Damian Lillard, from Oakland to Oregon

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Drafté en 2012, Damian Lillard a étonné le monde de la NBA en réalisant une saison rookie de très haute facture. Elu Rookie of the Year à l’unanimité, le jeune meneur des Portland Trailblazers confirme les énormes espoirs placés en lui en réalisant une seconde saison digne d’un niveau All Star. Retour sur le parcours du Kid d’Oakland.

AN OAKLAND KID

Né le 15 Juillet 1990 à Oakland en Californie, Damian Lillard fait partie de ces nombreux sportifs américains ayant grandi dans un environnement hostile et difficile.

C’est à Brookfield Village, à l’est d’Oakland et près de l’aéroport international de la ville, que le jeune Damian passe les premières années de sa vie. Contrairement à beaucoup d’athlètes afro-américains ayant été élevés par un seul parent, Damian Lillard a eu la chance de pouvoir compter à la fois sur sa mère, Gina Johnson, et sur son père, Houston Lillard Sr. Ils ont joué un rôle essentiel dans l’inculcation de valeurs fondamentales à Damian afin de le garder sur le droit chemin (il avait vite compris les limites à ne pas franchir…), et ainsi lui éviter les problèmes que son environnement pouvait lui causer. Dans une ville où les gangs, la violence et la drogue sont devenus monnaie courante, les jeunes semblent prédestinés à suivre une voie les menant soit à la prison, soit à la mort. Heureusement, ce ne sera pas le cas de Damian qui préfèrera suivre sa propre route, celle du basketball.

Durant sa jeunesse, Damian Lillard passe beaucoup de temps du coté de ses grands parents, à quelques kilomètres du bungalow bleu de Houston et Gina. La raison est simple : n’ayant pas de panier pour jouer au basketball, Damian se sert de l’arbre se situant à coté de la maison de ses grands parents pour pratiquer son passe-temps préféré. Pour qu’un panier soit accordé, il était nécessaire de shooter au dessus de la branche principale. Malheureusement, l’arbre fut ensuite coupé, rendant Damian à la fois triste et énervé. Son grand père décida alors de clouer une caisse de lait vide à un poteau téléphonique, afin de permettre à son petit fils de pouvoir rejouer à son sport favori.

A quelques pas de là se trouvait également un petit gymnase. Chaque dimanche à 9 heures, le gymnase ouvrait ses portes à ceux qui souhaitaient venir jouer. Evidemment, Damian se trouvait là en train d’attendre. Le responsable des locaux, M.Gamble, se souvient d’ailleurs encore aujourd’hui qu’il devait renvoyer le jeune garçon chez lui afin de pouvoir fermer le centre à chaque fin de séance. Il se souvient également que Damian lui volait régulièrement ses ballons de basket.

Brookfield Village, East Oakland

Ensuite arrivèrent les années High School (HS). Contrairement à ce que l’on pourrait penser, tout n’a pas été facile pour Damian Lillard. En 4 ans, Lillard jouera pour plusieurs écoles différentes. Il commença à jouer pour St. Joseph of Notre Dame, célèbre HS pour avoir accueilli le futur Hall of Famer Jason Kidd, lui aussi enfant d’Oakland. Malheureusement, cela ne se passera pas comme prévu pour Damian. Peu de temps de jeu, pas de confiance de la part du coach Don Lippi, et carrément enterré lors de sa saison sophomore, Lillard avait besoin de changement et d’un nouveau départ afin de se refaire une réputation. Transféré à Oakland High à l’âge de 16 ans, Lillard y retrouve un de ses cousins et rencontre le coach Orlando Watkins. Là encore, cela n’a pas été simple. Peu impliqué en défense, Damian s’attire les foudres de coach Watkins lors d’un match d’été. Pour l’entraineur, la défense était une condition sine qua non pour pouvoir jouer à Oakland High. Finalement, Lillard lui assure qu’il fera de son mieux de ce coté là du terrain, et Watkins lui laissa donc sa chance. La suite se passe très bien, et Damian s’éclate durant ses années Junior et Senior. Malheureusement, peu de scouts NCAA le repèrent, et Lillard n’est évalué qu’à 2 étoiles (sur une échelle de 1 à 5) par le site Rivals.com, spécialiste dans l’évaluation des prospects.

