[Billet du lundi] Il est temps que Draymond Green réfléchisse


Tous les lundis, la rédaction de Dunkhebdo vous propose un billet. Dans cet article, un auteur du site émet un avis personnel en moins de 700 mots sur l’actualité NBA sans les contraintes journalistiques.

Draymond Green est sans doute le personnage le plus clivant de la NBA, légèrement devant Russell Westbrook. Détesté ou adoré, il ne laisse personne de marbre. Et d’après ce que je note, chez les fans NBA qui ne supportent pas les Warriors, Green est beaucoup plus détesté qu’admiré. Personnellement, je trouve le joueur divertissant à souhait, ce genre individu haut en couleurs que j’adore voir en NBA même si son rôle de bad boy des Warriors, je n’y crois pas une seconde. Un peu comme un Kevin Garnett à son époque, Green c’est le bad boy qui s’enfuit dès que les coups s’apprêtent à pleuvoir. Une attitude d’emmerdeur de première qui n’aime pas les explications musclées. J’adore.

Cependant, depuis quelques semaines, Green a franchi la frontière – qui était très floue je l’admet,- celle entre ce rôle poilant et le joueur vraiment détestable, qui n’amuse plus personne. Pour rappel, en quelques mois il a réussi à frapper Steven Adams dans les parties sensibles, à être suspendu pour un match crucial, se battre avec un ancien membre de sa fac et, dernièrement, poster une photo de son pénis sur un réseau social (Snapchat, la pissotière du XXIème siècle). Le crescendo du ridicule.

Certaines se demanderont pourquoi Green commence à m’énerver seulement maintenant. Avant tout parce que tous ses dérapages avaient lieu à l’intérieur du rectangle où le ballon orange fait la loi, là où un peu de folie m’intéresse toujours. Les deux derniers événements eux ce sont passés en dehors du terrain, dans la vie civile et montrent tous les deux un manque évident de jugement, pour ne pas dire plus.

Je commence à penser que Draymond Green n’a pas tout à fait saisi qu’il était devenu une personne publique, et donc soumis à code de conduite très sévère. Pire, comme c’est un sportif, il se doit d’être un modèle pour tous les jeunes joueurs en devenir qu’il inspire. Énième preuve que les sportifs de notre époque sont les descendants des gladiateurs. Mais laissons ces considérations pour un autre billet. Maintenant que c’est une personne publique, Green doit agir en conséquence et adopte la conduite la plus lisse possible. C’est à dire pas de procès ni de photo de son phallus sur internet. Green doit réfléchir à deux fois avant chaque action, penser à l’impact de celle-ci sur sa marque. Oui, en tant que sportif de très haut niveau Green est une marque. Le joueur des Warriors devrait prendre quelques cours chez Beyoncé, chez qui chaque clin d’œil semble calculé. Une nouvelle fois, je m’égare. Ce qui est sûr, c’est que le côté irréfléchi du joueur des Warriors, utile sur le terrain, le dessert assurément en dehors de celui-ci.

Cette fois vous allez me dire que le comportement des sportifs en dehors du terrain, concrètement on s’en tape et c’est bien vrai. Mais le grand public n’est pas d’accord, TMZ n’a pas crée une section sport pour rien, les gens sont friands des agissements des sportifs, surtout quand ils dérapent. Et en Draymond Green ils ont trouvé une bonne vache à lait. Pire, à terme, ses agissements répétés auront des conséquences sur le terrain et tout sera tout de suite moins drôle. La NBA aime cultiver son image de bonne ligue – comme toute ligue américaine c’est à dire faussement puritaine – et n’hésite pas à sanctionner les éléments perturbateurs.

Bref, Draymond Green il est temps de réfléchir.

Auteur : Benjamin Ringuet

Créateur de Dunkhebdo en août 2012. Architecte de notre podcast éponyme, auteur de la plupart du contenu draft et bien plus encore. Ne supporte aucune équipe et déteste probablement la tienne. Allergique aux nostalgiques de l'âge d'or de la ligue. Pape du small ball. «Patron relou mais grave kiffant» selon un des rédacteurs.