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Transferts, blessure, pourquoi les Cavs deviennent favoris ?

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Avec l’arrivée de Kevin Durant, les Warriors étaient ultra favoris avant même le début de la saison. Pourtant, après un peu plus de 4 mois de saison régulière, les Cavs deviennent selon moi les favoris en cas de rematch. Profondeur de banc, expérience ou tout simplement la présence du King sont quelques uns des avantages que possèdent Cleveland.

Un recrutement important …

Contrairement à Golden State, Cleveland a été actif lors de la deadline, et même avant. La première recrue, Kyle Korver. Un excellent tireur en catch and shoot, notamment en sortie d’écran. La compensation est très faible pour les Hawks. Un Mo Williams qui a pris sa retraite et ne portera jamais le maillot géorgien. Mike Dunleavy a lui aussi rejoint Atlanta, en compagnie d’un choix de draft de premier tour qui ne sera pas très élevé tant que LeBron jouera pour les Cavs. Kyle Korver s’inscrit dans un projet de jeu cohérent pour Cleveland, basé sur le tir à 3 points. La greffe a pris très vite, et l’ancien shooteur de Creighton a déjà fait quelques cartons.

En plus de Korver, Cleveland a accueilli Deron Williams et Andrew Bogut. Deron Williams vient combler le manque de rotation derrière Kyrie Irving. C’est l’arrivé du playmaker tant attendu par LeBron James. Meneur d’expérience, l’ancien du Jazz a connu 8 campagnes de playoffs. Solide derrière l’arc (33.7 %), il vient rejoindre la bande de pistoleros déchainés présente dans l’Ohio. Même s’il est moins efficace que par le passé, il peut encore être utile dans la gestion en tant que vétéran. Enfin, le dernier venu est Andrew Bogut. Après un début de saison sans saveur aux Mavs, il a été tradé aux Sixers dans l’échange de Nerlens Noel. Evidemment coupé, il a pu rejoindre les Cavs dans la foulée pour densifier la raquette, bien que son arrivée coïncide aussi avec une volonté de ne pas renforcer la concurrence. Malheureusement pour l’australien, il est out pour la saison après moins d’une minute passée sous le maillot des Cavaliers. Sa seule utilité sera alors de rapporter certaines systèmes des Warriors, même si une partie d’entres eux a été changé avec l’arrivée de Durant. Derrick Williams est lui arrivé avant après avoir été coupé par le Heat pour apporter de l’intensité, et a gagné sa place après deux contrats de 10 jours. Le recrutement mené par les Cavaliers est d’autant plus intelligent que tous les joueurs ont été acquis pour presque rien. Les buyout ont beaucoup profité aux Cavs, qui bénéficient de leur attrait pour engager des vieux briscards en quête de titre pour une bouchée de pain.

… pour une rotation incroyable

Ces nombreuses arrivées viennent renforcer un effectif décimé cette année. Outre JR Smith absent depuis fin décembre, Kevin Love est lui aussi out pour une longue durée. Néanmoins, ils arrivent à passer outre pour gagner de nombreux matchs, notamment grâce à une profondeur d’effectif impressionnante. Outre le rookie Kay Felder et Deandre Liggins, les 13 autres joueurs du roster peuvent apporter beaucoup. Cet effectif rappelle celui des Warriors l’année du titre, avec un banc étoffé (Barbosa, Speights … etc). Cette profondeur va permettre de reposer les titulaires, et de faire tourner car l’équipe est vieillissante. En effet, 8 joueurs ont plus de 30 ans, soit la moitié de l’effectif. Cleveland peut choisir d’aligner différents lineups, soit de shooteurs, soit plus physique ou alors Small Ball. Ce nombre important de configurations permet de s’adapter à n’importe quel type d’adversaire, pour matcher n’importe quel type de jeu. Cette rotation importante n’impactera pas directement les Finals, le banc étant peu utilisé. Mais cette profondeur d’effectif va permettre de reposer sans risque les joueurs plus utilisés durant la fin de saison régulière, mais aussi durant les premiers tours des playoffs.