Cependant, Lillard tape dans l’œil de Randy Rahe, le coach de l’université de Weber State. C’est à travers le programme AAU (Amateur Athletic Union) des Oakland Rebels que Rahe a commencé à suivre le jeune Lillard. Damian a joué pour les Rebels durant les étés afin de continuer à se développer en tant que joueur. C’est là bas que Lillard rencontra à l’âge de 14 ans le coach Raymond Young, qui jouera un rôle essentiel dans sa progression. La relation entre l’entraineur et le jeune joueur était au départ plutôt tendue. En effet, Young pensait que Damian était incapable de jouer pour lui, qu’il n’était pas assez dur et impliqué en défense. Finalement, à force de travail, Lillard sera accepté par coach Young qui continuera de le pousser pour le faire progresser, notamment sur le plan physique et défensif.

Randy Rahe tomba donc sous le charme du jeu de Damian Lillard et essaya de le recruter dès l’été entre sa saison Junior et Senior. Outre son jeu, Rahe était aussi impressionné par la personnalité et les valeurs morales de Damian, ainsi que par son éthique de travail. Damian Lillard rejoindra finalement l’université de Weber State (Ogden, Utah) en 2008, au terme de sa saison Senior avec Oakland High.

4 ANS A WEBER STATE

Contrairement à des universités telles que Kentucky, Duke, North Carolina ou encore Kansas, Weber State University (WSU) n’est pas  réputée pour son programme basket. A titre indicatif, seulement 15 joueurs dans l’histoire de WSU ont été draftés par des équipes NBA. Autrement dit, cette université est une université de seconde zone en matière de grosse balle orange. Mais pour Damian Lillard, cela n’avait que peu d’importance. Ce qu’il recherchait au moment de son choix, c’était à la fois une université qui partageait les mêmes valeurs que lui et sa famille (valeurs familiales, de cohésion notamment), mais aussi une opportunité pour lui de montrer de quoi il était capable. Weber State lui offrait les deux, et il n’a donc pas hésité très longtemps.

Cependant, Lillard se rendait bien compte qu’il serait plus difficile pour lui de se faire un nom à Weber State, mais cela ne lui a jamais fait peur. Au contraire, cela l’a motivé :

« Quand vous jouez pour une plus petite université, les gens ne vous respectent pas automatiquement, vous devez prouver les choses plus d’une fois. Les mecs de Kentucky, Kansas, Duke ou North Carolina sont respectés directement grâce à leurs universités. Le fait que je vienne de Weber State où la compétition n’était pas la plus élevée, et que je n’ai pas été recruté par une plus grande université m’a obligé à travailler encore plus afin de prouver à tout ceux qui doutaient de moi que j’étais tout aussi bon que les autres. »

Dès sa saison Freshman (débutant), Damian Lillard se distingue, tant sur plan individuel (11,5pts/match) que collectif. Il est nommé Freshman Player of the Year de sa conférence (Big Sky) et First Team All-Conference (nommé dans la meilleure équipe de la conférence), le tout en menant son équipe des Wildcats de Weber State en demi-finale de conférence. Après cette première saison réussie, de nombreuses écoles souhaitaient recruter Lillard, mais ce dernier préféra alors rester fidèle à Weber State et continuer l’aventure avec les Wildcats.

Durant sa seconde saison, Lillard explose individuellement (19,9pts/match). Sa saison est tellement accomplie qu’il est carrément nommé Big Sky Player of the Year (joueur de l’année de sa conférence). Il reçoit même une mention All American par l’Associated Press. Son équipe est à deux doigts de remporter la conférence cette année là, mais les Wildcats s’inclineront en finale contre l’université de Montana sur le score de 65-66.

