Le 5 Rookie de la saison 2015-2016

Jan 8, 2016; Phoenix, AZ, USA; Miami Heat forward Justise Winslow (20) and Phoenix Suns guard Devin Booker (1) at Talking Stick Resort Arena. The Heat defeated the Suns 103-95. Mandatory Credit: Mark J. Rebilas-USA TODAY Sports

 

Emmanuel Mudiay (Denver Nuggets)

Avant de mettre en avant la saison du meneur congolais, je tiens à me faire l’avocat du diable sur la cas D’Angelo Russell. Certes, le meneur a ses torts sur ses sorties extra-sportives et parfois sur son implication à la mène, mais il y a tellement de choses qui émergent et qui tendent à l’excuser. Déjà pour s’acclimater au monde professionnel, il y a mieux que de faire partie d’une équipe qui n’en est pas une et dans une saison qui se résumait plus à la tournée d’adieux de Kobe. Mais encore pire, quand on a Nick Young, Lou Williams et même Bryant dans son backcourt, il est dur pour un joueur aussi jeune de performer. Parenthèse finie, on peut maintenant s’intéresser au cas Emmanuel Mudiay.

Obligé de s’exiler en Chine l’an passé, il s’affirme comme la pièce centrale du nouveau projet de Denver, une franchise qui compte dans ses rangs de vrais bons jeunes (Nikola Jokic, Gary Harris…). Piètre shooter, son impact est surtout collectif et défensif, une chose de plus en plus rare chez les jeunes meneurs. Il est rapide, vif et incisif offensivement, tandis que son QI basket est en constante évolution, pour le plus grand plaisir de son coach Mike Malone, qui ne tarit déjà pas d’éloges sur son meneur. Depuis le All-Star Game, il affiche des statistiques vraiment bonnes, ce qui montre ses gros progrès, et cela dans tous les compartiments du jeu : il tourne depuis la mi-février à quasiment 15 unités par match, 5 passes et 4 rebonds, tout cela en shootant à 37% à 3pts, alors qu’il ne mettait qu’ un shoot sur quatre derrière la ligne durant la première partie de saison. Le futur s’annonce donc très bien dans le Colorado, et Mudiay n’y est clairement pas étranger.

 

Devin Booker (Phoenix Suns)

Ne vous fiez pas à sa baby face, Devin Booker est un véritable combattant sur un terrain. Sélectionné en 13ème position lors de la dernière Draft, il s’impose comme le meilleur shooter de cette cuvée 2015-2016. Certes, les Suns sont l’une des pires équipes de toute la NBA, mais la saison fut marquée par beaucoup de blessures, et cela très tôt dans la saison : ainsi, les deux meilleurs joueurs, Brandon Knight et Eric Bledsoe ont manqué beaucoup de matchs, T.J. Warren, qui commençait à trouver sa place, est aussi passé sur le billard, bref une saison galère du côté de l’Arizona.

Mais dans ce marasme, Devin Booker a amené un peu de fougue et de baume au cœur aux fans des Suns. Très bon shooter à Kentucky l’an passé, il était bouché dans la rotation au début de saison, mais il a parfaitement profité des absences pour jouer, performer et prétendre dès l’an prochain à être l’une des premières options offensives de sa franchise. Depuis qu’il est titulaire, il tourne à plus de 17pts par match et 40% aux tirs, ce qui est vraiment super pour un jeune arrière de son âge. Défensivement, le natif du Michigan a encore de gros progrès à faire, mais dans son rôle de gachette, il est déjà l’un des meilleurs de la NBA. Si les Suns prennent un poste 3 physique et défenseur tel Jaylen Brown, et s’attachent les services d’un intérieur de qualité, Phoenix pourrait faire de bien meilleures choses l’an prochain.

 

Justise Winslow (Miami Heat)

Le Heat possède cette saison la cinquième meilleure défense de la NBA sur le plan statistique, et ce que l’on peut dire c’est que le rookie Justise Winslow n’y est vraiment pas étranger. Champion NCAA sous les couleurs de Duke, le gaucher s’affirme cette saison dors et déjà comme l’un des tous meilleurs défenseurs de la ligue, preuve en est, à chaque fois que Miami a affronté une équipe possédant un ailier de qualité, et bien Winslow s’en est occupé en défense et a vraiment impressionné. Les DeMar DeRozan, Paul George ou encore Nicolas Batum ont eu toutes les peines du monde face au texan, qui possède tous les attributs nécessaires du défenseur moderne. C’est tout de même le troisième plus jeune joueur de la NBA, et malgré son jeune âge, il a réussi à stopper les meilleurs attaquants de la planète, dont James Harden (le All Star n’avait pas marqué un panier lors de l’affrontement entre les deux équipes quand Winslow était en défense sur lui), qui a été totalement sorti du collectif des Rockets quand le rookie était dans son short. Il est excellent pour se défaire des écrans, pour dissuader le tir grâce à ses longs bras et surtout pour garder son calme et ne pas mordre aux feintes de shoots de ses opposants.

