[Billet] Les Warriors plus Kevin Durant : La matérialisation de la destruction programmée de la conférence ouest

Les Warriors et Kevin Durant ont abaissé le plafond de verre sur la conférence ouest

Kevin Durant, Warriors, NBA

 

Le 4 juillet 2016, Kevin Durant annonçait qu’il rejoignait les Golden State Warriors. 11 mois plus tard, il est sur le point de soulever deux trophées au nez et à la barbe du deuxième meilleur joueur de tous les temps selon moi (Sorry Kareem). KD n’a pas fondamentalement changé mais le collectif dans lequel il évolue lui permet de jouer à l’instinct et cette facilité irrite quelque peu.

Comme vous pouvez le constater dans mon titre j’utilise les Warriors+Kevin Durant. C’est insensé car il fait désormais partie intégrante de l’équipe. Malgré tout, je ne peux m’empêcher de les séparer tant la combinaison des deux est sur le point de faire exploser la conférence ouest voir la ligue. La blessure de Kawhi Leonard laisse un goût amer puisque selon les contrats signés l’été prochain, cette équipe pourrait bien garder son nouveau noyau dur à 4 all stars dans les meilleures années de leurs carrières pour les 2-3 prochaines années détruisant au passage la concurrence.

La victoire des penseurs d’une nba binaire

Il y a un courant de pensée en nba porté par Kevin O’Connor (Mister Blow it up) de « The Ringer » qui consiste en une logique d’avoir un niveau plafond permettant d’être un prétendant au titre sinon être en course pour le 1 premier choix de la draft pour que son projet soit viable. Si la franchise n’est dans aucun de ces cas, il faut qu’elle possède au choix, de la flexibilité salariale, une ou plusieurs potentielles jeunes superstars dans son effectif, ou plusieurs haut choix de draft à venir. Le souci est que les Warriors avec Kevin Durant posent aujourd’hui un « problème » puisque le niveau plafond à atteindre pour être considéré comme un prétendant au titre est aussi haut qu’un selfie de Thomas Pesquet, pris il y a quelques semaines.

Pire, les Warriors seront probablement dans la luxury tax dès l’an prochain et vont devenir la destination privilégiée de vétérans en recherche du succès collectif ultime. Ainsi de bons vétérans pourraient se satisfaire du nouveau salaire minimum de (2.2M selon le nouveau CBA) pour jouer 15-20 minutes en sortie de banc alors qu’ils pourraient être rémunérés bien plus sur les deux aspects (financier, temps de jeu) ailleurs.

Si en tant qu’observateurs nous le constatons cela veut dire que dans les bureaux nba c’est aussi le cas. Quelles équipes vont se risquer à essayer d’améliorer à coup de millions de dollars un effectif qui de toute façon ne sera pas assez bon. En nba pour améliorer son présent, il faut quelque peu hypothéquer son futur (tour de draft, flexibilité financière, futur talent). Les Warriors ont fait naître un sentiment de résignation chez les fans qui pourrait malheureusement s’étendre aux excécutifs des franchises nba entraînant une modification profonde du paysage notamment à l’ouest.

Le haut de l’ouest bientôt détruit directement et indirectement par les Warriors?

Cette saison était cruciale pour plusieurs franchises qui font face à de gros dilemmes en haut de la conférence ouest. Les possibles départs de joueurs majeurs de la conférence (Hayward, Hill, Griffin, Paul) pourraient faire redescendre les niveaux de Utah et des Clippers. D’un autre coté, des renégociations de contrats de contributeurs importants arrivent pour Memphis, San Antonio, Oklahoma City et Portland alors que ces équipes font déjà face à de fortes problématiques financières. Pour finir le duo MVPiable Westbrook, Harden est éligible à une augmentation salariale qui pourrait bien plomber les possibilités d’amélioration à court terme des effectifs respectifs de leurs franchises.

Pour faire simple, on pourrait se retrouver avec des équipes du haut de l’ouest hors Warriors bien moins fortes l’an prochain qui seront remplacées par de mauvaises équipes devenues moyennes ou juste bonnes par le jeu d’ascenseur de la conférence. Celles coincées entre les deux seront légitimement en mesure de penser à la reconstruction (#Tanking). La conférence ouest risque durant le règne programmé par les Warriors de se niveler par le moyen voir le mauvais comme ce qu’il se passe à l’est sous le règne de Lebron James.

Un champs de ruine inévitable?

Les choses semblent figées pour l’an prochain mais la nba est une ligue qui évolue très vite et s’adapte à ce dont elle doit faire face. En théorie, les Warriors sont imbattables sur une série à l’avantage des 4 matchs pourtant rien ne dit qu’ils ne seront pas gênés par les blessures ou rattrapés par la fatigue mentale. C’est pour moi fortement improbable et je crois que l’historiquement forte conférence ouest est à l’aube d’une destruction inévitable. Néanmoins je garde espoir que les jeunes franchises possédant de jeunes stars (Minnesota, Denver, Phoenix, Nouvelle-Orléans) viennent vite combler l’espace pour la compétitivité de cette conférence.

[Billet] Comment j’ai (enfin) connu ce sentiment de haine envers les Warriors

Défendre les Warriors et leur armada fait partie intégrante de ma vie de fan NBA depuis presque un an et l’arrivée de Kevin Durant dans la Bay Area. J’ai toujours tenté d’analyser la situation avec rationalité et, surtout, beaucoup de mesure. L’ancienne superstar du Thunder a tout simplement décidé de rejoindre l’équipe qui a le plus de chance de remporter un titre. La réflexion est très simple et pourtant très dur à intégrer pour la plupart des fans NBA, reliant naturellement la notion de difficulté à la conquête du titre.

Pendant toute cette saison, quitte à souvent être accusé d’être un supporter de Golden State, j’ai persisté dans la défense de cette équipe de mutants. Ce fut encore le cas récemment quand les Warriors se sont vus imputer le niveau désespérant de ces playoffs. A chaque reprise, j’offrais à ceux que je voyais alors comme des haters les mêmes arguments : il faut savoir apprécier le niveau de jeu incroyable proposé par cette équipe et la finale viendra sauver ces dernières semaines faiblardes.

Au fond de moi, je savais pertinemment que les finales allaient probablement tourner au pugilat, les Warriors étaient revanchards et leur effectif constituait assurément la meilleure association de talents de l’ère moderne.