En 2010-2011, Lillard repart pour une nouvelle année à Weber State. Damian fait un bon début de saison mais tout bascule lors du neuvième match lorsqu’il est victime d’une grosse blessure. Le verdict des médecins est sans appel. Lillard souffre d’une fracture du 5è métatarse du pied droit, connue également sous le nom de “fracture de Jones” (blessure qu’à également connu Yao Ming). Cette blessure met un terme à la saison de Damian Lillard, et les espoirs de succès pour Weber State viennent tout d’un coup de s’envoler. Ce fut un moment très difficile pour le jeune meneur :

« Je ne voulais pas y croire mais les médecins ont été très clairs. J’ai finalement décidé de déclarer forfait pour le reste de la saison afin de bien guérir de cette blessure. Les gens ont encore plus douté de moi après ça. Je ne m’étais jamais blessé avant ça et c’était dur à vivre. Mais cette expérience m’a fortement aidé à devenir plus fort mentalement et j’ai appris beaucoup de choses sur moi-même ».

Après ce coup dur, personne ne savait vraiment à quoi s’attendre mais Lillard reviendra encore plus fort. Lors de sa quatrième et dernière année en NCAA, Damian réalise une saison exceptionnelle. Second meilleur marqueur du pays avec 24,5pts/match en moyenne, Lillard est élu pour la seconde fois en trois ans Big Sky Player of the Year, le tout en étant All American (3è équipe) et finaliste du Bob Cousy Award, décerné au meilleur meneur universitaire du pays. Il guidera également son équipe en finale de conférence Big Sky, mais les Wildcats s’inclineront à nouveau contre Montana sur le score de 66-85.

En 4 saisons à Weber State, Damian Lillard finira second meilleur marqueur de l’histoire de l’université avec 1934 points, et 5è meilleur scoreur de l’histoire de la conférence Big Sky. Outre les statistiques, c’est surtout au niveau de son jeu que l’expérience à Weber State a porté ses fruits. Sous les ordres de coach Rahe, Lillard a réussi à transformer son jeu pour devenir un véritable meneur, lui qui était plus un arrière à la base. Cette progression et cette maturation dans son jeu lui permettent d’être considéré en 2012 comme le prospect numéro 1 du pays au poste de meneur de jeu, alors qu’il était tombé au second tour de la plupart des mocks drafts (simulation de drafts) de l’époque suite à sa blessure un an plus tôt.

Malgré cette ascension exceptionnelle et toutes ces distinctions individuelles, Damian Lillard retient avant tout l’aspect humain de son expérience à l’université de Weber State :

« Mon passage à Weber State était une belle expérience. J’étais autour de gens biens, la communauté m’a tout de suite accepté. L’avantage d’avoir été dans une petite université était que tout le monde se connaissait et se supportait, contrairement peut-être aux grandes universités. L’équipe était comme une famille. Aucun de mes coéquipiers n’était jaloux de moi malgré le fait que j’allais probablement jouer en NBA. Au contraire, ils étaient contents pour moi et cela a rendu les choses beaucoup plus faciles. Les coachs m’ont quand à eux toujours poussé et ont probablement été plus durs avec moi qu’avec les autres. Ils m’ont aidé à grandir en tant que joueur et que leader parce qu’ils en demandaient beaucoup de ma part.  »

Damian Lillard doit donc beaucoup à Weber State. Mais l’inverse est vrai également. De par son succès, Lillard a permis au programme des Wildcats de se faire connaitre à travers le pays, ce qui facilite grandement le recrutement de joueurs futurs. Coach Randy Rahe utilise l’exemple de Joel Bolomboy, un ailier fort de 2m10, convoité par des universités comme New Mexico, Clemson, Auburn ou encore Texas Tech. Il y a quelques années, ce grand espoir de Keller Central High School (Texas) n’aurait sans doute jamais choisi Weber State. Mais Damian Lillard est passé par là. Le Kid d’Oakland a ouvert de nombreuses portes pour la modeste université située à Ogden dans l’Utah. A Weber State de surfer sur la vague dorénavant.

L’ETE LE PLUS IMPORTANT DE SA VIE

Après avoir passé ses 4 dernières années à Ogden, Damian Lillard s’apprête à attaquer l’été le plus important de sa vie. Un seul objectif : se préparer pour la draft. Pour cela, Damian décide de revenir aux sources et de s’entrainer avec un coach personnel. Il contacte ainsi Anthony Eggleton, préparateur physique de l’ASTI (Advanced Sports Training Institute) à Oakland en Californie. Eggleton n’est pas un étranger aux yeux de Damian puisqu’ils se connaissent depuis que Lillard a 14 ans, par l’intermédiaire de Raymond Young, son ancien coach aux Oakland Rebels.

