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Los Angeles Clippers: le début d’une tragédie ?

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Tout va très vite en NBA, demandez-donc aux Clippers ! Après un premier tour héroïque contre les Spurs, ils étaient aux portes des finales de conférences, une qualification qui aurait été une première dans l’histoire de la franchise. Quelques semaines plus tard, les voilà au fond du gouffre. Battus en playoffs puis en free agency, la franchise va passer long été à ruminer les dernières semaines.

Une élimination en playoffs dur à avaler !

Après une saison régulière bien menée, malgré des petits bobos, les Clippers entamaient les playoffs avec un premier tour piège face aux champions aux titres, les Spurs. Malgré l’avantage du terrain, les californiens étaient donnés perdants face à la machine à gagner texane. Un rôle d’outsider d’autant plus renforcé après leur défaite au match 3 qui les voyaient menés 2-1 avec un match 4 dans le Texas. Habitués à perdre dans les grands rendez-vous, les Clippers vont réussir à gagner par deux fois à San Antonio pour s’offrir un match 7. Et c’est déjà une victoire pour une franchise accoutumée aux désillusions.

Même si les Clippers ont l’habitude de séries serrées qui se concluent en 7 matches (ils n’ont jamais gagné une série de playoffs en moins de 7 matches), là encore ils sont donnés perdants contre les expérimentés Spurs. Et encore une fois dans cette série, ils vont déjouer les pronostics.

Dans un match déjà légendaire, les Clippers vont réussir à se défaire des Spurs dans les ultimes secondes d’un match accroché grâce à un shoot à la dernière seconde de Chris Paul. Plus que la victoire, qui est déjà extraordinaire, c’est la symbolique qui est grandiose. C’est Chris Paul qui terrasse enfin Tony Parker en playoffs et surtout une grande équipe. C’est aussi les Clippers qui battent les Spurs, les éternels loosers qui s’imposent face aux champions en titre. Dès lors, beaucoup pensent que c’est là l’acte de fondation des Clippers en playoffs qui ont enfin su se débarrasser d’une grande franchise dans une série de playoffs. Le déblocage psychologique que Chris Paul attend depuis longtemps. La suite va enterrer cette théorie…

Pourtant, les Clippers la tenaient ! Ils tenaient cette qualification en finale de conférence. Ils menaient la série 3-1 et écraser le match 6 chez eux. Puis, plus rien. La peur de l’inconnu ? La peur d’enfin gagner ? Les Clippers sont écrasés 40-15 dans le dernier quart temps alors que les Rockets jouent sans James Harden. Ils perdent un match qu’ils devaient gagner. Chris Paul le sait, les Clippers ont laissé passer leur chance.

« Nous étions si proches, mais je ne sais même plus ce que ça veut dire… Etre proches ne suffit pas, et comme disait Ricky Bobby  : « Si tu n’es pas premier, tu es dernier. » »

Les Clippers sont retombés dans leurs travers. Ceux qui font que certains ne les considèrent jamais comme des sérieux candidats au titre. Pourtant, cette situation ne devait pas se reproduire. La franchise avait engagé l’expérimenté Doc Rivers pour apporter ce mental de champion. L’été dernier, Steve Ballmer, celui qui réussi tout dans le domaine des affaires, avait racheté la franchise et comptait lui aussi amener cette mentalité. Rien n’y fait. Les Clippers sont encore tombés de haut. Sans surprise, après un tel coup derrière la tête, ils s’inclinent dans la foulée au cours d’un match 7 qu’ils ne joueront jamais vraiment.

Ils concluent donc une nouvelle saison avec désillusion. Une déception encore plus forte après les prouesses du premier tour. Les terribles semaines des Clippers ne font que commencer.

Le départ de DeAndre Jordan: l’énième échec de Chris Paul ?

 

Mais pas le temps de gamberger. En NBA, tout va vite. A peine éliminés, les Clippers voient se profiler la draft et surtout la free agency. L’élimination cette année a mise en exergue les maux des californiens: leur banc et leur manque d’expérience. Le président Doc Rivers veut y remédier. Il décide de s’attacher les services de Lance Stephenson qui venaient de passer une saison cauchemardesque ches les Hornets. Peu après le début de l’ouverture du marché des agents libres, Doc Rivers retrouve un de ces anciens compagnons de route en la personne de Paul Pierce. « The Truth » l’habitué des gros shoots en playoffs pose ses valises en Californie. Difficile de faire meilleure arrivée pour les Clippers, surtout avec un salaire sous les 4 millions de dollars annuels. Malheureusement pour les Clippers, l’histoire se répète et ils connaissent une nouvelle désillusion: DeAndre Jordan quitte la navire.

