Chicago Bulls

Après une saison ratée, quel été pour les Bulls ?

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Alors que les playoffs continuent, les Bulls sont déjà en vacances à cause d’une saison ratée. Les changements de coach et de philosophie de jeu n’ont pas porté leurs fruits et il va falloir faire des choix pour la saison prochaine. Que va-t-il se passer cet été au sein de la franchise de l’Illinois?

Une équipe qui s’écroule lentement

Petit rappel des faits, nous sommes le 28 mai 2015  et les Bulls décident de licencier Tom Thibodeau qui reste pourtant sur 5 qualifications en playoffs consécutives (et un titre de Coach of the year acquis en 2011). L’élimination en 6 matchs contre les Cavs a du mal à passer et le changement est radical. Jugé comme un coach trop défensif, la franchise prend un virage à 180° et engage Fred Hoiberg réputé pour son attaque. La décision d’engager un coach rookie peut paraître surprenante mais l’ancien coach d’Iowa State possède alors un bilan de 115 victoires pour 56 défaites en NCAA et surtout il a joué 4 ans au sein de la franchise de l’Illinois (entre 2000 et 2004). Dès le début de la saison, les Bulls alternent le bon (victoire contre les Cavs ou le Thunder) et le moins bon (avec des défaites contre les Suns où les Wolves). Cependant, après avoir légèrement tenu tête aux Cavs, les Bulls s’effondrent et se retrouvent obligés de lutter pour les playoffs. Puis la sentence tombe, malgré 3 victoires sur les 3 derniers matchs les Bulls se retrouvent en vacances anticipées pour la première fois depuis la saison 2007-2008.

L’heure du bilan

Le basket offensif prôné par Fred Hoiberg n’a manifestement pas eu l’effet escompté. Le jeu up-tempo avec des joueurs qui courent et des ailiers qui shootent a été mis en péril par l’absence de shooteurs, Dunleavy ayant raté la première moitié de la saison et Kirk Hinrich ayant été transféré à Atlanta après 35 matches sous les ordres d’Hoiberg, les artilleurs devaient se nommer Mirotic ou McDermott. Or, ceux-ci n’ont pas répondu présent avec respectivement 12 et 10 points par match. Chicago est seulement la 22ème équipe au nombre de possessions et la 22ème équipe qui consacre le plus haut pourcentage de ses possessions à des attaques en transition (11.7%). La volonté de jouer vite n’a donc pas du tout été respectée et donc abandonnée au fur et à mesure de la saison. Enfin, l’équipe de Fred Hoiberg est la 21ème équipe au nombre de points marqués par match et la 22ème au pourcentage au tir. Un bilan bien faible pour une équipe que l’on voyait tout en haut de la conférence Est avec le retour de Derrick Rose. Les joueurs et la direction se doivent de réagir et de ne pas rester sur cet échec s’ils veulent revoir un United Center plein comme un œuf et non pas silencieux comme il l’a été pendant toute la fin de saison.

Trouver un vrai patron

Cette saison, Jimmy Butler a définitivement passer un cap pour devenir une superstar avec des performances historiques comme ses 40 points en 2ème mi-temps contre Toronto (effaçant ainsi le record de Michael Jordan). Il faut alors se poser la question du vrai leader du backcourt : Derrick Rose ou Jimmy Butler. Des relations tendues entre eux deux ont souvent été évoquées par les médias : info ou intox, en tout cas cette polémique a suscité des réactions de la part des deux protagonistes. Voilà ce qu’avait déclaré Jimmy Butler en juillet 2015 au magazine Rolling Stones:

« Je ne crois pas que nous ayons un quelconque problème. Tout va bien. Nous sommes deux joueurs de basket qui veulent gagner des matchs. J’en resterai là. Nous voulons gagner, amener un titre à la ville, à la franchise. C’est notre boulot. Et nous allons faire tout notre possible pour que cela arrive. J’ai beaucoup de respect pour ce gars. »

Si cette déclaration est politiquement correcte, Jimmy Butler ne mentionne en aucun cas une quelconque fraternité avec Derrick Rose et nous sentons bien que les deux cohabitent sans toutefois être fusionnels. Pour autant, il est parfaitement possible de gagner des titres sans être les meilleurs amis du monde, il suffit pour cela d’observer la relation entre Kobe Bryant et Shaqille O’neal. Si ces interrogations ont peut-être un peu déstabiliser le groupe, elles n’excusent en rien la mauvaise saison des Bulls. Si l’on compare ces deux joueurs, Butler est supérieur en terme de points marqués, % d’adresse, rebonds, passes décisives, contres, interceptions et il perd moins de ballon. Bien qu’il joue plus que Rose (37 min contre 32), nous voyons nettement sa supériorité. Sachant qu’il reste une seule année de contrat pour Rose, il pourrait être intéressant de l’échanger contre en cas de proposition intéressante. Néanmoins, son contrat reste conséquent (21,323,252 $) et peu d’équipes sont prêtes à prendre le risque d’engager un joueur qui a loupé 119 matchs sur les 3 dernières saisons à cause de multiples blessures au ménisque du genou droit ou une fracture du plancher orbital de l’œil gauche. Que ce soit pour les Bulls ou une éventuelle nouvelle équipe, c’est quitte ou double: de nouvelles blessures ou rechutes ou bien un retour à son niveau de MVP.

