier son jeu, ce qui aide grandement au collectif offensif.

Enfin, selon Ryan Nguyen, sur les derniers matchs, afin de donner à Melo sa position favorite, le Thunder a utilisé une variante de leur système Loop, d’abord prévu pour Paul George. En effet, cette fois, après que Westbrook ait donné la balle à George dans l’aile, Adams coupe et Westbrook va poser un écran tête de raquette pour Anthony. Melo obtient la balle, George libère l’espace en posant un écran. L’isolation est lancée.

The Hawk set

C’est LE système probablement le plus utilisé par le Thunder cette année. En effet, on a pu voir à de nombreuses reprises l’équipe utiliser exclusivement ce mouvement en fin de match, dans le clutch. Il se révèle notamment très intéressant car il permet normalement d’offrir des possibilités de tirs aux trois membres de OK3 et ce dans des positions plutôt préférentielles. Il diverge donc du pick and roll simple ou de l’isolation.
Comme c’est visible plus bas, le système Hawk se finit avec deux actions en parallèle, sur les 2 quarts de terrain. D’abord, Westbrook descend dans l’aile balle en main. Melo se place au poste haut pour poser un écran à Paul George, qui coupe. Melo enchaine par un pick and pop avec Westbrook, tandis que de l’autre côté, PG remonte en dehors des 3pts en prenant 2 écrans (stagger screnn) d’Adams et Roberson.

Les options sont alors simples :

Westbrook peut jouer son un contre un ou le switch sur le pick and roll et driver ou tirer :

Melo reçoit la balle pour tirer ou jouer en isolation, en post up, pour sanctionner le changement défensif :

George reçoit la balle pour un tir, un drive ou reprendre un écran d’Adams ou Roberson :

De même contre Houston, une variante a été mise en place. Cette fois, Adams ne fait plus écran pour George mais pour Westbrook, qui prend deux écrans successifs. Cela pourrait permettre à Westbrook d’être plus agressif et à George d’avoir plus d’espace à l’opposé.

En plus d’être intéressant pour le Big3, ce système utilise Adams et Roberson en rollman et près du cercle, là où ils sont le plus efficace et où Adams pourra notamment se montrer décisif sur des rebonds offensifs.

Si, récemment, le système se montre plus efficace, il comporte néanmoins plusieurs défauts et est largement perfectible dans sa mise en place et son utilisation par les joueurs. D’abord, étonnamment, la première coupe de George sert souvent uniquement de leurre, alors qu’elle pourrait offrir une position préférentielle à PG, sous le cercle.

De plus, le système est maintenant connu et scouté par les autres équipes, et probablement sur utilisé dans le clutch (9 fois en 10 possessions contre Utah par exemple). Les défenses, les coachs et les joueurs s’adaptent, et le scoring ne dépend alors que d’exploits individuels. La recherche d’une continuité au système pourrait donc être intéressante.

Fort d’un mois de décembre plutôt bon, OKC s’est replacé dans le classement à l’Ouest. Parmi les meilleures défenses de la ligue, l’équipe doit maintenant confirmer les progrès entrevus en attaque, et ceux sur 48 minutes. Si des doutes persistent, le Thunder est lancé, et beaucoup d’équipes pourraient craindre le foudroiement en avril prochain.

T-Mac, l’homme qui vit et vivra à travers le rêve

Tracy McGrady

On m’a dit une fois de ne jamais écrire sur ses idoles, de ne jamais essayer de poser sa plume sur ces hommes que l’on admire, que l’on suit et que l’on aime. Et puis en regardant ce vieux poster corné de Tracy ce matin, maillot des Raptors violet sur le dos et gros sourire face à l’objectif, je n’ai pu résister, peut être pour lui rendre hommage, sûrement pour me souvenir des maigres images germant dans mon esprit. Pas de chiffres donc, pas de statistiques, de récompenses, je laisse çà aux autres et j’y substitue un court moment les images.

« Le Hall Of Fame c’est un peu mon titre à moi », voilà les mots qu’a tenu Tracy McGrady concernant sa future introduction au temple du basket américain. Des mots glaçants, grinçants et une idée qui suit l’ancien Raptor depuis longtemps, trop longtemps. Dans une période où la bague régit tout, commande la plupart des mouvements, facile de comprendre les quelques critiques sur l’entrée de McGrady au Hall Of Fame, institution qui rassemble la crème de la crème, le haut du panier ; toujours est-il que T-Mac appartient désormais au panthéon de la balle orange, belle et juste récompense pour celui qui reste comme un des plus récents et grands mystères du basket. Mystère car ce que l’on sait de McGrady n’est pas ce que nous aurions pu savoir, à moins que ce ne soit simplement ce que nous aurions aimer voir.

C’est une récompense car le corps de Tracy McGrady n’a cessé de l’endiguer, de le brider : on ne compte plus ses blessures, ses soucis au genou, à l’épaule, au dos, au pied, oui tout y est passé, empêchant le floridien d’exprimer la plénitude de son talent, de jouer réellement les premiers rôles collectivement.

Récompense aussi car il n’a jamais pu, durant son prime, être bien entouré et avoir les armes afin de faire du bruit en playoffs ; loin de moi l’idée de l’ôter de ses responsabilités, ses contre-performances dans certains matchs clés sont indélébiles. Indélébile aussi les fantaisies, les rêves de ses possibles associations avec Vince Carter, Grant Hill et Yao Ming, tous là au mauvais moment auprès de Tracy McGrady. A moins que ce ne soit le contraire.

Récompense enfin car à lui tout seul il avait fait trembler l’armada collective des Pistons en 2003, tournant à quasiment 37pts et 51% aux tirs dans les 4 premiers matchs, amenant le Magic à mener 3-1, cela avant de perdre la face, comme enlevé par Hécate.

Il n’y a rien de pire que les « mais…si… » dans une vie, pourtant quand il s’agit de résumer la carrière de T-Mac, c’est ce qui ressort en premier. Spadassin du un contre un, il a terrorisé les ailiers NBA durant une bonne partie des années 2000, gagnant le respect de tous, étant le héros d’enfance de pas mal de stars actuelles de la ligue. Bon nombre de jeunes joueurs ont été ou sont encore comparé à l’ancien joueur d’Orlando lorsqu’ils arrivent en NBA (Kevin Durant et Paul George en passant par Josh Jackson, Andrew Wiggins) : c’est donc peut être çà ce qui reste de T-Mac en 2017, un joueur au potentiel inchiffrable, immesurable, un physique de jeu vidéo, des bras tentaculaires et des souvenirs, beaucoup de souvenirs.

Les trois anaphores du troisième paragraphe ont toutes ce point commun, elles émettent chacune le meilleur et le pire, le scénario le plus positif puis directement derrière le plus négatif. A jamais pour Tracy McGrady, c’est cela qui fait sens. Dans un monde régit par les faits et le chiffre, il est important de laisser une place à l’imaginaire, au chimérique, et cela car comme le disait Kundera, rêver est l’un des plus profonds besoins de l’homme.

Dennis Schröder et la théorie du vide générationnel

Dennis Schroder

Ce constat, quasiment annuel, a rarement été aussi vrai: il est très dur d’être supporter des Hawks d’Atlanta. Après dix années consécutives de playoffs, la franchise va jouer la loterie la faute à des départs et à des choix douteux du front office. En effet, si l’on peut comprendre qu’il est difficile de se remettre de départs de joueurs majeurs comme Al Horford ou Paul Millsap. Les contrats exorbitants offerts à Kent Bazemore et, dans une moindre mesure, Dwight Howard, ont contribué à plonger la franchise dans un état de désespération avancé.

État que l’on peut facilement comprendre. Le joueur le mieux payé de l’équipe est un arrière qui serait remplaçant dans la majorité des franchises NBA. Le troisième poste de dépense le plus important est la dead money, l’ensemble de l’argent que la franchise doit donner à des joueurs qu’elle a coupée. Enfin, le commun des mortels est incapable de nommer l’ailier-fort titulaire.