Au programme, des entrainements intensifs sur la plage, des séances de musculation, mais aussi de relaxation. Le but des séances est d’améliorer prioritairement la vitesse latérale de Damian, son explosivité, et sa capacité à sauter le plus haut possible. Infatigable, Lillard exécute sans broncher l’ensemble des exercices à réaliser, et n’a désormais plus qu’une chose en tête, briller au NBA Draft Combine. 

Le NBA Draft Combine est une étape importante pour tous ces jeunes joueurs souhaitant gagner leur place en NBA. Se déroulant à Chicago sur deux jours, le Combine a pour but de scruter l’ensemble des prospects en leur faisant passer une batterie de tests physiques, techniques et psychologiques.

Lors de la première journée, Damian se distingue notamment par son shoot. Il séduit les scouts NBA par sa capacité à shooter après un dribble, mais aussi par son jeu mi-distance et longue distance. Il se démarque ainsi de nombreux joueurs athlétiques mais ne possédant pas de tir fiable. Au niveau physique, Lillard impressionne également par sa détente verticale, ce qui augmentera spectaculairement sa cote. Malgré une première journée très réussie, Lillard décide de revenir le lendemain. Habituellement, les prospects qui se distinguent positivement le premier jour ne reviennent pas par la suite. Damian va à l’encontre de cette habitude et souhaite prouver que le premier jour n’était pas un accident. Cette initiative sera un succès.

La draft approchant, Damian Lillard réalise plusieurs workouts individuels avec des équipes NBA intéressées par son profil. Il effectue notamment des tests chez les Raptors, les Kings et les Blazers. Ces derniers sont d’ailleurs très impressionnés par Lillard qui réalise un workout d’un très haut niveau. Portland assure même que c’est le meilleur workout qu’ils ont vu depuis un certain Kevin Durant (qu’ils ne sélectionneront pas d’ailleurs…). Pour Damian, l’idée de se faire drafter par les Blazers lui plaît (peu de meneurs de jeu, équipe en reconstruction…), et il sait qu’il y’a de bonnes chances qu’il atterrisse dans l’Oregon. La draft se profile à grands pas, et Damian sait qu’il est désormais tout proche de toucher à son rêve, la NBA.

« With the 6th pick in the 2012 NBA Draft, the Portland Trailblazers select Damian Lillard, out of Weber State University. »

Les mots de David Stern sonnent comme une délivrance. Damian Lillard a son passeport pour la NBA. Portland est tombé sous le charme du Kid d’Oakland, qui ne réalise pas encore ce qui lui arrive. Après une soirée à la fois riche en émotions, mais aussi en interviews et autres entretiens, Lillard doit déjà se concentrer sur la prochaine étape, la Summer League de Las Vegas.

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La NBA Summer League (ligue d’été) est un passage important pour les nouveaux joueurs fraichement draftés. En effet, elle permet à ces joueurs de montrer à leurs équipes respectives qu’ils ont le niveau pour faire partie de l’effectif qui débutera la saison régulière. Damian Lillard ne laissera pas passer l’occasion de prouver aux Blazers qu’il est bien « NBA Ready ». Avec 26,5pts de moyenne sur 4 matchs et un bilan collectif de qualité (3 victoires pour 1 défaite), Lillard finit à la fois meilleur marqueur et meilleur joueur de la Summer League de Las Vegas. Outre cette récompense, cette ligue d’été a également permis à Damian de développer des relations avec ses coéquipiers (comme Wesley Matthews par exemple) des Blazers, et de repérer les éléments qui sont à améliorer dans son jeu. De plus, ses belles performances lui permettront de signer un contrat avec Adidas. A travers cet équipementier, Damian aidera alors à sponsoriser les Oakland Rebels et Oakland High (deux de ses anciennes équipes) de la marque aux trois bandes, afin de permettre à leurs joueurs de pouvoir jouer dans les meilleures conditions possibles (nouveaux maillots, nouvelles chaussures…).

