Conférence Ouest

Memphis Grizzlies : Du Grit and Grind au Grind Data?

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Après une énième sortie la tête haute en playoffs, les Memphis Grizzlies continuent le renouvellement des forces. Il y a tout juste un an lors d’un billet nous expliquions que les Grizzlies étaient sur un run de 3 ans. Le tout en attendant de récupérer la propriété de leurs futurs choix de draft pour reconstruire sereinement. La conférence ouest s’étant renforcée, il semble aujourd’hui plus compliqué de jouer les playoffs. Si bien que Las Vegas et Kévin Pelton ne voient pas les Grizzlies passer les 38 victoires. Un total sous lequel ils ne sont pas passés depuis la saison 2008-2009.

Le renouvellement des forces continue

L’an dernier malgré l’insertion de jeunes joueurs, les Memphis Grizzlies étaient parmi les équipes les plus âgées en moyenne (27,9). Aujourd’hui suite au départ de certains cadres, l’effectif est clairement rajeuni (25,8). En y regardant de plus près, il n’y a qu’un joueur de plus de 30 ans. Il s’agit de Marc Gasol (32ans). Dans une ligue d’homme comme la NBA le rajeunissement n’est pas signe de véritable amélioration. C’est pourtant là un vrai choix de la franchise. Il faut passer à autre chose.

Les départs de vétérans respectés comme Randolph et Carter vers Sacramento pour 20 Millions l’année cumulées ont été compensés par des points d’interrogations pour 9 Millions. Memphis ne devait pas s’aligner sur de telles offres pour des joueurs sur la pente descendante. C’est logiquement que la franchise a pris le virage de l’incertitude et du potentiel. Pour sa deuxième saison sur le banc, David Fizdale qui trouvait l’équipe beaucoup trop lente (93 en Mars puis 91 de Pace en Avril) pourra compter sur de plus jeunes jambes au détriment de l’expérience du jeu.

Du Bully Ball au Space Ball

Pour les nostalgiques du jeu au poste du numéro 50 et 4 joueurs dans la raquête c’est désormais du passé. La franchise du Tennessee met à jour son basket et son roster. Il faut désormais pouvoir avoir des joueurs capables de complémenter les jeux des deux meilleurs joueurs de la franchise. Mike Conley et Marc Gasol. Revenant tout deux de blessures, ils ont ainsi modifié leurs jeux respectifs pour donner vie à la philosophie de Fizdale.

L’émergence de Jamychal Green

Le choix d’insérer Jamychal Green dans le 5 majeur fut le premier choix d’impact du coach. Dans ce virage l’ailier fort apporte la panoplie attendue d’un ailier fort moderne en terme de polyvalence défensive. Jugez par vous même, selon les stats de nba.com, Bleach Report rapporte que Jamy a défendu 111 isolations, 50 fois sur le porteur de balle sur pick and roll, et 45 fois le poseur d’écran sur le pick and roll. Un seul joueur en a fait autant dans les trois catégories et celui-ci a le même nom « Draymond Green ».

Véritable couteau suisse de la défense Jamychal Green s’est imposé comme une pièce maîtresse du système défensif de la 6ème meilleure défense de la ligue l’an dernier. Offensivement c’est encore un joueur très précieux pour les Grizzlies puisqu’il est capable de sanctionner de loin (39% à 3pts) et sur catch and shoot comme en témoigne son Efficiency Field Goald % au dessus de 60% . Simplement le joueur de l’équipe le plus efficace derrière Mike Conley sur ce type d’action pour les Grizzs.

L’arrivée du spacing et du shoot 3 pts

Fizdale a insisté, l’équipe doit shooter plus à trois points si elle veut survivre dans la nba moderne et c’est chose faite. Il y a d’ailleurs même un semblant de spacing dans l’équipe puisqu’elle fini la saison avec 7 joueurs au dessus des 35% à 3pts. Le nombre peut tout de même être réduit à 6 en raison du nombre très limité de tentatives de Jarell Martin.

Pour la première fois en 16 saisons à Memphis, les Grizzlies ont dépassé les 750 3pts marqués et les 2500 tentés. Ils explosent les précédents records de la franchise (620 et 1779). L’équipe n’a pourtant pas atteint le maximum de son potentiel puisque Chandler Parsons et Brandan Wright deux joueurs importants pour cette transition vers un jeu plus moderne ont été longuement blessés.

Du volume et peu d’efficience pour Z-BO

En absence de contribution de leurs parts, les Grizzlies ont du se reposer sur Zach Randolph en 3ème option offensive. Il fini même avec le plus gros usage de l’équipe 28,5 et un True Shooting de 49%. Cette marque de 49% le place 199ème de la ligue parmi les joueurs qui ont joué au moins 20 minutes de moyenne et 60 matchs. Il se classe donc derrière des joueurs comme Andre Robertson, Tony Allen et Evan Turner mais légèrement devant Brandon Ingram et Luol Deng à l’efficience au scoring.