Au milieu de ce marasme se trouve Dennis Schroder. Le joueur de 23 ans va entamer sa deuxième saison en tant que meneur titulaire et reste un sujet brûlant parmi les observateurs NBA. Là où certains voient un des jeunes meneurs les plus prometteurs de la ligue, d’autres critiquent un jeu anachronique, trop attaché à la gonfle. Deux visions antinomiques, toutes les deux un peu vraies et qui amènent des questions. Parmi elles, une majeure, trop peu abordée, mais qui pourrait exploser aux yeux de la NBA: le vide générationnel au poste de meneur.

De la domination des meneurs sur la ligue

L’emprise des meneurs de jeu sur la ligue est un fait difficilement discutable. Ce poste est de loin le plus dense de la ligue, avec seulement quelques équipes ne disposant pas d’un titulaire installé. Le destin estival de certains agents libres – comme George Hill pour ne citer que lui – est venu confirmer l’intense concurrence à la position. Une prépondérance qui devrait encore se prolonger quelques années puisque la plupart des meilleurs meneurs de la ligue entre seulement dans leur prime, les meilleures années d’un joueur qu’on a l’habitude de situer entre ses 27 ans et ses 32 ans.

Russell Westbrook, James Harden (si l’on veut bien le considérer comme un meneur), Stephen Curry, Damian Lillard, John Wall, Isaiah Thomas ou encore Kemba Walker ont tous entre 26 et 29 ans. Quant aux Kyle Lowry, Chris Paul ou encore Mike Conley, ils ont pour les deux premiers passés la trentaine d’une ou deux années. Le meneur des Grizzlies va lui souffler ses trentes bougies au mois d’octobre. Ainsi, ces dix meneurs, les dix meilleurs de la ligue – avec Kyrie Irving – se trouvent tous dans une fourchette de plus ou moins cinq ans. Une fourchette qui correspond au prime classique d’un joueur NBA. 

Cette génération dorée de meneurs devrait logiquement laisser sa place au milieu de la prochaine décennie à une nouvelle génération. Nouvelle génération dont, à l’heure actuelle, on peine à voir les fers de lance.

Un cycle de draft riche, trop riche ?

Rétrospectivement, la majorité des meilleurs meneurs actuels sont arrivés dans la ligue en l’espace de quatre drafts, allant de 2008 à 2011. Quatre cuvées pour une pléthore de joueurs de haut niveau: Westbrook, Harden, Curry, Wall, Irving et Walker. On peut même citer, même s’il a connu une descente aux enfers depuis ses grandes années NBA, le nom de Derrick Rose. Quatre drafts qui font figure d’anomalies, leur densité étant anormales. Cependant, bien qu’étant arbitraire, la durée choisie – quatre ans – reste intéressante. En l’utilisant, on remarque que chaque cycle de quatre années offre, en temps normal, plusieurs all-stars, des candidats au MVP voire des MVP.

Or, le cycle dans lequel nous nous trouvons actuellement détonne par sa pauvreté. Bien évidemment, soyons prudents quant aux conclusions trop hâtives. Le cycle de jeunes meneurs actuel vient à peine d’entrer en NBA, certains n’ont pas encore pu briller. De plus, par rapport aux années 1990, on a pu assister à une inversion des pôles dans la vitesse d’apprentissage. Il y a deux décennies, les pivots dominaient la ligue et les jeunes pivots prenaient en général plusieurs années pour s’imposer. Une phase d’apprentissage accélérée pour quelques phénomènes mais qui restait la norme pour la plupart des pivots. Actuellement, ce sont les meneurs qui voient leur formation prolongée en NBA. La concentration de talent, qui pousse les jeunes face à des joueurs de haut niveau quotidiennement, complique l’insertion.

A titre d’exemple, bien qu’étant dans une division en dessous de la moyenne à ce poste, Dennis Schroder fait face à un meneur exceptionnel (John Wall), un (presque) All-Star (Kemba Walker) et un vétéran confirmé (Goran Dragic). Le meneur du Magic est ainsi le seul adversaire de division que le jeune allemand peut dominer. Difficile donc de s’imposer. Les trajectoires de carrières de Kyle Lowry ou Isaiah Thomas viennent confirmer cette tendance. Le premier a dû attendre sa huitième saison dans la ligue pour arriver à Toronto et exploser. Thomas n’a connu les joies du succès qu’à 26 ans.

Cependant, malgré toutes ses précautions, le constat reste inchangé: la NBA pourrait souffrir d’une pénurie de meneurs de haut niveau. Le cycle quadriennale suivant les années 2008-2011 s’étend logiquement de 2012 à 2015. Pour mesurer la gravité de la pénurie, la cuvée de draft 2016 sera intégrée à l’étude des lottery picks de ces dernières années. Une méthode d’analyse critiquable mais qui permet de jauger de la réussite des jeunes pousses les plus attendues. Car, contrairement à une lecture naïve et trop idéaliste, les meilleurs joueurs se trouvent en général parmi les lottery picks. C’est par exemple là où on trouve neuf des onze meilleurs meneurs, selon notre classement ci-dessus. 

Les meneurs sélectionnés parmi les lottery picks entre 2012 et 2016

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Oui, les noms ne sont pas ronflants et l’état de la carrière de certains n’améliore pas le tableau.

Kendall Marshall joue actuellement en D-League. Trey Burke est agent libre et pourrait décider de tenter sa chance en dehors de la NBA. Michael Carter-Williams, rookie de l’année en trompe l’oeil, a signé aux Hornets cet été pour le minimum. Dante Exum joue sa dernière chance avec le Jazz d’Utah. Marcus Smart est un des meilleurs défenseurs de la NBA, mais peine à confirmer son statut de sixième choix de draft. Elfrid Payton sera surement le titulaire du Magic d’Orlando, on ne sait pas trop comment ni pourquoi. D’Angelo Russell a réalisé deux bonnes saisons NBA mais paye ses frasques hors terrain. Les Nuggets semblent avoir perdu espoir en Emmanuel Mudiay après deux petites saisons. Cameron Payne a l’amour du front office des Bulls mais pas le niveau pour être titulaire – voire simplement jouer – en NBA. Quant à Kris Dunn, les joueurs ayant eu une saison rookie aussi difficile que la sienne n’ont jamais réussi à être des joueurs solides.

Seul Damian Lillard vient sauver la mise.

Et si le meneur sauve le cycle récent de draft à son poste, il n’affecte en rien le possible vide générationnel. Le joueur de Portland a réalisé un cursus complet à la fac, il a donc déjà 27 ans.

En décidant de partir de la draft 2013 jusqu’à la cuvée 2016 pour créer un nouveau cycle de quatre années, on peut affirmer que Dennis Schroder est le meilleur meneur drafté sur cette période sans dire d’énormité. Un bilan assez accablant et l’énumération des principaux concurrents à ce titre informel n’améliore rien. Pire, mis à part D’Angelo Russell et Marcus Smart, tous les lottery picks de la période font figures de flops, même si le cas de Kris Dunn mériterait plus d’explications. Parce que, bien qu’étant doté d’un optimisme à tout épreuve, il est très compliqué d’imaginer un futur en NBA à la hauteur de son pedigree précédent la draft, pour un joueur comme Emmanuel Mudiay. Son cas n’étant malheureusement pas isolé. 

L’intrigant cas Kyrie Irving

L’ampleur du manque de jeunes meneurs est d’autant plus accentuée par la vitalité des autres postes en NBA. On compte de nombreux jeunes talentueux à tous les postes, à l’exception de celui-ci. En janvier dernier, le site américain Bleacher Report a publié une revue d’effectif des meilleurs éléments NBA de moins de 25 ans. Liste dans laquelle on ne retrouvait que trois meneurs: D’Angelo Russell (24ème), Dennis Schroder (14ème) et Kyrie Irving (3ème).

