[Billet du lundi] Vive les riches ou pourquoi le salaire maximum désavantage les superstars

Tous les lundis, la rédaction de Dunkhebdo vous propose un billet. Dans cet article, un auteur du site émet un avis personnel en moins de 700 mots sur l’actualité NBA sans les contraintes journalistiques habituelles. 

Sale temps pour être superstar !

Oui oui, cet article a bien pour but de se poser en défenseur de multimillionnaires parce que ceux-ci ne gagnent pas assez.

«Pourtant ça fait trois jours que la NBA distribue des contrats faramineux? Depuis quand Laurence Parisot écrit-elle sur ce site?», se demande le lecteur, désabusé par ce début d’article.

Depuis trois jours, les franchises NBA bradent des contrats fous pour des joueurs correctes. C’est justement là tout le problème ! Et le coupable est tout trouvé: le salaire maximum. Comme on vous le dit depuis 6 mois, le salary cap a fait un bon inédit cet été. Salary cap que les équipes ont l’obligation de «dépenser» à 90%. Bref, les franchises ont beaucoup d’argent avec l’obligation d’acheter, un peu comme une Kardashian dans un magasin Dior.

«Mais où est donc le rapport avec le contrat maximum ?», s’impatiente le lecteur du lundi matin.

Du calme !

Reprenons.

Les franchises devaient dépenser de l’argent. Or, la classe de free agency était plutôt faible en superstar, seuls Kevin Durant et, peut-être, Al Horford peuvent prétendre à ce statut. Les équipes étant obligées de signer des joueurs correctes avec des contrats dingues, voire maximums. Transactions qui ont mis en lumière une des faiblesses du CBA: les contrats maximums. A la base, ils ont été crée pour les meilleurs joueurs de la ligue. Mais, pour garder leurs cadres, les franchises tendent de plus en plus à l’utiliser pour leurs forts titulaires. Et les superstars dans tout ça ? Elles pleurent. La différence salariale entre les superstars et les titulaires de certaines équipes diminue dangereusement, désavantageant les premiers. En bridant les possibilités salariales des superstars, le CBA promeut les titulaires au détriment de l’élite du championnat.

Concrètement – il faut toujours illustrer les idées pour les plus lents – si l’on se base sur les derniers contrats signés, les salaires maximums que signeront LeBron James et Kevin Durant seront largement en deçà de leurs vraies niveaux. A la place du mot largement vous pouvez aussi insérer criminellement. Dans l’intérêt des superstars, la NBA devrait s’inspirer du système de la NFL. Un salary cap, des contrats rookies, une primauté aux équipes qui ont drafté les joueurs pour les signer à la fin de ces contrat mais pas de salaire maximum. Dès leurs deuxièmes contrats, les meilleurs joueurs pourraient signer des deals faramineux et beaucoup plus proche du niveau auquel ils jouent. Le salaire naturel d’Adam Smith version NBA ! C’est à dire le minimum vital plus la villa de 12 salles de bains, les 85 Rolex et les cinq voitures de course.

Pour les franchises, la gestion du cap aurait d’autant plus d’importance et les meilleurs élèves auraient un réel avantage. Les Lakers auraient pu par exemple proposé plus de 50 millions à Durant (alors, Kevin, on aurait accepter une petite rencontre là ?). Le marché serait encore plus fou. Une sorte d’idéal en soit…donc ça ne se fera jamais (en famille on se dit tout).

«Mais oui car ce changement n’arrangerait personne mis à part les superstars?», note le lecteur.

Elementaire mon cher Watson !

On touche ici au problème. Une fin du salaire maximum n’arrangerait qu’une poignée de joueurs, les meilleurs de la NBA, qui verraient leurs salaires explosés.

D’après Fivethirtyeight – site relié à ESPN qui ne sert pas qu’à sous-estimer le phénomène Donald Trump – sans salaire maximum, si l’on base le contrat d’un joueur sur sa production dans les 5 prochaines années, LeBron James devrait toucher 62 millions de dollars par an (aie), Russell Westbrook 68 millions (c’est beaucoup pour balancer des briques) et Stephen Curry 80 millions (Ayesha pourrait s’acheter le George V). Des projections calculées avec un salary cap ! Une équipe comme les Warriors n’auraient donc plus que 14 millions à dépenser pour le reste de leur équipe. Allez expliquez-ça à Klay Thompson, Draymond Green, Andre Iguodala etc… Si les joueurs seraient payés pour leurs vraies valeurs, 95% des joueurs NBA perdraient de l’argent.

En soit, le principe du salaire maximum bénéficie à tous les joueurs NBA … sauf aux superstars qui le touche.