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Sophomores : Le point sur le début de saison entre confirmation et déception

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L’année rookie laisse entrevoir des futurs radieux pour certains, des départs précipités de la ligue pour d’autres. Mais certaines fois, une bonne 1ère saison peut créer des attentes beaucoup trop élevées pour certains joueurs qui ont du mal à confirmer la saison suivante. Alors parmi les sophomores, qui déçoit, qui confirme et qui s’est révélé ?

Des sophomores qui confirment

Karl-Anthony Towns

Le rookie de l’année a réalisé une saison exceptionnelle. Si les résultats collectifs des jeunes loups déçoivent, lui confirme son potentiel extraordinaire. L’ancien de Kentucky mène toujours sa cuvée pour les points marqués avec 22.3 unités en moyenne. Il peut scorer de loin (31.6% à 3-points), dans la raquette ou en contre attaque. Il possède une mobilité incroyable pour un joueur de sa taille et peut scorer des coast-to-coast comme presque aucun intérieur ne peut le faire. Sa technique n’est pas en reste puisqu’il score aussi bien des bras roulés que des hook shots ou plus rarement des finger roll. Outre pour les 3-points, son jump shot lui sert aussi à dégainer à mi-distance. Ainsi, il est une menace permanente lorsqu’il effectue des pick and pop avec son meneur. Défenseur plus que correct avec 12 rebonds par match et 1.4 contres, il prend peu de fautes (3 par match) ce qui lui permet de rester sur le terrain pendant plus de 35 minutes. Il mène sa promo (est de loin) avec 32 double-double à son actif, et il est même le seul sophomore à avoir réalisé un triple double cette année. Il est donc sans conteste le meilleur joueur de 2ème année, et il gagnerait haut la main le trophée de Sophomore of the Year, si tant est que celui-ci existe.

Kristaps Porzingis

Le letton, hué le soir de la draft, confirme tout le bien qu’on pense de luit. Le géant (2.21m) des Knicks s’affirme comme un intérieur scoreur, devenant presque la 1ère option devant Melo lors de certains matchs. Il est membre du Big Three de New York avec Carmelo et D-Rose, trio qui a mené la franchise dans le top 5 de la conférence pendant longtemps, avant de chuter depuis peu. Les interrogations étaient pourtant nombreuses avant le début de saison, allait-t-il continuer sur sa lancée ? Combien de shoots allait-t-il avoir ? La réponse est 15.5, soit moins que Melo (18.4), mais presque autant que Derrick Rose (16). Il possède une grande complicité avec Brandon Jennings (qui sort du banc), l’ancien de Detroit étant le joueur qui lui a donné le plus de passes décisives depuis le début de la saison (devant D. Rose). Avec 19.2 points de moyenne et 7.2 rebonds, sa contribution est solide bien qu’il n’ait réalisé que 8 double-double. En défense, il peut aussi bien sortir sur les postes 4 au large, que dissuader dans la raquette grâce à sa grande taille. Il réalise ainsi 2 contres par match en moyenne, ce qui est assez élevé pour un poste 4 (même s’il évolue souvent en 5). Il est à la hauteur des attentes et New York pourra compter sur lui pour revenir en playoffs prochainement (dès cette saison ?).

Devin Booker

Beaucoup de personnes parlent de déception concernant Devin Booker. Néanmoins, je ne suis pas de cet avis. Il faut remettre ses statistiques et son jeu en contexte, car il n’a que 20 ans. De surcroit, il joue dans une faible équipe de Phoenix où toutes les défenses sont focalisées sur lui. De plus, il est plus jeune que la plupart des rookies de cette année. Sa marge de progression est donc énorme, et ses 19.2 points de moyenne. Il est même le seul joueur de 20 ans ou moins à scorer plus de 18,5 points de moyenne depuis 2010-2011. S’il reste un excellent shooteur extérieur (35.7 % à 3-points mais avec 5 tentatives par match), il est cependant unidimensionnel. Hormis au scoring, son impact sur le match reste limité, et son jeu exclusivement orienté vers les points. Il prend moins de 4 rebonds et distribue moins de 4 passes par match. Néanmoins, ce n’est pas ce qu’on attend de lui. Il est pour l’instant cantonné à un rôle d’arrière shooteur et profite de la présence d’Eric Bledsoe à ses côtés pour ne s’occuper que de ses points. Le joueur de Phoenix a remis les pendules à l’heure cette saison avec 2 matchs de suite à 39 points ! Il reste même sur 8 matchs d’affilée à 20 points ou plus, preuve d’une régularité de plus en plus présente. Sa progression majeure va se situer en défense, aspect qu’il délaisse (un peu) comme tous les jeunes scoreurs. Rien de dramatique cependant, celle-ci n’étant tout de même pas rédhibitoire pour lui. Il bénéficie d’un environnement favorable à Phoenix pour se développer sur le long terme sans la pression immédiate des résultats.