A l’intérieur de cette guerre générationnelle, Kyrie Irving représente un cas épineux. Le meneur se trouve un peu dans un no man’s land. Plus jeune de deux ans que les moins âgés du groupe des meneurs dominants, on ne lui trouve aucune concurrence parmi les jeunes pousses. Irving se trouve un peu seul au monde, et pourrait donc connaître une fenêtre – certes courte, il ne faut pas surestimer ces deux petites années – comme seul meneur dominant dans son prime. Une hypothèse recevable mais nettement improbable. En plus de l’affirmation pratiquement certaine de meneurs dans les années futures, il ne faut pas oublier le passé tortueux de Kyrie. Le meneur a déjà subi de nombreuses opérations. Pire, on constate actuellement en NBA que les meneurs basant leur jeu sur beaucoup de pénétrations vieillissent très mal. Irving joue moins sur son physique que ces joueurs mais ces cas doivent rester dans nos esprits. Sans annoncer une descente aux enfers au jeune meneur, il faut quand même prendre en compte ces précédents.

En étant un brin plus optimiste, on peut voir en Kyrie et sa (probable) future domination sur la ligue une transition entre une génération de meneurs et une autre. Cette dernière se fait encore attendre mais pourrait bien se trouver dans la cuvée 2017. Avec une draft qui a vu cinq meneurs choisi à l’intérieur du top 10, le poste pourrait voir son futur prometteur se matérialiser. Un scénario dans lequel la NBA souffrirait quand même d’un vide chez les meneurs touchant plusieurs classes d’âge consécutives. 

Trop prisonnier du présent, il ne faudrait pas non plus tirer un trait sur tous les jeunes meneurs NBA, même si des revirements de carrières improbables devront avoir lieu pour que cette génération soit réhabilitée. Sachant qu’au même stade de leur carrière, la majorité des stars actuelles avaient montrés beaucoup plus. 

A moins que cette pénurie future annonce la fin de la domination des meneurs sur la ligue.

Dunkhebdo NBA Podcast épisode 24: Vers une expansion de la ligue et le retour de Seattle ?

Seattle

 

La négociation du nouveau CBA a fait réapparaître la rumeur d’un retour de la NBA à Seattle. Dans cet épisode de notre podcast basket consacré à la nba, Pierre et Benjamin discutent de cette possibilité ainsi que des autres villes qui pourraient rejoindre la ligue et du règlement qui contrôle ces extensions. Dans la dernière partie de l’émission, le duo vous propose le programme des matches à ne pas manquer pour cette première semaine de NBA.

SOMMAIRE

Introduction: 1m11
Le retour des Sonics et des propositions de villes pour l’expansion: 2m49
Le règlement entourant les nouvelles équipes: 37m59
Les matches à suivre de la prochaine semaine: 57m15

Lorsque la draft 2013 passe à la caisse : Episode 3 Rudy Gobert, joueur français le mieux payé de l’histoire ?

Troisième et dernière partie de notre série sur la draft 2013. Comme nous l’avons vu précédemment les joueurs de la cuvée 2013 sont, depuis le premier juillet, éligibles à une extension de leur contrat rookie. Ces extensions peuvent être signées jusqu’au 31 octobre ; les deux parties peuvent également attendre l’été prochain pour se mettre d’accord.

Cette série d’articles a pour but d’estimer les contrats que ces joueurs peuvent espérer toucher. Bien sûr plusieurs facteurs entrent en jeu : la valeur du joueur, son importance au sein de l’effectif, le niveau des free agent à ce poste déterminant sa valeur sur le marché … et c’est pourquoi nous avons décidé de faire, dans la mesure du possible, une étude au cas par cas.

Rappelons enfin les contrats maximums que ces joueurs peuvent signer :

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* si le joueur accepte une offre d’une équipe différente lors de la free agency 2017

Note : le cas de Gorgui Dieng (#21) a été abordé dans l’article précédent, en même temps que son coéquipier Shabazz Muhammad. 

#20 Tony Snell

Voilà un joueur qui a manqué le coche. Drafté puis mis en couveuse derrière Luol Deng et Mike Dunleavy Jr tout avait été mis en oeuvre pour que Tony Snell grandisse et devienne un poste 3 solide. Les Bulls pensaient tenir leur « 3&D » idéal pour entourer Derrick Rose puis Jimmy Butler. On pensait que Snell exploserait l’an passé lorsque Dunleavy a eu des problèmes de dos qui l’ont tenu écarté des parquets pendant 50 matchs mais ce ne fut pas le cas. Pire, Snell a terminé la saison derrière Justin Holiday dans la rotation de Fred Hoiberg. Si son profil et son adresse extérieure (36% derrière l’arc) devraient théoriquement faire du bien à des Bulls qui ont pris le pari de construire un effectif sans spacing l’arrivée de Dwayne Wade et la montée en puissance de Doug McDermott semblent avoir scellé son sort.

Il est difficile d’envisager un scénario dans lequel le joueur prolonge dans l’Illinois. Les Bulls auraient tout intérêt à le laisser tester le marché pour évaluer sa valeur. À l’image de Ben McLemore ou encore Michael Carter-Williams un changement d’air devrait lui faire le plus grand bien.

Mason Plumlee victime de l’été des Blazers ?

Alors que tout le monde pensait que les Blazers squatteraient les bas fonds de la conférence Ouest après avoir perdu 4 titulaires lors de l’été 2015 Portland a surpris tout le monde en accrochant les playoffs. Résultat la valeur des joueurs a explosé et Neil Oshley a dû sortir le carnet de chèque pour contenter (presque) tout le monde. Après avoir vu ses coéquipiers (et son frère, Miles) capitaliser sur leur très bon exercice 2014-2015 Mason Plumlee sera t-il le suivant ?

Titulaire l’an passé au poste 5 Plumlee a fait admiré sa très bonne qualité de passe pour son poste. Avec Ezeli, Leonard et Ed Davis les Blazers disposent de 3 autres pivots capables d’apporter dans des registres différents et malheureusement pour Plumlee la protection du cercle d’Ezeli, les qualités de finisseur et de rebondeur de Davis et l’adresse extérieure de Leonard pourraient prendre le dessus sur ses talents de playmaker. Les Blazers n’ont plus de marge financière et si les genoux d’Ezeli tiennent on voit mal les Blazers faire une offre à Plumlee.

Sauf blessure Plumlee aura du mal à atteindre les 25 minutes de temps de jeu et cela devrait faire baisser sa valeur. De la même manière ses carences près du cercle (shoote à 33 % dans la raquette – hors de la « restricted area ») ou à mi distance (32 % dans cet exercice) et son incapacité à protéger le cercle ne joueront pas en sa faveur. Ayant vu son frère Miles Plumlee toucher un contrat de 50 millions sur 4 ans on peut penser que Mason visera davantage, sans doute une offre autour des 16 millions par saison mais le seul moyen pour lui de l’obtenir est de tester le marché l’été prochain.

#23 Solomon Hill n’est plus éligible après la décision (très contestable) de Larry Bird de ne pas activer son option. Il a signé avec les Pélicans pour 48 millions sur 4 saisons.

#24 Tim Hardaway Jr

Année décisive pour Hardaway Jr qui devrait avoir plus de temps de jeu cette saison. Atlanta croit en lui, suffisamment pour échanger son premier tour de draft pour le récupérer, et on a pu le voir intégrer doucement mais sûrement la rotation. Budenholzer attend mieux de son joueur, que ce soit au niveau de son implication défensive ou de son adresse extérieure (33 % à 3 pts). Des progrès dans ces deux domaines devraient lui permettre de recevoir une offre solide l’été prochain, sans doute entre 8 et 10 millions de dollars par saison. Si ce n’est pas le cas la draft de Taurean Prince pourrait pousser l’ancien new-yorkais vers la sortie.

#25 Reggie Bullock

Comme nous l’avons vu dans notre première partie, la priorité des Pistons sera clairement de resigner Kentavious Caldwell-Pope. Ceci étant dit les Pistons ont besoin d’un backup à l’arrière et si Bullock a eu besoin d’attendre le mois de février pour intégrer la rotation son adresse extérieure a illuminé le Palace d’Auburn Hills (48,8 % à 3 pts après le All Star Game !). Maintenir cette adresse sur 82 matchs semble improbable, surtout pour un joueur connu pour son irrégularité chronique. Si Bullock parvient à gagner son duel à distance face à Darrun Hilliard et à s’installer dans la rotation grâce à son adresse extérieure il devrait recevoir des offres supérieures à 5 millions par saison l’été prochain. En attendant il est (très) difficile d’envisager que les Pistons lui proposent autant d’argent. Même si le contexte est différent il sera intéressant de voir la différence de contrat entre Bullock et Hardaway Jr.