Son « Defensive Rating » de 94.6 le plaçait à la sixième position de toute la ligue fin janvier et même s’ il a reculé dans cette catégorie statistique, son impact reste grandissant. Offensivement, il tourne à 6.4pts et plus de 5rbs, mais sa sélection de shoot et ses pourcentages restent perfectibles, ce qui lui laisse une grosse marge de progression dans les années à venir.

 

Myles Turner (Indiana Pacers)

Vous attendiez Kristaps Porzingis, la tempête médiatique venu de Lettonie et qui a remis du baume au cœur à pas mal de fans des Knicks ? Ou alors vous pensiez voir un Jahlil Okafor, qui a montré de grosses qualités offensives quand il était sur le parquet, à moins que ce soit Nikola Jokic qui vous ait tappé dans l’œil, faisant des choses très intéressantes sur de petits temps de jeu du côté du Colorado et des Nuggets. Certes ces trois joueurs ont fait une saison solide, mais c’est bel et bien Myles Turner, l’intérieur des Pacers qui se retrouve dans ce 5 des joueurs de première année. Deuxième meilleur lycéen du pays à l’aube de la saison NCAA 2014-2015, il avait eu quelques problèmes avec le jeu du championnat universitaire, sortant du banc pour Texas et ne jouant pas beaucoup. Pas mal de spécialistes avaient émis des doutes quant à son niveau avant la Draft : certes très talentueux, on questionnait sa résistance physique, sa dureté et même son implication dans un effectif professionnel. Mais le texan prouve cette saison tout le contraire, étant un des éléments intéressants de cette équipe d’Indiana, une équipe qui va jouer chez les playoffs.

Turner a commencé sur le banc avant de débuter une trentaine de matchs, bref il a rempli plusieurs tâches pour Frank Vogel. Complément intéressant d’un Ian Mahinmi, son influence est d’abord offensive, où le joueur de 20ans possède une panoplie variée : un shoot à mi-distance propre, une capacité à aller vers le cercle, bref le gamin a du basket plein les doigts. Il tourne à un peu plus de 10pts et 5rbs sur l’ensemble de sa saison, mais quand il était titulaire en milieu d’année, il mettait plus de 14pts par match, ce qui est une super marque pour un jeune de ce type. Défensivement, son impact est grandissant, comme l’a prouvé son premier match de postseason face aux Raptors, où il a été le seul à pouvoir répondre à Valanciunas. Larry Bird a donc pris un risque en sélectionnant Turner en juin dernier, un risque qui pourrait s’avérer payant bien plus vite que prévu.

 

Karl-Anthony Towns (Minnesota Timberwolves)

Il n’y a qu’à voir sa performance face aux Warriors pour comprendre que Karl-Anthony Towns est spécial, et qu’il pourrait très vite devenir l’un des tous meilleurs joueurs de la NBA, si ce n’est d’ailleurs pas déjà le cas. Durant plus de 40mins, il a anéanti tous les pick-and-roll des californiens, sortant sur les écrans et allant chasser Steph Curry bien au delà de la ligne à trois points. Leader vocal d’une jeune et talentueuse équipe des T-Wolves, l’intérieur de 20 ans possède une panoplie exceptionnelle en attaque pour un joueur de son âge. On avait déjà entraperçu ses qualités du côté de la NCAA et de Kentucky, mais tout de même, il connaît une progression fulgurante depuis quelques mois. Plus de 18pts par matchs, 10.5rbs et quasiment 2blks, tout cela en shootant à 54% aux tirs et à plus de 80% aux lancers-francs, bref les statistiques parlent d’elles-mêmes et permettent de comprendre le phénomène.

Si on le compare aux intérieurs dominants en NBA aujourd’hui, et bien KAT a réalisé une bien meilleure saison rookie que ces stars, que peuvent être les DeMarcus Cousins (14pts et 6rbs), Anthony Davis (13pts et 8rbs) et autre LaMarcus Aldridge. Offensivement, c’est l’archétype de l’intérieur moderne, capable de s’écarter, excellent à mi-distance et utile sans le ballon. Mais son impact de l’autre côté du terrain n’est pas en reste. Il pointe à la dixième place dans la ligue en terme de contres, mais c’est surtout collectivement qu’il influe, étant le véritable point d’ancrage de cette défense de Minnesota, une défense qui, si elle s’améliore aux ailes pourrait vite devenir l’une des toutes meilleures de la NBA. Statistiquement parlant, il réalise une énorme campagne 2015-2016, mais au-delà des statistiques, l’impression de facilité et d’aisance du natif du New-Jersey laisse pantois.

1 Comment

  • magickb24

    le 5 est pas mal mais je trouve qu'il y a des erreurs malgré tout…je suis d'accord à 100% sur le fait que turner apporte beaucoup aux pacers mais perso porzi ou okafor sur leur 1ère saison je les trouve meilleur(bien que pour moi turner est à terme le 2ème meilleur intérieur derrière towns)

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