LeBron James porte les Cavs

Répondant à un journaliste l’interrogeant sur les blessures qui frappent Cleveland, le King a répondu que tant qu’il jouerait pour Cleveland, son équipe pourrait battre n’importe qui. A-t-il franchi les limites floues séparant la confiance de l’arrogance ? Pas du tout. Son affirmation est simplement la vérité. A ceux qui en doutent, allez revisionner les Finals 2015 durant lesquels il a littéralement porté son équipe sur ses épaules, en l’absence de Kevin Love puis de Kyrie Irving. Touchant le ballon sur presque chaque action, il a tenu tête aux Splash Brothers pour s’incliner 4-2, à cause d’un effectif trop faible. Le temps d’une série, il est devenu la définition vivante d’un playmaker en tournant à 36 points, 13 rebonds, 9 passes et 1 interception de moyenne en 46 minutes de temps de jeu. Il est un des joueurs les plus dominants de l’histoire, et le King associe souvent l’acte à la parole. Il est cette année en grande forme et sauf blessure, constituera l’adversaire à neutraliser des Cavs. Les Raptors ont même fait venir PJ Tucker spécialement pour être le LeBron stopper, mais c’est impossible. Personne ne peut l’arrêter, la seule manière de diminuer son impact et de faire défendre plusieurs joueurs dessus dans le même match pour qu’il doive s’adapter. Bien qu’il ait rempli son objectif en ramenant le titre dans sa ville natale, LeBron est en mission et va sans aucun doute porter à nouveau les Cavs en playoffs. Sans le patron, c’est aucune victoire pour 5 défaites en saison régulière cette année, cela laisse présager de son omniprésence.

Réadaptation après la blessure de Durant

Pour la 1ère fois sous le maillot des Warriors, Kevin Durant revenait dans sa ville natale de Washington. Malheureusement, il n’a pas pu profiter du match est s’est blessé au genou dès le début de la partie. Verdict, une entorse de niveau 2 au genou, et une absence estimée à 4 semaines minimum. Problème, Durant est le meilleur joueur des Warriors cette saison. A ceux qui disent que les Warriors ont très bien joué sans lui ces 2 dernières saisons, je me dois de rétorquer que l’effectif était bien plus complet car l’arrivée de Durant a provoqué le départ de nombreux soldats. Il est le leader de l’équipe aux points (25.3), rebonds (8.2) et contres (1.6). Pour voir son impact, il suffit de jeter un œil au tableau réalisé par Hoop Central.

Ce tableau montre que les Warriors vont devoir s’employer s’ils veulent conserver la 1ère place, avec notamment les Spurs dans le rétroviseur. L’équipe de Popovich n’a que deux victoires de retard, et il reste deux confrontations Warriors-Spurs. De plus, la blessure de Kevin Durant va laisser un vide à combler de l’ordre de 17 shoots par match. Son absence va forcer les Warriors à adapter leur jeu, et ses shoots vont être redistribués. Il est vrai que certains joueurs vont peut être retrouver confiance en prenant plus de responsabilités, par exemple Andre Iguodala. Mais le problème est que de nouvelles habitudes vont être prises, ce qui va rendre d’autant plus difficile la réintégration de Durant en playoffs. Enfin, la dernière interrogation concerne le niveau réel qu’aura l’ailier à son retour. Au-delà du manque de rythme dont il va surement souffrir au début, il faut rappeler qu’avec la même blessure l’an dernier, Curry n’avait jamais retrouvé son vrai niveau en playoffs.

Un rematch loin d’être assuré

Cependant, il est d’usage de rappeler que ce rematch est loin d’être assuré. Pour se hisser jusqu’aux Finals, les Warriors vont devoir faire face à des Rockets très bons, s’appuyant sur un style de jeu similaire mais aussi face à des Spurs toujours difficiles à battre. A l’Est, les concurrents des Cavs se nomment Raptors, Celtics et Wizards, 3 équipes ayant chacune les moyens de faire vaciller Cleveland sur une série (vous pouvez retrouver le podcast Dunk & Host sur ce sujet à cette adresse http://dunkhebdo.com/dunkhost-episode-1-cavaliers-celtics-wizards/ ). Warriors et Cavaliers devront laisser de l’énergie dans des batailles qui s’annoncent féroces. Le banc des Cavs pourraient donc être décisif s’il permet aux titulaires de souffler durant le début des playoffs, notamment pour reposer un LeBron James qui a le 2ème plus gros temps de jeu de toute la ligue.

Attention, loin de moi l’idée d’annoncer les Cavaliers déjà champions. La route est encore très longue, avec une conférence Est devenue plus dense. Favoris incontestables auparavant, les Warriors apparaissent maintenant comme légèrement inférieurs aux Cavs, depuis la blessure de Durant. La confiance des Dubs (insolente depuis 2 ans) semble être quelque peu ébranlée, en témoignent les deux défaites d’affilées. Le principal désavantage des Warriors est le manque de rotation, qui peut peser sur les organismes lors des joutes de début juin. Tout simplement, les Warriors redeviennent humains et leur statut de presque invincibilité a disparu au moment où Pachulia a involontairement écrasé KD. Les Cavaliers n’auraient pas pu rêver de meilleur scénario, à eux de concrétiser leur rêve en réalisant un back-to-back historique.

A propos de Antoine Bossard

Antoine Bossard, 16 ans et fan de NBA. Ancien basketix repenti. Ne mesure pas la taille d'Isaiah Thomas mais possède un QI basket supérieur à celui de JR Smith.