#26 Andre Roberson

Si le Thunder avait un vrai déficit à l’aile du temps de Kevin Durant cela ne s’est clairement pas arrangé après son départ ! Avec l’arrivée de Victor Oladipo et les départs de Durant et de Dion Waiters la titularisation de Roberson au poste 3 semble évidente. Néanmoins Billy Donovan avait trouvé la bonne formule l’an passé en l’utilisant comme un intérieur (poseur d’écran sur pick&roll, utilisation importante de la ligne de fond). Focalisé sur le duo Westbrook-Durant et obligé de respecter l’adresse extérieure de Serge Ibaka les défenses ont très souvent oublié Roberson, de quoi lui permettre d’être enfin un danger en attaque. Le salaire moyen d’un ailier titulaire tourne autour de 13 à 16 millions de dollars par saison, néanmoins Presti et le Thunder n’ont jamais vu Roberson comme un titulaire en puissance. De la même manière Presti cherchera à prolonger Adams et Oladipo en priorité, quitte à perdre Roberson l’été prochain.

Rudy Gobert mieux payé que Nicolas Batum ?

Dans l’anonymat général le General Manager du Jazz, Dennis Lindsey, est en train de se faire un nom. Même si les négociations entre Gobert et le Jazz ont débuté très tôt et qu’elles ont été interrompues par les Jeux Olympiques de Rio (dans lequel le pivot français n’a pas brillé) il est peu probable de voir les deux camps signer une extension avant l’été prochain.

Sur le plan financier Gobert devrait demander un contrat maximum de 138 millions de dollars sur 5 ans. Agé de 24 ans le français fait déjà partie de la crème de la crème des pivots défensifs. Mobile sur pick&roll, l’intérieur fait également parler son envergure pour être le meilleur « rim protector » de la ligue et un candidat très crédible pour le titre de meilleur défenseur. Doté d’un impact évident après le transfert d’Enes Kanter en 2014 l’importance du français s’est encore vu l’an passé, jugez plutôt : 7 victoires pour 14 défaites, c’est le bilan du Jazz pendant l’absence du français. Un véritable trou d’air qui a sans doute couté une qualification en playoffs à la franchise mormone.

Si on a pu constater son absence de progrès offensifs pendant l’exercice 2014-2015 et pendant les JO il ne fait aucun doute que « Gobzilla » devrait devenir le joueur français le mieux payé de l’histoire (et donc dépasser Nicolas Batum qui a signé pour 120 millions sur 5 ans cet été).

Plusieurs interrogations demeurent : va t-on vers un scénario comparable à celui de McCollum et Giannis Antetokounmpo ? La franchise va t-elle chercher à s’entendre sur un montant précis plutôt que sur un pourcentage du salary cap ? Gobert va t-il faire le forcing pour obtenir une « player option » ? Quid des négociations entre Gordon Hayward, Derrick Favors et le Jazz ?

Très attendu après un superbe recrutement cet été la saison du Jazz aura également de nombreuses conséquences sur les futures négocations entre la franchise et ses meilleurs joueurs.

#29 Archie Goodwin

Après Ben McLemore, Michael Carter-Williams ou encore Tony Snell voilà un autre joueur qui doit changer d’air pour lancer sa carrière NBA. En l’état la situation se présente mal pour Goodwin. Tout d’abord il sort d’une saison complètement ratée où il faisait partie des pires arrières tout en remportant le titre officieux de pire défenseur à son poste. Ensuite il a vu arrivé en Devin Booker un prodige de 18 ans évoluant sur le même poste. Enfin entre Bledsoe, Booker et Knight la rotation à l’arrière des Suns est complètement blindée et même si la franchise croit encore en lui il n’aura pas assez de temps de jeu pour montrer ses qualités.

La franchise de l’Arizona n’a aucun intérêt à lui faire une offre. Sauf énorme surprise (ou blessure pendant la saison qui lui permette d’intégrer la rotation) il devrait faire ses valises l’an prochain

#30 Nemanja Nedovic évolue en Europe depuis deux saisons après avoir été coupé par les Warriors.

***

Avant de conclure notre série sur le premier tour de la cuvée 2013 il nous faut rappeler que ces extensions sont souvent inférieure à la valeur du joueur sur le marché. La raison est simple : ces jeunes adultes signent le premier gros contrat de leur carrière et privilégient la sécurité (notamment via la durée des contrats) plutôt que de se battre pour obtenir le meilleur contrat possible ; à l’image des contrats signés par CJ McCollum et Giannis Antetokounmpo. Si il y aura moins d’argent sur le marché l’été prochain que prévu (l’augmentation du cap à été revue à la baisse – de 108 à 102 millions selon les dernières estimations) les joueurs ont vu leur coéquipiers ou adversaires toucher le gros lot ce qui jouera dans les futures négociations (notamment en prenant comme modèle certains contrats signés cet été).

Par ailleurs il faudra suivre attentivement le nombre d’options joueurs qui seront donnés. Une « clause » qui gagne en importance pour les jeunes joueurs puisque cela leur permet de retester le marché plus rapidement. Si les franchises pourraient les utiliser pour faire baisser certaines prétentions contractuelles ce sont surtout les agents des joueurs qui vont faire pression pour les obtenir. La flexibilité si souvent recherchée par les franchises NBA et au moins aussi importante pour la gestion de la carrière des joueurs et ceux-ci commencent à s’en rendre compte.

Enfin selon les dernières rumeurs les propriétaires et l’association des joueurs sont sur la bonne voie pour ratifier une nouvelle convention collective. Contrairement à 2011 la santé de la NBA est telle que les deux partis n’ont aucun intérêt à faire durer le bras de fer.

Lorsque la draft 2013 passe à la caisse… Avant propos: retour sur l’explosion du salary cap et ses enjeux

C’est un rituel. Chaque été une cuvée de jeunes joueurs NBA devient éligible à une extension contractuelle. Après trois saisons passées en NBA les franchises peuvent leur proposer un nouveau contrat qui entrera en vigueur à la fin de leur contrat rookie (soit à la fin de leur quatrième saison). Une situation qui ne concerne que les contrats des joueurs draftés au premier tour. Ces joueurs ont souvent entre 22 et 25 ans, et ces nouveaux contrats sont les premiers gros contrats de leur carrière. C’est donc au tour de la draft 2013 de faire sauter la banque !

Une grille de contrat pour les joueurs du premier tour

Pourquoi ne pas aborder les contrats des joueurs choisis au second tour ?

Tout simplement parce que la NBA n’a pas de grille de contrat pré déterminée pour les joueurs choisis entre la 30ème et la 60ème. Ces contrats sont donc négociés entre les franchises et les agents des joueurs et sont souvent très différents des contrats des joueurs choisis dans les 30 premières positions. Par exemple, les contrats sont plus courts et surtout plus précaires (avec moins d’argent garanti) permettant aux franchises d’établir une flexibilité qui n’est plus possible avec les joueurs du premier tour.

Quand et pourquoi avoir établi une telle grille ?art1

Tout a changé en 1995. Avant cette date les jeunes espoirs du basket américain avaient coutume d’entamer de véritables guerres de tranchées pour obtenir le meilleur contrat possible. Une situation intenable à plus d’un titre. Pour les franchises tout d’abord qui devaient mettre plus d’argent sur la table pour de jeunes joueurs que pour des joueurs confirmés ; pour les joueurs expérimentés ensuite qui voyaient d’un mauvais oeil les nouveaux gagner plus d’argent qu’eux ; pour les coachs, enfin, qui devaient réparer des vestiaires explosifs entre des joueurs qui ne se connaissaient même pas et abritaient pourtant un ressentiment important.