Nikola Jokic

La pépite serbe s’est parfaitement acclimatée à la NBA. Drafté en 41ème choix par les Nuggets en 2014, il rejoint la NBA l’année suivante après avoir joué à Mega Leks (le club où évoluait Luwawu-Cabarrot). Dès sa 1ère saison, il en surprend plus d’un en étant 3ème au vote de rookie of the year (derrière Towns et Porzingis) alors que c’est sa première saison de basket américain (il n’a pas effectué d’université). Un temps d’adaptation si rapide est remarquable, d’autant plus qu’il fut baladé entre les titulaires et le banc (55 titularisations sur 80 matchs). Cette saison, la même chose se passe. Un temps de jeu fluctuant alternant titularisation et plus faible temps de jeu. Et Jokic prouve qu’il n’était pas en sur-régime durant son année rookie. Il confirme qu’il a des mains en or, tout en étant un super passeur (3.8 passes). Le serbe a montré sa polyvalence avec des performances incroyable comme un match à 27 points, 17 rebonds et 9 passes contre Dallas le 19 décembre. Il ne force rien en attaque et shoote à 59.7%, alors qu’il tir aussi hors de la raquette. L’ancien de Mega Leks peut même dégainer longue distance avec 37.5 % de réussite et une tentative et demi par match, même si ce n’est pas sa principale qualité. Enfin, il convertit 80% de ses lancers francs, ce qui est très bien pour un jeune intérieur. Il s’impose donc comme un futur excellent joueur, très complet et polyvalent. Les Nuggets ont réalisé un énorme steal en le sélectionnant avec le 41ème choix.

D’autres qui déçoivent

D’Angelo Russell

Libéré de Kobe Bryant, D’Angelo Russell était censé exploser cette année. Or, ce ne fut pas le cas. Ces moyennes stagnent presque toutes exceptées celles des points (1.1 de plus) et des passes décisives (1.3 de plus). La saison dernière, Kobe prenait 17 tirs par match. Logiquement, une partie de ces shoots devait revenir au n°12 de la draft 2015, mais la réalité est tout autre. Il ne prend qu’un shoot en plus. Le principal point positif de sa nouvelle campagne est qu’il tir à 34.6 % à 3-points avec 5.6 tentatives par match. L’ancien d’Ohio State distribue seulement 4.4 passes décisives par match, ce qui est très peu pour un meneur titulaire (excepté pour les meneurs scoreurs, ce qu’il n’est pas). A sa défense, il ne joue que 26.3 minutes par match, Luke Walton préférant ne pas user ses joueurs titulaires. Ce choix peut être critiquable, les jeunes joueurs ayant besoin d’un temps de jeu important pour prendre leurs marques. Sa saison n’est pas mauvaise, c’est juste que les attentes étaient très élevées après quelques grosses performances (39 points l’an dernier) et une position élevée à la draft (n°2). Il possède un énorme potentiel, on attend donc plus de lui. Même si cette saison est en-dessous des attentes, personne ne doute de sa capacité à s’imposer dans la ligue plus tard. Encore faudra-t-il attendre, l’Angeleno venant de se blesser au genou, alors qu’il avait déjà manqué 11 matchs entre novembre et décembre.

