(Billet du lundi) Envoyer ses jeunes loups pour posséder sa superstar, un choix si cornélien que cela ?

Tous les lundis, la rédaction de Dunkhebdo vous propose un billet. Dans cet article, un auteur du site émet un avis personnel en moins de 700 mots sur l’actualité NBA sans les contraintes journalistiques habituelles.

Question stupide peut être, titre accrocheur voir racoleur surement, la question de l’accumulation de jeunes talents pose de plus en plus débat dans une NBA conduite et régie par la superstar. Cette question paraît d’autant plus aberrante quand on voit les équipes qui ont dominé la ligue ces dernières années. Les Warriors, qui planent sur le monde de la balle orange depuis quelques années, ont le corps de leur équipe provenant des Draft successives : ainsi, les cinq hommes qui ont débuté le match 7 des dernières Finales NBA, ont été pris à la Draft par la franchise californienne (Curry, Thompson, Barnes, Green et Ezeli). Quand à OKC par exemple, les Durant, Westbrook, Harden, Ibaka et autre Adams ont tous été pris par le Thunder à la Draft, mettant en place une équipe ultra-compétitive et spectaculaire durant la moitié d’une décennie.

Mais tout ne se passe pas tout le temps comme prévu, l’erreur est humaine. Trouver une superstar est délicat, épineux, périlleux même. Et quand une équipe ne parvient pas à en trouver une à la Draft, et bien autant l’acquérir par un blockbuster, par un gros échange, d’où la nécessité d’avoir sous la main quelques diamants : on a rien sans rien pas vrai ? Et là c’est l’inconnu la plus total en réalité, pas pour l’équipe qui voit arriver dans ses rangs une star, mais pour celle qui récupère des prototypes pas finis et parfois sur estimés. Demandez aux T-Wolves la valeur de la compensation récupérée dans l’échange de Kevin Garnett en 2008, KG qui était et qui reste aujourd’hui encore le meilleur joueur de l’histoire de la franchise. Al Jefferson, Ryan Gomes, Gerald Green, un choix de Draft qui se révélera être Wayne Ellington, bref, une bien maigre indemnisation. Et oui, dur dur d’être un GM NBA, surtout que seulement 5 joueurs sont autorisés à jouer sur un terrain de basket-ball, et que les cinq hommes ne peuvent pas tous faire 2m05, ce que Milwaukee n’a toujours pas compris je pense.

C’est un peu çà le problème, quand on amasse trop de grenouilles dans un bocal, il n’y a plus d’air pour ces petits amphibiens et l’espace nécessaire à leurs développements n’est plus assez conséquent, ils étouffent. C’est cela qui pourrait arriver à ces équipes qui sont parsemées de jeunes pépites, il n’y a pas assez de place pour tout le monde : c’est à comprendre pour ces franchises là, mais également pour les autres, qui peuvent ainsi attirer des second-couteau en leur offrant une place de choix dans un projet. On pense ici aux Rockets, qui sous l’égide de leur GM Daryl Morey, avait senti le potentiel de James Harden et l’a acquis pour pas grande chose à l’été 2012, un Harden qui était dans l’ombre de la paire Durant/Westbrook et qui est une vraie superstar dans le Texas depuis maintenant quatre saisons.

Que faut-il donc faire ?

Tous les jeunes pouces des Nuggets de Denver par exemple ne peuvent pas tous s’épanouir dans cette équipe (Mudiay, Jokic, Murray, Nurkic, Beasley, Harris…), et six ans après le départ de Carmelo Anthony pour la Big Apple, Denver cherche sa superstar et ne l’a peut être pas encore dans son roster aujourd’hui, mais dans tous les cas, les Nuggets peuvent former un super package qui plaira à bon nombres de franchises.

Les Lakers eux sont toujours dans l’utopie que Los Angeles attire par tous ce que Los Angeles est : comme l’ont montré Kevin Durant et LaMarcus Aldridge, les joueurs ont autre chose à faire que de pavaner sur Hollywood Boulevard après les matchs. Alors il faut peut-être faire un échange pour trouver cette star (oui, sans surprise, on parle bien ici de Russell Westbrook) quitte à balancer les jeunes Russell, Ingram, Randle, qui ont un excellent potentiel mais qui peuvent peut-être ne jamais se transformer en superstar.

Souci différent pour Minnesota, qui à sa star, Karl-Anthony Towns, qui a son scorer extérieur, Andrew Wiggins, son nouveau meneur, Kris Dunn, mais qui a pléthore de jeunes joueurs, qui pourraient être vite saoulés de la dimension prise par leurs coéquipiers (on pense ici aux LaVine, Muhammad…).

Cet article ne prouve rien donc, il tente juste de se mettre dans la tête d’un Front Office NBA, chose qui n’a pas l’air si simple tout compte fait.