La NBA dut attendre l’affaire Glenn Robinson pour régler une fois pour toutes ce problème. Premier choix de la draft 1994 Glenn Robinson entama un bras de fer avec les Bucks de Milwaukee. D’après les rumeurs il voulait obtenir un contrat de 100 millions de dollars. Si Robinson signa finalement un contrat de 68 millions de dollars sur 10 ans ce fut la goutte d’eau qui fit déborder le vase. Après cela la NBA instaura une grille de salaire pour éviter que ce genre de situation ne se reproduise.

Quel est le calendrier pour ce type d’extension ?

Plusieurs choix s’offrent au joueur. Tout d’abord sa franchise peut lui proposer une extension du 1er juillet au 31 octobre. Si les deux parties n’arrivent pas à se mettre d’accord le joueur sera free agent protégé après sa 4ème saison (et donc dernière de son contrat).

Dans ce cas là le joueur aura 3 possibilités :
-signer une extension avec son équipe
-accepter une offre d’une autre équipe et laisser à son équipe une chance de l’égaler
-accepter la « Qualifying Offer »

Cette dernière alternative est en réalité une année de contrat supplémentaire (avec augmentation salariale) avec son ancienne équipe à l’issue de laquelle le joueur devient free agent non protégé (et peut signer n’importe où sans que sa franchise n’égale les différentes offres).

Le nouveau contrat TV et ses effets sur le salary cap

Avant de rentrer dans le vif du sujet il est impératif de revenir sur le contexte exceptionnel dans lequel se tiendront toutes ces négociations. Tout d’abord elles entreront dans le cadre du CBA (Collective Bargaining Agreement) signé lors du Lockout 2011. Cette convention collective marquant l’accord entre les joueurs et les propriétaires des franchises NBA avait été ratifiée pour une période de 10 années avec une clause permettant aux deux parties de revenir aux tables des négociations à mi-mandat, soit après la saison 2016-2017. Et cela sera bel et bien le cas car depuis 2011 la donne a changé.

En octobre 2014 la NBA a renégocié son contrat avec les chaines de télévision ESPN et TNT pour la modique somme de 24 milliards de dollars sur 9 ans.

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Une augmentation substantielle puisque jusque là la NBA touchait 930 millions de dollars par saison. Cet accord triple cette somme pour atteindre 2,7 milliards de dollars (toujours par saison).

Les ventes des Milwaukee Bucks pour 500 millions de dollars et des Los Angeles Clippers pour 2 milliards apportent une nouvelle preuve de la bonne santé économique de la NBA. Le temps où les propriétaires se plaignaient des pertes économiques importantes liées aux franchises (raison du lockout en 2011) est révolu et après avoir fait des concessions importantes (les joueurs sont passés de 57 % des revenus basket de la ligue à 49 %) l’association des joueurs compte bien retrouver la place qui était la sienne il y a 5 ans. Même si les deux camps ne souhaitent pas « gâcher » la très bonne période économique de la ligue il est possible qu’un bras de fer s’installe et aboutisse à un nouveau lockout.

Après avoir stagné autour des 60 millions de dollars pendant plusieurs saisons le nouvel accord TV a fait exploser le salary cap, la NBA refusant une augmentation progressive :

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Les premières projections pour la saison 2017-2018 ont fait état d’un salary cap de 107 millions de dollars. Un premier jet ramené à la baisse par le commissionnaire Adam Silver (qui parle de 102 millions de dollars).

Quel salaire maximum pour la draft 2013 ?

Dans tous les cas les estimations sont, par définition, instables. Encore plus lorsqu’un changement de convention collective est prévu pour l’été prochain. Il est possible que l’association des joueurs fasse le forcing pour augmenter leur part sur les revenus basket de la ligue. De la même manière le salary cap pourrait être calculé d’une manière différente. Enfin si les prévisions de la NBA sur ses bénéfices sont fausses (en hausse ou en baisse) le salary cap évoluera. Et même si cela peut paraître lointain ou abstrait cela ne l’est pas du tout (et nous l’avons vu cet été) pour les directions des franchises NBA.

En l’état voici la grille des salaires des joueurs NBA :

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« En l’état » parce que cela pourrait très bien évoluer l’été prochain lors des négociations sur la nouvelle convention collective. Le salaire maximum pour les jeunes joueurs (moins de 7 saisons dans la ligue) pourrait être revu à la hausse et cela aurait un impact immédiat sur les joueurs sortant de leur contrat rookie.

Si on se fie à la projection d’un cap à 102 millions, les contrats maximums pour les joueurs de la draft 2013 seraient les suivants :

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* : si le joueur signe dans une équipe différente. Cela peut être le cas si son équipe ne lève pas son option sur son contrat rookie (exemple d’Anthony Bennett, Sergey Karasev ou encore Solomon Hill)

Vers un calendrier exceptionnel ?

Habituellement les franchises qui possèdent une certaine flexibilité au niveau de la masse salariale souhaitent attendre avant de faire signer leurs jeunes joueurs, et ce pour une raison simple : maximiser toute la marge qu’il leur reste sur d’autres joueurs. Cependant, comme nous l’avons vu, la situation n’a rien d’habituelle. Si les dirigeants aimeraient attendre l’été prochain pour signer ces contrats, la hausse du salary cap combinée à un possible changement du calcul des contrats maximums est une motivation suffisante pour avancer leurs plans.

La signature de Giannis Antetokounmpo pour un contrat de 100 millions de dollars sur 4 ans (sans option) en est le parfait exemple. Milwaukee aurait très bien pu attendre l’été prochain avant de signer le jeune grec et l’aurait sans doute fait si les négociations autour de la nouvelle convention collective ne se déroulait pas l’été prochain. Non contents de signer le jeune grec pour un contrat qui est loin du contrat maximum que ce dernier aurait pu demander les Bucks parviennent à éviter un mal de tête important l’été prochain avec l’évolution du CBA. En bref c’est un coup magistral de la franchise du Wisconsin (beaucoup moins du côté de l’agent du joueur).

Il ne serait pas étonnant de voir de nombreuses extensions signées avant le 31 octobre. Si l’association des joueurs et les propriétaires ont tout intérêt à signer un accord avant le début de la saison 2017-2018 la nouvelle convention collective représente à merveille la peur de l’inconnue.

Los Angeles Lakers: bon courage Luke Walton !

Luke Walton

Il le voulait, il l’a eu ! Après avoir porté le maillot pourpre et or pendant 9 saisons Luke Walton avait cédé aux sirènes du coaching. Assistant coach chez les Golden State Warriors (champions en 2014 et finalistes en 2015) Luke Walton eut la bonne idée de saisir sa chance lorsqu’il l’a pu. Propulsé coach intérimaire suite aux problèmes physiques de Steve Kerr Luke Walton mena les Warriors à un superbe bilan de 39 victoires pour seulement 4 défaites. Ce n’était qu’une question de temps avant qu’une franchise ne lui propose un poste de Head Coach et c’est sans surprise que son choix s’est arrêté sur sa franchise de coeur : les Los Angeles Lakers.

Walton aura la dure tâche de reprendre en main une équipe qui a gagné 38 matchs sur ces deux saisons. Et cela ne devrait pas s’arranger puisque les dernières projections d’ESPN sont tombées et placent les Lakers avec le pire bilan NBA. L’enthousiasme qui a suivi la draft de Brandon Ingram n’a pas réussi à compenser l’incompréhension que leur intersaison a déclenché. Si les Lakers ont signé l’un des pires contrats de l’été avec Timofey Mozgov ils ont également donné un mal de crâne à leur nouveau coach en signant à prix d’or Luol Deng. En sacrifiant leur flexibilité financière de 2017 et 2018 la franchise de la cité des Anges a fait couler beaucoup dencre.

Un été lourd de conséquences …

Tout avait pourtant parfaitement démarré. Avec un bilan de 17 victoires pour 65 défaites les Lakers avaient tout fait pour garder leur premier choix de draft, seul un coup du sort pouvait permettre aux Sixers de le récupérer (ce qui aurait été le cas si leur choix était tombé au delà de la troisième place lors de la lottery). Cela n’a pas été le cas et les Lakers ont pu choisir Brandon Ingram alors considéré comme le deuxième meilleur prospect de la draft. Encore mieux, les Summer League ont permis aux fans californiens de découvrir leur second prospect : Ivica Zubac. Le pivot croate a en effet volé la vedette à DeAngelo Russell ou encore à un Brandon Ingram en difficulté.