Suite à la ligue d’été, Lillard continuera à travailler ses points faibles et sa condition physique afin d’être prêt pour le camp d’entrainement et la pré-saison. Cela portera ses fruits puisque Damian réalisera une pré-saison très correcte où il répondra aux premières attentes placées en lui.

ROOKIE OF THE YEAR

Plongé dans le grand bain de la NBA, Damian Lillard aura l’occasion de rencontrer pour la première fois certains de ses joueurs favoris :

« En NBA, mon joueur préféré est LeBron parce qu’il apporte tellement de choses au jeu. En ce qui concerne ma position de meneur de jeu, j’adore Derrick Rose à cause de son explosivité, sa progression au shoot et son coté compétitif. Il n’en fait pas trop, et je suis comme ça aussi. Sinon, il y a aussi Russell Westbrook qui a une énorme confiance en soi, comme moi. Je me retrouve un peu en ces 2 joueurs de par certaines de mes caractéristiques. J’arrive à m’identifier à eux, notamment parce qu’ils ont le même poste et la même taille que moi. »

Reste à présent à montrer qu’il peut être aussi performant qu’eux. La saison régulière arrive très rapidement et Damian Lillard a hâte de se mesurer aux meilleurs et de rentrer dans le vif du sujet. Pour son premier match NBA de saison régulière, Damian et les Blazers rencontrent la nouvelle dream team des Los Angeles Lakers, composée de grands noms comme Kobe Bryant, Dwight Howard, Pau Gasol ou encore Steve Nash. Bref, rien de mieux pour commencer sa carrière.

Pour ses débuts, Lillard entre déjà dans l’histoire. Il finit le match avec 23pts et 11ass (passes décisives), devenant ainsi seulement le troisième joueur de l’histoire, après Oscar Robertson et Isiah Thomas, à finir son premier match NBA avec au moins 20pts et 10ass. Portland l’emportera 116-106, et Lillard semble s’être rendu compte qu’il pouvait être quelqu’un de spécial dans cette ligue :

«  Au début, j’étais un peu nerveux car je ne savais pas à quoi m’attendre. Le premier shoot que j’ai pris était rentré mais j’avais le pied sur la ligne de sortie et il n’a donc pas compté, mais je me suis dit de shooter encore une fois. J’ai mis un 3pts de très loin et ça m’a donné une confiance énorme. On a gagné et le public était vraiment avec nous. C’était un super match et c’est à ce moment là que je me suis rendu compte que j’avais le niveau et que je serais un atout pour mon équipe. »

Ce premier match n’était pas un accident, mais plutôt un aperçu des choses à venir. Durant les premières semaines de la saison, Damian Lillard enchaine les belles performances, mais comme à son habitude, il préfère garder la tête froide :

« Après les grosses statistiques que j’avais sorties sur mes premiers matchs, on a commencé à me parler des records d’Oscar, de LeBron et d’Iverson quand ils étaient rookies. Mais j’ai préféré ne pas trop y penser. Je voulais rester concentrer sur le fait que la saison était longue de 82 matchs afin d’être le plus régulier possible. »

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Et la régularité sera au rendez-vous. Tout au long de la saison, Damian Lillard creusera l’écart avec tous les autres rookies de sa classe. Il remporte le titre de Western Rookie of the Month durant tous les mois de la saison. Il gagnera également le Skills Challenge durant le All Star Weekend, et battra le record de 3pts marqués par un rookie avec 185. Il est logiquement et unanimement nommé Rookie of the Year, devenant ainsi le 4è rookie de l’histoire à remporter l’ensemble des votes après Blake Griffin (2011), David Robinson (1990), et Ralph Sampson (1984).