Alors, au milieu du troisième quart-temps d’un match dont le vainqueur ne faisait guère de doute dès l’entame, au cours d’un énième run des Warriors face à des Cavaliers sans réponses, j’ai ressenti ce sentiment que la plupart des fans NBA ont connu au cours des onze derniers mois.

Oui, au cours de ce match 1 des finales NBA 2017 j’ai pour la première fois ressenti un sentiment de haine envers les Warriors. Mon armure d’objectivité s’est fissurée devant le spectacle offert sur le terrain de l’Oracle Arena.

Non, il n’est pas acceptable qu’une équipe menée par LeBron James soit sans solution en finale NBA.

Non, il n’est pas acceptable que Kyrie Irving soit contraint de multiplier les exploits pour inscrire quelques points insignifiants alors qu’en face, les dunks ouverts se multiplient.

Ce sentiment insupportable d’être privé d’une finale digne de ce nom

Dans cette victoire large de Golden State, j’ai ressenti une sensation de facilité insupportable à un tel stade la compétition. Les Warriors sont une meilleure équipe que les Cavaliers. Ils le savent. Je le sais. Vous le savez. Et après la démonstration de la nuit dernière, LeBron James a sans doute dû le concéder.

Supporter d’aucune équipe et, je l’espère, plutôt objectif quand il s’agit de discuter de cette ligue, cette expérience de haine envers les Warriors m’a tourmenté. Il est vrai que les finales laissent places aux émotions les plus fortes, dans le positif comme dans le négatif. Personnellement, ces émotions de finales ont toujours été positives. Jusqu’à maintenant…

Alors comment expliquer ma haine soudaine ? A travers ce sentiment violent, c’est surement le fan NBA, dans le sens moins raisonnable du terme, qui parle.

Celui qui a le sentiment d’avoir vécu une saison pour rien, avec une finale qu’on nous a vendu comme le feu d’artifice du 14 juillet aux Champs-Elysées. Alors qu’en réalité, il n’en est rien. La sensation amère que l’on m’a volé ma finale est omniprésente. Bien que la plupart des observateurs avaient intégrés la supériorité des Warriors, on espérait encore, pour je ne sais quelle raison, voir une finale serrée.

On peut être largement meilleur que ce soir

Kevin Durant

Je le concède, un seul match a été disputé. Mais si après la victoire des Warriors la nuit dernière, certains continuent de se persuader que cette finale sera disputée je dois leur reconnaître une force de caractère hors-norme (ou un très fort déni).

Ce sentiment de haine c’est celui d’un fan qui trouve anormal qu’une équipe puisse compter en son sein : deux des quatre meillleurs joueurs de la planète, un des meilleurs shooteurs de l’histoire et (potentiellement) le meilleur défenseur de la ligue. Un effectif qui écrase déjà la ligue malgré moins d’un an de vécu collectif. Une telle puissance de frappe rend l’opposition caduque, bien qu’elle soit portée par LeBron James. Ce qui est d’autant plus dommageable que les équipes de légendes se créent dans l’adversité. Les Warriors sont tellement dominants qu’ils annihilent même cette notion…

A l’heure du bilan

Ce matin, après quelques courtes heures de sommeil, je suis néanmoins revenu à mes esprits, loin de la haine envers les Warriors. Un second visionnage du carnage a largement aidé à cela. J’y ai vu un Kevin Durant qui a su répondre aux critiques de la meilleure manière. Son léger sourire au micro de Doris Burke après match, symbole de revanche pour le joueur le plus détesté de la ligue, m’a touché. Ce rictus témoigne bien de toute la pression qui repose sur ses épaules. Stephen Curry a lui prouvé que son faible niveau en finale est un mythe. Collectivement, sur certaines séquences, les hommes de Mike Brown ont atteint un niveau de jeu auquel la plupart des équipes de cette ligue ne peuvent que rêver.

Détester les Warriors n’a en réalité aucun intérêt. C’est ce que je me suis toujours dit. Mais pourtant, au cours de cette démonstration, je suis tombé dans ce travers. Ce qui constitue surement le ticket d’entrée des Warriors dans le panthéon des grandes équipes de la NBA.

[Billet du lundi] Les two way players, un profil tant convoité

two way players nba

Dans une nba où les chiffres règnent en maître, l’important ne change pas. Seule la victoire est belle et compte. Toutes les franchises veulent gagner en constituant des groupes homogènes dans lesquels le talent de chaque joueur peut s’exprimer de façon optimale. Plus individualiste des sports collectifs, le basket nba fait aujourd’hui la part belle à un « nouveau » type de joueurs. Les two way players, sont aujourd’hui les stars d’un basket moderne de plus en plus dicté par la rentabilité.

Qu’est-ce qu’un two way player?

Le terme two way player est employé pour qualifier un joueur qui est au dessus de la moyenne des deux côtés du terrain (attaque et défense). Le jeu moderne demande des attaquants capables de défendre et des défenseurs capables de sanctionner les errements défensifs adverses. Les joueurs possédants ce type de capacités sont des two way players au sens littéral.

Point commun entre tous, hormis les stars et les superstars, il ne sont élites dans aucun domaines. En revanche, ils sont au dessus de la moyenne dans les compartiments offensifs et défensifs du jeu. De plus en plus recherché ce type de joueur ne l’était pourtant pas, il y a quelques années. Deux principales raisons à cela, le jeu et les stratégies qui l’entoure étaient beaucoup moins poussées qu’aujourd’hui. De plus, la ligue faisait part belle aux spécialistes (défenseurs, rebondeurs, shooteurs, attaquants, contreurs) pour entourer les stars.

Ces spécialistes bien qu’ils perdurent, disparaissent au fil du temps des 5 majeurs aux profits des two way players. En effet, de part sa nature, le two way player offre un maximum de flexibilité au système prôné par le coach. Il lui permet aussi un large panel de combinaisons sans avoir à changer son 5. Tout le contraire de ce qu’il se passe au handball.

De plus en plus d’importance pour les two way players

Alors que les équipes souhaitaient avant tout booster leurs forces, aujourd’hui, elles préfèrent clairement limiter leurs faiblesses. La recherche de l’équilibre est telle que la plupart des équipes ne jouent pas avec leurs meilleurs talents ensembles en même temps. La complémentarité est la base de la construction d’une équipe moderne et ce parfois au détriment du talent général.

Dans ce climat les two way players se démocratisent en nba. Il limite les mismatchs (duels désavantageux) et permet d’en créer de l’autre côté. Malgré des statistiques pas toujours exceptionnelles, leurs habiletés à pouvoir bonifier le collectif et impacter le jeu de multiples façon se monnaye cher.