Les Memphis Grizzlies ont donc fini avec la 19ème attaque de la ligue mais sont encore très mauvais dans plusieurs compartiments clés du jeu offensivement. En effet, l’équipe a le pire pourcentage de réussite au tir dans la restricted area , mais aussi le 25ème total de shoots réussi dans cette zone par match. Pire, elle est 28ème sur les drives et 28ème au scoring sur isolation avec un piètre 0.79 points par possession.

Deux recrues qui vont dans ce sens de cette évolution…

Dans l’effectif actuel des Memphis Grizzlies, se retrouve une flopée de joueurs unidimensionnels et un manque criant de two way players. Ce constat évoqué lors du podcast nba Dunkhebdo est terrible notamment sur le poste d’arrière. Au début de la free agency étaient répertoriées un « D no 3 » avec Wayne Selden (14% à 3pts) et un « 3 no D » avec Troy Daniels (80ème sur 96 arrières au défensive RPM « -2.10 »).

Aucune de ces deux options n’aident à compléter le nouveau jeu de Conley. D’un coté en raison de ses nouvelles responsabilités offensives, il est essentiel pour lui de ne pas avoir à défendre sur le meilleur extérieur adverse. De l’autre, il est aussi important qu’il soit associer à un bon shooter à 3pts pour lui ouvrir plus facilement les lignes de pénétration. A cet effet Memphis avait absolument besoin d’un 3 and D qui permettrait de libérer « Le conducteur ». La franchise a donc jeté son dévolu sur Ben McLemore.

Le cas Mc Lemore

Ne nous leurrons pas BM23 n’est globalement pas ce que l’on peut appeler un bon joueur de basket au niveau nba. Moins il a le ballon en main mieux son équipe se porte. Il doit surement encore être traumatisé par Kawhi Leonard.

A maintenant 24 ans, et à l’image d’un Jeff Green son rang à la draft, ses attributs physiques et son « potentiel » lui permettent d’être jugé sur ce qu’il peut faire et non sur ce qu’il fait. Pourtant en s’intéressant à ce qu’il sait faire, il « peut » correspondre à la définition d’un 3 and D.

Potentiel 3 and D?

C’est un solide tireur à 3pts (38%), bon spot up shooteur (78 percentile), bon finisseur au cercle (64% dans la restricted area). Il est aussi bon en transition (78 percentile) et tire à 39% au catch and shoot dont 37% à 3pts. A la vue de ces statistiques, il peut visiblement contribuer au spacing et donc remplir la colonne 3.

Et la D? Ne veut pas, ne peut pas, ou ne sait pas?

En défense c’est beaucoup plus compliqué et ça commence par un défensive RPM de -1,58. Ajouté à cela une défense sur les tirs à 2 points et à 3pts sur laquelle les joueurs à sont poste son légèrement plus adroit quand il défend que sur la moyenne de la ligue.

Il ne suffit pas que de ces quelques statistiques pour affirmer que Ben McLemore est un défenseur en dessous de la moyenne. Pourtant elles mettent en avant un apport défensif moyen. Etre souvent associé à Hield, Afflalo et Barnes à l’aile ne l’ont pas beaucoup aidé c’est la raison pour laquelle le faire évoluer aux coté de Chandler Parsons ne devrait pas non plus rassurer.

Encore une fois Mc Lemore possède à l’image d’Andrew Wiggins des attributs physiques de haut vol. Il possède la 4ème vitesse moyenne en défense parmi les arrières mais la 5ème pire distance parcourue. Il lui faudra désormais traduire ses capacités sur le plan défensif. Ce sera là à David Fizdale de le faire progresser à ce niveau s’il veut en faire son titulaire aux cotés de Conley. Il lui faudra donc définir dans quelle catégorie de mauvais défenseurs identifiée par Ben Falk il se classe le « doesn’t want to » (ne veut pas), le « can’t » (ne peut pas), le « doesn’t know how » (ne sait pas).

