[Billet du lundi] Pourquoi la NBA ne doit pas interdire les “Super Team”

Tous les lundis, la rédaction de Dunkhebdo vous propose un billet. Dans cet article, un auteur du site émet un avis personnel en moins de 700 mots sur l’actualité NBA sans les contraintes journalistiques.

Depuis l’arrivée de Kevin Durant aux Warriors, le mot “Super Team” est revenu dans le vocabulaire courant. Cette arrivée a suscité de nombreuses réactions (positives ou pas) y compris celle du commissioner :

” Que ce soit absolument clair, je ne pense pas que ce soit idéal de notre point de vue. Pour moi, l’idée est de créer une convention collective qui encourage la répartition des meilleurs joueurs à travers le championnat”

Adam Silver prend ici clairement position contre les réunions de superstars en supposant qu’il va tout faire pour les empêcher. Or, ceci est très compliqué voire infaisable. Tout d’abord, prenons le cas d’un joueur qui comme Kevin Durant est free agent. Pourquoi ce joueur ne pourrait-il pas aller où il le souhaite ? Le sport reste un plaisir même quand il est exercé en tant que métier alors si un joueur veux jouer dans un environnement qui lui plait, pourquoi devrait-on l’en empêcher ? La question mérite d’être posée. Ceci pose aussi un problème d’équité entre les joueurs, un free agent qui n’est pas considéré comme super star pourrait jouer dans la franchise de son choix et pas un joueur plus fort que lui ? Il serait fort étrange que les joueurs avec lesquels la ligue fait ses choux gras (les superstars) soient défavorisés par rapport aux joueurs de moindre importance.

Une solution souvent évoquée notamment par Pat Riley est le “franchise tag” comme en NFL. Ce contrat permet à la franchise de garder son joueur star. Si celui-ci ne se met pas d’accord avec sa franchise avant une certaine date, la franchise peut le re-signer pour 1 ans avec 120 % de son précédent salaire.

“Je pense qu’il devrait y avoir un franchise tag sur un de nos joueurs. Mon idée du franchise tag, et c’est d’ailleurs pourquoi on ne me permet pas d’en parler et de donner mon avis sur la convention collective, est que ce serait un joueur que nous pourrions payer autant que nous voulons. Chacun obtient un joueur : Kevin Durant a ses 50 millions, LeBron ses 100 millions. Si vous pouvez désigner un franchise tag, vous avez la capacité de protéger ce joueur.”

Or ce système pose encore le problème de la liberté de choisir son club alors même que l’on est agent libre couplé à l’iniquité entre les stars et les role player.

Imaginons maintenant que la ligue aie un droit de veto sur tous les mouvements (y compris les agents libres). L’idée serait alors d’appliquer ce veto aux transferts des stars pour former des Super Team (comme James au Heat ou Durant aux Warriors).  Si les Warriors sont une Super Team, pourquoi ne pouvons-nous pas dire que les Knicks en sont aussi une comme le pense Derrick Rose ? Se pose alors la question de la définition d’une Super Team.  Une Super Team est une équipe composée d’environ 4 stars (là non plus pas de nombre officiel). Alors, qu’est-ce qu’une star ? Doit-on se baser sur les sélections au All Star Game, les sélections dans les All NBA Team ou sur les leaders dans telle ou telle catégorie statistique ? Ceci est donc une appréciation personnelle. Il est donc très difficile d’imposer une juridiction et de créer des règles pour contrer la formation des Super Team. La NBA s’engage ainsi sur un chemin périlleux en voulant imposer sa vision de la ligue contre celle des joueurs alors même que la renégociation de la convention collective approche à grands pas.