A statistiques similaires, des contrats et des statuts différents

Ainsi les 15 pts 7 rebonds d’Horford, n’ont pas la même valeur que les 15 pts 9 rebonds de Monroe. Cette différence de valeur est telle qu’ Horford vient de signer un contrat maximum alors que Monroe est devenu inéchangeable.

Cette prise de pouvoir des two way players fait des victimes à chaque postes. Des rôle players (Allen,Kanter, Morrow) qui ne peuvent plus rester très longtemps sur le terrain. Mais aussi des stars (Harden, Cousins, Irving) dont les talents ne sont pas appréciés à leurs justes valeurs.

A contrario d’autres joueurs ne sont pas vu aussi fort qu’ils ne le sont vraiment. C’est le cas Kawhi Leonard qui est tellement fort défensivement que son jeu offensif en est sous-estimé. Puis de Brook Lopez, fort attaquant et défenseur moqué, hors selon Nylon Calculus il conteste plus de shoot que Rudy Gobert et ce au même pourcentage de réussite qu’Anthony Davis.

Dans la nba morderne, les two way players sont une réelle force. Leurs valeurs ne se résument pas à leurs statistiques car même si elles sont très présentes pour juger le niveau des joueurs, elles ne font pas tout. C’est l’une des raisons pour lesquels ces joueurs sont autant convoités et les contrats donnés pour les engager aussi élevés.

[Billet du lundi] Tacler ESPN, la nouvelle mode étrange des fans NBA

ESPN

Je pensais d’abord le phénomène isolé, le fait de quelques brebis égarées. Puis à l’occasion de la publication par ESPN de ses prédictions pour la saison prochaine, j’ai noté que le désamour était répandu et profond. Des critiques, des moqueries et une tentative décrédibilisation, ESPN n’a plus la côte. Le dénigrement touche toute la sphère NBA française, des fans, en passant par les comptes français des franchises et même certains sites de basket. Et moi, au milieu de tout ça, je me demande tout bêtement: pourquoi ?

(Je précise que tous les fans NBA français, comptes français de franchises ou sites de basket français ne sont pas touchés, je note juste un désamour assez commun)

ESPN, leader incontestable sur le basket

La critique d’ESPN est inhérente à son succès. Pour reprendre une formule actuelle: «les haters sont jaloux du succès». Comme l’indique sa très sobre auto-description, ESPN est le leader mondial en sport. Ce n’est pas un avis personnel mais un fait difficilement contestable. Avec 4 000 employés au siège de la firme à Bristol et 8 000 dans le monde, c’est un ogre dans le paysage de l’information sportive. Alors, forcément, à l’intérieur de cette abondance de journalistes on trouve quelques cas typiques d’incompétence. Pensez à Stephen A Smith, divertissant à souhait, mais pas un spécialiste basket sérieux ou l’intégriste Chris Broussard.

Mais il ne faut pas se voiler la face, le network est rempli de talent et reste la référence. Avec Zach Lowe ESPN détient ce qui est vu par beaucoup comme le meilleur journaliste NBA (je préfère personnellement Howard Beck mais c’est un autre débat). Et c’est sans compter d’autres journalistes de très haut niveau comme Ethan Strauss, Kevin Pelton ou Dave McMenamin.  Côté télévision, on aime moquer Mark Jackson qui est atroce, c’est vrai. Mais n’oublions pas Doris Burke, Dick Vitale ou Jeff Van Gundy. Et encore, je me cantonne aux spécialistes de basket. Parce que le groupe compte quelques journalistes/analystes omnisports (Mina Kimes, Bomani Jones ou Jemele Hill) – qui s’intéressent donc au basket – qui sont pour moi des références, des modèles dont je rêve d’atteindre le niveau.

Aucune autre plateforme ne peut se targuer de posséder une telle densité de journalistes de haut niveau, mais les critiques ne font que de mettre en avant les vilains petits canards. Avec la même mauvaise foi, on peut pointer du doigt les plus mauvais éléments des concurrents d’ESPN. TNT a bien dans ses rangs Charles Barkley et Chris Weber ou Bleacher Report Ric Bucher.

Les classements de la colère

Avant de conclure ce papier, je suis obligé de revenir sur ce classement qui a tant fait couler d’encre. Une nouvelle fois, ce déchaînement  de passion est le résultat de la superpuissance d’ESPN. Quand ESPN fait des prédictions tout le monde réagit et surtout – la spécialité à l’âge des réseaux sociaux – critique.

Pour ce qui est du classement en lui-même, je le trouve hyper cohérent. Sans spoiler mes prédictions pour les playoffs – que vous aurez la chance (si si vraiment) de les entendre dans un prochain podcast – elles ressemblent beaucoup à celles d’ESPN. En ai-je honte ? Pas du tout. En suis-je conforté dans mes positions ? Non plus.

La saison n’a pas encore commencé. Toute critique de prédictions n’a pas grand intérêt, à moins que certains connaissent déjà les classements finaux. La chaîne n’a jamais affirmé détenir les résultats. Mais le bashing n’en tarit pas …

Pour conclure (il ne me reste plus beaucoup de mots), je m’amuse à remarquer que les premiers critiques des classements d’ESPN sont les supporters d’équipes dites «flouées» (je suspecte un manque d’objectivité mais ne nous avançons pas). La palme d’or revient à la fan base des Mavericks, celle qui s’est sans doute la plus offusquée du classement d’ESPN. A les entendre, les playoffs sont assurés. Je commence donc à croire qu’un paragraphe du CBA, donc j’ignorais l’existence, stipule que les Mavs sont automatiquement qualifiés pour les playoffs. C’est ma seule explication rationnelle quant à l’assurance de fans d’une franchise dont la superstar a 38 ans, l’effectif constitué de joueurs injury prone, la rotation à l’intérieur inexistante et dont la seconde option offensive se nomme Harrison Barnes. J’ai personnellement trouvé ESPN gentil avec cette prédiction.

Mince. Voilà que je critique aussi ESPN…

[Billet du lundi] Il est temps que Draymond Green réfléchisse

Tous les lundis, la rédaction de Dunkhebdo vous propose un billet. Dans cet article, un auteur du site émet un avis personnel en moins de 700 mots sur l’actualité NBA sans les contraintes journalistiques.