La raison officielle de ce départ selon l’intéressé c’est son désir d’obtenir plus de responsabilités en attaque, ce qui lui offre les Mavericks (Jordan est aussi originaire du Texas). Une des raisons officieuses c’est sa mauvaise relation avec Chris Paul. Au lendemain de l’élimination des californiens en playoffs, des rumeurs avaient fait part de tensions entre les deux hommes. Des faibles contestations de coéquipiers ont suivi ces révélations qui, au gré des nouveaux éléments, semblent vraies. On a ainsi appris que le meneur reprochait à son pivot son manque d’investissement aux lancers-francs. Plus troublant, Chris Paul n’aurait contacté que deux fois DeAndre Jordan pendant la free agency. Deux petits sms pendant que Dirk Nowitzki interrompait ses vacances en famille pour rencontrer le pivot. Le signe est fort.

Ce départ c’est avant tout l’échec de Chris Paul le coéquipier. On connait le niveau d’exigence du meneur vis-à-vis de ces coéquipiers. à l’instar d’un Kobe Bryant, et les conséquences de cela sur certaines personnes. Kobe a eût son Dwight Howard, Chris Paul a son DeAndre Jordan. Evidemment, les qualités de leader de Chris Paul sont remises en cause. L’aura d’un Franchise Player ne se limite pas au terrain de basket. On la mesure aussi dans son habilité à retenir ses coéquipiers et à en attirer de nouveau. Chris Paul ne s’est pas illustré dans ces domaines. Pire, comme le montre l’épisode Jordan, Chris Paul pourrait effrayer certains free agent. Une mauvaise nouvelle pour un joueur qui est en chasse pour une bague.

Un départs aux conséquences énormes

Plus que le  camouflet envers le président Doc Rivers et la star Chris Paul, l’impact sur le terrain du départ du pivot est considérable. Moqué pour son manque d’impact offensif, il reste un des meilleurs pivots de la NBA. Meilleurs rebondeurs en NBA ces deux dernières saisons, meilleur pourcentage au shoot de NBA ces trois dernières saisons, DeAndre Jordan est efficace. C’est loin d’être le pivot le plus élégant et technique, mais il était diablement efficace dans le rôle qu’on lui confiait chez les Clippers. Néanmoins, il voulait plus qu’un rôle de dunkeur/rebondeur.

Et le vide laissé par DeAndre Jordan dans l’équipe des Clippers est abyssale. C’était le parfait complément d’un Blake Griffin qui aime à s’écarter du cercle. Capable de gober des rebonds offensifs et de finir à l’intérieur. La relation entre les deux hommes dépassait le simple cadre du basket, ils étaient des véritables amis. Des amis qui partaient ensemble en vacances.

« Notre amitié sera toujours la même », déclarait Blake Griffin quelques jours avant le départ de DeAndre Jordan à Sport Illustrated. « Je le connais depuis très longtemps, plus longtemps que notre carrière en NBA. C’est sa décision. En tant qu’ami, je suis derrière lui à 100%. Quoiqu’il fasse, je suis derrière lui ». 

Depuis l’annonce du départ de son ami. Plus de nouvelle de Blake Griffin. Silence Radio.

Proche (trop proche ?) de Jordan, il avait décidé de ne pas interférer dans sa décision. Comme Chris Paul, mais pour d’autres raisons, Griffin n’a pas eût de contacts avec DeAndre Jordan pendant la période de la free agency. Ainsi donc, les deux stars de la franchise californienne n’ont pas fait la cour à leur plus gros free agent. Une faute.

Une erreur dont les conséquences seront mesurées dans un avenir très proche. Quand les Clippers se retrouveront sans solution au poste de pivot. DeAndre Jordan a pris du temps, beaucoup de temps pour se décider et a ainsi donc laissé les Clippers sans plan B viable. Comme ils ont envoyé Spencer Hawes aux Hornets, ils ne disposent même plus d’un back-up. Le poste de pivot chez les Clippers est un désert et les solutions manquent.

Les free agents susceptibles de remplacer Jordan sont tous déjà signés (Tyson Chandler, Kosta Koufos) et Doc Rivers n’a pas de joueurs à échanger pour monter un échange convenable. Les Californiens vont devoir trouver des solutions de remplacements pour colmater la brèche. On parle de Javale McGee ou Amar’e Stoudemire. Oui, la situation est critique du côté des Clippers. D’autant plus que Doc Rivers n’a pas le nez fin en matière de free agency. Il a raté quelques free agents pivots qui aurait pu servir de rustine (comme Bismack Biyombo) mais, comme trop souvent ces derniers temps, il n’a pas sur saisir sa chance.

Des solutions les Clippers vont devoir en trouver vite pour enrayer la dynamique négative de ces dernières semaines. Sinon, on pourrait assister au début d’une tragédie.

A propos de Benjamin Ringuet

Créateur de Dunkhebdo en août 2012. Architecte de notre podcast éponyme, auteur de la plupart du contenu draft et bien plus encore. Ne supporte aucune équipe et déteste probablement la tienne. Allergique aux nostalgiques de l’âge d’or de la ligue. Pape du small ball.

«Patron relou mais grave kiffant» selon un des rédacteurs.

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