Derrick Rose : la success story au parfum d’amertume

Derrick…Ah Derrick, de 2008 à 2011 il aura fait lever la foule du United Center qui n’avait pas autant vibré depuis un certain Michael. Un itinéraire de All-Star, futur Hall of Famer et prétendant au titre qui s’effrite avec le temps, plus les années passent et moins les espoirs placés en lui se confirment. Mais pourquoi ? Les blessures à répétition ont une grande part à jouer forcément, petit retour pas à pas sur sa carrière déjà assez longue mais finalement tellement courte.

2008 – 2011, La montée de l’enfant du pays

Sorti de la fac de Memphis, Derrick Rose atterri, avec de la chance (les Bulls avaient en effet 1,7 % de chance d’obtenir le first pick) , chez lui, à la maison, à Chicago pour jouer aux Bulls. Dès sa première saison, il crève l’écran aux côtés de Joakim Noah et devient rapidement le leader d’une équipe en perte de vitesse les années précédentes.

Son année Rookie est prolifique, il remporte 3 fois le titre de Rookie Of The Month, il est sélectionné au All-Star Game pour participer au match des Rookie vs Sophomore et fini donc son année avec le titre de ROY. Sa première saison dans la grande ligue est donc pleine, son coach Tom Thibodeau lui donne les clés de la maison (environ 37 minutes par match) et Rose finira la saison à 16,8pts et 6,3pd de moyenne. Il prendra part à ses premières rencontres de Play-Offs et les Bulls se feront éliminer au terme d’une bataille épique en 7 matches face aux Celtics.

L’année suivante ne fera que confirmer la bonne forme de Rose, il monte en puissance et se dévoile au bout de 2 saisons comme le franchise player des Bulls et s’attire les félicitations du public de Chicago.

Arrive la fameuse année 2011, Rose éclipse la concurrence au poste de meneur, il fait vivre un calvaire chaque soir à son adversaire direct. All-Star pour la 2nde fois et nouvelle égérie d’Adidas, après 3 ans D-Rose bénéficie déjà d’un statut de superstar au sein de la ligue et terminera sa saison en remportant le trophée MVP et devenant par la même occasion le plus jeune MVP de l’histoire de NBA dépassant Lebron James. De plus la domination des Bulls est impressionnante avec un bilan 62-20 sur la saison régulière.

Le jeu très athlétique de Rose faisait penser au jeune Dwayne Wade, ses pénétrations tout en vitesse et puissance rendaient fou les défenseurs et remplissaient les Top 10. Faites un combo de la vitesse de John Wall et de la puissance de Westbrook et vous obtenez le Derrick Rose MVP de 2011. Cependant son futur n’allait pas être aussi beau qu’il y paraissait…

2011 à 2015, la descente aux enfers du prodige

Dans une saison marquée par le lock-out, Rose va manquer 27 matches sur 66 à cause de blessures mais les Bulls iront en Play-Offs en étant la tête de série n°1 et se feront sortir par les Sixers en 7 rencontres, seulement là n’est pas le seul problème du MVP 2011…Dès la première rencontre de cette série, D-Rose lance une pénétration musclée comme à son habitude, trop musclée cette fois, il s’écroule alors qu’il est encore dans les airs et rampe tant bien que mal en dehors du terrain, les images sont horribles, le United Center stupéfait est calme comme une cathédrale, le MVP est à terre. Résultat des courses : rupture des ligaments croisés antérieur, fin de saison. On ne reverra Rose sur les parquets qu’en 2013.

Sa rééducation est longue, il assistera en coulisse au back to back de Lebron James à Miami, la hype qu’il possédait s’éteignit petit à petit remplacée par les batailles du Heat et des Spurs, les Bulls étant relégué au second plan.

The Windy City Assassin fait son grand retour (plus que médiatisé) pendant la saison 2013-2014, les attentes placées en lui ne sont clairement plus les mêmes, retrouver son niveau est la priorité.

Seulement le sort semble s’acharner, comme si son titre de MVP avait été un oiseau de mauvaise augure, au bout du 10ème match de la saison, alors qu’il semble trouver son rythme de croisière, il se blesse une nouvelle fois, out pour la saison une nouvelle fois.

Sa santé est alors fortement remise en question, il a le mental et les épaules pour mener Chicago mais a-t-il le corps ? Pourra-t-il redevenir le MVP qu’il était ?

Il fera son second « grand retour » durant l’été 2014 avec la Team USA, on le verra en action (non sans un sourire en coin mais des frayeurs lorsqu’il drive dans la raquette) lors du camp de préparation à Las Vegas. Il commencera la saison 2014-2015 en grande pompe (17,7pts sur la saison) et retrouvera ses Bulls renforcés par l’éclosion de Jimmy Butler et l’arrivée de Pau Gasol. Alors son corps a l’air de tenir le coup et les Bulls s’imposent comme un prétendant au titre sérieux avec leur nouveau Big Three.

Seulement, rien n’est jamais « normal » avec Rose et il replonge dans ses travers lorsque les Bulls annoncent qu’il devra subir une nouvelle opération à son genou (celui touché en 2013), une nouvelle saison incomplète. Il arrivera à revenir pour les Play-Offs et marquera les esprits « à l’ancienne » avec son buzzer beater face aux Cavs dans la série. Comme si cette action marquait enfin le retour du MVP 2011 et laissait enfin ses problèmes de blessure derrière lui une bonne fois pour toute.

Des difficultés à s’imposer

Nous sommes donc à l’été 2015 et c’est le premier été depuis 2011 que Rose peut préparer sans devoir se soucier de ses blessures et son retour fait du bien à toute la NBA. Il a l’air de revivre, il n’est certe pas le D-Rose de 2011 mais ses matches sont honorables pour un homme pas épargné par les blessures.

Cependant il n’a plus le même statut qu’avant et doit maintenant donner les ballons à Jimmy Butler, nouveau Franchise Player des Bulls qui a dû porter l’équipe durant l’absence de Rose. Il doit donc s’adapter et comprendre qu’il ne sera peut-être plus jamais dans la situation qu’il avait en 2011.

Pour conclure, D-Rose est une perle née pour le Basket-Ball, un monstre physique capable d’aller chercher les pivots sur leur propre terrain (coucou Roy Hibbert), une vitesse phénoménale et un leadership sur le terrain digne des grands. Mais ses démons ne le lâcheront pas pendant presque 5 ans, accumulant blessures sur blessures, l’enfant de Windy City ne peut que regarder, impuissant, le sacre de Lebron James, le collectif parfaitement huilé des Spurs et l’éclosion des Warriors derrière son poste de télévision.

Il bénéficiait de la même hype qu’un certain Stephen Curry à son époque toute proportion gardée, si la NBA avait été aussi médiatisée et mondialisée en 2011, D-Rose aurait été une superstar sportive internationale cependant son talent n’est pas considéré comme il devrait l’être. Il a introduit une nouvelle vague de meneurs et de joueurs NBA, il est l’avant Davis, Harden, Curry, il fait parti de la génération Durant mais ne brillera peut-être jamais comme ‘KD’ cependant il ne faudra jamais oublier qu’il est MVP et qu’avant ses soucis de santé, il était considéré comme l’un des meilleurs joueurs de la ligue.

Alors pour ton calme incroyable, ta sincérité, ton jeu, ton leadership et par-dessus tout, ton mental MERCI Derrick. Les fans de beau jeu espèrent te revoir un jour à ton plus haut niveau.