Draymond Green est sans doute le personnage le plus clivant de la NBA, légèrement devant Russell Westbrook. Détesté ou adoré, il ne laisse personne de marbre. Et d’après ce que je note, chez les fans NBA qui ne supportent pas les Warriors, Green est beaucoup plus détesté qu’admiré. Personnellement, je trouve le joueur divertissant à souhait, ce genre individu haut en couleurs que j’adore voir en NBA même si son rôle de bad boy des Warriors, je n’y crois pas une seconde. Un peu comme un Kevin Garnett à son époque, Green c’est le bad boy qui s’enfuit dès que les coups s’apprêtent à pleuvoir. Une attitude d’emmerdeur de première qui n’aime pas les explications musclées. J’adore.

Cependant, depuis quelques semaines, Green a franchi la frontière – qui était très floue je l’admet,- celle entre ce rôle poilant et le joueur vraiment détestable, qui n’amuse plus personne. Pour rappel, en quelques mois il a réussi à frapper Steven Adams dans les parties sensibles, à être suspendu pour un match crucial, se battre avec un ancien membre de sa fac et, dernièrement, poster une photo de son pénis sur un réseau social (Snapchat, la pissotière du XXIème siècle). Le crescendo du ridicule.

Certaines se demanderont pourquoi Green commence à m’énerver seulement maintenant. Avant tout parce que tous ses dérapages avaient lieu à l’intérieur du rectangle où le ballon orange fait la loi, là où un peu de folie m’intéresse toujours. Les deux derniers événements eux ce sont passés en dehors du terrain, dans la vie civile et montrent tous les deux un manque évident de jugement, pour ne pas dire plus.

Je commence à penser que Draymond Green n’a pas tout à fait saisi qu’il était devenu une personne publique, et donc soumis à code de conduite très sévère. Pire, comme c’est un sportif, il se doit d’être un modèle pour tous les jeunes joueurs en devenir qu’il inspire. Énième preuve que les sportifs de notre époque sont les descendants des gladiateurs. Mais laissons ces considérations pour un autre billet. Maintenant que c’est une personne publique, Green doit agir en conséquence et adopte la conduite la plus lisse possible. C’est à dire pas de procès ni de photo de son phallus sur internet. Green doit réfléchir à deux fois avant chaque action, penser à l’impact de celle-ci sur sa marque. Oui, en tant que sportif de très haut niveau Green est une marque. Le joueur des Warriors devrait prendre quelques cours chez Beyoncé, chez qui chaque clin d’œil semble calculé. Une nouvelle fois, je m’égare. Ce qui est sûr, c’est que le côté irréfléchi du joueur des Warriors, utile sur le terrain, le dessert assurément en dehors de celui-ci.

Cette fois vous allez me dire que le comportement des sportifs en dehors du terrain, concrètement on s’en tape et c’est bien vrai. Mais le grand public n’est pas d’accord, TMZ n’a pas crée une section sport pour rien, les gens sont friands des agissements des sportifs, surtout quand ils dérapent. Et en Draymond Green ils ont trouvé une bonne vache à lait. Pire, à terme, ses agissements répétés auront des conséquences sur le terrain et tout sera tout de suite moins drôle. La NBA aime cultiver son image de bonne ligue – comme toute ligue américaine c’est à dire faussement puritaine – et n’hésite pas à sanctionner les éléments perturbateurs.

Bref, Draymond Green il est temps de réfléchir.

[Billet du lundi] Pourquoi la NBA ne doit pas interdire les « Super Team »

Tous les lundis, la rédaction de Dunkhebdo vous propose un billet. Dans cet article, un auteur du site émet un avis personnel en moins de 700 mots sur l’actualité NBA sans les contraintes journalistiques.

Depuis l’arrivée de Kevin Durant aux Warriors, le mot « Super Team » est revenu dans le vocabulaire courant. Cette arrivée a suscité de nombreuses réactions (positives ou pas) y compris celle du commissioner :

 » Que ce soit absolument clair, je ne pense pas que ce soit idéal de notre point de vue. Pour moi, l’idée est de créer une convention collective qui encourage la répartition des meilleurs joueurs à travers le championnat »

Adam Silver prend ici clairement position contre les réunions de superstars en supposant qu’il va tout faire pour les empêcher. Or, ceci est très compliqué voire infaisable. Tout d’abord, prenons le cas d’un joueur qui comme Kevin Durant est free agent. Pourquoi ce joueur ne pourrait-il pas aller où il le souhaite ? Le sport reste un plaisir même quand il est exercé en tant que métier alors si un joueur veux jouer dans un environnement qui lui plait, pourquoi devrait-on l’en empêcher ? La question mérite d’être posée. Ceci pose aussi un problème d’équité entre les joueurs, un free agent qui n’est pas considéré comme super star pourrait jouer dans la franchise de son choix et pas un joueur plus fort que lui ? Il serait fort étrange que les joueurs avec lesquels la ligue fait ses choux gras (les superstars) soient défavorisés par rapport aux joueurs de moindre importance.

Une solution souvent évoquée notamment par Pat Riley est le « franchise tag » comme en NFL. Ce contrat permet à la franchise de garder son joueur star. Si celui-ci ne se met pas d’accord avec sa franchise avant une certaine date, la franchise peut le re-signer pour 1 ans avec 120 % de son précédent salaire.

« Je pense qu’il devrait y avoir un franchise tag sur un de nos joueurs. Mon idée du franchise tag, et c’est d’ailleurs pourquoi on ne me permet pas d’en parler et de donner mon avis sur la convention collective, est que ce serait un joueur que nous pourrions payer autant que nous voulons. Chacun obtient un joueur : Kevin Durant a ses 50 millions, LeBron ses 100 millions. Si vous pouvez désigner un franchise tag, vous avez la capacité de protéger ce joueur. »

Or ce système pose encore le problème de la liberté de choisir son club alors même que l’on est agent libre couplé à l’iniquité entre les stars et les role player.

Imaginons maintenant que la ligue aie un droit de veto sur tous les mouvements (y compris les agents libres). L’idée serait alors d’appliquer ce veto aux transferts des stars pour former des Super Team (comme James au Heat ou Durant aux Warriors).  Si les Warriors sont une Super Team, pourquoi ne pouvons-nous pas dire que les Knicks en sont aussi une comme le pense Derrick Rose ? Se pose alors la question de la définition d’une Super Team.  Une Super Team est une équipe composée d’environ 4 stars (là non plus pas de nombre officiel). Alors, qu’est-ce qu’une star ? Doit-on se baser sur les sélections au All Star Game, les sélections dans les All NBA Team ou sur les leaders dans telle ou telle catégorie statistique ? Ceci est donc une appréciation personnelle. Il est donc très difficile d’imposer une juridiction et de créer des règles pour contrer la formation des Super Team. La NBA s’engage ainsi sur un chemin périlleux en voulant imposer sa vision de la ligue contre celle des joueurs alors même que la renégociation de la convention collective approche à grands pas.