L’optimisme était de mise à Los Angeles. Un sentiment qui allait rapidement être douché par le début de la free agency. En moins de 48 heures les Lakers allaient donner le ton en signant Timofey Mozgov (64 millions de dollars sur 4 ans) puis Luol Deng (72 millions de dollars sur 4 ans).

A 29 ans, Timofey Mozgov a du être le premier surpris de recevoir une telle offre. Et on le serait à moins. Convoité l’été dernier après avoir réussi une très bonne deuxième partie de saison et de très bons playoffs avec Cleveland Mozgov allait connaître une année cauchemardesque. Voulant surfer sur ce qui reste (et restera) comme les meilleurs mois de sa carrière le pivot russe précipita son retour après une opération au genou. Malheureusement pour lui l’opération n’eut pas l’effet escompté. David Blatt essaya tant bien que mal de le relancer mais Mozgov n’avait tout simplement pas le niveau (physique puis basket) pour retrouver sa place dans la rotation des Cavaliers. Entre la brièveté (et la rareté) de son bon passage, son âge et ses pépins physiques tout était réuni pour que le russe attende un moment avant de se voir offrir un contrat NBA.

Que nenni. Les Lakers se sont jetés sur lui dès les premières heures de la free agency en lui proposant un contrat aussi long qu’onéreux (4 années sans option ce qui est sans doute la partie la plus dérangeante du contrat).

Quelques heures plus tard la direction peu inspirée des Lakers offrait à Luol Deng un contrat en or massif d’une durée de 4 saisons (sans option !). Evidemment l’ailier britannique de 31 ans s’est empressé de le parapher. En difficulté lors de sa dernière saison à Chicago et lors de son passage à Cleveland Deng allait connaître une sorte de renaissance sous les couleurs du Heat de Miami ; le tout grâce à Eric Spoelstra qui allait l’utiliser à un poste différent : celui d’intérieur fuyant (ou stretch 4).

En 48 heures les Lakers avaient annihilé l’un des axes forts de leur reconstruction : préserver une flexibilité financière importante pour les free agency de 2017 et 2018. Avant cet été les Lakers auraient pu avoir pour ambition d’avoir suffisamment de place pour ramener deux contrats maximums en 2017. Un scénario qui avait du sens puisque cela aurait donné du temps aux jeunes Lakers pour se faire les dents sans pression sportive mais aussi à Luke Walton pour prendre en main son premier vestiaire NBA tout en évaluant son effectif.

L’objectif des Lakers était de trouver des joueurs d’expérience pour encadrer les Brandon Ingram (19 ans), DeAngelo Russell (20 ans), Julius Randle (21 ans), Larry Nance Jr (23 ans) ou autre Jordan Clarkson (24 ans). Pour cela la franchise avait une règle simple à respecter : « years not money » (proposer des contrats 1 ou 2 ans quitte à donner des salaires exorbitants). Si les résultats sportifs auraient sans doute empêché les Lakers de lutter pour signer les meilleurs joueurs de la ligue la situation de la franchise aurait été très bonne. Sacrifier cette flexibilité pour de très bons joueurs ? Bien sûr mais pas pour des joueurs qui sont sur le déclin et qui seront très loin de leur meilleur niveau lorsque la jeune garde des Lakers explosera.

et qui est un vrai défi tactique pour Luke Walton

Si la signature de Luol Deng a suscité beaucoup de réactions chez les observateurs de la Grande Ligue, les fans eux se sont préoccupés de son impact sur le plan sportif : « Brandon Ingram sera t-il titulaire ? ». Car oui sélectionner un joueur en deuxième position lors de la draft pour le placer sur le banc n’est pas commun. Pourtant c’est la réponse qui a été donné pendant tout l’été et sauf incroyable camp d’entrainement du rookie c’est bien le britannique qui débutera au poste 3.

Sur le fond c’est un débat totalement inutile, Brandon Ingram jouera sans doute le même nombre de minutes qu’il soit titulaire ou remplaçant. La donne change pourtant lorsqu’on s’aperçoit que Luke Walton fera jouer Deng à un poste qui n’est plus « le sien ». En effet Eric Spoelstra a eu la bonne idée d’aligner Deng comme un intérieur fuyant et c’est ce qui a relancé sa carrière. Le britannique est suffisamment solide pour tenir des intérieurs qui sont de toute façon moins portés sur le jeu au poste, en attaque Deng est à son meilleur niveau lorsqu’il étire les défenses (et force son adversaire direct à défendre au large). Luke Walton mettra donc le deuxième choix de draft sur le banc au profit d’un joueur qui ne jouera pas à son meilleur poste ? La symbolique est forte.

Autre problème : le cas Timofey Mozgov. Les mauvaises langues diront que le russe à un profil similaire à celui de Roy Hibbert : limité en attaque, lent, protège bien le cercle mais souffre énormément sur les picks&roll. Si Mozgov est un meilleur finisseur il faudra voir à quel point puisque l’intérieur n’aura plus LeBron James pour lui distiller caviars après caviars ou encore Kyrie Irving pour sanctionner les errements défensifs. Si les Lakers arrivent à écarter suffisamment le jeu on pourrait voir le duo Russell-Mozgov briller sur le jeu à deux.

Défensivement par contre Luke Walton et ses assistants vont avoir un sacré travail. Russell et Clarkson font partie des pires défenseurs à leurs postes et on sait également que Mozgov souffre lorsqu’il doit couvrir ses arrières. Si le système défensif des Cavaliers avait pu lui permettre en grande partie (les Warriors avaient forcé Blatt à le sortir de la rotation au cours de la finale 2014-2015) de jouer le rôle de totem, sous le cercle les Lakers n’ont pas les mêmes défenseurs dans leur effectif.

Une pression supplémentaire sur Julius Randle ?

L’un ne shoote pas, l’autre le fait mais n’en met pas un (23 % à mi distance selon NBA.com.Stats) ; le premier adore partir en dribble en tête de raquette, le second est incapable d’être en danger hors de la peinture ; enfin les deux souffrent défensivement, de manières différentes certes puisque l’un souffre au large et l’autre souffre en aide. Dans tous les cas la complémentarité des deux côtés du terrain entre Julius Randle et Timofey Mozgov ne saute pas aux yeux.

La solution ? Débuter la rencontre avec Ingram, Deng et Mozgov sur le frontcourt. Cela permettra aux Lakers d’avoir un cinq qui donnera suffisamment d’espace à Russell et Clarkson pour jouer leur pick&roll tout en ayant des joueurs capables de sanctionner les aides défensives. Du talent, du spacing et des recrues mises dans les meilleures dispositions possibles.

Défensivement les Lakers feront sans doute partie des pires équipes de toute la NBA (voir la pire si Walton insiste sur un cinq avec Russell, Clarkson, Deng, Randle, Mozgov) et quoique Walton tente ou fasse cela ne changera pas. Une alternative se nomme Larry Nance Jr mais cela pousserait Randle au bout du banc et cela reviendrait à remettre Deng au poste 3 alors qu’il est bien meilleur à sa nouvelle position.

Dans tous les cas l’un des premiers défis de Luke Walton sera de trouver une place et une situation pour faire jouer et briller Julius Randle. Luol Deng et Larry Nance Jr offrent de meilleures alternatives à une association aux côtés de Timofey Mozgov. Finalement le seul point qui joue en faveur de Randle est que Brandon Ingram est trop tendre pour jouer plus de 25 minutes en NBA et que derrière lui Walton utilisera sûrement Deng au poste 3 plutôt qu’Anthony Brown (au moins au début de la saison, cela pourrait changer si Brown augmente son adresse extérieure).

Vers un changement de direction l’été prochain ?

Deux mois plus tard l’intersaison des Lakers semble toujours aussi étrange. La rapidité avec laquelle la direction s’est jetée sur Timofey Mozgov interpelle, le contrat, lui, choque. Pourquoi mettre autant d’argent alors que presque personne n’allait signer le russe (et encore moins à ce prix là) ? Pour un montant similaire les Lakers auraient pu signer Ian Mahinmi. Le français qui sortait de sa meilleure saison NBA, était un meilleur joueur et surtout n’avait pas les mêmes interrogations sur des problèmes de santé.