Tyreke Evans et le playmaking en sortie de banc

Le changement de style recommande d’avoir une multitude de créateurs pour eux et pour les autres. Au moment où la défense élève son niveau et qu’il n’y a aucune autre solution; c’est le talent balle en main qui fait la différence et la capacité à être efficace à prendre ce que la défense donne. Mike Conley a prouvé l’an dernier sa capacité à pouvoir évoluer sans ballon et être un redoutable shooter. La saison dernière cette équipe des Memphis Grizzlies a désespérément eu besoin d’un arrière étant capable de faire quoi que ce soit avec la balle en dehors de MC11. Parmi les joueurs qui ont eu à le suppléer deux rookies (Andrew « brique » Harrison, Wade « turnover machine » Baldwin) et le vétéran Toney Douglas (meilleur ami de Tony Allen) c’est tout ce qu’il y a à retenir…

A la lecture de ce tableau peu de doute possible Conley n’était pas remplacé par des joueurs de niveaux nba l’an dernier. Même s’il n’est pas meneur de jeu, Evans s’impose comme le principal manieur de ballon quand il est sur le terrain. En sortie de banc à la manière d’un Lance Stephenson, c’est un soliste très agressif au cercle. Il n’hésite d’ailleurs pas à prendre les intervalles. Parmi les joueurs qui ont joué en sortie de banc il a le deuxième plus haut total de drives en moyenne par match.

Une progression au shoot

Avec une production en carrière de 16 pts 5 rebonds 5 passes, même s’il n’est pas à son meilleur niveau, Evans peut difficilement faire pire. Une chose est sûre, Il n’a pas besoin des autres pour se créer son shoot (70% de ses shoots sans passes décisives). Il a aussi laissé entrevoir une progression statistique au niveau du shoot notamment à 3pts. En effet, après le all star game et son retour, il a connu la meilleure période d’adresse de loin de sa carrière.

Un scoring plus rapide?

Memphis ne fait pas encore dans le Pace and Space comme mentionné plus haut. Puisqu’en terme de scoring, les Grizzs prenaient 9% de leurs shoots entre 22 et 18 secondes restantes sur l’horloge (28ème). Et seulement 13% de leurs shoots entre 18 et 15 secondes restantes (28ème). Il manque donc un accélérateur de particule que peut représenter Tyreke Evans. Entre 24 et 15 secondes, les défenses sont généralement moins efficaces et c’est quelque chose dont Memphis devrait à son tour profiter.

L’ex-Kings a pris la saison dernière près de 40% de shoots très tôt sur l’horloge. Qualité dont l’équipe du Tennesse aura véritablement besoin pour compenser le départ de Randolph. Il permettra à des joueurs comme Brandon Wright de courir et à Troy Daniels de jouer le trailer à 3pts. Ces deux joueurs possèdent 96 de percentile en transition .

 

…Et dans la pure tradition de l’injurypronisme 🙂

Après avoir lu tout ça il est limite possible de se trouver incompris face au traitement médiatique que subit l’équipe.  La première chose mise en avant est l’énorme contrat de Chandler Parsons et rien d’autres. Memphis n’a aucune hype malgré ses bons résultats et 7 ans consécutifs en playoffs. Pourtant les inquiétudes pointées du doigts par les média sont légitimes et se résument en deux mots. LES BLESSURES, THE INJURIES, LOS LESIONES. En santé, difficile de se dire que cette équipe ne va pas dans la bonne direction en terme d’évolution. La vérité est cependant toute autre car les Grizzlies sont une équipe fragile.

Faisons la liste des joueurs de l’effectif ayant un contrat garanti pour la saison prochaine. Cumulons cela au facteur de l’expérience (3 saisons d’expérience avec des minutes régulières). Après, enlevons simplement MC Lemore qui est déjà blessé qui reste-il? Mike Conley, Marc Gasol, Brandon Wright, Tyreke Evans, Chandler Parsons. Ces 5 joueurs font partie des joueurs les plus souvent blessés de la ligue. Pour la saison 2015-16 le quinté cumule 199 matchs manqués. C’est l’équivalent de 2 saisons et demi en nombre de matchs.

Entre playoffs et top 10 pick

Les certitudes sont donc basés sur des incertitudes de santé et vu l’historique il est facile de comprendre les inquiétudes qui entourent cette équipe. Les Memphis Grizzlies sont à l’année 2 de la transition évoquée l’an dernier. A cet instant, ils ont perdu 50% du core 4. D’ici la fin de saison il ne pourrait en rester qu’un voir peut-être aucun. Mais l’équipe semble avoir véritablement pris le virage qu’il fallait vu sa situation. La saison qui s’annonce peut marquer un vrai tournant puisque l’équipe peut aussi bien gagner 48 matchs que moins de 30. En attendant d’être fixé TAKE THAT FOR DATA!

 

A propos de ThomasF

Intéressé par la nba depuis tout jeune, c'est le dunk de Vince Carter sur Fred Weiss qui m'a définitivement fait basculer. Amoureux du jeu old school notamment celui prôné par les Kings de 2002, j'ai au fur et à mesure appris à cultiver ma culture basket jusqu'à aujourd'hui m'intéresser aux statistiques avancées. Fan de Paul Pierce, de Brandon Roy mais surtout des Memphis Grizzlies, j'ai rejoint le site en début 2013, et je vis ma passion au quotidien avec mes acolytes.

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