 

(Billet du lundi) Envoyer ses jeunes loups pour posséder sa superstar, un choix si cornélien que cela ?

Tous les lundis, la rédaction de Dunkhebdo vous propose un billet. Dans cet article, un auteur du site émet un avis personnel en moins de 700 mots sur l’actualité NBA sans les contraintes journalistiques habituelles.

Question stupide peut être, titre accrocheur voir racoleur surement, la question de l’accumulation de jeunes talents pose de plus en plus débat dans une NBA conduite et régie par la superstar. Cette question paraît d’autant plus aberrante quand on voit les équipes qui ont dominé la ligue ces dernières années. Les Warriors, qui planent sur le monde de la balle orange depuis quelques années, ont le corps de leur équipe provenant des Draft successives : ainsi, les cinq hommes qui ont débuté le match 7 des dernières Finales NBA, ont été pris à la Draft par la franchise californienne (Curry, Thompson, Barnes, Green et Ezeli). Quand à OKC par exemple, les Durant, Westbrook, Harden, Ibaka et autre Adams ont tous été pris par le Thunder à la Draft, mettant en place une équipe ultra-compétitive et spectaculaire durant la moitié d’une décennie.

Mais tout ne se passe pas tout le temps comme prévu, l’erreur est humaine. Trouver une superstar est délicat, épineux, périlleux même. Et quand une équipe ne parvient pas à en trouver une à la Draft, et bien autant l’acquérir par un blockbuster, par un gros échange, d’où la nécessité d’avoir sous la main quelques diamants : on a rien sans rien pas vrai ? Et là c’est l’inconnu la plus total en réalité, pas pour l’équipe qui voit arriver dans ses rangs une star, mais pour celle qui récupère des prototypes pas finis et parfois sur estimés. Demandez aux T-Wolves la valeur de la compensation récupérée dans l’échange de Kevin Garnett en 2008, KG qui était et qui reste aujourd’hui encore le meilleur joueur de l’histoire de la franchise. Al Jefferson, Ryan Gomes, Gerald Green, un choix de Draft qui se révélera être Wayne Ellington, bref, une bien maigre indemnisation. Et oui, dur dur d’être un GM NBA, surtout que seulement 5 joueurs sont autorisés à jouer sur un terrain de basket-ball, et que les cinq hommes ne peuvent pas tous faire 2m05, ce que Milwaukee n’a toujours pas compris je pense.

C’est un peu çà le problème, quand on amasse trop de grenouilles dans un bocal, il n’y a plus d’air pour ces petits amphibiens et l’espace nécessaire à leurs développements n’est plus assez conséquent, ils étouffent. C’est cela qui pourrait arriver à ces équipes qui sont parsemées de jeunes pépites, il n’y a pas assez de place pour tout le monde : c’est à comprendre pour ces franchises là, mais également pour les autres, qui peuvent ainsi attirer des second-couteau en leur offrant une place de choix dans un projet. On pense ici aux Rockets, qui sous l’égide de leur GM Daryl Morey, avait senti le potentiel de James Harden et l’a acquis pour pas grande chose à l’été 2012, un Harden qui était dans l’ombre de la paire Durant/Westbrook et qui est une vraie superstar dans le Texas depuis maintenant quatre saisons.

Que faut-il donc faire ?

Tous les jeunes pouces des Nuggets de Denver par exemple ne peuvent pas tous s’épanouir dans cette équipe (Mudiay, Jokic, Murray, Nurkic, Beasley, Harris…), et six ans après le départ de Carmelo Anthony pour la Big Apple, Denver cherche sa superstar et ne l’a peut être pas encore dans son roster aujourd’hui, mais dans tous les cas, les Nuggets peuvent former un super package qui plaira à bon nombres de franchises.

Les Lakers eux sont toujours dans l’utopie que Los Angeles attire par tous ce que Los Angeles est : comme l’ont montré Kevin Durant et LaMarcus Aldridge, les joueurs ont autre chose à faire que de pavaner sur Hollywood Boulevard après les matchs. Alors il faut peut-être faire un échange pour trouver cette star (oui, sans surprise, on parle bien ici de Russell Westbrook) quitte à balancer les jeunes Russell, Ingram, Randle, qui ont un excellent potentiel mais qui peuvent peut-être ne jamais se transformer en superstar.

Souci différent pour Minnesota, qui à sa star, Karl-Anthony Towns, qui a son scorer extérieur, Andrew Wiggins, son nouveau meneur, Kris Dunn, mais qui a pléthore de jeunes joueurs, qui pourraient être vite saoulés de la dimension prise par leurs coéquipiers (on pense ici aux LaVine, Muhammad…).

Cet article ne prouve rien donc, il tente juste de se mettre dans la tête d’un Front Office NBA, chose qui n’a pas l’air si simple tout compte fait.

[Billet du lundi] Dallas, ton univers qui n’attire pas les stars

Tous les lundis, la rédaction de Dunkhebdo vous propose un billet. Dans cet article, un auteur du site émet un avis personnel en moins de 700 mots sur l’actualité NBA sans les contraintes journalistiques habituelles. 

Mark Cuban est un homme ambitieux. Forcément, on ne passe pas d’un poste de barman en début de carrière à une fortune estimée à plus de 3 milliards de dollars en étant humble. Pourtant, cette ambition qui l’a aidé a réussir en affaires le mène à sa perte dans le monde NBA. Oui, on parle ici du marché des agents libres. Marché où Mark Cuban se promet d’être un acteur tout les ans. En effet il l’est, mais plus comme figurant que premier rôle. Ce n’est pas la volonté qui manque, ni les effets d’annonces racoleurs. Avec toutes les superstars qu’il a annoncé chez ses Mavericks (LeBron James, Dwight Howard Carmelo Anthony ou même Chris Paul), Dallas aurait pu gagner plusieurs titres.