Jahlil Okafor

Englué dans une rotation à deux pivots et demi avec Nerlens Noel et le phénomène Joel Embiid, Jahlil Okafor a connu une importante baisse de son temps de jeu cette année. Il a ainsi perdu 7 minutes par match, pour n’évoluer sur le terrain que 23 minutes. Son point faible, ses blessures, n’a toujours pas disparu. Après avoir raté 29 matchs la saison dernière, il en a déjà raté 11. Il a presque divisé son apport offensif par deux (de 17.5 points à 11.2), or c’est l’attaque est son principal point fort. En effet, l’ancien Dukie n’est pas un grand défenseur, ce qui ne l’aide pas à gagner du temps de jeu. Il n’est pas non plus un grand rebondeur, ayant dépassé les 10 rebonds seulement 2 fois cette saison (pour un seul double-double). Néanmoins, il a pour lui une bonne adresse au shoot (52.7%), du fait qu’il prenne beaucoup de shoots près du cercle (225 tirs tentés dans la peinture contre seulement 49 en dehors depuis le début de saison). Il ne fait donc pas partie des intérieurs nouvelle génération, ce qui limité fortement son impact offensif. Le n°3 de la draft 2015 est donc une des déceptions de cette saison, car on attendait beaucoup plus de lui après une très bonne saison rookie. Le déblocage (s’il arrive un jour) de la raquette de Philly l’aidera sans doute à prendre ses marques et à retrouver du temps de jeu.

Justise Winslow

Il peut vous sembler étrange qu’on classe Winslow dans les déceptions alors qu’il a pratiquement doublé sa moyenne de points. Mais avec le faible effectif du Heat, le jeune ailier se devait d’être très bon, avec beaucoup plus de responsabilités que l’an passé. Titularisé seulement 8 fois la saison dernière, il l’a été 15 fois sur 18 matchs. Son temps de jeu a aussi augmenté (de 28.6 à 34.7). Dans une saison où la pression des résultats est moindre en Floride, tous les signaux étaient au vert en Floride pour qu’il réalise une très bonne saison. De surcroit, il a vanté ses progrès au shoot tout l’été, lui qui est un très bon défenseur. 3 mois plus tard, il tir à 35% de réussite plus 20 % à 3-points alors qu’il tente 2 tirs longue distance par match. Tentant aussi plus de lancers francs, il ne s’est pas non plus amélioré sur la ligne avec un très mauvais 62% (contre 68% l’année dernière). Hormis ses points, ses passes et ses interceptions, toutes ses stats sont en baisse ou stagnent (sauf les ballons perdus qui augmentent). Il est donc candidat légitime au titre non officiel de Worst Improved Player. Malheureusement pour lui, il ne pourra pas se racheter puisqu’après avoir raté 16 matchs à cause de son poignet gauche, il va vraisemblablement rater le reste de la saison à cause d’une blessure à l’épaule (déchirure du labrum). Saison sophomore à oublier pour l’ancien Dukie, qui n’a que 20 ans. La trajectoire à la Kawhi Leonard ou Jimmy Butler attendra.

Emmanuel Mudiay

Parcours atypique pour le natif de la république démocratique du Congo, qui est parti jouer un an en Chine pour être éligible à la draft plutôt que d’être un des nombreux one-and-done sorti de l’université. Il a expliqué ce choix par des raisons personnelles. Celui qui est passé de la guerre civile (son père en est mort) au All Star Game (pour le Rising Star Challenge) ne confirme pas toutes les attentes placées en lui. Toujours limité par sa très faible adresse au tir (seulement 37.3%), il possède néanmoins un shoot longue distance correct sans être exceptionnel (31.6%). Très (trop) inconstant, il n’a dépassé les 10 passes décisives qu’une seule fois cette saison contre 4 la saison dernière. Pire, il a déjà terminé 4 matchs sans aucune passe décisive, chose qu’il n’avait jamais faite l’année dernière. C’est donc une stagnation (voire une régression) véritablement préoccupante pour un joueur qui avait montré de très belles choses la saison dernière. A lui de montrer à toute la ligue que son mauvais début de saison n’est pas rédhibitoire pour lui. Car si son poste n’est actuellement pas remis en question à Denver, il finira par l’être s’il réitère trop souvent ces mauvaises performances.

