Dossier Dunkhebdo

T-Mac, l’homme qui vit et vivra à travers le rêve

Rédigé par

le

Tracy McGrady

On m’a dit une fois de ne jamais écrire sur ses idoles, de ne jamais essayer de poser sa plume sur ces hommes que l’on admire, que l’on suit et que l’on aime. Et puis en regardant ce vieux poster corné de Tracy ce matin, maillot des Raptors violet sur le dos et gros sourire face à l’objectif, je n’ai pu résister, peut être pour lui rendre hommage, sûrement pour me souvenir des maigres images germant dans mon esprit. Pas de chiffres donc, pas de statistiques, de récompenses, je laisse çà aux autres et j’y substitue un court moment les images.

« Le Hall Of Fame c’est un peu mon titre à moi », voilà les mots qu’a tenu Tracy McGrady concernant sa future introduction au temple du basket américain. Des mots glaçants, grinçants et une idée qui suit l’ancien Raptor depuis longtemps, trop longtemps. Dans une période où la bague régit tout, commande la plupart des mouvements, facile de comprendre les quelques critiques sur l’entrée de McGrady au Hall Of Fame, institution qui rassemble la crème de la crème, le haut du panier ; toujours est-il que T-Mac appartient désormais au panthéon de la balle orange, belle et juste récompense pour celui qui reste comme un des plus récents et grands mystères du basket. Mystère car ce que l’on sait de McGrady n’est pas ce que nous aurions pu savoir, à moins que ce ne soit simplement ce que nous aurions aimer voir.

C’est une récompense car le corps de Tracy McGrady n’a cessé de l’endiguer, de le brider : on ne compte plus ses blessures, ses soucis au genou, à l’épaule, au dos, au pied, oui tout y est passé, empêchant le floridien d’exprimer la plénitude de son talent, de jouer réellement les premiers rôles collectivement.

Récompense aussi car il n’a jamais pu, durant son prime, être bien entouré et avoir les armes afin de faire du bruit en playoffs ; loin de moi l’idée de l’ôter de ses responsabilités, ses contre-performances dans certains matchs clés sont indélébiles. Indélébile aussi les fantaisies, les rêves de ses possibles associations avec Vince Carter, Grant Hill et Yao Ming, tous là au mauvais moment auprès de Tracy McGrady. A moins que ce ne soit le contraire.

Récompense enfin car à lui tout seul il avait fait trembler l’armada collective des Pistons en 2003, tournant à quasiment 37pts et 51% aux tirs dans les 4 premiers matchs, amenant le Magic à mener 3-1, cela avant de perdre la face, comme enlevé par Hécate.

Il n’y a rien de pire que les « mais…si… » dans une vie, pourtant quand il s’agit de résumer la carrière de T-Mac, c’est ce qui ressort en premier. Spadassin du un contre un, il a terrorisé les ailiers NBA durant une bonne partie des années 2000, gagnant le respect de tous, étant le héros d’enfance de pas mal de stars actuelles de la ligue. Bon nombre de jeunes joueurs ont été ou sont encore comparé à l’ancien joueur d’Orlando lorsqu’ils arrivent en NBA (Kevin Durant et Paul George en passant par Josh Jackson, Andrew Wiggins) : c’est donc peut être çà ce qui reste de T-Mac en 2017, un joueur au potentiel inchiffrable, immesurable, un physique de jeu vidéo, des bras tentaculaires et des souvenirs, beaucoup de souvenirs.

Les trois anaphores du troisième paragraphe ont toutes ce point commun, elles émettent chacune le meilleur et le pire, le scénario le plus positif puis directement derrière le plus négatif. A jamais pour Tracy McGrady, c’est cela qui fait sens. Dans un monde régit par les faits et le chiffre, il est important de laisser une place à l’imaginaire, au chimérique, et cela car comme le disait Kundera, rêver est l’un des plus profonds besoins de l’homme.

A propos de Alan

Aficionados des sports américains, rédacteur NCAA sur Dunkhebdo. A tendance a regretter le passé NBA mais passe son temps à parler des futurs prospects : oui, la bipolarité me caractérise. Fan des Celtics de Boston et adulateur de Tracy McGrady, je participe aussi au podcast tous les mardis.

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