Sauf que aucunes d’elles n’est venu. A la place, Dallas a plutôt vu arriver Chandler Parsons, Wesley Matthews et Deron Williams (pas le joueur dominant d’Utah, celui qui squatte Chipotle). Les supporters font grises mines. Parier sur la free agency ce n’est pas un problème, c’est même une bonne chose et puis les dirigeants des Knicks font bien pareil depuis 10 ans pour maintenir la fan base éveillée. L’erreur que répète inlassablement Mark Cuban c’est de tout sacrifier pour la free agency, quitte à mettre son équipe en difficulté. Il se débarrasse de certains éléments clés de son équipe mais ne parvient pas à signer la superstar tant convoitée, et doit donc se rabattre sur des quatrièmes choix. Ainsi, année après année, alors que l’effectif entourant Dirk Nowtizki devrait se renforcer pour palier le vieillissement de la superstar, c’est le contraire: il perd en qualité. Cette année, il avait promis Hassan Whiteside aux supporters. Ils récupèrent finalement Andrew Bogut et Harisson Barnes au maximum, ce qui constitue sans doute le pire contrat de l’intersaison. Quand on peut dire cela alors qu’un joueur qui n’a jamais joué un All Star Game a obtenu un contrat à 153 millions de dollars la même intersaison c’est vous dire à quel point ce contrat est cataclysmique.

Tenter constamment de tirer le gros lots c’est se priver de la possibilité de récupérer les lots intermédiaires et donc souvent repartir bredouille. Si en business, gagner gros représente – en quelque sorte – la finalité, en NBA, les petits ajouts sont souvent ceux qui sont décisifs. Même si attirer une superstar pourrait faire passer un cap à une équipe, elle ne sert à rien sans la présence de bons roles players.

La volonté qu’a Cuban de constamment être compétitif pour Dirk Nowtizki (version naïve) et aussi tout simplement gagner des titres (version réaliste) le tue à petit feu. Pat Riley connait exactement le même problème avec le Heat, en bien plus grave. Cuban continue de miser gros à chaque partie de poker free agency et continue de voir son capital se dilapider.

[Billet du lundi] Vive les riches ou pourquoi le salaire maximum désavantage les superstars

Tous les lundis, la rédaction de Dunkhebdo vous propose un billet. Dans cet article, un auteur du site émet un avis personnel en moins de 700 mots sur l’actualité NBA sans les contraintes journalistiques habituelles. 

Sale temps pour être superstar !

Oui oui, cet article a bien pour but de se poser en défenseur de multimillionnaires parce que ceux-ci ne gagnent pas assez.

«Pourtant ça fait trois jours que la NBA distribue des contrats faramineux? Depuis quand Laurence Parisot écrit-elle sur ce site?», se demande le lecteur, désabusé par ce début d’article.

Depuis trois jours, les franchises NBA bradent des contrats fous pour des joueurs correctes. C’est justement là tout le problème ! Et le coupable est tout trouvé: le salaire maximum. Comme on vous le dit depuis 6 mois, le salary cap a fait un bon inédit cet été. Salary cap que les équipes ont l’obligation de «dépenser» à 90%. Bref, les franchises ont beaucoup d’argent avec l’obligation d’acheter, un peu comme une Kardashian dans un magasin Dior.

«Mais où est donc le rapport avec le contrat maximum ?», s’impatiente le lecteur du lundi matin.

Du calme !

Reprenons.

Les franchises devaient dépenser de l’argent. Or, la classe de free agency était plutôt faible en superstar, seuls Kevin Durant et, peut-être, Al Horford peuvent prétendre à ce statut. Les équipes étant obligées de signer des joueurs correctes avec des contrats dingues, voire maximums. Transactions qui ont mis en lumière une des faiblesses du CBA: les contrats maximums. A la base, ils ont été crée pour les meilleurs joueurs de la ligue. Mais, pour garder leurs cadres, les franchises tendent de plus en plus à l’utiliser pour leurs forts titulaires. Et les superstars dans tout ça ? Elles pleurent. La différence salariale entre les superstars et les titulaires de certaines équipes diminue dangereusement, désavantageant les premiers. En bridant les possibilités salariales des superstars, le CBA promeut les titulaires au détriment de l’élite du championnat.

Concrètement – il faut toujours illustrer les idées pour les plus lents – si l’on se base sur les derniers contrats signés, les salaires maximums que signeront LeBron James et Kevin Durant seront largement en deçà de leurs vraies niveaux. A la place du mot largement vous pouvez aussi insérer criminellement. Dans l’intérêt des superstars, la NBA devrait s’inspirer du système de la NFL. Un salary cap, des contrats rookies, une primauté aux équipes qui ont drafté les joueurs pour les signer à la fin de ces contrat mais pas de salaire maximum. Dès leurs deuxièmes contrats, les meilleurs joueurs pourraient signer des deals faramineux et beaucoup plus proche du niveau auquel ils jouent. Le salaire naturel d’Adam Smith version NBA ! C’est à dire le minimum vital plus la villa de 12 salles de bains, les 85 Rolex et les cinq voitures de course.

Pour les franchises, la gestion du cap aurait d’autant plus d’importance et les meilleurs élèves auraient un réel avantage. Les Lakers auraient pu par exemple proposé plus de 50 millions à Durant (alors, Kevin, on aurait accepter une petite rencontre là ?). Le marché serait encore plus fou. Une sorte d’idéal en soit…donc ça ne se fera jamais (en famille on se dit tout).

«Mais oui car ce changement n’arrangerait personne mis à part les superstars?», note le lecteur.

Elementaire mon cher Watson !

On touche ici au problème. Une fin du salaire maximum n’arrangerait qu’une poignée de joueurs, les meilleurs de la NBA, qui verraient leurs salaires explosés.

D’après Fivethirtyeight – site relié à ESPN qui ne sert pas qu’à sous-estimer le phénomène Donald Trump – sans salaire maximum, si l’on base le contrat d’un joueur sur sa production dans les 5 prochaines années, LeBron James devrait toucher 62 millions de dollars par an (aie), Russell Westbrook 68 millions (c’est beaucoup pour balancer des briques) et Stephen Curry 80 millions (Ayesha pourrait s’acheter le George V). Des projections calculées avec un salary cap ! Une équipe comme les Warriors n’auraient donc plus que 14 millions à dépenser pour le reste de leur équipe. Allez expliquez-ça à Klay Thompson, Draymond Green, Andre Iguodala etc… Si les joueurs seraient payés pour leurs vraies valeurs, 95% des joueurs NBA perdraient de l’argent.

En soit, le principe du salaire maximum bénéficie à tous les joueurs NBA … sauf aux superstars qui le touche.