Par ailleurs son profil correspondait mieux aux besoins de la franchise. Ezeli (certes son physique inquiète mais les Lakers ne joueront rien dans les deux saisons à venir) Plumlee ou encore Zeller auraient été de meilleurs choix que Mozgov De la même manière on peut comparer les contrats de Deng et de Jared Dudley qui auront un rôle similaire à la différence près que Phoenix va faire jouer Dudley à son meilleur poste.

Tout n’a pourtant pas été si mauvais. Le choix de Luke Walton est un bon choix sportif et une bonne affaire économique (il est payé 5 millions de dollars par an alors qu’il aurait pu demander plus de 7 millions). Si la sélection de Brandon Ingram semblait évidente le choix d’ivica Zubac au deuxième tour apparait comme une bonne pioche. Dans le même genre on peut noter le transfert de Jose Calderon. Les Lakers ont récupéré deux seconds tours de draft juste pour prendre en charge la dernière année de salaire de l’espagnol ce qui est un superbe coup. La signature de Yi Jianlian fut très créative avec un contrat digne de la NFL (bonus de performance important qui pourrait déplaire fortement au syndicat des joueurs lors des discussions sur le prochain CBA).

Jim Buss arrive au terme de son mandat et cela s’est vu cet été. Il voulait que les Lakers s’améliorent suffisamment pour avoir une chance d’attirer les meilleurs free agent en 2018 mais ce n’est pas avec Deng et Mozgov que ce sera le cas. Pour cela il a sacrifié une grosse partie de la flexibilité financière pour des joueurs moyens qui ne changeront en rien la situation sportive de la franchise (cela s’est aussi vu lors de la gestion du contrat de Jordan Clarkson qui aurait du bénéficier de l’Arenas Offer).

Dire que la direction des Lakers n’a pas mis son coach rookie dans les meilleures dispositions est un sacré euphémisme. Luke Walton va devoir composer avec une majorité de jeunes joueurs dont le jeu est peu complémentaire avec celui des deux recrues « stars ». Ajoutons à cela que ces deux joueurs ne règlent en rien les plus grosses faiblesses de l’équipe ce qui va rendre la tâche de Walton et de son staff encore plus compliquée. Par ailleurs le règne de Jim Buss arrive à son terme et les rumeurs sur un retour en héros de Phil Jackson circulent déjà !

Une situation ô combien ironique puisque pendant que les Lakers cassaient leur tirelire sur Deng et Mozgov « Jax » faisait de même à New York (en tant que président) avec des joueurs sur la pente descendante et qui présentent des risques physiques importants (Rose, Noah). Des arrivées qui avaient pour conséquence de sacrifier la flexibilité financière qu’il avait sauvegardée pendant l’été 2015. Le tout en voulant avoir une influence sur le terrain et sur le coaching de son équipe. Une omniprésence qui a fini par pousser Derek Fisher dehors. L’ancien joueur des Lakers s’est fait remercié après de longs mois de galère et une volonté d’indépendance au système et à l’homme qui ne sont pas très bien passés.

En plus d’être torpillé par les choix de son front office Luke Walton pourrait se retrouver sous l’égide d’une légende dès l’été prochain : un contexte bien délicat à gérer pour un coach rookie.

Bon courage Luke !

Pivots en voie d’extinction ? Que dit la draft sur le phénomène

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La crainte de la fin des pivots hante la NBA. Devant le succès d’équipes pratiquant un basket toujours plus rapide avec des joueurs de «petites tailles», la question de l’avenir des géants des parquets se pose logiquement. Eux qui autrefois dominaient la ligue dans une NBA «pivot-centrique» connaissent aujourd’hui une diminution constante de leur rôle. Simple effet de mode ou changement profond des codes de la ligue ? A travers nos regards exigus de contemporains, difficile à dire.

Mais plutôt que de partir dans les habituelles tirade accablant ou se réjouissant de la possible évolution de la ligue, pourquoi ne pas traiter le sujet mathématiquement ? Dans un championnat où les équipes se copient entre elles, où les formules gagnantes ne le restent que très peu de temps, la draft est un moyen très simple de constater les évolutions. Plongée dans les dernières décennies de la draft pour trouver des explications sur le présent et des réponses pour l’avenir des colosses de la NBA.

Pivots à la draft: évolution récente et brutale

 

L’étude des 30 premiers choix – équivalent du premier tour actuel – des drafts depuis 1970 met en évidence plusieurs points.

Tout d’abord, l’effacement des pivots est très récent. Entre les années 70 et les années 2000, le pourcentage de pivots parmi les 30 premiers choix de chaque draft n’a fluctué que de 2.6 points. Avant de connaitre un net recul entre les années 2000 et la décennie actuelle avec une baisse de plus de 3.3 points. Un recul encore plus brutal si l’on compare les pourcentages actuels à ceux des années 90. La chute monte à plus de 5 points. Cela équivaut à un pivot de moins drafté parmi les trente premiers choix de chaque draft, au minimum. Loin d’être un détail.

L’on remarque également très vite la quasi superposition contraire des courbes des pivots et des arrières. Les choix de draft qui étaient autrefois des pivots sont maintenant des arrières. Ce qui explique la sensation de rétrécissement rapide de la ligue, puisque les joueurs les plus grands sur un terrain sont remplacés par les plus petits. La prise de pouvoir des arrières sur la ligue, qui prend racine dans les années 1980, se produit actuellement. Les ailiers – dont la courbe elle ne semble pas lié aux deux autres –  qui dominaient la draft depuis sa création sont maintenant dépassés par les arrières.

Même si elle nous permet de tirer quelques enseignements, cette étude des 30 premiers choix a des limites. En effet elle ne permet pas de cibler les modes au sein de la ligue. L’effectif d’une franchise (15 joueurs actuellement) se construit globalement autour du même nombre d’arrières, d’ailiers et de pivots, avec quelques nuances selon la décennie. Le plus important est de savoir où les pivots sont draftés au sein des trente premiers choix. La répartition répond forcément à un modèle de construction d’équipe, qui varie selon les époques.

Le passage d’une recherche quantitative à une recherche qualitative

Quand on étudie dans le détail les positions auxquelles les pivots sont sélectionné selon les décennies on observe plusieurs phénomènes intéressants.

Premièrement, phénomène intéressant, dans la décennie actuelle, 43% de pivots sélectionnés au premier tour le sont dans le top 10. Seules les années 70 et 80 présentent un pourcentage plus élevé. Depuis 2010, la moyenne de pivots sélectionnés au premier tour est d’environ 4. La répartition indique que presque la moitié des pivots draftés le sont dans le top 10. Le milieu de draft est pratiquement oublié, avec un seul pivots choisi en moyenne. Enfin, la fin du premier tour voit un voire deux pivots sélectionnés.

Le profil des pivots dominants actuellement donne raison à cette stratégie. Avec des joueurs sélectionnés très haut (Towns, Cousins) ou très bas, souvent au deuxième tour (Jordan, Gasol).

Cette répartition illustre bien la philosophie actuelle des dirigeants quand ils choisissent des big mens: la recherche de la perle rare. On ne drafte un pivot au premier tour seulement s’il a un certain potentiel, et on le choisit donc très haut. Dans une ligue qui se tourne vers l’arrière, aucun intérêt de prendre un pivot haut s’il n’est pas extraordinaire. Il se crée logiquement un écart de plus en plus grand entre l’élite des pivots prospects et les pivots prospects moyens. Les premiers sortent très hauts et les seconds beaucoup plus bas qu’il y a quelques décennies.