Certains se révèlent

Montrezl Harrell

Sorti de Lousville après 3 saison, Montrezl Harrell a été drafté avec le 32 ème choix par les Rockets. Très discret lors de sa saison rookie, avec seulement 39 matchs, il se révèle cette année. Dans un rôle d’energizer en sortie de banc, Harrell apporte beaucoup à la second unit (voire en startant avec la blessure de Capela). Son apport statistique n’est incroyable (9.8 points), mais l’impression visuelle qu’il dégage est elle impressionnante. Se jetant sur tous les ballons, bataillant sur tous les rebonds, effectuant les box out, il accepte d’effectuer le dirty work. Il obtient du temps de jeu avec la blessure de Clint Capela, et dans un rôle différent du Suisse, il a aidé les Rockets à continuer leur série de victoires. Harrell a même réalisé une performance de choix face aux Clippers le 30 décembre avec un match à 29 points (10/14 au tir) et un +/- de 39 ! Il a même inscrit 8 de ses 11 lancers francs, un exploit pour l’ancien Cardinal qui tourne )à 64% cette saison. S’il ne sera sans doute jamais un franchise player, il montre cette saison qu’il a les capacités pour être un bon role player. Peu de monde l’attendait à se niveau, il est donc une bonne surprise parmi les sophomores.

Myles Turner

Myles Turner pourrait se placer parmi les confirmations, mais j’ai choisi de le mettre dans les surprises. En effet, si l’on connaissait déjà son potentiel, personne ne pouvait savoir s’il allait bien s’acclimater à son rôle de titulaire, s’il n’allait pas se blesser ou tout simplement baisser de régime. Il continue à scorer (15.6 points) à haut pourcentage (52.9%). De plus, il est très adroit à 3-points avec 41.8% de réussite (pour 1.6 tentatives). Encore un bonus pour un intérieur, il convertit 80% de ses lancers francs. Outre son apport offensif déjà satisfaisant, il s’impose comme un très bon défenseur de cercle en plus d’être un rebondeur correct. Avec 7.5 rebonds par match en à peine 30 minutes, il ne laisse pas beaucoup de possibilités de rebonds offensifs pour ses adversaires. Déjà bon contreur lors de sa saison rookie (1.4 blocks), il s’est considérablement amélioré avec 2.3 contres par match cette saison. C’est le quatrième meilleur total de la ligue derrière de grands intérieurs comme Anthony Davis, Joel Embiid ou Rudy Gobert. Il est donc un très bon défenseur de cercle, en plus d’être un attaquant performant. C’est un joueur sur lequel les Pacers peuvent s’appuyer pour construire leur futur, et former un duo dévastateur avec Paul George. L’avenir s’annonce radieux pour lui s’il continue sur sa lancée. Larry Bird voit aussi grand pour son jeune intérieur, qui a selon lui le potentiel pour être le meilleur joueur de l’histoire des Pacers…

Julius Randle

Officiellement, Julius Randle n’est pas considéré par sophomore par la NBA, étant dans sa 3ème saison NBA. Seulement, il n’a joué que 13 minutes dans sa saison « rookie », la faute à une blessure au tibia droit qui lui fait manquer toute la campagne. L’année dernière, il a réalisé une assez bonne saison dans le marasme de LA et il réalise cette saison une très bonne campagne. A l’image de Myles Turner, sa place se situe entre confirmation et surprise mais quelques très grosses performances comme deux gros triple double le place définitivement dans les surprises, avec une progression plus rapide que ce qu’on attendait. Ses deux énormes triple double (19 pts, 14 reb, 11 passes et 17 pts, 14 reb, 10 passes) montrent toute sa versatilité, et toute sa polyvalence. Encensé par Draymond Green qui lui voit un potentiel supérieur au sien, il est aussi un 4 facilitateur de jeu pour ses coéquipiers. La principale différence entre l’Angeleno et le Warrior est que le joueur de Luke Walton ne possède pas de tir extérieur (22.7% sur la saison). Bridé par le temps de jeu limité qu’impose Luke Walton à ses cadres (29.6 minutes pour Randle), l’ancien Wildcat est beaucoup plus à l’aise au Staples Center qu’à l’extérieur. Ainsi, 7 de ses 10 double double ont été effectués à domicile, tout comme ses 2 triple double. Il score aussi 4 points de plus par match à domicile, tout en effectuant 2 passes supplémentaires. Enfin, sa qualité de passe est très bonne pour un intérieur, et s’il s’achète un shoot, il sera très difficile à défendre pour son adversaire direct. Un diamant brut de plus à polir dans la cité des anges.

Les statistiques proviennent de : http://stats.nba.com/

A propos de Antoine Bossard

Antoine Bossard, 16 ans et fan de NBA. Ancien basketix repenti. Ne mesure pas la taille d’Isaiah Thomas mais possède un QI basket supérieur à celui de JR Smith.