Preview NBA Playoffs 2015: Les Facteurs X, conférence Ouest

Ça y’est, la période la plus excitante de la saison NBA est là! Place aux Playoffs 2015! Petit changement de paysage cette saison: Miami, quadruple finaliste lors des dernières éditions, n’est pas de la partie. Cleveland, looser de la NBA, est désormais favori au titre en compagnie des Spurs qui sont redevenus une machine à jouer au basket. Le paysage a changé en NBA avec en plus de ça la montée en puissance des Warriors à l’ouest et des Hawks à l’est.

Pour ces previews des Playoffs 2015, un peu de changement. Sous forme de 8 articles, nous allons vous présenter pour chaque conférence: les joueurs clés de chaque équipes, les joueurs facteurs x de chaque équipe, expliquer pourquoi cette équipe sera championne, et expliquer pourquoi elle ne le sera pas.

Dans cette épisode des previews des Playoffs 2015, nous allons faire un point sur les joueurs de la conférence Ouest qui pourraient faire basculer une série en la faveur de leur équipe: les Facteurs X.

1) Golden State Warriors: Andrew Bogut

 

Statistiques cette saison: 6,3 points (56,3% aux tirs), 8,1 rebonds, 2,7 passes décisives, 1,7 contre, 1,6 perte de balle en 23,6 minutes.

Premier choix de la draft 2005 à sa sortie de l’université d’Utah, sa carrière a basculé lorsqu’il a été transféré aux Warriors contre l’étincelant arrière Monta Ellis. Depuis qu’il est arrivé, la culture de l’équipe à changer et ils gagnent surtout beaucoup plus de matchs

1- Pilier défensif

Tour de contrôle de la meilleure défense de la ligue, Bogut fait moins parler que les Splash Brother, Draymond Green et son coach Steeve Kerr. Est-il moins important? Définitivement non. Quand il est sous l’arceau, ses adversaires shootent à 40.8% dans la raquette (Duncan 46.7%). De plus quand il ne joue pas l’offensive rating moyen des adversaire est de 103 mais chute à 96 lorsqu’il est sur le terrain (Énorme), on comprend bien la plus value qu’il apporte à cette équipe.

2- Rester en santé

La carrière d’Andrew Bogut est jalonné par les blessures. L’australien n’a pas été épargné par les blessures tout au long de sa carrière. Listé comme un injury prone, voila deux saison consécutives qu’il joue au moins 65 matchs (une 1ere depuis 2009-2009). Les playoffs s’annoncent longs et intenses pour atteindre le graal; à l’heure où les rotations se resserrent l’ex Buck verra sans doute son temps de jeu moyen (25min) augmenter au risque de se fragiliser. Il lui faudra rester en santé

2) Houston Rockets: Josh Smith

 

Statistiques cette saison: 12,4 points (41,9% aux tirs dont 31,6% à 3pts), 6,4 rebonds, 3,3 passes décisives, 1 interception, 1,4 contre, 2,5 pertes de balles en 27,7 minutes par match.

Arrivé de Détroit où il a été coupé par les Pistons, Josh Smith s’apprête à retrouver les playoffs pour la 7ème fois de sa carrière. Titulaire en l’absence de Terrence Jones , c’est du banc qu’il devrait commencer les matchs pour amener du punch à la seconde unit. Rapide et athlétique il peut faire passer Houston dans une autre dimension. Pour ce il doit:

1-Mettre ses lancers francs

On l’a vu face à San Antonio, le stratège qu’est Greg Popovich n’a pas hésité une seconde à commettre le hack a Smith. Il est vrai qu’avec Capela, Dorcey, Howard puis Smith, Houston est une proie facile au Hack. L’ex faucon doit s’attendre à tirer mais surtout à mettre ses lancers pour ne pas handicaper son équipe ou pire pour lui, voir Terrence Jones le remplacer dans le money time.

2-Jouer sur ses qualités

Josh Smith n’est pas un scoreur et encore moins un shooteur. Cependant c’est un excellent passeur à sa position. Souvent raillé car il jouait contre nature, Smith devra cette fois-ci rester dans son rôle pour faire franchir un cap à Houston. Son entente avec Dwight Howard est un fait, d’ailleurs ils  nous ont souvent gratifié de beaux combos. Il est attendu pour être le créateur de la 2nd Unit et non pas la première option offensive. En jouant comme il le faisait aux Hawks, Houston ne sera plus la même équipe qui a quand même terminé championne de la southwest division.

 

3) Los Angeles Clippers: Jamal Crawford

 

Statistiques cette saison: 15,8 points (39,6% aux tirs dont 32,7% à 3pts), 1,9 rebonds, 2,5 passes décisives, 1,4 perte de balle en 26,6 minutes par matchs.

Amateur de crossover, de gestes esthétique et 3+1 play, J-Crossover est votre homme. Besoin d’un carton, d’un électron libre et de points rapides ne cherchez plus c’est aussi votre homme.

1- Créer pour les autres

A l’image d’un Boris Diaw, Jamaal Crawford est le moteur de la seconde unit de son équipe. Il se doit de générer toute la création de la réserve. Pourquoi? Tout simplement parce qu’il n’y a aucun joueur capable de créer son shoot dans la réserve à part peut-être Austin Rivers. Sa propension à créer efficacement pour servir dans un fauteuil ses coéquipiers est essentiel au succès de son équipe.

2- Apporter des points du banc

Crawford est un féroce attaquant. Solliste, il est dans le cercle très fermé en compagnie de Wilt Chamberlain, Moses Malone et Bernard King des joueurs à avoir mis au moins une fois 50 points avec trois équipes différentes. Véritable scoring machine, il est capable de prendre feu à tout moment et d’écœurer ses adversaires à coup de shoots assassins.

4) Portland Blazers: CJ McCollum

Statistiques cette saison: 6,8 points (43,6% aux tirs dont 39,6% à 3pts), 1,5 rebond, 1 passe décisive, 0,8 perte de balle en 15,7 minutes par match.

Drafté l’an dernier par les blazers en dixième position, l’arrière meneur aura une réelle carte à jouer durant ces playoffs. Passé de 38 matchs joués à 62, il a tout juste 100 matchs d’expériences dans les jambes à l’arrivée en post season.

1- Mettre des points

Gros scoreur en Ncaa (21 pts à 44%) durant ses quatre années à Lehigh, Mc Collum peine à retranscrire ses capacités (6.8pts en carrière) en nba. Longtemps barré, il peut profiter d’un concours de circonstance pour enfin donner la pleine mesure de son talent. En effet, Wes Matthews et Aaron Afflalo sont blessés, Will Barton a été transféré, il a là une chance unique qu’il se doit de saisir.