En effet, quand on compare la répartition des choix actuels et celle des années 90, décennie reine des pivots, la contraste est saisissant. L’étalement des choix est inverse avec un milieu de draft très riche en pivots. C’est la preuve de la domination des grands à l’époque. Les franchises devaient toutes compter plusieurs pivots de bon niveau, ils représentaient une rotation majeure. C’est pour cela que le coeur de la draft comptait beaucoup de pivots. Cette recherche de la perle rare qui régit la draft actuelle est donc un phénomène récent. Cette philosophie dirige en réalité la draft depuis plus d’une décennie. Mais la vague de pivots lycéens qui ont séduit par leurs potentiels au début des années 2000 faussent les données. Durant cette décennie, presque un tiers des pivots draftés dans le top 10 n’étaient pas passés par la case universitaire.

Draft 2017: vers une cuvée historique ?

Cette recherche de la perle rare pose une question essentielle. Qu’adviendra-t-il le jour où aucun pivot n’aura le talent pour être sélectionné très haut ? La question ne s’est jamais vraiment posée au cours des dernières années. Un pivot à fort potentiel c’est à chaque fois présenté, quasiment sans exception. Même si aucun pivot de talent ne se présentait, heureusement pour les big mens, ils profitent encore d’un avantage: leur rareté. L’échantillon d’hommes disposant de la taille suffisante pour jouer à cette position en NBA reste très très faible. Tant qu’il y aura besoin de pivots en NBA, leur petit nombre poussera les franchises à les drafter plus haut. La sélection de Jakob Poeltl dans le top 10 de la dernière draft en est une illustration.

Mais que se passerait-il si, malgré cet avantage, aucun pivot n’avait le niveau pour être sélectionné haut ? Les équipes seraient-elles prêtes à ne pas sélectionner de pivot parmi les 20 premiers choix ? Ce scénario qui peut paraître fantaisiste pourrait se matérialiser dès l’année prochaine.

Aucun pivot parmi les 14 meilleurs lycéens qui arrivent à l’université. Aucun pivot dominant en NCAA. Une flopée d’ailiers sophomores et d’arrières juniors. La draft 2017 est encore très loin de nous mais elle s’annonce pauvre en pivot. D’ici juin prochain, un prospect pivot peut crever l’écran et engendrer une hype assourdissante. Cependant, actuellement, cette possibilité est peu probable. La faiblesse pourrait même pousser les dirigeants à se poser des questions basiques quant à leur vision de la NBA. «Dans une ligue tournée vers l’arrière, que valent encore les pivots?». Et, peut-être, selon la réponse apportée à cette question, une draft historiquement faible en nombre de pivots sélectionnés verra le jour en 2017.

Pas de pivot drafté dans le top 20 d’une draft. Il y a quelques décennies voire quelques années, cette perspective semblait impossible. Pourtant, dans un paysage NBA au cœur d’une révolution express, elle pourrait bien se réaliser.

Au revoir KD

Cher KD,

Tout d’abord merci. Merci pour tout ce que tu as apporté au Thunder et à l’Oklahoma toutes ces années. Je pense pouvoir affirmer que tu y laisseras une marque indélébile, malgré le dénouement assez tragique et déchirant que représente cette fin de saison pour tout fan d’OKC.

Mais rappelons-nous de toute l’histoire et de tes débuts.

Après une saison 2006-2007 très morose, alors à Seattle, nous avons d’abord eu le bonheur et la chance de pouvoir te sélectionner en deuxième position de la draft. Et si l’année suivante est tout aussi difficile, malgré ton indéniable talent, elle marquera le renouveau de la franchise, franchise dont tu es voué à être l’image, la star.

L’été 2008 est historique pour tes Sonics, qui deviennent le Thunder et déménagent à Oklahoma City. Pour toi, c’est aussi l’été de la rencontre avec deux de tes futurs acolytes de longue date, des frères d’armes, Russell Westbrook et Serge Ibaka. Avec eux, la franchise peut aller de l’avant.

Si les victoires ne sont pas encore au rendez-vous, le groupe composé de jeunes joueurs que tu guides match après match, est très prometteur, et commence à faire parler de lui. De ton côté, tu confirmes ton talent et te montres déjà comme un des meilleurs scoreurs de la ligue.

Et arrive 2010. La confirmation. Avec plus de 30pts de moyenne, tu obtiens une place de All-Star méritée et tu amènes la toute récente franchise pour la première fois en play-offs. Et devant les grands Lakers, tes coéquipiers ne prennent pas peur et l’Amérique entière a désormais conscience de votre talent. Avec ton ami Russell, vous formez déjà un duo exceptionnel et un nouveau compère, certes éphémère mais tellement important, James Harden, s’est ajouté. L’avenir vous appartient alors, et le titre t’est promis.

Cela est confirmé en 2012. Cette fois, l’équipe a grandi et arrive en finale sous ton aile, pour y affronter le Heat. Manquant d’expérience et face à une équipe au talent démesuré, tu ne peux que t’incliner. Et dans cette bataille, outre une indélébile déception et d’éternels regrets, tu perds ton premier frère d’arme, James Harden, alors meilleur sixième homme de la NBA.

Les années suivantes te permettront de laisser à jamais ta marque dans la NBA, comme l’un des scoreurs les plus talentueux et prolifiques que l’on est jamais vu. En plus du développement de Westbrook, avec qui tu as formé l’un des duos les plus excitants et décisifs de ces dernières années, tu deviens encore plus fort pour porter le Thunder, et décrocher ton premier titre de MVP. Oui, tu n’es plus second. C’est toi qui es en haut de la hiérarchie.

Mais inlassablement tu échoues en play-offs, et la quête du titre prend de plus en plus de place dans ton esprit. Après une année 2015 marquée par tes blessures et par une non-qualification en play-offs, cette saison 2015-2016 est un one-shot, une dernière chance pour OKC de gagner un titre, avant que tu choisisses de partir ou de rester.

Et tout a été fait pour aller au bout. Mais face aux Warriors, meilleur équipe de l’histoire en saison régulière, ce n’est pas passé. Mais que s’est-il passé dans ta tête, ce dimanche 29 mai, lors des dernières minutes de ce match 6, décisif pour toi et ta franchise ? Pourquoi ces shoots ne sont pas rentrés ? Pourquoi toi, celui qui marque habituellement des points avec une telle facilité, n’as-tu pas fait comme d’habitude ? Je n’ose pas mettre en doute ta détermination, ni même ton mental. Et personne ne doit t’en vouloir pour cela. Tu ne le mérite tellement pas. Mais que s’est-t-il passé ?

Puis est venu l’heure de la décision. Après de nombreux meetings, coups de téléphones, rumeurs et autres évènements diplomatiques, tu décides de publier cette lettre sur internet, où tu annonces que tu rejoins nos derniers bourreaux, les Warriors. Bien sûr tu remercies la franchise, qui t’a fait grandir, et tous les fans qui ont fait d’Oklahoma City ta maison. Mais cette décision a un gout tellement amer…

Que fais-tu de Russell, de tes coéquipiers, de tes frères, de tes supporters, de tous ceux qui croyaient en toi pour ramener un titre en Oklahoma ?

Bien sûr beaucoup t’en voudront, beaucoup ont brulé ton maillot, mais personne ne t’oubliera, et je ne t’en voudrais jamais. Va, gagne les titres qui te tendent maintenant les bras et que tu mérites de gagner plus que quiconque. En espérant que tu te plaises en ta nouvelle maison, et que tu n’ais pas de nouveau un rôle de second, cette fois au sein de ta propre équipe…

En tout cas merci. Merci pour ces années, de m’avoir fait rêver. Merci KD pour avoir participé à ce si beau mais inachevé projet. Merci d’avoir tant donné à la franchise et à l’Oklahoma, où tu es et restera une icône. Merci d’avoir amené cette équipe si loin, si haut. C’est grâce à toi que nous avons eu l’opportunité de gagner des titres. Et je préfère me souvenir de ton dunk contre Dallas en 2013, de tes nombreux game-winners, plutôt que de cette choquante décision..

C’est un nouveau chapitre de ta vie qui va s’écrire, et sûrement le gâchis d’une belle histoire et d’un happy-end  à OKC….Et pourquoi ne pas espérer, qu’un jour, tu reviennes enfin terminer cette histoire inachevée, et que tu fasses du Thunder, ces jusqu’alors sublimes perdants, d’exceptionnels gagnants ?

Bon vent, et au revoir Kevin…

Un fan du Thunder