Cleveland Cavaliers

Kyrie Irving, parfait Robin ou déjà superstar NBA ?

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« Big time players make big time plays in big time games », cette maxime s’apparente si bien au sport, et à fortiori, au sport outre atlantique. Kyrie Irving est bourré de talent, çà personne ne l’a jamais nié, il suffit juste de le voir balle en main pour comprendre que le meneur de 24ans est spécial. Tellement spécial qu’on a été pas mal de fois déçu des performances du joueur des Cavs, joueur dit « 2k », mais difficile à intégrer dans un collectif qui gagne, le collectif régis par LeBron James depuis maintenant deux saisons. Irving a même baissé depuis plus d’un an dans la hiérarchie des meneurs NBA : début avril, Matthew Rothstein de UpRoxx le plaçait à la 10ème position de son classement, mettant en avant « son égoïsme offensif, sa défense laxiste… ». D’ailleurs, on le place souvent et à juste titre d’ailleurs derrière des Chris Paul, Stephen Curry, Russell Westbrook ou encore John Wall, Damian Lillard, ce qui porte plus à débat. Mais durant toute cette postseason 2016, c’est bien lui qui a été le meilleur à son poste, remettant dans les consciences des aficionados de la balle orange la grandeur de son talent.

 

Un parcours délicat sans et avec LeBron

« I think I can help Kyrie Irving become one of the best point guards in our league », voilà ce que disait LeBron James le jour de son retour à Cleveland dans sa fameuse lettre à Sport Illustrated. Qu’était alors Kyrie Irving sans LBJ dans l’Ohio ? Tout d’abord, il ne faut pas être dur avec le meneur des Cavs, et cela car ses trois premières années, les meilleurs éléments autours de lui étaient Dion Waiters, Anderson Varejao, Antawn Jamison. Dans cette médiocre équipe, Uncle Drew a fait de belles choses, portant son équipe dans les fins de matchs, étant un spadassin du un contre un, une machine à highlights ; à défaut de gagner des matchs, il a gagné du respect. Avec le retour du héros au bercail, l’ancien meneur de Duke a du réapprendre à jouer, à performer à côté d’une superstar : il ne connaissait pas l’exigence des playoffs, la difficulté pour éviter les blessures, bref, en résumé, être un joueur de très haut niveau. Un petit plus de 19pts par matchs cette année, des difficultés à revenir après sa blessure lors des Finales 2015, Irving a semblé en délicatesse dans le jeu des Cavs toute la saison régulière, avant de se réveiller au meilleur des moments. Pas mal de fois, on a vu James énervé envers Kyrie, lui reprochant un manque d’implication, un manque de justesse, mais comme par magie, tout cela a disparu mi-avril avec le début des playoffs.

 

Des Finales d’anthologie au côté du King et face au double MVP

Que ce soit sur le plan statistique ou sur l’impression laissée, Kyrie Irving sort grandit de cet affrontement avec Stephen Curry. Il a été le bras droit, le principal Argonaute d’un LeBron James qui a pris le rôle d’un Jason pour les trois derniers matchs de cette série. Sur l’ensemble de ces 7 matchs face aux « 73-9 Warriors », le meneur tourne tout de même à plus de 27pts, 4rbs, 4asts et 2stls, tout cela à 47% aux tirs et à 40% à 3pts : plutôt propre non ? Mais c’est dans son duel face au double MVP que l’ancien de Duke a impressionné, embêtant Curry en défense, affichant de meilleurs statistiques dans tous les compartiments et surtout, portant son équipe dans les moments chauds, des moments où Stephen Curry, à part lors du 4ème match, y semblait aussi présent que Kaaris à un concert de Mylène Farmer. Sur les 7 matchs, Curry c’est 22.6pts, 5rbs et 3.7asts, à 40% aux shoots et 40% derrière l’arc : alors oui Irving a James, mais le collectif parfaitement huilé des californiens devait, selon les spécialistes se défaire une nouvelle fois de King James. Un match 5 à 41pts et 70% aux shoots, un match 3 où il a porté seul son équipe, un début de match 6 de folie avec 20 unités en première période, et puis ce shoot, ce shoot que tout le monde a vu et que les habitants de Cleveland se repasseront encore durant des décennies, un « step back » sur la truffe de Curry, qui a semblé toute la série incapable de répondre au jeu offensif de Kyrie, comme il n’avait pu faire face à la tornade Westbrook au tour précédent.

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Impressionnant en isolation, comme sur son shoot au Game 7, il a mis à l’amende son vis-à-vis défensif, Klay Thompson, lui shootant sur la truffe et lui cassant les chevilles sur quelques actions fulgurantes. A l’aise sur pick-and-roll, il a surtout fait un chantier sur jeu rapide, et cela car le meneur est l’un des meilleurs finisseurs au cercle de la ligue : malgré son mètre 91, sa fluidité dans les airs et son fabuleux handling lui permettent d’être redoutable sur actions rapides, d’autant plus qu’il est une menace extérieure.

« Ce gamin est si spécial qu’il ne sait pas à quel point il peut être bon » (Richard Jefferson sur Kyrie Irving)

 

Plus qu’un simple Robin ?

« Kyrie Irving n’est pas une superstar » (Marc Cuban, propriétaire des Mavericks de Dallas)

Cette déclaration est typique du phrasé de Marc Cuban mais peut révéler aussi la perception qu’avait Kyrie Irving avant ces playoffs. Un mois plus tard et une postseason à 25pts, 5asts, quasiment 2stls de moyenne, tout cela en shootant à 44% derrière l’arc, le meneur de Cleveland a cloué le bec à ses détracteurs. Alors oui, il a raté quelques matchs face aux Raptors de Toronto en Finale de conférence et même les premiers matchs face aux Warriors, oui il joue à côté du meilleur joueur du monde et peut être du 21ème siècle, oui il a profité du génie et de la puissance de frappe de LeBron James, mais l’influence de Kyrie Irving dans le jeu de son équipe ne doit pas être mise en retrait, surtout que si Cleveland a connu sa parade tant attendu mercredi dernier, c’est en partie grâce à ce petit bonhomme aux veines et au sang glacé.

Cleveland Cavaliers forward LeBron James (23) hugs Kyrie Irving after Game 7 of basketball's NBA Finals against the Golden State Warriors in Oakland, Calif., Sunday, June 19, 2016. The Cavaliers won 93-89. (AP Photo/Eric Risberg)

LeBron James est l’un des athlètes les plus impressionnants et prolifiques que le sport n’ai jamais connu, mais le natif d’Akron a désormais 31ans. Chiron, centaure et maitre d’Achille dans la mythologie grecque, est un peu le LBJ made in Homère et même s’il possédait l’immortalité, il a fini par jeter l’éponge : désolé donc de l’apprendre à tous les fans des Cavaliers, il faudra penser à la vie sans LeBron. Kyrie Irving était l’option choisie pour remplacer James durant sa pige de 4ans à Miami, mais son pédigrée n’était pas encore celui d’un gagnant, d’un champion. Le natif de Melbourne a donc peut être plus gagner qu’une simple bague cette année.


A propos de Alan

Aficionados des sports américains, rédacteur NCAA sur Dunkhebdo. A tendance a regretter le passé NBA mais passe son temps à parler des futurs prospects : oui, la bipolarité me caractérise. Fan des Celtics de Boston et adulateur de Tracy McGrady, je participe aussi au podcast tous les mardis.