Billet

[Billet] Comment j’ai (enfin) connu ce sentiment de haine envers les Warriors

Rédigé par

le

Défendre les Warriors et leur armada fait partie intégrante de ma vie de fan NBA depuis presque un an et l’arrivée de Kevin Durant dans la Bay Area. J’ai toujours tenté d’analyser la situation avec rationalité et, surtout, beaucoup de mesure. L’ancienne superstar du Thunder a tout simplement décidé de rejoindre l’équipe qui a le plus de chance de remporter un titre. La réflexion est très simple et pourtant très dur à intégrer pour la plupart des fans NBA, reliant naturellement la notion de difficulté à la conquête du titre.

Pendant toute cette saison, quitte à souvent être accusé d’être un supporter de Golden State, j’ai persisté dans la défense de cette équipe de mutants. Ce fut encore le cas récemment quand les Warriors se sont vus imputer le niveau désespérant de ces playoffs. A chaque reprise, j’offrais à ceux que je voyais alors comme des haters les mêmes arguments : il faut savoir apprécier le niveau de jeu incroyable proposé par cette équipe et la finale viendra sauver ces dernières semaines faiblardes.

Au fond de moi, je savais pertinemment que les finales allaient probablement tourner au pugilat, les Warriors étaient revanchards et leur effectif constituait assurément la meilleure association de talents de l’ère moderne.

Alors, au milieu du troisième quart-temps d’un match dont le vainqueur ne faisait guère de doute dès l’entame, au cours d’un énième run des Warriors face à des Cavaliers sans réponses, j’ai ressenti ce sentiment que la plupart des fans NBA ont connu au cours des onze derniers mois.

Oui, au cours de ce match 1 des finales NBA 2017 j’ai pour la première fois ressenti un sentiment de haine envers les Warriors. Mon armure d’objectivité s’est fissurée devant le spectacle offert sur le terrain de l’Oracle Arena.

Non, il n’est pas acceptable qu’une équipe menée par LeBron James soit sans solution en finale NBA.

Non, il n’est pas acceptable que Kyrie Irving soit contraint de multiplier les exploits pour inscrire quelques points insignifiants alors qu’en face, les dunks ouverts se multiplient.

Ce sentiment insupportable d’être privé d’une finale digne de ce nom

Dans cette victoire large de Golden State, j’ai ressenti une sensation de facilité insupportable à un tel stade la compétition. Les Warriors sont une meilleure équipe que les Cavaliers. Ils le savent. Je le sais. Vous le savez. Et après la démonstration de la nuit dernière, LeBron James a sans doute dû le concéder.

Supporter d’aucune équipe et, je l’espère, plutôt objectif quand il s’agit de discuter de cette ligue, cette expérience de haine envers les Warriors m’a tourmenté. Il est vrai que les finales laissent places aux émotions les plus fortes, dans le positif comme dans le négatif. Personnellement, ces émotions de finales ont toujours été positives. Jusqu’à maintenant…

Alors comment expliquer ma haine soudaine ? A travers ce sentiment violent, c’est surement le fan NBA, dans le sens moins raisonnable du terme, qui parle.

Celui qui a le sentiment d’avoir vécu une saison pour rien, avec une finale qu’on nous a vendu comme le feu d’artifice du 14 juillet aux Champs-Elysées. Alors qu’en réalité, il n’en est rien. La sensation amère que l’on m’a volé ma finale est omniprésente. Bien que la plupart des observateurs avaient intégrés la supériorité des Warriors, on espérait encore, pour je ne sais quelle raison, voir une finale serrée.

On peut être largement meilleur que ce soir

Kevin Durant

Je le concède, un seul match a été disputé. Mais si après la victoire des Warriors la nuit dernière, certains continuent de se persuader que cette finale sera disputée je dois leur reconnaître une force de caractère hors-norme (ou un très fort déni).

Ce sentiment de haine c’est celui d’un fan qui trouve anormal qu’une équipe puisse compter en son sein : deux des quatre meillleurs joueurs de la planète, un des meilleurs shooteurs de l’histoire et (potentiellement) le meilleur défenseur de la ligue. Un effectif qui écrase déjà la ligue malgré moins d’un an de vécu collectif. Une telle puissance de frappe rend l’opposition caduque, bien qu’elle soit portée par LeBron James. Ce qui est d’autant plus dommageable que les équipes de légendes se créent dans l’adversité. Les Warriors sont tellement dominants qu’ils annihilent même cette notion…

A l’heure du bilan

Ce matin, après quelques courtes heures de sommeil, je suis néanmoins revenu à mes esprits, loin de la haine envers les Warriors. Un second visionnage du carnage a largement aidé à cela. J’y ai vu un Kevin Durant qui a su répondre aux critiques de la meilleure manière. Son léger sourire au micro de Doris Burke après match, symbole de revanche pour le joueur le plus détesté de la ligue, m’a touché. Ce rictus témoigne bien de toute la pression qui repose sur ses épaules. Stephen Curry a lui prouvé que son faible niveau en finale est un mythe. Collectivement, sur certaines séquences, les hommes de Mike Brown ont atteint un niveau de jeu auquel la plupart des équipes de cette ligue ne peuvent que rêver.

Détester les Warriors n’a en réalité aucun intérêt. C’est ce que je me suis toujours dit. Mais pourtant, au cours de cette démonstration, je suis tombé dans ce travers. Ce qui constitue surement le ticket d’entrée des Warriors dans le panthéon des grandes équipes de la NBA.

A propos de Benjamin Ringuet

Créateur de Dunkhebdo en août 2012. Architecte de notre podcast éponyme, auteur de la plupart du contenu draft et bien plus encore. Ne supporte aucune équipe et déteste probablement la tienne. Allergique aux nostalgiques de l’âge d’or de la ligue. Pape du small ball.

«Patron relou mais grave kiffant» selon un des rédacteurs.

Recommandé pour vous