Un secteur intérieur décimé?

La raquette des Bulls va peut-être se retrouver décimée cet été. En effet, Joakim Noah est unrestricted free agent cet été (libre de signer avec l’équipe qu’il souhaite) et ce pour la première fois de sa carrière alors qu’il est âgé de 30 ans. D’après K.C. Johnson du Chicago Tribune:

« Les Bulls, conscients qu’il y a beaucoup de travail à faire pour le re-signer, vont engager des discussions avec Noah quand il deviendra agent libre pour la première fois de sa carrière le 1er juillet. »

Le re-signer ne va pas cependant pas être une chose aisée. Noah qui n’a connu que la franchise du Illinois va peut-être aller voir ailleurs l’année prochaine car il sort de sa moins bonne saison en carrière. Il n’a joué que 29 matchs avant de se blesser à l’épaule gauche et il n’entrait de toute manière pas dans les plans de Fred Hoiberg. Il n’a été starter qu’à deux reprises sur ses 29 matchs et n’a pris que 4.6 shoots pour 4.3 points par matchs. Ce changement de philosophie vers un basket offensif ne le met pas à son avantage et il est plus à l’aise dans un collectif défensif où il peut apporter toute sa hargne et sa combativité. Son opération ayant été un succès, il sera opérationnel pour le début des training camps et sera donc très courtisé pour son style de jeu atypique. Il ne faut pas oublier qu’il y a deux ans il était élu meilleur défenseur de l’année devant Deandre Jordan. L’avenir nous dira donc pour quelle franchise jouera Noah l’année prochaine.

Mais ce n’est pas tout, Pau Gasol va lui aussi être free agent. Il possède une player option et a déjà indiqué qu’il allait l’utiliser pour devenir agent libre. Deux choix s’offrent maintenant à lui : signer un nouveau contrat avec les Bulls ou signer avec une autre équipe. Bien qu’il est toujours rappelé que rester à Chicago était sa priorité, plusieurs éléments indiquent qu’il pourrait déménager cet été. Un facteur important, les résultats de l’équipe qui sont bien en-dessous des attentes. Pau Gasol a déjà 35 ans (36 le 6 juillet prochain) et le temps ne joue pas en sa faveur. Sa fenêtre de tir pour retrouver les sommets de la ligue se réduit d’année en année et il pourrait choisir d’opter pour une équipe qui joue le titre. Un rôle de sixième homme de luxe chez un prétendant au titre lui conviendrait parfaitement afin de continuer à scorer et à prendre des rebonds pour s’économiser et pour espérer enfin rejouer plus de 80 matchs dans la saison ce qui ne lui est pas arrivé depuis la saison 2010-2011 (il a joué 72 matchs cette saison). Avec un apport toujours conséquent, un talent encore reconnu, Pau Gasol sera sûrement très courtisé cet été par toutes les franchises en quête d’un intérieur solide.

Un été capital

Le Front Office des Bulls va avoir fort à faire cet été. Avec tous les joueurs à prolonger ou à convaincre, nous ne connaissons pas encore le vrai visage de Chicago l’année prochaine. La direction possède des monnaies d’échange intéressantes en cas de trade et il ne serait absolument pas surprenant de voir des joueurs faire leurs valises. Le seul joueur intouchable semble être Jimmy Butler prolongé au prix fort l’été dernier (95 000 000 $ sur 5ans) et même Derrick Rose pourrait quitter sa franchise de toujours. Il reste aussi une décision très importante à prendre : changer de coach ou non ? Avec de nombreux entraîneurs performants sur le marché comme Frank Vogel, Scott Skiles voire Mark Jackson, la question me semble légitime. Après une saison ratée dans les grandes largeurs et un changement de style de jeu infructueux, Fred Hoiberg pourrait être contraint de s’en aller. Actuellement, personne ne sait vraiment ce que va être la saison des Bulls l’année prochaine, elle peut être un rêve comme un cauchemar. Nous pourrons vraiment nous faire une idée de ce que vaut l’équipe une fois l’effectif bouclé pour de bon. L’avenir d’une des franchises les plus mythiques de l’histoire du basket est entre les mains du front office et la période estivale s’annonce aussi excitante qu’incertaine.

A propos de Antoine Bossard

Antoine Bossard, 16 ans et fan de NBA. Ancien basketix repenti. Ne mesure pas la taille d'Isaiah Thomas mais possède un QI basket supérieur à celui de JR Smith.

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