2- Soulager Damian Lillard

Comparé à son coéquipier de par son parcours et son style de jeu, CJ devra être amené à le remplacer efficacement pour que Portland aille loin. Même si Steeve Blake est le back up naturel de Dam (4ème temps de jeu cette saison), il est beaucoup plus gestionnaire que scoreur. Hors avec autant de blessés la capacité à scorer est très importante. Mc Collum est l’alternative pour apporter de l’agressivité mais surtout du scoring à l’arrière nécessaires au système Stotts.

5) Memphis Grizzlies: Courtney Lee

 

Statistiques cette saison: 10,1 points (44,8% aux tirs dont 40,2% à 3pts), 2,3 rebonds, 2 passes décisives, 1 interception, 1 perte de balle en 30,6 minutes par match.

Arrière titulaire des Grizzlies depuis maintenant une saison et demi, Courtney Lee n’a cessé de prendre de l’importance dans le jeu des joueurs du Tennessee. Associé à son compère Mike Conley dans un backcourt toujours sous-estimé, il  est devenu un pion essentiel du système de Dave Jeorger pour deux raisons.

1- Sa défense

En succédant à Tony Allen dans le 5 de départ des oursons, ex celtic tout comme lui, Courtney Lee avait la pression et se devait d’ être à la hauteur défensivement. Force est de constaté qu’il a plutôt bien répondu puisqu’il est excellent dans ce domaine. Grace à son addition, Memphis possède le meilleur roster défensif à l’arrière quand on ajoute Mike Conley, Tony Allen, Nick Calathes, Jordan Adams tous de très bons défenseurs.

2- Son adresse

Aussi étonnant que cela puisse paraître, Courtney Lee est une véritable balance offensive pour les Grizzlies. Jugez par vous même. Lors des victoires, il affiche des moyennes de 11 points 2 rebonds 2 passes à 50% FG et 50% à 3pts contre 8 pts à 35% FG et 21% à 3pts lors des défaites. Sa propension à rentrer des Catch and shoot (43% de ses tirs) sera essentielle pour libérer la raquette.

6) San Antonio Spurs: Boris Diaw

 

Statistiques cette saison: 8,7 points (46% aux tirs dont 32% à 3pts), 4,3 rebonds, 2,9 passes décisives, 1,6 perte de balle en 24,5 minutes par match.

L’an dernier en finale nba, Boris Diaw a explosé aux yeux du grand public de la grande ligue. Déjà élu Most Improve Player durant ces années phoenix, il avait connu un passage compliqué et une baisse de cote aux Bobcats avant de revenir sur le devant de la scène avec les Spurs.

1- Créer des shoots faciles

S’il fallait le définir en un mot ce serait « facilitateur ». Boris Diaw fait parti des créateurs les plus majestueux de  ligue actuel. Son jeu de passe, son sens de l’anticipation et son Qi basket forment un cocktail explosif qui booste le jeu collectif des spurs. Adepte du drive and kick, du tir à la cuillère mais aussi de la passe aveugle, quand il joue c’est littéralement un 2ème meneur sur le terrain, meneur qui fait toute les petites choses non quantifiables mais au combien importantes.

2- Etre agressif

S’il est reconnu pour ses qualités de créateur, le président peut parfois se muer en redoutable scoreur. A 33 ans comme son maillot et le numéro de sa ville, le capitaine de l’EDF doit se faire violence offensivement pour faire passer les champions texans dans une autre catégorie. En étant agressif, son jeu est beaucoup plus efficace pour son équipe puisqu’il brouille les pistes en libérant des positions pour ses partenaires.

7) Dallas Mavericks: Amare Stoudemire

 

Statistiques cette saison: 11,5 points (55,7% aux tirs), 5,6 rebonds, 0,5 passe décisive, 1,3 perte de balle en 21,1 minutes par matchs.

Débarqué des Knicks alors qu’il émargeait à plus de 20 millions par ans, Le Stoud a trouvé une nouvelle maison dans le texas sous les couleurs des mavericks. Recruté pour remplacer numériquement Brendon Wright sacrifié lors de l’échange pour acquérir Rondo il aura une réelle carte à jouer lors de ces playoffs.

Amener une menace poste bas

On le sait tous, le jeu se ralentit en playoffs. Pouvoir compter sur un joueur qui peut garder la balle, sans la perdre au poste est essentiel à ce niveau. Avec Dirk qui va de moins en moins au contact dans la peinture et Tyson Chandler qui ne touche la balle que pour prendre des rebonds ou faire des claquette, Amare apporte un profil qui manquait aux Texans.

Energiser en sortie de banc

Depuis les départ conjuguées de Jae Crowder et de Brendan Wright, le banc des mavericks est vieux, manque de fraîcheur mais a surtout perdu ses deux principaux moteurs. Le Stoud a maintenant l’occasion d’avoir les clefs de son équipe (la seconde Unit) pour s’assurer de trouver un bon contrat dans une équipe de haut niveau pour la saison prochaine.

8) New Orleans Pelicans: Ryan Anderson

 

Statistiques cette saison: 13,7 points (39,9% aux tirs dont 34% à 3pts), 4,8 rebonds, 0,9 passe décisive, 1 perte de balle en 27,5 minutes par match.

Most improve player lors de sa seconde saison au Magic, Ryan Anderson est depuis un pélican. Navigant entre malheur, tristesse et blessure, le strech 4 retrouve peu à peu son équilibre en cette fin de saison pour les pensionnaires du Smoothie King Center, s’il joue son meilleur basket NOLA peut aller haut.

1- De l’adresse extérieur

Si vous suivez la nba, vous connaissez sûrement Ryan Anderson. C’est le meilleur shooteur intérieur exclusif en nba actuellement. Sa palette est immense, 8 mètres, en mouvement, en catch and shoot, en spot up, en turn around! Demandez vous en aurez! Quand il est adroit (et ça arrive régulièrement), c’est une véritable machine qui peut prendre feu à n’importe quel endroit du terrain.

2- Apporter du Spacing

Véritable Kyle Korver du poste 4, Ryan est défendu comme s’il était un joueur à 20ppg. Quand il a une position favorable, les adversaires s’empressent de sortir sur lui. Sa simple présence sur le parquet ouvre le terrain pour les nombreuses options offensives que sont le pick and roll et le backdoor cut du joueur venant du coté faible. Avec lui, New-Orleans attaque à 5 (contrairement à lorsqu’Asik joue) et est bien plus dangereux pour ses  adversaires.