Sur le terrain, Damian Lillard n’a jamais vraiment donné l’impression d’être un rookie. Cependant, hors du terrain, c’était bien le cas, et qui dit rookie dit bizutage. C’est le passage obligé pour tous ces jeunes nouveaux. Et selon Damian, c’est Jared Jeffries qui fut le plus enclin à en profiter :

« Les vétérans ont plutôt été gentils avec nous au niveau des corvées de rookie. Mais Jared Jeffries était le pire. Il s’assurait que j’avais la poupée Barbie partout avec moi, bien au chaud dans un sac à dos Hello Pikkie. »

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Mais au bout du compte, ce que retient avant tout Damian Lillard de sa saison rookie, c’est le retour sur ses terres, à Oakland, le 11 janvier 2013 pour affronter la franchise qu’il supportait quand il était plus jeune, les Golden State Warriors. Le match se déroulera comme dans un rêve pour Damian : 37pts, 15-25 au shoot dont 7-12 à 3pts, le tout devant ses amis d’enfance et sa famille. Portland s’inclinera 97-103, mais l’essentiel est ailleurs. Lillard venait de réaliser à quel point il était aimé et soutenu par la communauté d’Oakland :

« Après le match, j’ai pu voir mes proches et des amis de High School dans les tribunes. Je ne sais d’ailleurs pas comment ils ont eu l’autorisation de rester après le match. Ils m’attendaient et j’étais surpris de voir autant de personnes. Je pensais qu’il n’y aurait que mes proches, mais il y avait bien 200 personnes. J’ai fait des photos et signé de nombreux autographes. J’avais l’impression d’être le cœur et la fierté de toute une ville. Ils m’ont fait comprendre l’impact que j’avais sur les gens à Oakland, et c’est pour cela que j’ai ce tatouage (se tape sur la poitrine). »

En l’espace d’une seule année, Damian Lillard avait déjà pris une toute autre dimension. Et c’est à se demander jusqu’où il peut aller.

NEXT STOP : ALL STAR GAME ?

On dit souvent que la saison de la confirmation est la plus difficile. Cet adage est souvent vérifié, mais pas dans le cas de Damian Lillard. Durant le premier tiers de la saison 2013/2014, Damian élève son niveau de jeu et aide les Portland Trailblazers à devenir l’une des meilleures équipes de la ligue. Outre ses statistiques remarquables (21pts et 6ass de moyenne), Lillard impressionne de par son killer instinct. Il crucifiera deux soirs de suite (en décembre 2013) les Detroit Pistons et les Cleveland Cavaliers au buzzer, tout en tournant à des % au tir monstrueux durant les prolongations que Portland a joué depuis qu’il a rejoint la franchise (Lillard a joué 8 matchs se terminant en prolongations, et ses statistiques au shoot sont incroyables : 15/19 dont 5/9 à 3pts, soit 79% !). Bref, sa réputation est déjà faite. Damian est devenu le nouveau clutch player par excellence de la NBA.

Ses performances ne passent pas inaperçues et pourraient lui valoir un ticket pour son premier All Star Game, alors qu’il n’est encore que sophomore. Avec les Chris Paul, James Harden et autre Stephen Curry, la concurrence est rude à l’Ouest, mais une place pour le prochain match des étoiles ne serait clairement pas volée.

SES OBJECTIFS ET MOTIVATIONS

Chaque fois que Damian Lillard rentre sur un parquet de basket, il n’oublie pas d’où il vient. Oakland a une histoire, une réputation, surtout en matière de basketball. Et Damian veut perpétuer la tradition :

« Venir d’Oakland et de la Bay Area me donne des responsabilités, notamment par rapport aux meneurs qui sont venus avant moi. J’ai l’impression de devoir jouer à leur niveau. Jason Kidd a eu une belle carrière, tout comme Gary Payton, ou encore Brian Shaw. Ca compterait beaucoup pour moi si je pouvais être à la hauteur de ces joueurs là. »

Ses objectifs à court et long terme en tant que Trailblazer sont quand à eux à la fois précis et élevés :

« J’ai plusieurs grands objectifs en tant que Trailblazer. Je veux devenir l’un des meilleurs meneurs de l’histoire des Blazers. Je veux jouer pour une seule équipe, être All-Star plusieurs fois, et bien sur gagner un titre. »

Si Damian arrive à accomplir cela, il ne fait nul doute que son numéro 0 flottera un jour au plafond du Rose Garden, numéro 0 qu’il porte fièrement chaque soir en l’honneur d’Oakland, d’Ogden, et de l’Oregon.

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